‹ French prose and poetry; being an advanced French reader; containing selections from the principal classical French poets and prose writers during the past two hundred years. Also a treatise upon French versification, and notes upon the selections, explanatory and criticalChapitre 108 sur 253 · CHASLES · texte numérisé non relu

CHASLES

L'ORAGE DE TAMANTOUL.

Un orage de neige est le plus terrible des orages; et, de tontes les villes du monde, aucune n'est plus exposée aux effets destructeurs de ces tempêtes glacées que Tamantoul, dans les Highlands. Elle est comme encaissée at perdue entre de hautes montagnes, d'où les torrents se précipitent et s'entassent sur ces fragiles édifices, cent fois détruits par la violence des avalanches, toujours reconstruits par leurs habitants obstinés. Les régions méridionales, avec leurs tonnerres et leurs volcans, ne peuvent donner l'idée de ce que la nature réunit de terreurs sublimes et funèbres, quand des régions froides, hérissées de monts et voisines de la mer, sont le théâtre que ses convulsions ébranlent. C'est, au sein de la nuit, une neige éblouissante qui, tombant en masses épaisses et obliques, menace de tout engloutir ; c'est le vent qui, arrêté dans sa course par d'immenses forêts et des pics aigus, siffle et hurle comme si toutes les légions infernales avaient rompu leur ban.1 Les bruits qui accompagnent ce déluge de neige et cette révolte des vents ne sont pas moins épouvantables. La foudre gronderait sur votre tête, vous ne l'entendriez pas, tant les mille cataractes qui vous entourent, les collines dont tous les échos mugissent à la fois, l'Océan lointain qui bruit, et les arbres qui se brisent, et les rocs qui se détachent et se fracassent en tombant, se mêlent dans un horrible tumulte. Tamantoul n'est accessible que par des sentiers ou gorges étroites, tombeaux des voyageurs qui s'y engagent par un mauvais temps. En 1812, on trouva deux courriers de la poste étendus morts dans une de ces avenues, que la neige comble et pbstrue en peu de temps. A vingt pas de la ville, vous péririez sans secours. La neige vous aveugle, votre langue se glace, vos pieds s'arrêtent ; quelques minutes suffisent pour ensevelir le malheureux que son imprudence ou son inexpérience a porté à braver cette guerre acharnée que les éléments livrent à la vie de l'homme.2

SELECTIONS ES PROSE.

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