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Notez que c’est sa mère qui l’avait dit

TAMANGO

Pourquoi fatiguerais-je le lecteur par la description dégoûtante des tortures de la faim ? Vingt personnes environ sur un espace étroit, tantôt ballottées par une mer orageuse, tantôt brûlées par un soleil ardent, se disputent tous les jours les faibles restes de leurs provisions. Chaque morceau de biscuit coûte un combat, et le faible meurt, non parce que le fort le tue, mais parce qu’il le laisse mourir. Au bout de quelques jours, il ne resta plus de vivant à bord du brick l’Espérance que Tamango et Ayché.

Une nuit, la mer était agitée, le vent soufflait avec violence, et l’obscurité était si grande, que de la poupe on ne pouvait voir la proue du navire. Ayché était couchée sur un matelas dans la chambre du capitaine, et Tamango était assis à ses pieds. Tous les deux gardaient le silence depuis longtemps.

— Tamango, s’écria enfin Ayché, tout ce que tu souffres tu le souffres à cause de moi . . .

— Je ne souffre pas, répondit-il brusquement. Et il jeta sur le matelas, à côté de sa femme, la moitié d’un biscuit qui lui restait.

— Garde-le pour toi, dit-elle en repoussant doucement le biscuit; je n’ai plus faim. D’ailleurs, pourquoi manger ? Mon heure n’est-elle pas venue?

Tamango se leva sans répondre, monta en chancelant sur le tillac et s’assit au pied d’un mât rompu. La tête penchée sur sa poitrine, il sifflait l’air de sa famille. Tout à coup un grand cri se fit entendre au-dessus du bruit du vent de la mer: une lumière parut. Il entendit d’autres cris, et un gros vaisseau noir glissa rapidement auprès du sien; si près, que les vergues passèrent au-dessus de sa tête. Il ne vit que deux figures éclairées par une lanterne suspendue à un mât. Ces gens poussèrent encore un cri, et aussitôt leur navire, emporté par le vent, disparut dans l’obscurité. Sans doute les hommes de garde avaient aperçu le vaisseau naufragé; mais le gros temps empêchait de virer de bord. Un instant après, Tamango vit la flamme d’un canon et entendit le bruit de l’explosion; puis

PROSPER MÉRIMÉE

il vit la flamme d’un autre canon, mais il n’entendit aucun bruit; puis il ne vit plus rien. Le lendemain, pas une voile ne paraissait à l’horizon. Tamango se recoucha sur son matelas et ferma les yeux. Sa femme Ayché était morte cette nuit-là.

5 Je ne sais combien de temps après, une frégate anglaise, la Bellone, aperçut un bâtiment démâté et en apparence abandonné de son équipage. Une chaloupe, l’ayant abordé, y trouva une négresse morte et un nègre si décharné et si maigre, qu’il ressemblait à une momie. Il était sans connaissance, mais avait en- 10 core un souffle de vie. Le chirurgien s’en empara, lui donna des soins, et quand la Bellone aborda à Kingston, Tamango était en parfaite santé. On lui demanda son histoire. Il dit ce qu’il en savait. Les planteurs de l’île voulaient qu’on le pendît comme un nègre rebelle; mais le gouverneur, qui était un homme 15 humain, s’intéressa à lui, trouvant son cas justifiable, puisque, après tout, il n’avait fait qu’user du droit légitime de défense; et puis ceux qu’il avait tués n’étaient que des Français. On le traita comme on traite les nègres pris à bord d’un vaisseau négrier que l’on confisque. On lui donna la liberté, c’est-à-dire 20 qu’on le fit travailler pour le gouvernement; mais il avait six sous par jour et la nourriture. C’était un fort bel homme. Le colonel du 75e le vit et le prit pour en faire un cymbalier dans la musique de son régiment. Il apprit un peu d’anglais; mais il ne parlait guère. En revanche, il buvait avec excès du rhum et du 25 tafia. Il mourut à l’hôpital d’une inflammation de poitrine.

