SCÈNE III
Les Mêmes, GRAVILLE, TARCHIN, Un Page.
un page, annonçant. Monseigneur de Graville, comte de la Marche.
graville. Salut à vous, madame. Le roi Charles VIII nous poursuit. Non content de s’opposer à notre union, aûn de garder entre ses mains les domaines confisqués d'Armagnac; non content d'épouser lui-même, malgré nous, la duchesse Anne de Bretagne.,, qui est à Paris, je vous l'annonce... le roi ne veut pas que je sois le maître chez moi, dans mon hôtel de la Marche. J’avais préparé jme fêle allégorique- Ma belle souveraine devait y paraître dan» le splendide costume do la reine de Saba. tandis que moi, comme un charmant symbole de notre union prochaine, j'aurais porté les habits du roi Salomon; mais le roi ne veut pasl [Riant.) Le roi!...
tarchin. Le roi veut voir jusqu'où ira la patience de mesiirt Olivier de Graville.
graville. Lutin, madame, c’est le roi lui-même qui, celle nuit, veut jouer le rôle que je m'étais réservé. Tel est son bon plaisir! cédons de bonne grâce
tarchin. Puisque nous ne pouvons pas faire autrement.
blanche, à Mirette. Il faut que tu me trouves ce jeuue homme, que je pui«.«c le voir, lui par- [ 1er... Il faut surtuut qu’il ait une épée.
graville. Eh bien I madame, ne courez-voua pas vous parer des habits de la reine de Saba... le roi va venir.
blanche. Le roi D'attendre pas, messire.
graville. Et Blanche d'Armagnac nemanquera pat, sous ce costume, de prodiguer au roi tes plus gracieux sourires?
blanche. Mesure, la reine de Saba fera son devoir. (Elle te retire, suivie de Mirette, par le fond.)