LES SOUVENIRS DE L'ANCIENNE ROME
Le zéphyr règne dans les airs1;
Et, mollement porté sur la mer de Tyrrhène,
Je découvre déjà la ville des Césars,
Rome, en guerriers fameux autrefois si féconde,
Rome, encore aujourd'hui l'empire des beaux-arts,
L'oracle de vingt rois, et le temple du monde.
Voilà donc les foyers des fils de Scipion,
Et des fiers descendants du demi-dieu du Tibre!
Voilà ce Capitole, et ce beau Panthéon,
Où semble encore errer l'ombré d'un peuple libre !
Oh ! qui me nommera tous ces marbres épars,
Et ces grands monuments dont mon âme est frappée?
Montons au Vatican, courons au Champ-de-Mars,2
Au portique d'Auguste, à celui de Pompée.
Avec quel doux saisissement,
Ton livre en main, charmant Horace, Je parcourrai ces bois et ce coteau charmant Que ta muse a décrits dans des vers pleins de grâce, De ton goût délicat éternel monument !
J'irai dans les champs de Sabine, Sous l'abri frais de ces longs peupliers,
Qui couvrent encor la ruine De tes modestes bains, de tes humbles celliers;
J'irai chercher d'un œil avide De leurs débris sacrés un reste enseveli,
Et dans ce désert embelli Par l'Anio grondant dans sa chute rapide,3
Respirer la poussière humide
Des cascades de Tivoli.
SELECTIONS IN POETRY.
Puissé-je, hélas! au doux bruit de leur onde, Finir mes jours, ainsi que mes revers!
Ce petit coin de l'univers Rit plus à mes regards que le reste du monde. L'olive, le citron, la noix chère à Palès, Y rompent de leur poids les branches gémissantes; Et sur le mont voisin les grappes mûrissantes Ne portent point envie aux raisins de Calés.