‹ Fréquence des Mycoses pures ou associées à la TuberculoseChapitre 8 sur 13 · PRE LIU · texte numérisé non relu

PRE LIU

montrent avec non moins d'intérêt, l'importance qu'il peut y avoir à faire un diagnostic exact de mycose. Fait à noter :

ces trois malades appartiennent à la même famille.

OBSERVATION Î

F. L..…., o ans, vient consulter en juin 1923 pour des bronchites à répétition qui se succèdent depuis 1916 et qui ont motivé l'intervention de plusieurs médecins et donné lieu à un examen radioscopique au sujet duquel le diagnostic de tuberculose fut porté.

L'état général est médiocre. À l'examen, on constate un état de maigreur très prononcé. La face est anémiée, on perçoit des chaînes ganglionnaires le long du cou.

La percussion montre de la submatité au sommet du poumon droit, dans la région sus-épineuse. À l’auscultation, on note une inspiration rude.

À gauche, matité très prononcée dans le 1/3 supérieur en arrière. L'inspiration est rude et l'expiration prolongée avec râles sous-crépitants abondants dans la région sous-claviculaire. ;

Pa y a une expectoration abondante de crachats jaunâtres, épais et d'aspect muco-purulent.

Le malade s’étant présenté à mon cabinet à seize heures, je fus frappé par l'absence de température, qui me fit douter du diagnostic de tuberculose qui avait été porté et que la

percussion et l’auscultation donnaient à confirmer.

Un examen des crachats pratiqué par le D° Creuzé permit de constater l’absence de bacilles de Koch, mais montra la présence à côté des bactéries saprophytes habituels de filalaments mycosiques. La culture sur liquide de Raulin donna naissance à une mycose du type penicillum.

Un traitement à l'iodure d’arsenic alterné avec j’iodaseptine pratiqué pendant trois mois amena une modification complète des signes d’auscultation avec amélioration de l’état général et actuellement, l'enfant âgé de 13 ans ne présente plus aucun signe pulmonaire et a un développement normai

avec excellent état général.

OBSERVATION II

J. M... 11 ans, sœur du précédent me fut amenée en même temps et pour les mêmes raisons; comme son frère, elle avait contracté, en 1016 (au moment de son retour aux environs de Paris, qu’elle avait quittés au début de la guerre), des accidents rhino-pharingés, trachéo-bronchiques avec expectoration abondante muco-purulente mais à la différence de son frère, elle présentait des élévations intermittentes de température survenant par poussées de quinze à trente jours séparées par des rémissions dont la durée était très variable; cet état pathologique avait résisté aux divers traitements prescrits et, en particulier à des cures thermales à La Bourboule et d’une cure à Saint-Honoré interrompue par suite d’éléva-

tion thermique avec expectoration sanguinolente.

Se

À l'examen, je constate un état général médiocre et l’auscultation révèle les mêmes signes que chez son frère avec prédominance des lésions à droite.

Les résultats de l'examen microscopique furent identi-

ques ainsi que le traitement et les résultats obtenus.

OBSERVATION II

F. M..., 32 ans, mère des précédents, traitée depuis plusieurs mois par un chirurgien pour une ‘affection rénovésicale avec altération profonde de l’état général, amaigrissement considérable. Les urines sont muco-purulentes. La malade présente des douleurs dans la région rénale et vésicale. Le chirurgien qui avait porté le diagnostic de pyélonéphrite vraisemblablement bacillaire se proposait de tenter une opération après avoir pratiqué les examens de laboratoire nécessaires lorsqu'il fut mis au courant des constatations faites chez les deux enfants.

Il m’adressa alors la malade, chez laquelle un examen microscopique des urines, suivi d’une culture sur liquide de Raulin, pratiqués par le D' Creuzé, firent découvrir l’existence d’une mycose identique à celle observée chez les enfants.

Un traitement à l’iodure de potassium suivi pendant deux mois, puis un traitement arsénical amenèrent la disparition des accidents avec amélioration progressive de l’état

général.

LLUGGREE

Comme nous venons de le voir par ces observations, la symptomatologie des mycoses et surtout des mycoses pulmonaires est très semblable à celle de la tuberculose pulmot naire. |

Prenons un malade atteint de mycose pulmonaire. Comme symptômes fonctionnels, nous trouvons chez lui de la toux accompagnée d’expectoration, d'aspect muco-purulent et pouvant déterminer des hémoptisies.

Sur la nature de ces hémoptisies, il y a lieu de distinguer des hémoptisies proprement dites les fausses hémoptysies. Elles sont constituées par le rejet, non de sang, mais de masses mycéliennes colorées en rouge-sang par un pigment quel’on trouve assez fréquemment chez les champignons du genre aspergillus (Creuzé). On voit déjà quelles sources d'erreurs peuvent êre ces fausses hémoptisies !

Mais n'oublions pas qu'une mycose pulmonaire peut aussi déterminer des hémoptisies vraies. Et comme exemple nous citerons le cas de cette malade du P° Macaigne, qui présentait depuis très longtemps des hémoptysies. Lorqu’elle mourut, on découvrit à l’autopsie des poumons, des filaments d’aspergillus en très grande quantité. C'était le champignon qui, en perforant les vaisseaux provoquait les hémoptysies !

