END
let ont rapporté des cas de ce mode de contagion. « Bourgogne — d'après Varnier — raconte l’histoire d’une femme qui depuis plusieurs années,prêtant son ministère pour former, par une succion prolongée, les seins des jeunes personnes, ou pour les dégorger d’une surabondance de lait, infecta de syphilis douze ou quatorze femmes qui communiquèrent la maladie à leurs enfants. Quelques-uns de ceux-ci infectèrent les nourrices, qui à leur tour communiquèrent la syphilis à leurs propres enfants qu’elles nourrissaient en même temps. »
De tels exemples suffisent pour condamner un système.
À côté de ces moyens mécaniques se placent les moyens thérapeutiques, si nous pouvons ainsi dire, qui, eux, auraient pour but, de tanner le mamelon, de rendre son épithélium si fragile, plus ferme et plus résistant.
Pommades, lotions, pansements humides ont été tour à tour utilisés :
Dubois, pendant un mois avant l’accouchement, faisait faire des onctions avec l’une des pommades suivantes :
,Tannin., 11 & grammes AXORrE SAR. 30 — 2. Huile d'amandes douces...
Beurre de Cacao 0e âà parties égales TARN NS EE =
Cazeaux préférait les lotions astringentes et toniques qui augmentent la densité, émoussent la sensi-
bilité des téguments : l’eau froide, ou l’eau fortement salée, le vin rouge, l’eau-de-vie, l’eau blanche, la décoction de quinquina, l’infusé de roses de Provins, etc., etc.
Trousseau faisait de rapides lotions avec de l’eau simple en évitant le froid.
Tarnier conseillait les lotions savonneuses des seins et application de compresses imbibées de bichlorure de mercure.
L'eau boriquée simple, ou l’eau boriquée alcoolisée ont été utilisées par Pinard et par Varnier.
Ces lotions qui ont la réputation d’affermir l’épiderme, sont certainement préférables à toutes les pommades possibles qui tachent les vêtements, rancissent et entretiennent la saleté du mamelon, quand elle existe, et qui n'étayent leur efficacité que sur l'antiquité de leur renommée : et c’est de cette réputation séculaire qu’il faut se défier le plus, car, sauf heureux effet du hasard, antiquité et antisepsie ne vont pas de pair.
Quant aux lotions elles-mêmes, qu'il s'agisse d’eaude-vie ou de solutions alcooliques de tannin, on peut leur reprocher d’aller trop loin dans le but qu’on veut atteindre, c’est-à-dire d'enlever au mamelon sa souplesse. Lorsque l'enfant tétera, et que le bout s’allongera, cet épithélium qui aura perdu son élasticité, se cassera, se fendillera, plutôt que de se laisser distendre.
En somme, avant l’accouchement, nous croyons qu’on agira sagement en s’abstenant de toute prati-
Epar ae que : il est des mamelons qui paraissent petits et fragiles et que l’enfant prend sans difficulté.
Une seule chose nous paraît vraiment utile et même nécessaire : c’est de maintenir les mamelons dans un état constant de rigoureuse propreté : des lavages quotidiens à l’eau chaude savonneuse, et un pansement sec pour isoler le mamelon, suffiront le
plus souvent.