‹ Fressin; histoire, archéologie, statistiqueChapitre 122 sur 136 · Epilogue 6(K · texte numérisé non relu

Epilogue 6(K

tion fpp. 39, 40, 41, 42), et que notre histoire des Créquy n'est guère qu'un tableau chronologique, le lecteur a pu voir que nous avons exposé loyalement les diverses opinions, et même qu'après l'examen de ces opinions diverses, nous avons conclu plutôt contre celle de M. de Laplane et de M. Robitaille.

Si l'on a découvert quelque part, sur la pierre, sur le métal ou le parchemin, des documents inédits, des titres sérieux et décisifs, qui permettent d'ctablir que la terre de Créquy fut le berceau de la famille qui porta ce nom, cette découverte fera sensation dans le monde savant. Ce serait plus parfait encore si l'on pouvait nous renseigner sur l'origine plus reculée de nos hauts seigneurs. Etaient-ils autochthones, c'est àdire ori<jinaires du sol gaulois? Venaient-ils, au contraire, de l'Italie ou de la Germanie ? Ou bien encore ne serait-ce pas une famille issue de la fusion des races? Ce sont là toutes questions auxquelles, pour notre part, nous ne saurions répondre.

Nos adieux au lecteur contiendront une double prière.

Nous lui demanderons d'abord de nous pardonner ce que nous avons laissé de trop personnel dans ce volume, malgré beaucoup de suppressions.

Mais on pardonne aux vieillards et aux enfants. Nous avons trouvé du charme à nous rappeler, en ce dernier travail, les endroits où nous avons vécu et les hommes avec lesquels nos supérieurs nous ont mis en rapport; et généralement nous avons trouvé l'humanité meilleure que sa réputation. Des dix-huit prêtres qui exerçaient le saint ministère en i86r, en

ce canton de Fruges où nous sommes arrivé en 1860, et où nous sommes rentré en 1885, quinze sont morts, deux sont en retraite, nous restons le seul en fonction. Ces dates, et plus encore l'ébranlement général de notre pauvre santé nous avertissent qu'il est temps de songer à nous rendre favorable le Juge souverain. Nous demandons à nos lecteurs de prier pour nous dès maintenant et après notre mort.

Nous les engageons, en second lieu, à songer aussi à eux-mêmes. C'est une erreur de pen.ser que l'étude de l'histoire n'est qu'un agréable passe-temps, un moyen d'oublier le mal qui se fait et de se soustraire aux redoutables questions qui se posent. On nous rendra cette justice que nous n'avons négligé aucune occasion d'émettre une vérité utile. On ne peut aimer sincèrement l'histoire sans aimer le passé, c'est à dire sans se portera devenir meilleur. Nous souhaitons à nos lecteurs, tout en profitant des progrè» matériels de l'âge moderne, de s'inspirer des pensées, des principes etdes croyances des âges anciens. Pour nous, rameur personnel, l'amour de soi est inséparable de rameur des âmes, et spécialement de celles de notre bon peuple de Fressin,

Mai 188S.

JyÀ

Page 1