Épilogue
près d*UQe cheminée analogue à celle de Téglise de Nogent-les- Yierges, près Creil. Ce qui ajoute beaucoup au prix de ce monument est sa date précise de 1425.
Il est à remarquer que cette date ne saurait différer de celle du chœur de l*église, car il y a liaison parfaite entre l'appareil du chœur et de la chapelle. Quant à la nef, elle est un peu postérieure.
Tous les profils et motifs de sculpture les plus anciens y indiquent nettement le XV* siècle.
Les chapiteaux et les rinceaux sculptés dans les voussures des grandes arcades sont des particularités de l'école flamboyante de la région.
Votre remarque sur l'invraisemblance d'une refaçon de la façade sud est des plus judicieuses, et confirmée en tous points par l'appareil et par le style de cette partie du monument. On doit toutefois admettre l'incendie de 1525, car les voûtes de la nef et du bas-côté sud et les arcades qui les supportent ont été certainement refaits après cette date. Le style plus avancé des retombées de la grande voûte du côté sud le démontre pleinement. Fautes de ressources, on renonça à orner de sculptures les arcades refaites à cette époque; mais dans les travées extrêmes, les sommiers des anciennes arcades ont été conservés avec le départ de leurs rinceaux.
C'est là la meilleure preuve de la refaçon.
Quant au mur extérieur et aux colonnes, qui étaient solides et n'avaient pas été atteints par le feu, on put les conserver, et vous avez très bien fait remarquer qu'ils appartiennent à l'ancienne construction.
La restauration fut longue, comme le démontrent les diverses dates que vous avez relevées : les ressources de la parois.se étaient sans doute restreintes. Lors de cette restauration, une modification fut introduite dans la toiture. Les bas-côtés étaieui primitivement couverts d'une série de toits transversaux appuyés sur des pignons : on en voit la trace du côté nord. Après l'incendie, toute l'église fut couverte d'un toit unique; c'est pourquoi dans la muraille haute que l'on avait refaite au sud, on se dispensa de pratiquer des fenêtres. C'est, à mon avis, une erreur que d'en avoir rouvert en pendant de celles du nord. On
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a ainsi falsifié un document historique et fait une dépense inutile pour le plaisir de créer une ordonnance symétrique dontrintérét m'échappe d'autant plus que la symétrie ne régne nulle part dans le monument. Parmi les préjuges de notre époque, ce besoin de régularité monotone quaud même est un de ceux qui surprendra certainement le plus les siècles à venir.
A ce propos, je ue saurais assez louer vos remarques pleines de sens sur les modifications fâcheuses que Ion fait subir de de tous côtés aux monuments religieux les plus digues de respect. Puisse votre voix être entendue, ou bientôt le curieux rapport, cité par vous, de M. Vitet, qui exagérait si étrangement la pauvreté monumentale de nos régions, sera au-dessous de la vérité. Puissiez-vous réussir à faire réfléchir vos confrères et à enrayer cette épidémie lie remaniements insensés! La liste de ceux qui vous ont été proposés pour votre belle église doit se passer de commentaires; beaucoup de vos lecteurs sedéridefont en la lisant. Pour moi, le sentiment que j'éprouve est celui d*une profonde amertume. Comment est-on arrivé à tuer chez nous le respect des monuments du passé et à oblitérer le sens esthétique des populations au point de faire germer de pareilles idées en face .de monuments comme Téglise de Fressin? Le rocher de Lourdes et la chapelle de St Benoit Labre nous donnent une idée de ce qu'eût pu devenir ce beau monument entre les mains d'un prêtre moins éclairé, et cet échantillon suflit à provoquer des réflexions bien décourageantes.
Tel autre monument de beau et grand style encombré de joujoux de ce genre ne ressemble plus qu'au bazar de l'Hôtel de Ville; tel autre, avec ses lustres en verroterie et ses peintures barbares, fait penser à une salle de bal public. Partout, les statues de bois de chêne sculptées par les artistes flamands et picards des XV« et XV1« siècles sont détrônées par d'odieuses poupées en plâtre doré, maquillées et niaisement souriantes, sorties du moule des fabricants du quartier Saint-Sulpice, et d'immondes plafonnages en forme de voûtes remplacent les lambris des nefs.
Vos réflexions sur les dais, les rétables pseudo-gothiques, le respect dû aux clochers centraux et aux crucifix et statues placés sous l'arc triomphal des églises, les chemins de croix,
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