‹ Frère tranquilleChapitre 11 sur 13 · DUO HEROÏQUE · texte numérisé non relu

DUO HEROÏQUE

Ombre et lumière.

— Fille du Nord, salut !

— Es-tu ressuscitée?

— Pouvais-je donc mourir?

— Belle, comme elle est belle Harmonieuse enfant laisse-toi contempler !

Je le savais qu'elle viendrait, et moi vers elle J'appelais dans la nuit et chantais : Où est-elle? Je te cherchais, ma sœur, c'est toi qui m'as trouvée !

— Je t'ai trouvée sans voir, sans savoir ; quand je danse, Quand je lève mes bras s'agite l'univers

Et se figure un mort qui sort de son tombeau ; Les mondes à mon pas se meuvent en cadence, Je vais sans savoir où, et mes deux bras ouverts, Mon corps ingénument danse et c'est toujours beau !

— Tais-toi, ne parle plus, laisse-toi contempler, Danse, et sens l'univers amoureux de ta trace Qui t'enlace et te presse, et, ravi, l'air trembler ;

Harmonieuse enfant, mère et sœur, ô Déesse, Danse, ne parle pas, laisse-toi contempler !

— Toi, parle-moi, rêve tout haut, vierge endormie, Ta somnambule voix est ma raison : tu vois

Et je vais, et tu vois où je vais, grave amie :

Où, je ne sais mais vers toi toujours : parle-moi !

— Je parle dans la nuit et médite et devine ; Nul ne m'entend et rien de ma voix n'est perdu : A travers les cerveaux et les cœurs je chemine Comme la goutte d'eau par la racine bue :

Mais toi qui m'es impénétrable et me domine, Insaisissable flamme en marche, quelle es-tu?

— Je suis la Vie et suis l'Amour et la Beauté.

— Je suis le Rêve, la Pensée et sa Musique,

Et c'est l'Amour aussi, l'amour grave et mystique D'un feu intérieur purement sustenté.

— Je suis la Loi.

— Je suis la Grâce et le Salut.

— Celui qui se conquiert.

— Et moi celui qu'on donne, Et qu'on reçoit aussi, qui ne vient de personne ; Aumônière de l'aumône imméritée,

Je suis l'Amour divin, je suis la Charité.

LA DÉVOTION AUX PRINCESSES GARDIENNES

— A tous je donne, moi, bien commun, la Lumière.

— Moi, le Mystère, la lumière d'au-delà, Son horreur et sa sainteté ; je suis la voix Qui dans la nuit rêve tout haut.

— Et moi je danse, Je danse et sous mon pied s'ordonne l'univers : Parle ! je vais danser.

— Enlaçons-nous, ma sœur, Ecoute-nous pendant que moi je nous contemple, A nous deux qui faisons l'unique intercesseur A l'humain ébloui ouvrant le seuil du temple.

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