Prosper Mérimée

HONORÉ DE BALZAC

Honoré de Balzac est né à Tours en 1799. D’abord clerc de notaire, il se lance de bonne heure dans la littérature et publie, sous des pseudonymes divers, toute une série de médiocres romans. Le succès ne venant point, il fonde une imprimerie, et fait banqueroute. Pour payer ses dettes et gagner sa vie, il se remet à composer des romans avec une fiévreuse activité, et en vingt ans, de 1830 à 1850, publie plus de quarante volumes. Doué à la fois d’un pouvoir d’observation extraordinaire et d’une imagination débordante, il se révèle le plus puissant romancier que la France ait jamais produit, le plus fécond créateur de types inoubliables. Ses romans, dans lesquels on retrouve souvent les mêmes personnages à des moments différents de leur vie, sont réunis sous le titre général de La Comédie Humaine. Citons parmi les plus connus: Les Chouans (1829), La Peau de Chagrin (1831), Eugénie Grandet (1833), Le Père Goriot (1834), Le Lys dans la Vallée (1835), Les Paysans (1844), Le Cousin Pons (1847).

Balzac a écrit également un certain nombre de nouvelles, dans lesquelles on retrouve les qualités qui le distinguent comme romancier, et quelques pièces de théâtre. Le Réquisitionnais a été publié dans la Revue de Paris, en 1831.

En 1850 Balzac épousa une grande dame polonaise, Madame Hanska, avec laquelle il correspondait depuis dix-sept ans. Mais, usé par le travail acharné de vingt ans, il mourut quelques mois plus tard.

LE RÊQUISITIONNAIRE

Par un soir du mois de novembre 1793, les principaux personnages de Carentan se trouvaient dans le salon de Mme de Dey, chez laquelle V assemblée se tenait tous les jours. Quelques circonstances qui n’eussent point attiré l’attention d’une grande ville, mais qui devaient fortement en préoccuper une 5 petite, prêtaient à ce rendez-vous habituel un intérêt inaccou-

HONORÉ DE BALZAC

tumé. La surveille, Mme de Dey avait fermé sa porte à sa société, qu’elle s’était encore dispensée de recevoir la veille, en prétextant une indisposition. En temps ordinaire, ces deux événements eussent fait à Carentan le même effet que produit 5 à Paris un relâche à tous les théâtres. Ces jours-là, l’existence est en quelque sorte incomplète. Mais, en 1793, la conduite de Mme de Dey pouvait avoir les plus funestes résultats. La moindre démarche hasardée devenait alors presque toujours, pour les nobles, une question de vie ou de mort. Pour bien 10 comprendre la curiosité vive et les étroites finesses qui animèrent pendant cette soirée les physionomies normandes de tous ces personnages, mais surtout pour partager les perplexités secrètes de Mme de Dey, il est nécessaire d’expliquer le rôle qu’elle jouait à Carentan. La position critique dans laquelle elle se 15 trouvait en ce moment ayant été sans doute celle de bien des gens pendant la Révolution, les sympathies de plus d’un lecteur achèveront de colorer ce récit.

Mme de Dey, veuve d’un lieutenant général, chevalier des ordres, avait quitté la cour au commencement de l’émigration. 20 Possédant des biens considérables aux environs de Carentan, elle s’y était réfugiée, en espérant que l’influence de la Terreur s’y ferait peu sentir. Ce calcul, fondé sur une connaissance exacte du pays, était juste. La Révolution exerça peu de ravages en basse Normandie. Quoique Mme de Dey ne vît 25 jamais que des familles nobles du pays quand elle y venait visiter ses propriétés, elle avait, par politique, ouvert sa maison aux principaux bourgeois de la ville et aux nouvelles autorités, en s’efforçant de les rendre fiers de sa conquête, sans réveiller chez eux ni haine ni jalousie. Gracieuse et bonne, douée de 30 cette inexprimable douceur qui sait plaire sans recourir à l’abaissement ou à la prière, elle avait réussi à se concilier l’estime générale par un tact exquis. * * *

