‹ Fressin; histoire, archéologie, statistiqueChapitre 119 sur 136 · ULTIMA VERBA · texte numérisé non relu

ULTIMA VERBA

De ce livre. — On avait paru nous poser un défi au sujet de la partie historique de ce travail: « Ou bien, nous disait-on, vous laisserez dans l'ombre certains points qui, essentiels dans une histoire générale, le sont davantage encore dans une étude locale, et alors votre œuvre sera incomplète ; ou bien vous verserez contre un autre écueil, celui, en traitant de matières délicates, de froisser et même d'irriter de respectables personnalités. >

Eh bien ! Nous croyons sincèrement avoir évité ce double écueil. Nous avons exprimé nos jugements avec liberté, avec clarté et sans réticence. Nous avons dit tout ce qu'on était en droit de demander à un historien. Et néanmoins nous avons Tespoir que notre livre ne fera de peine à personne : il ne s'y trouve ni une page, ni une ligne qui puisse légitimement indisposer qui que ce soit. Nous croyons aussi que, malgré ses lacunes^ ses digressions, ses hors-d'œuvre et la minutie de certains détails, on nous saura gré de l'avoir écrit, et que nos paroissiens le transmettront avec quelque fierté à leurs enfants. .

Table des noms propres. — Nous avions le projet de dresser la table alphabétique des noms de lieux et celle des noms de personnes reprises dans ce livre, comme nous l'avons fait pour nos deux éditions d* Auchy, et comme l'a fait aussi M. le chanoine Deramecourt dans son histoire du Clergé d* Arras pendant la Révolution,

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Drumont est fidèle à cette méthode qui facilite singulièrement tes recherches. Nous a^orts éù y renoncer pour éviter un surcroît considérable de travail et pour ne pfis allonger ce volume au-delà de toute mesure. Mais nous conseillons à nos lecteurs fressinois de se faire eux-même ces tables pour leur usage particulier.

BBBATA

Page i66, 1472 au lieu de ïf^i, pour un missel édité à Paris.

Page 359, en note, hommage pour hommage,

Paçe 472, en note, auditaité pour auditoire.

Le tombeau de la sacristie est celui de Jean IV, sire de Créquy. Ce nom est plusieurs fois cité. Cependant, à la page 258, on nous a fait écrire Jean VIII.

Une rectification plus importante ne tendrait à rien moins qu'à nous faire supprimer quatre pages que nous avons écrites d'après M. de Laplane, non sans beaucoup d'hésitations (33 à 36). M. de Laplane traduit par Fressin le Fresingehevt, Fresingaheni du Cartulaire de Saint- Bertin. Le Dictionnaire de M. Courtois ne cite aucun nom qui s'en rapproche autant que Fressin. Nous y avons vu l'explication et l'origine du droit de l'abbaye de Saint- Jean-au-Mont sur notre village. Mais M. le chanoine Haigneré nous écrit que le Freisingehem de

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l'an 788 appartient à la commune d'Esquerdeâ, Cette commune possède, en effet, un hameau ainsi dénommé. Notre Fressîn est le Fresinnio du 3 août 800.

Quelqites rurtes oubliées se rapportent au ministère de M. Bonhomme (p. 395 à 428). Nous les résumons ici.

Nos archives possèdent des Budgetssur formule imprimée depuis 1850, et des formules de Compte depuis 1863. A partir de cette dernière date, la rédaction par le trésorier d'un volumineux cahier devenait un horsd'œuvre : il devait lui suffire de remplir exactement,, d'après ses registres de recettes et de dépenses, les formules que l'Evêché lui envoyait, en y joignant les mandats, quittances et autres pièces justificatives. Cependant l'usage ancien prévalut longtemps encore. Peutêtre ne tenait-on pas à donner à l'autorité diocésaine la reproduction exacte du compte vrai.

En 1872, on pava le chœur en carreaux noirs octogones reliés par de petits carreaux blancs; on renouvela aussi le pavé d'une nef en pierres bleues ciselées.

Le renouvellement des bancs se fit en plusieurs années. Ce travail, commencé par Pierre-Joseph Bruchet, fut achevé par son fils Charles Bruchet. Le premier paiement a été fait en 1873, et cet article fut porté aux dépenses jusqu'en 1877.

En 1877, la fabrique fit de grands frais pour la réparation de la toiture de l'église. Il en sera encore longtemps ainsi, jusqu'à ce que l'on puisse arriver à un renouvellement total bien nécessaire. •

Un article qui a beaucoup varié est celui du balayage et de l'époussetage de l'église. En beaucoup de

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paroisses rurales, ce travail est fait gratuitement, le samedi et la veille des fêtes, par les jeunes filles, qui y remplissent, à tour de îôle, une fonction honorifique. Mais notre église est une cathédrale auprès de quantité d'autres. 11 y a donc un crédit au budget pour le balayage. On a payé pour cet objet lO francs, puis 12 francs. On payait encore 15 francs en 1877, plus 12 fr. pour le pourtour extérieur de l'édifice. Tout à coup, on voit pour les deux articles une somme de S2 fr., 50 c. portée au compte, 65 fr. pour le balayage, 12 fr. pour le nettoyage extérieur, 5 fr., 50 c. pour achat de balais. C'est que, sous M. Bonhomme, le balayage était fait par sa servante, qui y trouvait un supplément à ses gages, tandis qu'on y emploie maintenant une femme le lundi et le samedi. Pour que l'église soit proprement tenue, la dépense n'est pas excessive.

