SCÈNE V
ROBERT, BLANCHE, qui a vu la* lin de la tcène.
BLANCHE, courant à Robert, et se jetant dans tes bras.
Mon frère!...
ROBERT
Tu étais là?
Oui.
BLANCHE, avec calme.
ROBERT
Ma sœur, ne viens pas m’affaiblir; je crains de te voir en ce moment.
BLANCHE
Vous oubliez, mon frère, que vous et moi nous avons le même sang dans le cœur... Oh ! je soupçonnais bien vaguement quelque mystère au fond de ce mariage, et j’ai gardé mon cœur ferme et résolu, pour être prête à tout, et digne de votre nom.
ROBERT
Pauvre enfant !... Oh ! l'attendrissement est déjà une faiblesse! J'ai besoin de toute mon énergie... et une pensée affreuse a traversé mon front.... Mon Dieu! mon Dieu! je n’avais pas tout prévu!... Ce n’est pas toujours la justice qui triomphe dans les combats singuliers.... Dieu garde ses secrets.... Ma sœur.... ma chère ftlanche... si je 'meurs aujourd’hui... mon aïeul a été tué ici, tué dans sa justice, son honneur et son droit!... Si je tombe comme lui, pauvre fille, tu appartiens à cet homme, qui est ton mari et ton maître, devant la loi des hommes et de Dieu!... Quand j’étais seul, je ne pensais qu’au triomphe ; en te voyant je pense à la défaite ! Blanche, songes-tu bien au sort qui t'est réservé si je meurs?.,.
BLANCHE, d’un ton calme.
Oui, Robert, j’y ai songé.
ROBERT
Si ton frère meurt aujourd’hui, à toi encore, à toi toujours ce triste devoir de la résignation.
BLANCHE
Non, frère, non! Claudia notre aïeule ne se résigna pas, elle... elle fit plus !
(Elle montre le poignard.) ROBERT; ému violemment.
Ma sœur !
BLANCHE
Ne songe pas à moi quand tu vas défendre ta vie.... Sois fort