‹ French prose and poetry; being an advanced French reader; containing selections from the principal classical French poets and prose writers during the past two hundred years. Also a treatise upon French versification, and notes upon the selections, explanatory and criticalChapitre 3 sur 253 · BALZAC AU CARDINAL DE LA VALETTE, QUI ALLAIT PARTIR POUR L'ITALIE · texte numérisé non relu

BALZAC AU CARDINAL DE LA VALETTE, QUI ALLAIT PARTIR POUR L'ITALIE

Monseigneur, l'espérance, que l'on me donne depuis trois mois, que vous devez passer tous les jours en ce pays, m'a empêché jusqu'ici de vous écrire, et de me servir de ce seul moyen qui me reste de me rapprocher de votre personne.

A Rome, vous marcherez sur des pierres qui ont été les dieux de César et de Pompée ; vous considérerez les ruines de ces grands ouvrages, dont la vieillesse est encore belle, et vous vous promènerez tous les jours parmi les histoires et les fables : mais ce sont des amusements d'un esprit qui se contente de peu, et non pas les occupations d'un homme qui prend plaisir de naviguer dffns l'orage.6 Quand vous aurez vu le Tibre, au bord duquel les Romains ont fait l'apprentissage de leurs victoires et commencé ce long dessein qu'ils n'achevèrent qu'aux extrémités de la terre ; quand vous serez monté au Capitole, où ils croyaient que Dieu était aussi présent que dans le ciel, et qu'il avait enfermé le destin de la monarchie universelle ; après que vous aurez passé au travers de ce grand espace qui était dédié aux plaisirs du peuple, je ne doute point qu'après avoir regardé encore beaucoup d'autres choses, vous ne vous lassiez à la fin du repos et de la tranquillité de Rome.7

Il est besoin, pour une infinité de considérations importantes, que vous soyez au premier conclave.8 Quelque grand objet que se propose votre ambition, elle ne saurait rien concevoir de si haut que de donner en même temps un successeur aux consuls, aux empereurs et aux apôtres, et d'aller faire de votre bouche celui qui a la conduite de toutes les âmes. 1*

SELECTIONS IN PEOSE.

Descartes, natif de la Touraine, élève du collège de la Flèche, dans les dernières années de Henri IV, et militaire à vingt ans, ne renversa pas seulement l'édifice de l'ancienne philosophie pour créer une philosophie nouvelle ; plusieurs de ses travaux furent pour la langue le signal d'un grand progrès. Son chef-d'œuvre philosophique, le Discours de la Méthode, passera pour un chef-d'œuvre, tant que la netteté, la justesse et l'exactitude seront les qualités dominantes de l'esprit français. Il avait cependant vécu beaucoup d'années à l'étranger, et il mourut à Stockholm, un an avant que Louis XIV fut déclaré majeur. Il était un philosophe qui, comme le dit ingénieusement le P. Guénard, dans son Éloge de Descartes, enfermé dans le labyrinthe avec tous les autres philosophes, se fit lui-même des ailes et s'envola, frayant ainsi une route nouvelle à la raison captive. C'est à cette salutaire audace que nous devons, et les trois grands hommes qui ont profité des travaux du précurseur : Bacon, Leibnitz et Newton, et les penseurs qui ont, au dernier siècle, jeté les fondements de la société moderne.

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