PRÉFACE III
époque, l'exemplaire souverain des hommes politiques à bonnes fortunes. On n'a plus à apprendre qu'il a été l'instrument d'exécution du coup de force de 1851. — reprochable, cet acte, en son principe, mais dont l'excuse fut de fournir à la France assoiffée (comme elle l'est, aujourd'hui) de calme, de repos, de labeur paisible, plusieurs années de stabilité gouvernementale et prospère.
Sur le reste, à maintes places, faisait défaut la lumière des renseignements exacts.
Par un cas singulier, Morny, qui projeta de composer des mémoires, dans la manière sérieuse, ne laissa derrière lui que peu de traces écrites de sa course hardie, brillante, à travers la politique et le monde. Un choix de correspondances diplomatiques, une liasse plutôt mince de lettres personnelles, quelques papiers mis en ordre, des notes rédigées sur des questions de finances ou d'économie sociale, des réflexions diverses et qu'il n'eut pas le temps de rattacher entre elles : il n'en revint guère davantage aux mains de ses héritiers directs. De certaines appréciations contemporaines, des anecdotes du jour, des mots de circonstance trop de fois ressassés ensuite pour qu'ils soient repre-