Agée d’environ trente-huit ans, elle conservait encore non cette beauté fraîche et nourrie qui distingue les filles de la basse 35 Normandie, mais une beauté grêle et pour ainsi dire aristocratique. Ses traits étaient fins et délicats; sa taille était souple et

déliée. Quand elle parlait, son pâle visage paraissait s’éclairer et prendre de la vie. Ses grands yeux noirs étaient pleins d’affabilité, mais leur expression calme et religieuse semblait annoncer que le principe de son existence n’était plus en elle. Mariée à la fleur de l’âge avec un militaire vieux et jaloux, la fausseté de sa position au milieu d’une cour galante contribua beaucoup, sans doute, à répandre un voile de grave mélancolie sur une figure où les charmes et la vivacité de l’amour avaient dû briller autrefois. * * *

Son aspect commandait la retenue, mais il y avait toujours dans son maintien, dans sa voix, des élans vers un avenir inconnu, comme chez une jeune fille; bientôt l’homme le plus insensible se trouvait amoureux d’elle, et conservait néanmoins une sorte de crainte respectueuse, inspirée par ses manières polies, qui imposaient. Son âme, nativement grande, mais fortifiée par des luttes cruelles, semblait placée trop loin du vulgaire, et les hommes se faisaient justice. A cette âme, il fallait nécessairement une haute passion. Aussi les affections de Mme de Dey s’étaient-elles concentrées dans un seul sentiment, celui de la maternité. Le bonheur et les plaisirs dont avait été privée sa vie de femme, elle les retrouvait dans l’amour extrême qu’elle portait à son fils. Elle ne l’aimait pas seulement avec le pur et profond dévouement d’une mère, mais avec la coquetterie d’une maîtresse, avec la jalousie d’une épouse. Elle était malheureuse loin de lui, inquiète pendant ses absences, ne le voyant jamais assez, ne vivait que par lui et pour lui. Afin de faire comprendre aux hommes la force de ce sentiment, il suffira d’ajouter que ce fils était non seulement l’unique enfant de Mme de Dey, mais son dernier parent, le seul être auquel elle pût rattacher les craintes, les espérances et les joies de sa vie. Le feu comte de Dey fut le dernier rejeton de sa famille, comme elle se trouva seule héritière de la sienne. Les calculs et les intérêts humains s’étaient donc accordés avec les plus nobles besoins de l’âme pour exalter dans le cœur de la comtesse un sentiment déjà si fort chez les femmes. * * *

Grâce à des soins constants, ce fils avait grandi et s’était si

HONORÉ DE BALZAC

gracieusement développé, qu’à vingt ans il passait pour un des cavaliers les plus accomplis de Versailles. Enfin, par un bonheur qui ne couronne pas les efforts de toutes les mères, elle était adorée de son fils; leurs âmes s’entendaient par de fraternelles 5 sympathies. S’ils n’eussent pas été liés déjà par le vœu de la nature, ils auraient instinctivement éprouvé l’un pour l’autre cette amitié d’homme à homme, si rare à rencontrer dans la vie. Nommé sous-lieutenant de dragons à dix-huit ans, le jeune comte avait obéi au point d’honneur de l’époque en suivant les 10 princes dans leur émigration.

