FRESSIN. — ÉGLISE SAINT-MARTIN
Complément de description.
{Extrait des notes de M. Roger Rodicre.)
(L'église de Fressin a été élevée par les Créquy ) « sur un plan grandiose et digne d'une localité beaucoup plus importante... »
«' C'est, à mon avis, avec celle de Douriez
(également œuvre des Créquy), la plus remarquable de tout l'arrondissement ; ses proportions grandioses, ses belles voûtes, ses curieuses sculptures méritent une description détaillée. »>
(M. Rodîère écrit une autre fois qu'il n'hésite pas à la proclamer la plus belle de l'arrondissement de Montreuil. Mgr Parisis la déclarait la plus belle de toutes les églises rurales de son diocèse. Il est vrai que, depuis lors, il s'en est élevé de magnifiques sous l'impulsion du grand évêque.
Après avoir donné la longueur de l'édifice, la longueur et la largeur des nefs et du chœur, notre jeune
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archéologue écrit : ) « Les chapelles du transept mesurent 5™ d'ouverture sur 5 "^70 de profondeur chacune. L'intertransept (bas de la tour) a une largeur de 5™ 20. (Il étudie d'abord l'église à r extérieur \)
« La façade occidentale est fort simple. Au-dessus du portail assez large, en cintre surbaissé, s'ouvre une très grande rosace rayonnante..., sur les côtés s'ouvrent deux fenêtres en ogive géminée.
(( La façade sud-est au contraire fort riche ; c'est .sans conteste la plus belle portion du mur extérieur. Elle est éclairée par quatre fenêtres ogivales, dont la deuxième forme le tympan du beau portail méridional. Ce portail se compose de deux pieds droits, bâtis en grès jusqu'à une hauteur d'environ 2 mètres, puis en pierres; trois niches.de chaque côté, avec pilastres et clochetons, décorent l'intérieur de ces pieds droits; deux autres niches semblables se trouvent sur les faces extérieures : toutes ces niches sont veuves de leurs statues.
« \Jtiç:^ quadruple voussure encadre le tympan, surmonté immédiatement par une grande fenêtre quinternée... Les meneaux, œuvre de M. le curé Bonhomme, dessinent une fleur de lys. Le portail est divisé en deux entrées par un trumeau en grès à chapiteaux sans ornementation.
« Les trois autres fenêtres, i^*-*, 3*^, et 4*" travées, sont ternces ( la 4"^^ est quaternce ) avec vitraux et meneaux modernes ( il n'y a pas de grisailles dans la basse église, mais seulement dos verres blancs. Seules les 2 fenêtres de la 3'' travée ont des croix bleues à chaque panneau)... Une acrotèrc à feuille frisée les surmonte ; de chaque côté de chatjue fenêtre, une belle niche* ogivale, à pinacles, fleurons, etc.; les contreforts qui séparent les fenêtres sont à terminaison triangulaire, ornés sur chaque face d'une grande niche semblable.
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« Sur la façade sud, 4^ travée, s'ouvre un très petit portail en plein cintre, dissimulé intérieurement sous la boiserie.
« La face nord de la nef ne présente aucun vestige de cette riche ornementation. Les quatres fenêtres ternées sont simplement séparées par trois grands contreforts rectangulaires à la base.
« Jadis le toit des basses nefs était en quatre galbes (ou pignons,, comme on vient de faire à Anvin. Je ne crois pas que telle ait été Topinion de M. Bonhomme ; je pense plutôt que les petites nefs avaient leurs toits tout d'une venue comme à Auchy ;, et quatre fenêtres géminées éclairaient la grande nef en claire voie. Ces fenêtres n'avaient d'ailleurs été ouvertes que du côté nord...
« Les chapelles du transept, qui sont de la même hauteur que les nefs latérales (un peu moins hautes que ces nefs), n'offrent rien de remarquable comme disposition extérieure. Celle du sud reçoit le jour par une grande fenêtre ternée, au midi (au pignon), et par deux petites fenêtres géminées latérales, à l'est et à l'ouest , avec vitraux en grisailles. Celle du nord manque de la fenêtre Est , à cause d'une chapelle accolée en cet endroit au nord du chœur...
