I. — Prophylaxie avant l'accouchement
La cause primordiale des crevasses est, avons-nous dit, lamauvaise conformation du mamelon. Dès lors on a cherché à remédier à cet état défectueux de l'organe, à le rendre plus saïllant, plus facilement préhensible, en un mot on a voulu « faire les bouts ».
Pour cela, on a mis en œuvre les moyens les plus étranges, qu'il n’est pas sans intérêt de rappeler.
On a successivement préconisé : |
a) Des moyens mécaniques tels que les pressions digitales, des pressions exercées à la base du mamelon par une plaque de bois dont la concavité est tournée du côté de l’aréole et dont le centre percé d'un trou laisse passer le mamelon.
b) Les succions répétées qui peuvent être faites directement ou indirectement.
1° Directement : ce soin était confié généralement à un chien nouveau-né de grosse espèce, ou à une personne de bonne volonté, le mari par exemple, quand n’intervenaient pas & les faiseuses de bouts » professionnelles.
Le mamelon ainsi humecté par la salive devien-
drait plus souple, plus facile à allonger d’après Cazeaux. « Après cette succion, dit Gardien — cité par Cazeaux — on bassine le mamelon avec du vin tiède pour raffermir l’épiderme ; on enferme les bouts de seins dans des étuis faits avec de la cire vierge ou du caoutchouc pour les maintenir allongés ou les garantir des frottements. »
2° Indirectement : les succions peuvent êtré faites par la femme elle-même ou toute autre personne, à l’aide d’une pipe en terre, d’un bout-de-sein, d’une téterelle bi-aspiratrice. « On leur a substitué parfois, dit Varnier, des ventouses de verre, de caoutchouc, des fioles préalablement chauffées et appliquées sur le bout de sein qu’elles aspirent par le même mécanismeé que celui qui fait pénétrer l'œuf dur dépouillé de sa coquille dans une carafe à goulot étroit, où brûle un peu de papier. »
Quelle estla valeur de ces différentes manœuvres ? Atteignent-elles surtout le but qu’elles se proposent ? La réponse est simple : elles sont inutiles et dangereuses :
Elles peuvent provoquer de lirritation, de l’inflammation du mamelon, voire même des érosions, source d’abcès.
On les a accusées aussi de provoquer, par réflexe, des contractions utérines, capables de déterminer un accouchement prématuré.
Que penser enfin de ces tireuses de lait professionnelles, qui peuvent être la cause d’accidents syphilitiques ultérieurs chez la nourrice. Leloir, Rol-