ACTE II
mon amour, de ma passion?... C'était un tort, j'en conviens, mais que voulez-voüs, quand le cœur déborde, la bouche parle à l’insu de la raison... 11 s’est trouvé là un ami, un railleur, un diseur de bons mots, un célibataire incurable... 11 a prétendu que chez moi comme ch >z tant d’autres, le mariage glacerait l'amour, le mari étoufferait l'amant... Là-dessus, rixe italienne chauffée au soleil corse: nous nous disputons en ennemis intirrtes; nous nous battons pour rendre hommage aux préjugés, je blesse mon adversaire d'un coup d’épée, nous nous serrons cordialement la main, et l’honneur du mariage est vengé.
ROBERT
Voilà bien votre vivacité irréfléchie ! Vous exposer ainsi pour un simple propos !
ADRIEN
Mon Dieu!... vous avez quelques années de plus que moi... et peut-être ne comprenez-vous plus ces choses-là, mon cher comte. Me dire en face que je pourrais cesser d’aimer Blanche ! La vie me paraît trop com te pour que ma constance puisse être un mérite ou une épreuve... Et tenez, s’il faut vous l’avouer, en m'unissant éternellement à elle, une seule pensée vient mêler son amertume à mon bonheur... (Entré.- de Fabricio.) C’est l’horrible pensée que Dieu pourrait me reprendre celle que vous me donnez ! c’est l’égoïste pensée que je pourrais exister encore quand elle ne serait plus...
ROBERT, & part.
O ciel! comment lui dire?... (Fibricio et Xannltà reviennent, Zanetta apporte des carions et Fabricio une corbeille de mariage.)