‹ French speaker, ou L'orateur françaisChapitre 4 sur 174 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il en est de l'art oratoire comme de tous les arts ; de même qu'un peintre ne peut avoir un grand talent qu'après avoir copié les tableaux des grands maîtres, de même toute personne qui voudra se créer une influence, par le moyen d'une belle élocution, devra préalablement s'exercer sur des morceaux de littérature de tous genres. C'est un travail qui lui sera tout à la fois utile et agréable, puisqu'il la mettra en contact avec nos poètes et nos écrivains, et qu'il lui donnera la facilité de s'énoncer avec grâce et variété. Chaque morceau a un genre qui lui est propre : dans les uns c'est le genre comique qui domine : dans d'autres c'est le genre tragique.

Il y a sept genres principaux qui sont le simple, le poétique, le comique, le mélancolique, le tragique, le narratif et le descriptif. Nous n'entrerons point dans les subdivisions de chacun de ces genres, qui, par leur grande diversité, ne pourraient se renfermer dans les limites que nous nous sommes tracées ; nous dirons seulement que, pour avoir une bonne diction, il est nécessaire de se familiariser avec tous ceux que nous venons d'indiquer. Ces genres, qui, au premier coup-d'œil, semblent si distincts les uns des autres, sont pourtant tellement liés ensemble, qu'il serait impossible de pouvoir en dire un seul, si on ne les connaissait pas tous. En effet, il y a peu de morceaux qui ne contiennent au moins deux genres. Nous allons tâcher de prouver par un exemple ce que nous avançons. Supposons pour un instant qu'un Élève n'ait étudié qu'un seul genre, et cependant qu'il ait à lire ou à déclamer la narration d'Isménie, dans Mérope : ( Voyez page 253) il sera arrêté dès les premiers vers, s'il ne sait pas tout à la fois faire une description et peindre des personnages.

La victime était prête, et de fleurs couronnée. . .<frc, tyc. Le peuple observait tout dans un profond silence. . .<$*c, <f*c.

Cet Elève rencontrera une nouvelle difficulté pour rendre le passage qui suit, s'il ne sait pas donner du mouvement à une pensée, car l'action commence seulement à ce passage : Dans l'enceinte sacrée, en ce moment s'avance. . .tf-c, <$*c.

Je l'ai vu qui frappait ce monstre audacieux.

Ici il faut quitter le ton narratif pour prendre en quelque sorte, la place d'Égiste ; et dans quel moment encore ! dans le rjlus terrible où un homme puisse jamais se trouver, car si Égiste ne réussit pas sa mort est certaine. Comment donc cet

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