‹ French prose and poetry; being an advanced French reader; containing selections from the principal classical French poets and prose writers during the past two hundred years. Also a treatise upon French versification, and notes upon the selections, explanatory and criticalChapitre 162 sur 253 · PREUVES PHYSIQUES DE L'EXISTENCE DE DIEU · texte numérisé non relu

PREUVES PHYSIQUES DE L'EXISTENCE DE DIEU

Oui, c'est un Dieu caché que le Dieu qu'il faut croire,1 Mais, tout caché qu'il est, pour révéler sa gloire, Quels témoins éclatants, devant moi rassemblés ! Répondez, cieux et mers ; et vous, terre, parlez ! Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles ? Nuit brillante, dis-nous, qui t'a donné tes voiles? O cieux, que de grandeur, et quelle majesté ! J'y reconnais un maître à qui rien n'a coûté, Et qui dans vos déserts a semé la lumière, Ainsi que dans nos champs il sème la poussière. Toi qu'annonce l'aurore, admirable flambeau, Astre toujours le même, astre toujours nouveau, Par quel ordre, ô soleil ! viens-tu du sein de l'onde Nous rendre les rayons de ta clarté féconde ? Tous les jours je t'attends, tu reviens tous les jours : Est-ce moi qui t'appelle, et qui règle ton cours ? Et toi dont le courroux veut engloutir la terre, Mer terrible, en ton lit quelle main te resserre ? Pour forcer ta prison tu fais de vains efforts ; La rage de tes flots expire sur tes bords. Fais sentir ta vengeance à ceux dont l'avarice Sur ton perfide sein va chercher son supplice. Hélas ! prêts à périr, t'adressent-ils leurs vœux ? Ils regardent le ciel, secours des malheureux. La nature, qui parle en ce péril extrême,

SELECTIONS IN POETRY.

Leur fait lever les mains vers l'asile suprême : Hommage que toujours rend un cœur effrayé Au Dieu que jusqu'alors il avait oublié! La voix de l'univers à ce Dieu me rappelle ; La terre le publie. "Est-ce moi, me dit-elle, Est-ce moi qui produis mes riches ornements ? C'est celui dont la main posa mes fondements. Si je sers tes besoins, c'est lui qui me l'ordonne; Les présents qu'il me fait, c'est à toi qu'il les donne. Je me pare des fleurs qui tombent de sa main ; Il ne fait que l'ouvrir, et m'en remplit le sein. Pour consoler l'espoir du laboureur avide, C'est lui qui dans PÉgypte, où je suis trop aride, Veut qu'au moment prescrit, le Nil, loin de ses bords, Répandu sur ma plaine, y porte mes trésors. A de moindres objets tu peux le reconnaître2: Contemple seulement l'arbre que je fais croître ; Mon suc, dans la racine à peine répandu, Du tronc qui le reçoit à la branche est rendu : La feuille le demande, et la branche fidèle, Prodigue de son bien, le partage avec elle. De l'éclat de ses fruits justement enchanté, Ne méprise jamais ces plantes sans beauté, Troupe obscure et timide, humble et faible vulgaire ; Si tu sais découvrir leur vertu salutaire. Elles pourront server à prolonger tes jours, Et ne t'afflige pas si les leurs sont si courts : Toute plante, en naissant, déjà renferme en elle D'enfants qui la suivront une race immortelle ; Chacun de ces enfants, dans ma fécondité, Trouve un gage nouveau de sa postérité."

RACINE

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