‹ French prose and poetry; being an advanced French reader; containing selections from the principal classical French poets and prose writers during the past two hundred years. Also a treatise upon French versification, and notes upon the selections, explanatory and criticalChapitre 187 sur 253 · LA CHASSE DU TAUREAU SAUVAGE · texte numérisé non relu

LA CHASSE DU TAUREAU SAUVAGE

Le cor lointain a retenti trois fois,1

Et le taureau mugit au fond des bois.

De la forêt usurpateur sauvage,

Il vous attend, volez, adroits guerriers ;

Là, des combats vous trouverez l'image,

Les dangers même, et de nouveaux lauriers.

Sur le taureau mugissant et terrible, Pleuvent les dards, les lances, les épieux. Il cède, il fuit, revient plus furieux, Plus menacé, mais toujours invincible; Il fuit encor2 sous les traits renaissants. Devant ses pas, au loin retentissants, Des bois émus le peuple se disperse :

Son front écarte, ou brise les rameaux. Dans le torrent il tombe, le traverse ; Et son passage avec fracas renverse Les troncs vieillis et les jeunes ormeaux.

PAKNT.

Alkent prévoit ses détours, le devance,

Et près d'un chêne il se place en silence.

Le dard lancé par sa robuste main

Atteint le flanc du monstre, qui soudain

Se retournant sur lui se précipite.

D'un saut léger l'adroit chasseur l'évite,

Et frappe encor le flanc déjà sanglant.

Le taureau tombe, et prompt il se relève.

Tremblez, Alkent, fuyez en reculant ;

A ce front large il oppose son glaive,

Succès trompeur ! dans la tête enfoncé,

Le fer se rompt : de ses mains frémissantes

Alkent saisit les cornes menaçantes,

Lutte, combat, repousse, est repoussé,

Du monstre évite et lasse la furie,

Ranime alors sa vigueur affaiblie,

Et le taureau sur l'herbe est renversé :

Pour les chasseurs sa chute est une fête.

L'heureux Alkent, immobile un instant,

Reprend haleine, et fier de sa conquête,

Pour l'achever, du monstre palpitant

Sa hache enfin coupe l'énorme tête.

Joyeux il part, et suivi des chasseurs,

Environné de flottantes bannières,

Des chiens hurlants, et des trompes guerrières,

De la victoire il goûte les douceurs.

A ces douceurs l'espoir ajoute encore ; Vers le cortège il marche radieux :

Sur lui soudain se fixent tous les yeux ; Et toujours fier il jette aux pieds d'Isaure Le don sanglant, le don le plus flatteur, Qu'à la beauté puisse offrir la valeur.

SELECTIONS IN POETRY.

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