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CHAPITRE V

Les La Tour d'Auvergne, ducs de Bouillon.

Les derniers seigneurs de Fressin avant la Révolution furent les La Tour d'Auvergne, famille illustre entre toutes, formée de la réunion qui se fit, à la fin du XIV* siècle, de deux nobles maisons, par le mariage de Marie, comtesse d'Auvergne et de Boulogne, avec Bertrand de La Tour.

Notre seigneurie échut à la branche d'Oliergues, vicomtes de Turenne, ducs de Bouillon, issus des seigneurs de La Tour par le fils cadet de Bertrand i^^ de La Tour, qui vivait au XIII'^ siècle.

XXVIL — Le prince Emmanuel-Théodose (i) de La Tour y duc d'Albret, pair de France, avait épousé, en 1696, Marie- Victoire-Armande de la Trémoille, laquelle devint héritière du duché de Créquy par le décès de son frère et de son neveu. Un jugement souverain du 3 juillet 1712 lui reconnut cet héritage en déduction de sa dot.

(1) Théodore, d'après les Archiver du Pas-de-Calais.

Emmanuel-Théodose se maria trois fois.

• De sa première femme, qui était la dame de Fressin, il eut :

i** Frédéric-Maurice-Casimir de La Tour, prince de Turenne, grand chambellan de France ; 2° Charles-Godefroy de La Tour, prince de Bouillon; 3° Armand de La Tour, qui épousa Louis de Melun, duc de Joyeuse , pair de France et prince d'Espinoy.

Frédéric-Maurice-Casimir mourut à 26 ans, en 1723. Sa veuve, Marie-Clémentine Sobieski, princesse polonaise, épousa, avec dispense, le frère cadet de son défunt mari.

D'après un compte qui fut rendu en 1732, le domaine de la terre et seigneurie de Fressin, tenue et mouvante, de celle de Créquy, consiste en un château et lieu seigneurial dudit Fressin de présent en ruine ayant été bruslé; se consistant en la haulte et basse justice, fossés estant autour, contenant 8 mesures de terrain ou environ (i).

XXVIII. — Charles-Godefroy de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, seigneur de Créquy, Fressin, etc. Il céda au comte Nicolas de La Tour d'Auvergne ses biens de Fressin, Créquy et Sains, suivant acte passé à Paris le 3 juin 177 1, moyennant une rente de vingt mille livres constituée au profit du prince de Turenne, son fils.

D'un mémoire sur le rôle d'imposition de la paroisse de Fressin, en ce qui concerne l'oftice du lieutenant général, du secrétaire greffier et du procureur fiscal, pour l'année 1756, il résulte que la seigneurie de

(1) Arthives du Pas-de-Calais. — Seigneuries de Créquy, Sains, Fressin, Compte-rendu de 1732, f 297.

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Fressin, qui appartenait alors au duc de Bouillon, avait été amodiée par bail passé au profit du sieur Staen, le 24 avril 1749, pour neuf années commençant au i*-*' janvier 1750, et qu'elle produisait un revenu annuel de 26,000 livres (i).

La seigneurie de Fressin consistait pour la part de M. le duc de Bouillon, seigneur de la paroisse, eu censives du revenu de 400 livres, et en droits seigneuriaux du revenu de éo livres (2).

XXIX. — Nicolas-François-Joseph-Julie, comte de La Tour d'Auvergne et d'Apchier, marquis de la Margeride, comte de Montluc, seigneur de Créquy, Fressin, Sains et Wambercourt, lieutenant-général des armées du roi, acquit les seigneuries de Créquy, Fressin, Sains et Wambercourt, en vertu de la donation du 3 juin 177 1, qui lui fut faite par Charles Godefroy de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, à qui elles appartenaient comme successeur de Marie- Victoire-Armande de La Trémoille (3). Mais, lors du décès du duc de Bouillon, il s'éleva des difficultés sur l'exécution de cette donation Par une transaction qui eut lieu le 12 mars 1776, les quatre cent mille francs, capital de la rente, furent remboursés au prince de Turenne. Madame de La Tour d'Auvergne fournit les fonds pour ce remboursement. Ce ne fut pas sans s'endetter considérablement.

Le comte Niculas-François-Julie de La Tour d'Auvergne mourut à Chambéry le 12 septembre 1790 (ailleurs, le 10 février).

XXX.— Le Prince Godefroy-Maurice-Marie-Joseph de La Tour d'Auvergne recueillit les biens des Créquy à

(1) Archives du Pas-dê-Calais, C. 54o.

(2) Td. États d* Artois, Vingtième, 1762.

(3) lU. B. 570.

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titre de substitution dans la succession de son père, le comte Nicolas-François-Julîe. Ces biens devinrent libres dans ses mains d'après les dispositions de la loi de novembre 1792, qui a aboli les substitutions. Ils furent enfin séquestrés pour cause d'émigration, et ils ont été restitués à M. le Prince de La Tour d'Auvergne en vertu de la loi du 5 décembre 18 14 (i).

(1) Délibération ministérielle du 5 décembre 1814, relative à la remise des bois de Fressin, Créquy, et Sains à la famille de La Tour d'Auvergfne.

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