‹ Frere Tranquille cronique du temps de Charles 8Chapitre 51 sur 59 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

RIPAILLE, puis TRANQUILLE, nirmi t Ils en ont pour un peu de temps avec leurs écritures, et la soif m'étrangle... ( Regardant vers le fond à droite.) Qu'rst ce que ça? (TVonqwilfe mirait dan» un bateau, aborde, descend sur la berge et s'avance lentement sur le datant du théâtre. — Le reconnaissant.) Tiens I le cousin Andéol I (Il fui tend la main.) Tu oe aie reconnais pas ?

tranquille, le regardant. Si fait! c'est loi. Ripaille! Ob! je le reconnais bien! lu nous a fait assez de malt (Mouvement de RtpalUe.) Enfin, c'est peut-être le del qui t'envoie.

ripaille. Je crois, Dieu me damne, que lu as ooe épée?

tranquille. Je viens pour me battre.

mpauxk. Contra qui?

tranquille. Contre Vincent Tarchin I n i p aille. Hein?... avec... Mais le Tarcbino en attend un autre, ce me semble?

tranquille. Oui, un autre... Oh! la Providence a été bonne quand toi tu étais méchant. Tu nous l'avais en levé; mai» Dieu nous l'a rendu. Celte nuit... un miracle... Mais moi j'ai eufermé mon jeune seigneur et je suis venu à ss place.

ripaille, à part. Personne ne l'a détrompé... {Haut.) El tu viens te battre pour lui? pour celuilà?... Ah çà, mon cousin Andé-J, en venant ici, sais-tu bien à quoi tu t'engages?

tranquille. A mourir... Une heure do répit, a dit madame Isabelle ; il lui faut une heure. Et sais- lu qui clic jetait en pâture à cette heure de mort ci de sang ? Enfin, ça ne fait rien, elle l'aura son heure. Tarchin va venir ; nous le laisserons d'abord attendre, se morfondre, jurer, tempêter. Comme cela, vois-tu, les minutes s'écoulent.

Puis, quand il me verra. . je le connais... avec ma pauvre tournure et ma longue épée, il va d'abord *♦ mettre à rire aut larntr», comme loi en cc moment... Bla>s s’il me tourne le do* et qu'il remonte à cheval, je licui bon, je m’iiUcho

à la bride; il me frappera sans doute, bon ! tant mieui, que mon sang jaillisse, mais qu'une mi nuto se passe!... Enfin, la colère lui saute aus eut... bienl il met pied à terre pour en finir... merveille !... Toi, tu le présentes pour diriger le combat. Ob! je le veux complet, là... un vrai combat bien long, où l'on ne te tue que par petits morceaux, afin que ç« dure... Tu comprends, si je mourais tout de suite, ça ne serait plus ça... Oh! j'y mettrsi de la patience, va; je veux une longue agonie, une mort goutte à goutte, une mort où je puisse retenir moo toufOe, mon Ame le plus louglerapi que je pourrai,., afin de me dire : je meurs, mais je la sauve... je meurs, mais ceui que i'aime vivront!...

fur aillr, à pari. Diable d'homme, va! {Regardant Tranquille.) Et sais-tu seulement tenir ton estoc ?

tranquille. Pourquoi faire?

ripaille. Pour te défendre.

tranquille. Ah! oui, pour me défendre longtemps!

ripaille, d part. Par tous les diables!... Ab! apres ça, la chance d un combat esta la volonté de Dieu. {Haut.) Voyons, je peux bien te donner quelques conseils, pauvre Andéol! Hais, au fait, tu ai le bras solide, et si tu voulais... Tonds ion épée, comme cela... allonge le bras... allonge donc le bras!...

tranquille. Oh! ce n'eat pas pesant du tout, , une épée...

ripaille. Fine, astucieuse et légère... c'est une femme!... Un demi pas en avant sur la jambe droite, de maniera à laisser les trois quarts du poids de ton corps sur U jambe gauche. Ceci, afin de pouvoir faire retraite ou te fendreavecune égale facilité... la... ( Il essaie if accommoder la jambe de Tranquille.} Plus d'élégance» moins de raideur... assieds-toi sur les jarrets. Les jambes jouent dans le noble art de l'cscrime un tôle tellement iraportint, que nous ne saurions trop insister dès cette première leçon.

tranquille, avec douceur. Songez, mon cousin, que c'est aussi la dernière .. et arrivons au plus pressé, s’il vous plaît.

a ip ai Lit, tressaillant. Vive Dieu! il a raison I.. En garde I le bras droit plié en dedans, le coude au corps et la main haute. Laisse-toi conduire, que diablel et ne te raidis pas comme si tu étais déjà mort depuis quinze jour*.

tranquille, suant à grosses gouttes. Mon cousin, je voua jure que je fais de mou mieux.

ripaille. En garde! reste comme cela et fais attention. Tu pares en pouisant vivement l'épée sur la gauche, et tu ripostas en éleudaut le bras, droit devant toi.-. Cela s'appelle parer et riposter en quarte.

tranquille. En ausrte...

ripaille. Une! deux !

tranquille, de même. Une! deux! Comment!

ça n'ést pas plus difficile que cela?

ripaille. Encore. Une! deuil tranquille. Une! deux! {U s'escrime a etc ardeur.) J'avais pourtant entendu parler de la quarte... Ah! ah 1 maintenant que je sais ce que c'est» lu vas voir, tu vas voir, je vais l'attaquer en quarte!... Mon cousin, je n'aurais jamais cru qu'il fût si facile d’apprendre le miukaieai do armes!

ripaille. Tu es une bonne àme, Andéol... Passons à la tierce.

traxouiu.il A la tierce?

ripaille. Les ongles en dessous. Jette le fer s droite pour parer, et riposte en poussant l'epée tout droit, la pointe su carps! une! deux! THANQU1LLR, répétant. Une! deuil ripaille. Ceci c*l tierce, {Ils z'ezcrimenf.) tranquille Oufl — Au premier abord, c'est fatigant , tierce, mais on s’jr habitue... déri dément c’est en tierce que je tais l'attaquer... Cependant U quarte est bien bonne aussi.— Tenez, j'avoue que je suis fiché d'avoir rembarras du choix. Vous autres hommes d'épée, pourquoi avez-vous inventé la tierce, puisque vous aviez déjà la quarte?

HiPAiixa. Allons, en garde! (L'admirant.) C'est qu'il « presque bon air, ce satané Andéol.

tranquille. Tu trouves? vraiment? çâ n'est pas mal! (Arec rêverie.) J'aurais voulu avant de 'tucurir. que madame Isabelle me vil ainsi...

ripaillk, qus a écouté. Silence... Je crois que ce sodI rut... tiens! de» bruiu de chevaoi du côté de la potrruel auraient -ils fait venir quelques-uns de leurs soudards... pourquoi foire?

tranquille, rr remettant en garde. Quarte lie jarret tendu. ..je troia que j’ai déjà tout oublUI...

ripaille. La poterne s'ouvre! Et par ici, les autres... ils veulent donc nous enfermer...

tranquille. M<m cousin, je n’ai rien, je ne possède rien que cet anneau... Quand tout sera fini, vous l'ôterez de mon doigt. — Vous ferez dire quelques prières pour le repos de mon âme, et le reste .. vous le garderez en souvenir de moi... voici Jean d'Armagnae ri madame Isabelle qui n'ont pu* de serviteur... mai* durant quinze années Dieu a veillé sur la veuve elsur l'enfant ; j'ai confiance en la bonté de Dieu I (U T embrasse. } —Adieu, mou cousin,

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