ACTE III
Sous peine de mort.
ROBERT. r
Vous avez trouvé bientôt dans votre hôtel garni...
OLYMPE
Mon hôtel dégarni.
ROBERT
Vous avez trouvé de bonnes amies qui se sont dévouées à votre misère, qui vous ont montré, dans un voisinage tentateur, la vie, le luxe, l’éclat, la fortune, et vous ont lancée dans un monde qui paye un sourire avec de l’or... Les bons instincts ont lutté en vous, et longtemps, mais le fracas des hommages a tué votre réflexion; l’ivresse est venue, et à votre réveil, vous aviez fait trop de pas sur la mauvaise route; vous avez désespéré du retour, et vous avez cherché une vie de lièvre dans un étourdissement de toutes les heures, sous le masque d’une triste gaîté. Excusez ma hardiesse en vous racontant ainsi votre histoire, qui est l’histoire universelle de la jeune fille égarée; j’accuse les hommes, je ne vous accuse pas, je vous plains.
OLYMPE
AhI si je n’étais pas à Mabille, comme je pleurerais avec joie! Mais ou voulez-vous en venir?
ROBERT
Je continue. A’votre arrivée à Paris, mademoiselle Françoise Duval..,
OLYMPE
11 sait mon nom, mon vrai nom.
ROBERT
A votre arrivée à Paris, deux de nos dandys à la mode sont parvenus, entre tous, à fixer votre attention et vos préférences, le premier, c’était...
OLYMPE
Mais, monsieur...
ROBERT
C’était cet ermite qui veut se retirer du monde, monsieur de Sivry.
OLYMPE
Qui vous l’a dit?
ROBERT
Qui me l’a dit?... L’autre... le fécond...
OLYMPE, étourdiment.
Ah! vous l’avez connut... monsieur de Bréval.
ROBERT
Breval ! Enfin, je sais son nom ! (ici Verueuil parait au fond du tlirfttre et lève la tête au nom de Bréval ; Robert, sans le voir, dit liaut à Olympe.) Oui,
je l'ai connu... nous avons été fort liés... autrefois... mais je l’ai perdu de vue.
OLYMPE
C'était votre ami?
Mon très-grand ami... Où est-il, mon enfant? qu’est-il devenu?
OLYMPE
Oh ! mon Dieu ! si vous l’aimiez tant, j’ai peur de vous apprendre...
ROBERT
Parlez, mademoiselle, parlez donc... Qu’est devenu ce monsieur de Bréval?