En dehors des hémoptysies, un symptôme fonctionnei assez important peut servir au diagnostic : c’est la fièvre. La fièvre est, en général, moins élevée et beaucoup plus irré-

gulière.

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Certaines mycoses pulmonaires évoluent sans aucune fièvre, bien que les signes physiques et radioscopiques montrent une atteinte des poumons; c'est surtout dans ces cas que l'on fera le plus sûrement le diagnostic de mycose.

L'examen des signes physiques ne peut suffire non plus à faire un diagnostic différentiel avec la tuberculose.

Le mycosique est souvent moins amaigri que le tuberculeux et son état général est meilleur.

La palpation pourra montrer chez le mycosique une augmentation des vibrations vocales en certaines régions du thorax. On trouvera à la percussion de la submatité et même de la matité de la région atteinte. À l’auscultation, on notera du côté atteint une inspiration rude et une expiration prolongée et souffrante. On percevra aussi des craquements et râles sous-crépitants.

Devant cette symptomatologie, on sera tenté de faire un examen radioscopique et là encore, il y aura analogie complète entre la mycose et la tuberculose.

On observera également des régions obscures, s’éclairant mal à la toux, indiquant une condensation pulmonaire à ce niveau (Ménétrel et Creuzé, 1922).

Même l'examen microscopique des crachats peut nous induire en erreur. En effet, certains filaments mycéliens, en particulier, ceux du genre oospora, sont acido-résistants. [Is possèdent de plus la propriété, dans certaines conditions de

se fragmenter en petits bâtonnets. Si nous prélevons un cra-

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chat de mycosique que nous colorons par la méthode de Ziehl, nous pourrons voir de petits bâtonnets d’origine mycélienne colorés absolument comme le seraient des bacilles de Koch. Par conséquent, là aussi, il y a possibilité d'erreurs de diagnostic (Savoire et Creuzé).

Et si on est amené à faire l’autopsie d’un mycosique pulmonaire, une coupe du poumon dans la région atteinte nous montrera des lésions histologiques de tous points comparables à celles de la tuberculose bacillaire ; là aussi on observe des productions nodulaires, véritables tubercules, entourés à leur périphérie de cellules géantes. Certains de ces tubercules atteignent l’évolution fibreuse.

Le seul moyen que nous possédons pour faire un diagnostic certain, c'est la culture. Il suffira d’ensemencer ia sécrétion du malade sur le liquide de Raulin, par exemple, et très rapidement, s'il s’agit d’une mycose, on verra se développer une Culture du champignon en cause. Ce moyen permettra non seulement de diagnostiquer la véritable affection en cause mais l’espèce même du champignon, agent de la mycose.

La cuti-réaction, au moyen d’un extrait du champignon et la séro-réaction peuvent servir au diagnostic. |

Nous n'avions en vue jusqu’à présent que les mycoses pures. Mais, très souvent, ces mycoses sont associées à la tuberculose et, chose curieuse, dans ces cas, la marche de

la tuberculose paraît enrayée du fait de la mycose. On est

exposé dans ces cas à faire l'erreur de diagnostic inverse qui est de s'occuper de la mycose et d'ignorer la tuberculose. Aussi, ne doit-on jamais négliger à côté des moyens d’investigation habituels : radioscopie, examen microscopique des crachats, ensemencement, de faire systématiquement une inoculation des sécrétions au cobaye.

En résumé, pour diagnostiquer une mycose, on devra

urtout rechercher les anomalies dans la symptomatologie par rapport à la symptomatologie de la tuberculose ordinaire la température irrégulière et peu élevés en face des lésions pulmonaires assez importantes, l’ahondance de l’expectoration, en désaccord avec les signes cliniques, l’échéc du traitement hygiénodiététique (Ménétrel et Creuzé, Moniteur Médical, 1922. Savoire et Creuzé, Vie Médicale, 1924).

Nous n'avons parlé jusqu'ici que des mycoses pulmonaires. C’est évidemment la localisation la plus fréquente des mycoses, mais il est d’autres mycoses que l’on voit assez souvent : mycoses rénales, appendiculaires, hépatiques, spléniques.

Les mêmes choses peuvent être dites au point de vue du diagnostic, à propos de ces localisations. La mycose rénale à cause de l'aspect troublé qu’elle donne aux urines est prise souvent pour une pyélonéphrite ou encore pour une tuberculose du rein. Les symptômes très douloureux auxquels elle donne lieu parfois peuvent faire penser à des coliques

néphrétiques.

Plusieurs mycoses peuvent coexister chez le même individu entre autres, on voit souvent la double localisation poumons-reins.

A côté des mycoses pures, on peut avoir des mycoses associées à des bactéries diverses (pneumocoques, pneumobacilles, entérocoques, tétragènes, catarrhales) ou au bacille de Koch. Ici, le diagnostic exact est très difficile à faire d’autant plus que, ainsi que l’ont observé les D Savoire et Creuzé, la marche de la tuberculose semble ralentie et parfois même enrayée du fait de la mycose. Ici encore le seul procédé de diagnostic certain est la culture, auquelle il faut ajouter l’inoculation des sécrétions au cobaye.

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