LUSIGNAN
due la foudre en éclats ne tombe que sur moi ! Ah, mon fils ! à ces mots j'eusse expiré sans toi ! Mon Dieu, j'ai combattu, etc.
282 LE LECTEUR ET l'oRATEUR FRANÇAIS.
Quelle véhémence entraînante ! quel torrent d'éloquence ! C'est là de la vraie chaleur, celle qui consiste dans une succession rapide et pressante de mouvements naturels qui naissent les une des autres, et acquièrent en se multipliant une force irrésistible. Ce discoure serait très-beau, même s'il était mis en prose, due sera-ce si l'on considère que les difficultés de la versification non seulement n'ont rien ôté à la vérité, à la précision, à la justesse, mais encore y ont ajouté une charme inséparable des vers harmonieux? Ne faudraitil pas en conclure que le premier de tous les talents est celui d'être éloquent en vers ?
Il est impossible que Zaïre résiste à cette impulsion victorieuse, et le spectateur est entraîné avec elle.
La Harpe. Cours de Littérature.