<( La tour surmonte le transept. Elle est en pierre jusqu'à une faible hauteur, mais seulement au dedans, puis en charpente et ardoises, et de forme carrée ; la flèche octogonale est flanquée de quatre petits clochetons. La tourelle de pierre, de forme cylindrique, qui contient l'escalier , se détache , avec son toit en poivrière , à l'angle du transept nord et de la nef latérale.
(t Le chœur n*a rien de remarquable : au sud , il est éclairé par une grande fenêtre ogivale ternée, ( et par une seconde fenêtre géminée près de la chapelle
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du transept ; ) au nord, il n'y en a pas , à cause de la chapelle située en cet endroit. Le chevet reçoit le jour par trois fenêtres tcrnees,..
... « Entrons maintenant {^ans V église ... Au- d ess u s des chapiteaux prennent naissance des arcades de forme ogivale. Du côté sud, ces arcades ne présentent nen de remarquable, mais au nord, elles sont richement ornées d'une guirlande courante de vigne. On y voit, au milieu du feuillage, des chevaliers, des monstres, des serpents, des lézards, des crapauds, un Saint-Esprit, Jésus portant sa croix, des Chimères vomissant un cep de vigne, etc., etc. Au-dessus de chaque colonne, toujours sur le mur nord, se trouve \\\\ç^ niche ogivale. A sa base, elle se compose de trois pans, ornés de trois arcs ogives ; puis se dressent deux pieds droits, soutenant un trépan semblable au premier , avec trois arcades cintrées; au-dessus se dessine une accolade avec flammes, et un pinacle surmonte le tout.
<f Sur le mur goutterot sud, rien de semblable : une niche cintrée, très simple, sans autres ornements qu'une voussure en écaille dans le haut, fait face aux niches du nord.
(( Au-dessus s'ouvrent les fenêtres du clair étage, encadrées par les nervures prismatiques deia voûte. Ces nervures partent par faisceaux de cinq des dais des niches de la grande nef.
a Des trois arcs triomphaux, les deux latéraux qui mènent des bas-côtés dans les chapelles du transept sont bas, en ogive et sans ornementation. Celui de la grande nef ( le seul qui pour nous soit l'arc triomphal ) est en grès, très haut et orné de sculptures comme les arcades de gauche.
... Au sommet de l'arcade, on voit la date de i86l. qui est celle de la restauration eiiireprise par M. l'abbé Bonhomme. Un Christ doxal surmonte le tout.
L'ÉiiLISE ISK
(A roccasion de l'iuceiidie de i)2), M. Rodière contredit comme nous la tradition d'après laquelle le feu n'aurait détruit que le côté droit de régliscce qui expliquerait l'infériorité de la nef du sud. Mais il a mal interprété notre pensée en nous faisant dire que toute l'église a été détruite en 1525, à rexception de la chapelle funéraire, et qu'elle a été rebâtie ensuite en entier, mais par pièces et par morceaux, ce qui explique les irrégularités de détails que l'on y peut constater. Oui, on a travaillé longtemps et un peu tous les siècles à nôtre église ; mais nous n'avons jamais dit que les nefs soient postérieures à l'incendie de 1525. Je crois fort que cet incendie n'a endommagé que la toiture et la charpente.)
