‹ French speaker, ou L'orateur françaisChapitre 144 sur 174 · GNER, POUR L'IMITER OU PÉRIR · texte numérisé non relu

GNER, POUR L'IMITER OU PÉRIR

Assez dans les forêts mon oisive jeunesse Sur de vils ennemis a montré son adresse : Ne pourrai-je, en fuyant un indigne repos, D'un sang plus glorieux teindre mes javelots ? Tous n'aviez pas encore atteint l'âge où je touche, Déjà plus d'un tyran, plus d'un monstre farouche, Avait de votre bras senti la pesanteur. Déjà, de l'insolence heureux persécuteur, Vous aviez des deux mers assuré les rivages : Le libre voyageur ne craignait plus d'outrages, Hercule, respirant sur le bruit de vos coups, Déjà de son travail se reposait sur vous. Et moi, fils inconnu d'un si glorieux père, Je suis même encor loin des traces de ma mère. Souffrez que mon courage ose enfin s'occuper ; Souffrez, si quelque monstre a pu vous échapper, due j'apporte à vos pieds sa dépouille honorable, Ou que d'un beau trépas la mémoire durable, Éternisant des jours si noblement finis, Prouve à tout l'univers que j'étais votre fils.

Racine. Phèdre.

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