‹ Frere Tranquille cronique du temps de Charles 8Chapitre 6 sur 59 · TARCH1N, GUILLAUME DE SOLES · texte numérisé non relu

TARCH1N, GUILLAUME DE SOLES

tarchin. à Guillaume. Eh bien, maître Guillaume de Soles, que regardes-tu là?

Guillaume, considérant l'une des dalles. Je regarde cette pierre. Ceci est l’entrée d’une oubliette au bas de laquelle s’ouvre un gouffre inconnu. Ce qu'on jette là ne reparaît jamais, et j’y ai vu préripiter plus d’un traître I 'targui*. Eb ! toon cher, il s'agit de ne pas faire de f«ux pas, voilà tout... et ne t’Inquiete pas... Sais-tu tirer les caries ?

Guillaume. Les carte*?...

tarchin. Hum ! cela est utile dans bien des circonstances. Moi, mon jeu de tarroli est mon meilleur conseiller. Le* caries m'ont indiqué ce malin ce que j'avais à faire, et je le fais Ecoule, l’échafaud est dressé devant les pillera des halles, il faut une tête au roi; Jacques d Armagnac ou Grarille, le coupable ou r accusateur. Tu sers Jacques d Armagnac, je sers messire G ravi! le... ou plutôt, sous ces noms divers, août servons tous les deux notre propre intérêt avec dévouement et fidélité... Est-ce bien entendu?

guilaumf, hésitant . Cependant...

tarchin. C'est entendu... posone no» faits... Dans le ces où l'échafaud dressé au cimelière des Innocents serait pour mon cher seigneur Olivier, point «le difficultés, Olivier descend' ait tout entier dans la tombe... Mais il n’en est pas de mémo d’Armagnar * Armagnac a femme et enfants ; pour que messire Olivier, vainqueur, nous puisse récompenser selon nos mérites, il faut qu'il ail lliécitage d'Armagnar... Ami Guillaume, quand l'échafaud aura dit son dernier mol, serais-tu homme a nous livrer les portes de l'hôtel d' Armagnac?

GUii-LAtiMB, frissonnant . Que ferait-on do l'enfant et de la mère?

tarchin. Je n’eti sais rien . Mais on le donnerait, ami Guillaume, avec les éperons d’or de chevalier, la plus belle seigneurie de t-Mil la comté ds la Marche. (Guillaume hésite.) Ne regarde donc pas cette dalle... Accepté, n’est-ce pas* (fl le fait passer à gauche.)

GUILLAUME. Parle plus btu...

TiltCilIN, émisant la voie. Autre chose... line fois la mere et l'enfant disparus, serais-tu homme a venir rn justice aUirmçr sous ton serment que | madame Isabelle avait mis au moode une hdr et , non point un garçon, là-bas en Gascogne, au château d Armagnac?

Guillaume, arec r/puqnanee. Une fille à h place d'un garçon? A quoi cela servirait-il T tarciun. C’est une corde de rechange que noua avons li notre are... Après avoir cherché longtemps, j’ai mis la main sur une belle petite fille du même âge que Jean d'Armagnac, et qui ressemble un peu à madame Isabelle. {Tranquille parait au fond à droite.)

tranquille. Guillaume de Soles avec Tarrhin.

tarchin, continuant. Or, comme le médecin de rhdlel est gagné, il nous suffira désormais de ton témoignage pour avoir un arrêt du parlement.

(Tranquille essaie d'écouter de plus prêt.)

GUILLAUME. Il y a quelqu’un ici! (Tarc/iin t'élance, taitit Tranquille et f a mène au milieu du théâtre.)

tranquille. Mes bons seigneur*...

cuillaomk. Frère Tranquille I... le précepteur de Jean d'Armagnac I (U tire ton poignard.) tranquille. Ajci compassion de moi!

Guillaume, feront son poignard d'une main et montrant de l'autre la dalle. Il a tout entendu!

TARciim, l'arrêtant. Tu ne nous a pas dit encore si tu témoignerais, ami Guillaume?

Guillaume. C'est une action indigne d'un soldat l,.«

tahchi v . En voici un qui témoignera pour toi I (Tranquille reste immobile.)

Guillaume. Prends garde, Tarehin... celui-là est un être étrange, et personne ne connaît le fond de son cœur.

Tahchi v, incrédule. Obi oh I

Guillaume, penvf. Je l'ai surpris une fois dans la chambre de son élève qui pleurait et qui demandait grâce.,.. Tranquille tenait à la main un poinçon d'acier tout sanglant, et venait de lui dessiner quelques lignes rouges et blanches sur la poitrine.

tba.nquillr. C'était l'écusson d’Armagnac. Guillaume , qui a tressailli. Vous l’entendez I Pourquoi fais-tu cela I Réponds?

tranquille, d'un arc tournait. Il y a des gens qui font ceci et cala parce que la folie les y pousse.

TARCHIM. I Tranquille fait un mouvement comme pour fuir, il regarde d'un air égaré autour de lui.) Sur u vie, reste, et réponds sans détour! Pour-

Î |uoi gravais-tu ce signe sur la poilriue de l'en-

anlf

tranquille , d’une voit tremblante. La vie est longue, j'ai vu des hommes changer de visage et de nom. ill se redresse.) J'ai gravé le lion d' Armagnac sur la poitrine de mon élève parce que je veux reconnaître toujours, dans cinquante ans, si Dieu me prête vie, comme à l'heure où nous sommes, le (ils de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. tarchim, riccmcnt. Pour te venger de lui?

tranquille, baissant la tite. Le lits hérite, et l’héritage comprend tout, les trésors cl les dettes.

tarchin, à part. Tu vols que j’ai' bien fait de le garder vivant! (On entend un bruit de trompettes bu lotn.j Cette marche funèbre! ... La duebewe a trop tardé; l'échafaud l a devancée.

tranquille. à la fenêtre. Voici déjà les pénitent» ! [Fanfares funèbres.)

tarchim. Notre sort se décide... (entraînant CuiU/sun m] au cimetière des Innocents. (Frappant sur l'épaule de Tranquilles Toi, l’homme, ne t’éioigne pasl... Tu n’auras pas besoin de vivre cto-

Î punie ans pour t’en donner à eœur-jote, fl tu es riond de vengeance.... (fi entraîne Tranquille. Guillaume kt suit.)

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