Ainsi, Mme de Dey, noble, riche et mère d’un émigré, ne se dissimulait point les dangers de sa cruelle situation. Ne formant d’autre vœu que celui de conserver à son fils une grande fortune, elle avait renoncé au bonheur de l’accompagner; mais 15 en lisant les lois rigoureuses en vertu desquelles la République confisquait chaque jour les biens des émigrés à Carentan, elle s’applaudissait de cet acte de courage. Ne gardait-elle pas les trésors de son fils au péril de ses jours? Puis en apprenant les terribles exécutions ordonnées par la Convention, elle s’endor- 20 mait heureuse de savoir sa seule richesse en sûreté, loin des dangers, loin des échafauds. Elle se complaisait à croire qu’elle avait pris le meilleur parti pour sauver à la fois toutes ses fortunes. Faisant à cette secrète pensée les concessions voulues par le malheur des temps, sans compromettre ni sa dignité de 25 femme ni ses croyances aristocratiques, elle enveloppait ses douleurs dans un froid mystère.

Elle avait compris les difficultés qui l’attendaient à Carentan. Venir y occuper la première place, n’était-ce pas y défier l’échafaud tous les jours? Mais soutenue par un courage de 30 mère, elle sut conquérir l’affection des pauvres en soulageant indistinctement toutes les misères, et se rendit nécessaire aux riches en veillant à leurs plaisirs. Elle recevait le procureur de la commune, le maire, le président du district, l’accusateur public, et même les juges du tribunal révolutionnaire. Les 35 quatre premiers de ces personnages, n’étant pas mariés, la courtisaient dans l’espoir de l’épouser, soit en l’effrayant par le

mal qu’ils pouvaient lui faire, soit en lui offrant leur protection. L’accusateur public, ancien procureur à Caen, jadis chargé des intérêts de la comtesse, tentait de lui inspirer de l’amour par une conduite pleine de dévouement et de générosité; finesse dangereuse ! Il était le plus redoutable de tous les prétendants. Lui seul connaissait à fond l’état de la fortune considérable de son ancienne cliente. Sa passion devait s’accroître de tous les désirs d’une avarice qui s’appuyait sur un pouvoir immense, sur le droit de vie ou de mort dans le district. Cet homme encore jeune, mettait tant de noblesse dans ses procédés, que Mme de Dey n’avait pas encore pu le juger. Mais, méprisant le danger qu’il y avait à lutter d’adresse avec des Normands, elle employait l’esprit inventif et la ruse que la nature a départis aux femmes pour opposer ces rivalités les unes aux autres. En gagnant du temps, elle espérait arriver saine et sauve à la fin des troubles. A cette époque, les royalistes de l’intérieur se flattaient tous les jours de voir la révolution terminée le lendemain; et cette conviction a été la perte de beaucoup d’entre eux.

Malgré ces obstacles, la comtesse avait assez habilement maintenu son indépendance jusqu’au jour où, par une inexplicable imprudence, elle s’était avisée de fermer sa porte. Elle inspirait un intérêt si profond et si véritable, que les personnes venues ce soir-là chez elle conçurent de vives inquiétudes en apprenant qu’il lui devenait impossible de les recevoir; puis, avec cette franchise de curiosité empreinte dans les mœurs provinciales, elles s’enquirent du malheur, du chagrin, de la maladie qui devait affliger Mme de Dey. A ces questions, une vieille femme de charge nommée Brigitte répondait que sa maîtresse s’était enfermée et ne voulait voir personne, pas même les gens de sa maison. L’existence, en quelque sorte claustrale, que mènent les habitants d’une petite ville crée en eux une habitude d’analyser et d’expliquer les actions d’autrui si naturellement invincible, qu’après avoir plaint Mme de Dey, sans savoir si elle était réellement heureuse ou chagrine, chacun se mit à rechercher les causes de sa soudaine retraite.

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— Si elle était malade, dit le premier curieux, elle aurait envoyé chercher le médecin; mais le docteur est resté pendant toute la journée chez moi à jouer aux échecs. Il me disait en riant que, par le temps qui court, il n’y a qu’une maladie ... et 5 qu’elle est malheureusement incurable.

