‹ Frere et soeur drame en cinq actesChapitre 8 sur 94 · ROBERT, BLANCHE, ANTÉNOR · texte numérisé non relu

ROBERT, BLANCHE, ANTÉNOR

ROBERT, à Anténor, qui va leur ouvrir lo cabinet de droite.

Ne servez pas encore, nous attendons un ami. (Le Garçon s'in-

cline et sort par le fond. Ou le voit de temps à autre traverser ia sccue pendant la scène suivante.)

BLANCHE, à Robert.

Oh ! il sera exact, il nous l’a bien promis hier au soir. Frère,

(l« Garçon s’arrête et écoule un instant) quelle heUl'e esl-ii?

ROBERT, tirant sa montre.

Sept heures un quart. Nous sommes en avance, c'est à la

demie que nous devons l’attendre. Oh! j'ai plus de patience que toi, ma sœur, et meme... ce n'est pas sans regret que j’arrive au terme de ce' te longue épreuve que j'ai fait subir dans l’intérêt de tou bonheur à celui qui a demandé ta main depuis...

BLANCHE

Depuis un an, moins quelques minutes.

ROBERT

Je le sais, il ne m’en reste pas davantage, et je suis résolu. Adieu donc aux beaux jours que je passais près de toi, ma chère Blanche! Adieu à cette douce soiitude de notre maison de campagne d Enghien, où tu ne laissais regretter à ton frère bieuaimé ni le monde,ni la foule, ni tous ces faux plaisirs, ces folle6 agitations q ai auraient perdu sans toi les plus belles années de ma vie... l)ms un instant, je verrai fuir mon bonheur en accomplissant le plus sacré de mas devoirs. R issure-toi, j’en aurai le courage! Toi, avant tout, Blinche, et j’attends le baron Adi iani pour lui dire que je le crois digne de toi ; pour lui coafier 1 avenir de ma sœur, de ma pupille; enfin, pour lui donner ce nom qui, jusqu’à ce jour, je l’avoue, m’a paru un peu difficile à prononcer, mou f...,

BLANCHE

Mon frère!

ROBERT, souriant.

Oui, c’est cela, mon frère...

BLANCHE

Et pourquoi difficile, monsieur mon tuteur? Vous le dites très -bien quand il n'est pas là. (Entrée d'Aotcuor, qui apporte de* nam-

beaux. Il en place un dans le salon cl va porter l'autre dans le cabinet.) VOYORS,

Robert, quel doute peut te rester encore? Adriani est-it un étranger pour toi? Ne Je connais-tu pas dès l’enfance aussi b ion que tu me connais moi-même ? N’est-ce pas un fils de notre jjç natale, un Corse comme toi par la naissance et par le caractère?... Sa famille ne fut-elle pas de tout temps l’amie dévouée de la nôtre, et ce mariage n’a-t-il pas été le vœu suprême, le dernier rêve de notre mère?

ROBERT

Oui, je me le rappelle, et c’est pour cela surtout, Blanche, c’est par le souvenir même de notre mère que je justifierai près de toi mes doutes, mes irrésolutions, mes frayeurs à propos de ton marisge. Oui, j’en prends le ciel à témoin, sœur, j’ai toujours eu devant les yeux celle qui t’a confiée à ma garde, et ce sont ses dernières paroles qui ont toujours dicté ma conduite. Après m’avoir parlé de ses projets, de ses espérances sur Adrien, alors un enfant comme toi : « Songe bien, ajouta notre mère, » mon cher Robert, songe que ma volonté n’engage pas la tienne, » et que tu restes seul arbitre de la destinée de ta sœur. Je vais » mourir, et te voilà désormais devant la loi ce que tu es depuis

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