‹ Frere Tranquille cronique du temps de Charles 8Chapitre 33 sur 59 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

BLANCHE, MIRETTE, Deux Pages, premier page. Les jardins sont pleins de dames etde seigneurs!

deuxième page. La fête est commencée et messire Olivier de Graville est déjà venu voir par deux fois si sa noblo dame était arrivée.

blanche. Débarrassez-mol de ce voile 1 laissetmoi... je veux être seule. [A Mirette.) Ab! tu es restée, toi?

mirette. Madame, je me relire.

FREKE TRAMJU1LLE.

blanche. Kun ! tu sais bien que de pareils ordres ne sont jamais pour toi. Tu sais que j'ai grand besoin d’une amie qui me soit bonne et dévouée.

mirette. Vous, madame I vous, entourée de tant de respect et d'amour!...

blanche. Croit-tu que le pauvre oiseau prisonnier soit moins triste parce que sa prison est dorée ?

suarrrR. Cependant le sire de Graville ne vit que par vous et pour vous, il vous adore...

blanche. Graville!

mirette. Voua ne l’aimez pas?

blanche. Non, non.

mirettr. Ah! Eb bien, tenez... je suis heureuse de penser que Blanche d'Armagnac...

blanche. Blanche d'Armagnac!... Ecoute, làbas, à ce château de la Marche, il me croyaient une chasseresse insoucieuse et folle!... Oh! non pas... que de fois ai-je dépassé la chasse dans sa course rapide, pour aller m’asseoir, loule seule, sur le bord de quelque rarin désert! Oh! c'est là. c'est là surtout que j» sentais l'isolement profond ou la destinée m’enchaîne, moi, faible et dernier débris d'une grande race, seule encore debout au milieu des assassins et des traîtres 1 Un jour, écoute bien ceci... un jour, deux hommes passèrent près dr moi. Le taillis me dérobait à leurs yeux. Ils parlaient bas, mais je tendis l'oreille et je pus saisir leurs paroles. — Quand je pense, disait l'un, qu’entre Blanche d'Armagnac et moi. entre le duché de Nemours et mon ambition. il n'y a que la volonté du petit rot. — Bail ! répondit l'autre, Fharlea VIII est malingre, il peut mourir... il doit mourir... Et Ils passèrent... L'un de ces hommes c'était Graville, l'autre, e'était Tarchin. l'homme au poignard ; comprendstu maintenant que si, derrière le voile qui pour moi recouvre le passé, il y a bien des larmes, il y a biend't sang derrière cet autre voile qui me cache l'avenir !

surette. Oh! Et sachantcela, vous avez pu...

blanche. Continuer à leur sourire, n'est-ce pas ? oui j'eo ai eu la force; car, le soir même, debout devant mon prie-Dieu, j'ai étendu ta main sur les saints livres ouverts, et j'ai fait un serment que je tiendrai... Ah! les assassins de mon père veulent devenir encore les assassins du roi... Eh bien, je les démasquerai, je les perdrai, dttssé je payer de ma mort ia gloire d'avoir sauvé le roi et vengé mon père.

mirette. Oh! plus bas, plus bas... ai l'on vous entendait!...

blanchr. Tu as raison. Il faut être calme; mais il Taut être prête, et je suis prête.

mirette. Comment t que voulcz-vous dire?

blanche. Te rappelles-tu ce jeune homme qui accompagnait notre escorte dans la forêt <]•- la Marche, et qui noua défendit si vaillamment?

MIRETTR. Si je m'en souviens t... Oh I mais voua ne savez pas... il a osé...

blanche Me suivre jusqu’à Paris, et pénétrer chez ta mère où j’étais descendue.

mirettr. Quelle audace!

blanche. Il a fait mieux encore. Je lui ai ordonné de parvenir jusqu'ici, il a obéi...

mirettr. Dans quel but?

blanchi. Silence ! on vient.

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