Docteur Eugène Haynaut, de Béthune
sous-préfet de Montreuil . . . . •. I9.159
Il fallut pourvoir au remplacement de M. Thiers. Le 2 juillet 1871, on vota à cette fin. Les électeurs de Fressin donnèrent I31 voix au général Faidherbe contre 42 à M. de Melun. Vote inutile, puisque Faidherbe, élu à Lille, ne pouvait pas représenter la Somme ni le Pas-de-Calais. Vote mauvais au point de vue politique, M. de Melun ayant fait ses preuves comme capacité et dévouement, tandis que le général avait eu la fâcheuse idée d'attaquer la religion dans sa profession de foi. Vote cependant qui s'explique comme un juste hommage au vainqueur de Bapaume.
On peut y voir aussi une marque de la légèreté du caractère français. Dangej passé, danger oublié. Le 6 février, on aurait voté d'enthousiasme pour M. de Melun. Le général Faidherbe fut remplacé par M. Levert, un ultra-bonapartiste. Nous n'avons point le vote de Fressin en cette circonstance.
Le 8 février 1874, on a à choisir entre un bonapartiste intransigeant, mais bon enfant, s'il en fut, M. Sens, et un républicain très modéré, M. Brasme. A Fressin. M. Sens obtint 108 voix; M. Brasme n'en eut que 48.
La majorité n'est pas encore passée à la République.
La même année, le 18 octobre, nouvelle él'ection d'un député à l'Assemblée nationale. Trois candidats se présentèrent : M. Dellisse-Engrand, de Béthune, un second M. Jourdain, un bonapartiste avéré; M. Jonglez de Ligne, un catholique militant; M, Brasme, un républicain de nuance bien rose. Résultat à Fressin;
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La Commune 583
M. Dellisse, m voix ; Brasme, 43 ; Jonglez, 29 .
Le vote est à recommencer, il y a ballottage:
Le l^^ novembre, M. Dellisse obtint 156 voix; M. Brasme, 43 ; M. Jonglez, 4.
^ Les quarante-trois de M. Brasme restaient fidèles à leurs idées. Toutefois, la République n'a pas encore le quart de nos électeurs.
Le 8 février 1876, M. Victor Hamille, bonapartiste, mais plutôt conservateur que bonap-irtiste, réunit 168 voix à Fressin ; on ne lui voit point de concurrent. M. Hamille fut élu député de l'arrondissement de Montreuil.
Lell octobre 1877, M. Fresnaye-Laligant,de Marenla, se présente contre lui: M. Hamille a I42 voix ; M. Fresnaye en a 57. !M. Hamille resta député de Montreuil.
En 1881, le pouvoir étant fixé à gauche, M. Fresnaye obtient à Fressin 99 voix; M. Hamille n'en a plus que 92. L'arrondissement resta pourtant fidèle à M. Hamille.
Pauvreté du caractère humain ! On comprend que les élections de 1892 ne ressemblent pas tout A fait à celles de 1869 ; quantité de jeunes gens ont été munis du bulletin de vote depuis vingt-trois ans, et ni l'esprit ni les traditions de la famille ne se sont assez maintenus pour que Ton puisse d'après les actes des pères présumer de ceux de leurs enfants ; mais acclamer aujourd'hui un homme, puis, deux ans après, le rejeter sans qu'il ait démérité, et seulement parce que les événements ont pu diminuer son influence, c'est vraiment misérable.
Le 4 octobre 1885, le scrutin de liste, plus libéral et plus politique que le scrutin uninominal d'arrondissement, ayant été rétabli par la majorité républicaine.
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les électeurs de Fressin tinrent à montrer que leur conversion était complète.
On votait ici pour des bonapartistes intransigeants, du parti des mameluks, comme en 1863, quand un candidat arborait timidement la bannière libérale, et voilà que, tout d'un coup, on passe dans le camp contraire. On ne peut se démentir soi-même avec .plus de désinvolture. On avait, en une journée, dépasser avantgarde. Pas un seul ne fut élu des dix candidats républicains qui avaient triomphé à Fressin.
Élui. — Liste d'Opposition.
MM