I-pares 131, crevasses 51, soit 38,93 o/o
multipares 210, crevasses 73, soit 34,76 oJo
Ainsi, les crevasses sont plus fréquentes chez la primipare que chez la multipare ; en cela nous sommes d'accord avec tous les auteurs. Mais, selon nous, la différence n’est pas très considérable (4 0/0 seulement); elle leserait davantage d’après Courgey (8 0/0) et plus encore d’après Platzer (10 0/0).
Comment, parmi les multipares, se répartissent les lésions? Le tableau suivant nous le montre; il nous montre aussi qu'elles diminuent assez régulièrement avec le nombre des accouchements:
Il-pares 86 crevasses 27 soit 31,39 o/o
II — 47 — 190 AGO, 6210/0 IV. — 39 — 12 — 30,76 o/o V — 19 — 5 — 33,33 oJo VL — II —— 2 — 17,27 0/0 VII — 4 — NE >) — I IX — 4 —— 2 X — I — I XII — I — L
Nous n'avons pas fait le pourcentage des VII, VII, IX, X, XIl-pares, le nombre d'observations nous paraissant insuffisant.
Mais la décroissance est beaucoup plus manifeste,
si, au lieu de compter par parité, on compte par allaitements effectifs. Le tableau suivant est très intéressant à cet égard:
Sur les 73 multipares:
30 allaitent pour la re fois soit 41,09 o/o
20 ont déjà allaité 1 — 27,39 0/0 8° —— — 2 — 10,97 0/0 7 — — $) — 9,57 0/0 5 — — 4 — 4,10 oJ0 1 à — — 5 —— 1,36 0/0
Les autres ont allaité respectivement 6, 7, 8 et 12 fois.
Il nous a paru intéressant d'étudier dans quelles proportions les femmes atteintes une première fois étaient susceptibles de l’être à nouveau : nous avons fait la statistique suivante :
Sur les 210 multipares.
39 ont déjà eu des crevasses et en ont, soit 18,5 o/o 34 en ont pour la première fois, soit....... 16,1 oJo 28 en onteuune fois et n’en ont pas, soit.. 13,3 o/o
109 n’en ont jamais eu et n’en ont pas
On voit par ces chiffres que souvent, et dans une proportion assez forte, les femmes qui ont eu des crevasses, risquent fort d’en avoir par la suite: nous avons dans nos observations, une XII-pare, qui à chaque allaitement a eu des crevasses.
Au point de vue de la latéralité, sur les 124 cas :
ne ES D ee
83 fois les deux seins étaient pris 23 fois le sein gauche
21 fois le sein droit.
Donc la lésion est généralement bilatérale; quand un seul sein est pris, il est bien difficile de dire’si c’est plutôt le droit que le gauche, et vice versa.
On a dit que le froid était une cause occasionnelle des crevasses : nous avons donné précédem- .ment une stalistique destinée à montrer la fréquence des crevasses, suivant le mois : elle n’est pas concluante.
Nous n'avons pas fait d’observations précises à cet égard. Cependant, nos études ont été faites, pendant deux saisons assez différentes : d’un côté, les mois de printemps et d'été; de l’autre, d'automne : et d'hiver :
Pendant les mois d'avril, mai, juin, juillet : sur 182 observations, nous avons eu 72 crevasses, soit 39,5 o/o.
Pendant les mois d'octobre, novembre et décembre: sur 159 observations, nous avons eu 52 crevasses, soit 32,6 0/0.
Pendant la saison relativement froide la proportion serait moindre.
Nous donnons simplement nos résultats sans apporter de conclusions.
Nous n'avons point spécialement étudié l’époque d'apparition: tous les auteurs sont d'accord pour la placer entre le troisième et le cinquième jours. Sans avoir fait de recherches à ce sujet, nous croyons
pouvoir affirmer, de notre côté, que c’est vers le troisième ou quatrième jour que la crevasse apparaît. Exceptionnellement nous l’avons vue apparaître le premier jour.
Quant à la lymphangite, nous en avons observé au total 10 cas sur 341 accouchées, soit 2,93 o/o du nombre total des nourrices ; et 8,06 0/0 du nombre total de crevasses.
Nous l'avons vue :
7 fois chez les primipares 3 fois chez les multipares
En somme c’est un accident qui devient de plus en plus rare.
D’après nos chiffres nous admettrons :
1° Que les crevasses sont un accident fréquent chez la nourrice puisque plus du tiers en sont atteintes ;
2° Que les primipares y sont plus sujettes que les multipares ; mais que l'écart n’est pas aussi considérable que certains auteurs tendent à l’admettre ;
3° Que souvent, une première atteinte est suivie d’une nouvelle, sans qu’il y ait rien d’absolu ;
4° Qu'elles diminuent avec la multiparité croissante ;
5° Que cette diminution est beaucoup plus apparente quand on compte avec les allaitements effectifs ;
6° Que la lymphangite est une complication assez rare, grâce aux soins que les nouvelles accouchées prennent de leurs seins.