... < Entrons dans le transept : la croisée ou intertransept (le pied de tour) est voûtée en ogive en forme d'étoile par huit nervures prismatiques. >
(M. Roger Rodière désigne encore sous le titre d'arcs triomphaux les arcades qui conduisent de la tour en chœur et aux chapelles. Il y en aurait donc six. )
< Les chapelles se composent d'une seule travée dans le sensdel'ouverture, de deux dans celui de la profondeur. La première travée a la même largeur que les bas-côtés, dont elle forme la continuation ; la seconde correspond à la saillie, c'est-à-dire au transept proprement dit. Les nervures [>rismatiques, sillonnant la voiite ogivale, ont cela de particulier qu'elles se réunissent en faisceaux de trois par trois pour descendre non sur des culs-de-lampe, mais jusqu'à terre, derrière laboiseiie basse. »
( M. Rodière écrit que l'église de Fressin était primitivement ornée de peintures murales. Il en voit la preuve) dans la petite nef du nord, 011 la chute du badigeon a mis à jour une espèce de branche d*arbre, H nous fait remarquer que les croix de consécration sont fort différentes les unes des autres. Il y a au nord des croix de S*-André, au sud des croix pattées, dans
le transept des croix fleurdelysées, ce qui, selon notre jeune archéolog^ue, indiquerait plusieurs consécrations successives. C'est une opinion qui ne me paraît point vraisemblable. Rien n'oblige à dessiner les croix sur un modèle uniforme.)
« Enfin, Tare triomphal séparant le chœur de la croisée ( du pied de tour, où le transept se croise avec la nef) porte quatre fois répétées les armes de Créquy : d'or au créquier de gueules à sept branches ; couronne ducale. Partout ailleurs le badigeon empêche de rien voir : M. Fromentin a l^ intention de le faire enlever. »
(L'intention, c'est beaucoup dire. Le désir, oui, bien vif, bien ardent, et nous bénirions l'homme à la fois généreux et actif qui se chargerait de cette œuvre de restauration. Mais, outre que nous ne sommes plus à un âge de tenter une pareille entreprise, on ne peut rien espérer des ressources de la fabrique aujourd'hui qu'il faut les employer à l'entretien du bâtiment. )
€ Une petite sacristie est accolée au chevet ; sa voiite en pierre, sans clefs m culs-de- lampe, se compose de six nervures prismatiques formant étoile, et n'a pas plus de 2"^ 50 de haut. Une petite fenêtre ogivale avec meneau central, trèfle et rosace dans le tympan, l'éclairé du côté est.
« Une porte dissimulée par la boiserie, dans la deuxième travée du chœur, côté nord , donne accès à l'antique chapelle seigneuriale, aujourd'hui servant de sacristie. C'est peut-être la plus intéressante partie de l'église. Elle est voûtée en deux travées par une maçonnerie de forinv:; ogivale ; cette voûte repose à gauche de l'autel sur une colonnette ronde à chapiteau à feuille de chêne, puis sur une autre colonne plus grosse engagée , et enfin sur une troisième semblable à la première ; à droite^ sur deux culs-de-lampe aux angles
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et sur une colonne engagée au milieu, à chapiteau simple.
t( Deux fenêtres e'clairent cette chapelle. Elles sont de forme ogivale ; celle de Test est gcmiiiée, et celle du nord, est trilobée dans le haut. »
(Notre visiteur décrit le rétable, l'autel, le tombeau ; 1*1 dépeint aussi les stalles et la crédence ) :
« A droite de l'autel est creusée dans la muraille une crédence subtrilobée ; à gauche se trouve un culde-Iampe.
« Sur le mur nord, dans la travée ouest, se dessinent deux arcs accolades séparés par un trumeau ; on y voit un trilobé, des pinacles à clochetons, des crochets, des arcades, des flammes; au-dessus, des pierres sculptées, des rosaces. C'était probablement le dossier sculpté des sièges des sires de Créquy.
« Sur le mur ouest, tout [)rès de ces arcades , se trouve une cheminée fort simple, mais caractéristique du XV^' siècle. »
( De la sacristie, M Rodière nous conduit à la tourelle, nous en fait gravir les quarante-cinq maixhes en grès, nous introduit sur la voûte du collatéral, puis sarcelle de la tour, où est établi le mécanisme de l'horloge. Puis, tandis que nous tremblons de tous nos membres, que nos jambes flageolent et que nous n'osons lever la tête, il atteint en un clin d'œil le haut de la très longue échelle qui mène de la voûte aux cloches. Il va en relever les inscriptions que l'on a vues tout à l'heure, •
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