Cette plaisanterie fut prudemment hasardée. Femmes, hommes, vieillards et jeunes filles se mirent alors à parcourir le vaste champ des conjectures. Chacun crut entrevoir un secret, et ce secret occupa toutes les imaginations. Le lendemain, les 10 soupçons s’envenimèrent. Comme la vie est à jour dans une petite ville, les femmes apprirent les premières que Brigitte avait fait au marché des provisions plus considérables qu’à l’ordinaire. Ce fait ne pouvait être contesté. On avait vu Brigitte de grand matin sur la place, et, chose extraordinaire, 15 elle y avait acheté le seul lièvre qui s’y trouvât. Toute la ville savait que Mme de Dey n’aimait pas le gibier. Le fièvre devint un point de départ pour des suppositions infinies. En faisant leur promenade périodique, les vieillards remarquèrent dans la maison de la comtesse une sorte d’activité concentrée qui se 20 révélait par les précautions mêmes dont se servaient les gens pour la cacher. Le valet de chambre battait un tapis dans le jardin; la veille, personne n’y aurait pris garde; mais ce tapis devint une pièce à l’appui des romans que tout le monde bâtissait. Chacun avait le sien. Le second jour, en apprenant que 25 Mme de Dey se disait indisposée, les principaux personnages de Carentan se réunirent le soir chez le frère du maire, vieux négociant marié, homme probe, généralement estimé, et pour lequel la comtesse avait beaucoup d’égards. Là, tous les aspirants à la main de la riche veuve eurent à raconter une fable 30 plus ou moins probable; et chacun d’eux pensait à faire tourner à son profit la circonstance secrète qui la forçait de se compromettre ainsi. L’accusateur public imaginait tout un drame pour amener nuitamment le fils de Mme de Dey chez elle. Le maire croyait à un prêtre insermenté, venu de la Vendée, et qui 35 lui aurait demandé un asile; mais l’achat du fièvre, un vendredi, l’embarrassait beaucoup. Le président du district tenait forte-

ment pour un chef de chouans ou de Vendéens vivement poursuivi. D’autres voulaient un noble échappé des prisons de Paris. Enfin, tous soupçonnaient la comtesse d’être coupable d’une de ces générosités que les lois d’alors nommaient un crime, et qui pouvaient conduire à l’échafaud. L’accusateur public disait d’ailleurs à voix basse qu’il fallait se taire, et tâcher de sauver l’infortunée de l’abîme vers lequel elle marchait à grands pas.

— Si vous ébruitez cette affaire, ajouta-t-il, je serai obligé d’intervenir, de faire des perquisitions chez elle, et alors !...

Il n’acheva pas, mais chacun comprit cette réticence.

Les amis sincères de la comtesse s’alarmèrent tellement pour elle, que dans la matinée du troisième jour, le procureur-syndic de la commune lui fit écrire par sa femme un mot pour l’engager à recevoir pendant la soirée, comme à l’ordinaire. Plus hardi, le vieux négociant se présenta dans la matinée chez Mme de Dey. Fort du service qu’il voulait lui rendre, il exigea d’être introduit auprès d’elle, et resta stupéfait en l’apercevant dans le jardin, occupée à couper les dernières fleurs de ses platesbandes pour en garnir des vases.

— Elle a sans doute donné asile à son amant, se dit le vieillard, pris de pitié pour cette charmante femme.

La singulière expression du visage de la comtesse le confirma dans ses soupçons. Vivement ému de ce dévouement si naturel aux femmes, mais qui nous touche toujours, parce que tous les hommes sont flattés par les sacrifices qu’une d’elles fait à un homme, le négociant instruisit la comtesse des bruits qui couraient dans la ville et du danger où elle se trouvait.

— Car, lui dit-il en terminant, si, parmi nos fonctionnaires, il en est quelques-uns assez disposés à vous pardonner un héroïsme qui aurait un prêtre pour objet, personne ne vous plaindra si l’on vient à découvrir que vous vous immolez à des intérêts de cœur.

A ces mots, Mme de Dey regarda le vieillard avec un air d’égarement et de folie qui le fit frissonner, lui, vieillard.

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