A QUOI DOIVENT TENDRE LES EFFORTS DU SAGE
C'est l'erreur que je fuis : c'est la vertu que j'aime.
Je songe à me connaître, et me cherche en moi-même.
Sur cette vaste mer qu'ici-bas nous courons,
Je songe à me pourvoir d'esquif et d'avirons,
A régler mes désirs, à prévenir l'orage,
Et sauver, s'il se peut, ma raison du naufrage.
C'est au repos d'esprit que nous aspirons tous ; Mais ce repos heureux se doit chercher en nous. Un fou rempli d'erreurs, que le trouble accompagne,
BOILEAU
Est malade à la ville ainsi qu'à la campagne. De nos propres malheurs auteurs infortunés, Nous sommes loin de nous à toute heure entraînés. A quoi bon ravir l'or au sein du nouveau monde ? Le bonheur tant cherché sur la terre et sur l'onde Est ici, comme aux lieux où mûrit le coco,1 Et se trouve à Paris de même qu'à Cuzco 2 : On ne le tire point des veines du Potose. Qui vit content de rien possède toute chose : Mais, sans cesse ignorants de nos propres besoins, Nous demandons au ciel ce qu'il nous faut le moins.