Fressin; histoire, archéologie, statistique
Fressin ! A ce nom, les souvenirs se pressent, la curiosité s* éveille > Qui n'a entendu parler de Fressin^ dans la province d'Artois, la Picardie et le Boulonnais ? Les érudits savent que cet ancien bourg fut le berceau de la maison de Créquy, l*une des plus grandes et des plus illustres de France. D* Hozier cite parmi les gentilshommes qui donnèrent leur vie pour la patrie^ vingt et un Créqui dont les états de service datent du treizième siècle. Pour les élégants officiers de la garnison voisine, les sportmen de la région, les jeunes châtelains d'alentour, Fressin, ce sont les grandes chasses à courre^ le son éclatant du cor, la meute bruyante, le vautrait, et, le soir, i* hommage aux dames qui ont bravement suivi la chevauchée. Aux archéologues et aux membres du clergé, Fressin montre encore les ruines curieuses de son vieux manoir féodal, une église monumentale, signalée aux touristes pour la hardiesse de sa voûte, une étonnante profusion de sculptures, un basrelief de grande valeur et le tombeau bien conservé d'un Créquy mort plusieurs années avant la fatale journée d' Azincourt. Ajouterons-nous que, malgré sa déchéance apparente, la disparition de ses hauts seigneurs, et la diminution progressive de sa population, le village actuel de Fressin est un village exceptionnellement beau f il se distingue par ses charmes entre toutes les agréables campagnes qui rayonnent autour de la jolie petite ville d' Hesdin.
On a compté sur nous pour une histoire de Fressin.
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Nous ne tw nions point que cet espoir soit trompé. De là ce livre.
La dernière, la pins faible peitt-ctre de nos productions, elle n\'st pas la moins chère à notre cœur. Bien au contraire,
Frcssin^ c* est le de t nier champ ouvert à notre activité. Les paroissiens de Fressiu sont nos fils spirituels les derniers venus, les mieux aimés, aimés de toute la tendresse d*un aïeul, aimes avec d^ autant plus de justice qn*ils se sont les premiers montrés si bons, si prévenants, si respectueux à notre égard.
Ce petit coin de terre, sur lequel, en allant à l* église, nous reposons tous les jours les yeux, et qui réunira prochainement notre dépouille mortelle à celle de nos prédécesscîirs, cette terre de notre sépulture n*est pas bien éloignée de celle oit reposa notre berceau,
S* il entre dans le plan diinn d'intéresser les élus aux actes et au sort de ceux qu'ils ont laissés en ce bas monde, nous avons la douce persuasion que notre vénéré père se ré fouit de nous voir curé de Fressiu, et qu'il sourit à nctre projet de faire revi^^re le passé de ce grand 7U liage. Il avait vécu sa première enfance à Auchy, 071 sot: père, Charles-François Fromentin, originaire de Wamin , aine de huit enfants, avait épousé Marie-Catheriue-Alexandrine AnscL Devenu orphelin de bonne heure, avec six autres frères ou sœurs, jeune pâtre au service de ses oncles de Wamin, il menait paître ses bestiaux ptès du Bois- Robert, au Godiamont, au Fond de Bar les, aux champs de Rhumcnville, et il s'y rencontrait, nous a-t-il maintes fois raconté, avec les jeunes garçons de Fressiu aujourd' hui disparus connue lui. Ils mêlaient parfois leurs vaches et confondaient leurs jeux. Plus tard, c'est de Wamin qu'il alla, un jour, en septembre 1830, accompagné de l'abbé Hippolyte- Théodore, son dernier frère et filleul, et de
Vabbé Delannoy, son curé et ami, devenu plus tard doyen de Fillievres, c'est de Wainin qu'il alla au Parcq épouser ma sainte mère Rosalie-Marie- Joseph Hochart, qu'il avait pu apprécier de bonne heure ^ puisqu'elle avait tous ses parents à Auchy,
On le comprend^ du reste , c'est avec amour que nous mettons ait. jour ce fruit de notre vieillesse. Nous désirons qu'il soit bien accueilli. Nous espérons qu'il le sera, malgré ses défauts.
Malgré ses défauts / Oui ; car si notre plan nous paraît heureux et bien délimité, nous avons le regret de reconnaître qu'il ne nous est pas possible de le réaliser d'une manière parfaite, en donnant à chaque partie l'étendue qu'elle mériterait d'avoir. L'œuvre manquera de proportions. Il y aura ici des lacunes, là des détails minutieux et des pages entières qui ne seront que des tableaux ou des é numérations. Mais nous croyons entrer dans les vues du lecteur en donnant le plus de faits, le plus de renseignements possible.
Ou le défaut sera sans compensation, ce sera dans la mise en œuvre des matériaux»
Autrefois, bien que toujours faible et souffreteux, il nous était possible de poursuivre un travail, même long, sans interruption notable, de sorte que, l'esprit toujours pénétré du sujet, le récit se déroulait avec suite et mouvement dans l'unité de la pensée. Nous espérions écrire ce livre dans les soirées du dernier hiver et le publier au printemps de cette année 189 1, Hélas ! il a fallu en rabattre. Une lassitude sans cause actuelle connue^ une paresse involontaire, parfois une étrange difficulté pour fixer une idée ou nous rappeler un nom, tout cela s'ajoutait au poids des années et aux exigences du ministère, pour nous faire passer des semaines et même des mois sans pouvoir écrire une page de ce travail.
Frkssin
Pour que cette étude soit aussi exacte et aussi cornplète que possible, nous prions nos souscripteurs de nous communiquer avec confiance, dans le mois qui suivra la réception de r ouvrage, les additions et les rectifications qu^ils auraient à y proposer. Il en serait tenu compte dans une petite brochure qui leur serait ultérieurement envoyée et qui contiendrait aussi la liste de souscription .
Mais il doit être bien entendu qu\idditions et corrections ne peuvent porter que sur les faits. En ce qui concerne les appréciations et les jugements, nous réclamons la pleine et entière liberté de notre pensée personnelle^ comme le droit de la dire toujours.