D'après les comptes delà Fabrique, sans rechercher ce que la Commune a pu payer pour sa part, les réparations du presbytère ont coûté :

En 1^64, pour les glens 200 fr.

En 1865, id. 200 fr.

En 1867, pour un plancher ... 75 fr.

En 1868, Eglise et presbytère, pour

boiseries et planchers 171 fr. 90 c.

pour tapisseries et peintures . 43 fr. 30 c.

En 1869, pour réparations d'un mur

et la porte cochcre • 222 fr.

En 1875. pour boiseries 99 fr.

En 1876, pour carrelage des corridors ïi6 fr.

Total : 1.125 fr 20 c.

Et tout cela pour ne rien avoir. Cet aperçu n'estil pas la meilleure justification de la résolution prise dix ans plus tard par le Conseil municipal ?

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Église. — Mobilier. — Comme nous avons indiqué la provenance de divers objets mobiliers donnés à l'église, on nous fait observer qu'il conviendrait de réparer une omission. Une personne pieuse et charitable, Madame Huguet, épouse du régisseur qui administra la propriété du baron Soillière entre M. St-Remy et M. de Saint-Aignan, a donné à notre sacristie un ornement blanc et un ornement rouge travaillés de ses mains. N°^ 4 et 8, page 162.

Église. — Archéologie. — Un compatriote plein d'avenir, M. Camille Enlart, d'Airon-St Vaast. archiviste paléographe, ancien élève de l'école des Chartes et ancien membre de l'Ecole de Rome, un archéologue doublé d'un artiste, a visité dernièrement notre église. Il ne rejette pas l'opinion qui attribue à l'incendie de 1525 l'infériorité des arcades du côté du midi, qui ont bien pu être détruites sans entraîner la ruine de la façade...

Voici, du reste, la lettre très intéressante qu'il vient de nous envoyer, après avoir lu le /wre premier de notre seconde partie, V Eglise de Fressin. Mieux vaut reproduire cette lettre que cie l'analyser : elle contient d'utiles observations ; et si, à côté des erreurs qu'elle redresse dans notre travail, elle fait de la plupart de nos appréciations un éloge que l'on pourrait croire excessif, nous acceptons ces louanges, mais pour les reporter aux classiques dont nous nous sommes ins-

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pire, et spécialement à Raymond Bordeaux en son Traité de la réparation des églises (i), livre qui devrait être le manuel de tout prêtre et de tout Conseil de fabrique chargés de garder un monument religieux.

Monsieur le Curé,

C'est avec un vif plaisir et un grand intérêt que j'ai lu votre Notice sur l'église de Fressin. Outre le plaisir personnel que j'éprouve à me rappeler un pays où j'ai reçu un si cordial accueil, je suis heureux de voir publier un travail plein de renseignements utiles et de remarques justes sur un monument qui, pour sa valeur artistique et historique, mériterait d'être plus connu des archéologues et des architectes.

L'église de Fressin est une des meilleures et des plus anciennes œuvres d'une école d'architecture flamboyante qui s'étend dans le Boulonnais et une partie de l'Artois et du Ponthieu. Cette école, très supérieure à ses voisines^ n'est tombée ni dans les fautes de construction, ni dans les exagérations d'une composition inutilement compliquée et oublieuse des lignes horizontales, dont S* Vulfran d'Abbeville et la chapelle de Rue montrent de fâcheux exemples. Comme ses voisines, elle s*est défendue au XVI« siècle contre l'invasion des modes italiennes, et parmi les nombreux monuments flamboyants du Pas-de-Calais et de la Somme qui portent des dates des XVII* et XVIII® siècles, les refaçons de la nef de Fressin sont un des meilleurs exemples.

La Renaissance contre laquelle protestait ici le goût public, s'était toutefois introduite dans le mobilier. Vous en avez un intéressant témoignage dans le couvercle des fonts baptismaux, œuvre de menuiserie de la lin du XVI** siècle. C'est avec les couvercles pyramidaux analogues conservés à Heuchin (Pasde-Calais), Berneuil et Maisnières (Somme), à peu près tout ce que le nord de la France a gardé de ces objets.

Autrement précieuse est votre chapelle avec ses tombeaux, son autel et son rétable intacts et sa stalle seigneuriale placée

(i) Paris, Librairie polytechnique Baudry, iS, rue des Saints Pères.

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