ROBERT, OLYMPE
ROBERT
Encore une fois déçu! à qui m’adresser maintenant?
OLYMPE
11 achète la petite maison : décidément, c’est un marquis d’aujourd’hui digne d’être un marquis d’autrefois, (s’approchant do lui.) A quoi rêvez-vous, monsieur de Verrières?
Vous vous, mademoiselle ! enchanté de vous revoir, je vous attendais.
olympe. ’ ,
Vrai?
v " ROBERT.
Vous m’intéressez...
OLYMPE
Moi, à quel titre?... Vous me connaissez à peine.
ROBERT
Si fait.. . je vous connais assez pour vous raconter toute votre vie.
Depuis quand ?
OLYMPE
ROBERT
Depuis que vous riez toujours, depuis que vous avez cessé d'être heureuse.
Ah! c’est depuis longtemps, alors?
ROBERT
Écoutez plutôt ce qui vous est arrivé...
, OLYMPE
J’écoute.
ROBERT
Vous étiez autrefois une heureuse et bonne tille, à... le pays n’y fait rien...
OLYMPE
A Douai.
RORERT. '
A Douai, soit... un jeune homme, monsieur... le nom n'y fait rien...
OLYMPE
Julien Louvain...
ROBERT
Julien Louvain, soit, fit le semblant de vous aimer, est vous promit le mariage...
OLYMPE
Affreux Julien !
ROBERT
L'afïreux Julien ne vous épousa pas...
OLYMPE
Vous êtes sorcier...
Il vous donna un dernier rendez-vous. . .
• OLYMPE
Et il ne vint pas...
ROBERT
* Alors, ma chère enfant, il vous était impossible de rester plus longtemps dans une ville de province. Trop de voisins médisants connaissaient votre aventure.
OLYMPE
Et surtout trop de voisines.
ROBERT
Un jour vous prîtes le chemin de fer et vous vîntes à Paris, ville qu’on appelle à Douai comme partout...
OLYMPE
Le paradis des femmes...
ROBERT. '
Vous étiez pauvre en monnaie courante, mais vous apportiez avec vous trois trésors qui appartiennent h la haute industrie parisienne: la jeunesse, l’esprit et la beauté... Il fallait vivre, condition inexorable qu’on doit remplir.