DE SIVRY, ROBERT
ROBERT
Que Dieu vous pardoune !
DE SIVRY
Ah! c’est vous, cher comte...
ROBERT
C’est celui qui ne pardonne jamais.
DE 8IVRV.
Je ne vous comprends pos bien...
ROBERT
Vous me comprenez trop,
DE SIVRY
Je parle au frère de ma femme, il me semble. ..
ROBERT
Je parle à l’assassin de ma sœur, à ce que je crois.,,
DE SIVRY, reculant.
Comte de Sullauze, quel moment choisissez-vous?...
ROBERT, ’
Demain, il serait trop tard. Monsieur de Sivry, vous étés dans le pays des vengeances légitimes et sans pardon ; vous êtes sur une terre où les laboureurs ont planté plus de croix que d'arbres ; vous êtes devant un château qui peut ouvrir ses fenêtres au grand soleil, parce qu’il n’a aucnne souillure intérieure... vous êtes à côté d’un caveau funèbre où trois de mes aïeux sont ensevelis avec leurs épées teintes de sang; vous êtes sous des arbres qui ont voilé des duels acharnés où les dents et les onfles déchiraient les chairs lorsque les armes tombaient en tronfons de la main des combattants.
Mais vous m’avel fait votre frère, comte de Sullauze... votre sœur porte mon nom depuis une heure,., tout est réparé...
ROBERT
.Rien n’est réparé, tout subsiste! Nous sommes au lendemain du la juin j nous sommes devant le lac d'Enghien... la victime demande vengeance... le vengeur est debout !...
DE SIVRY
Où est ce vengeur ?
ROBERT
Tu ne l'as pas vu encore?... regarde-moi...
DE SIVRY
Impossible !... Je suis sur la terre des vengeances, je le sais; mais je sais aussi que je ne crains ici aucun assassin...
ROBERT
Tu as raison... je fais justice et je n’assassine pas... Tu n’es pas invité à une noce, tu es- invité par moi, Fernand de Sivry, a un duel à mort.