‹ Fressin; histoire, archéologie, statistiqueChapitre 34 sur 136 · QUEL SERAIT NOTRE PROGRAMME · texte numérisé non relu

QUEL SERAIT NOTRE PROGRAMME

Si i>ous étions jeune et riche , ou si quelques personnes riches et généreuses nous exprimaient le désir de faire quelque chose pour notre église ?

1° Avant tout il importe de prévenir les dégradations du bâtiment et de le préserver de la ruine. C'est toujours là le point essentiel, et ce sera toujours le premier devoir des administrateurs, aussi longtemps que Ton ne pourra point compter sur l'Etat ou sur la Commune pour suffire à cet office. Qqe servirait-il de faire de grandes dépenses pour restaurer et embellir l'intérieur, si la pluie et les gelées venaient à faire tomber les voûtes et à rendre l'édifice hors d'état de recevoir les fidèles ?

2° Très volontiers nous accepterions l'argent nécessaire ( il en faudrait beaucoup) pour faire disparaître par des ouvriers habiles et prudents l'ignoble badigeon qui couvre les murs et empâte les fines sculptures des arcades. Mais, pour Dieu ! pas de grattage, ni aucun emploi du rabot !

3" Volontiers nous laisserions enlever les tableaux du Chemin de la Croix, (jui ressemblent vraiment trop aux estau'tpes qui décorent la maison des pauvres gens. On pourrait les remplacer par quatorze sujets aussi riches qu'on voudra les avoir, à condition toutefois que ces tableaux ne soient guère voyants et n'arrêtent point le regard. Ce qui doit frapper en entrant dans notre église, c'est la voûte médiane et les lignes architecturales.

.['^ Quoique une église sombre prête plus au recueillement, et qu'un jour mystérieux soit préférable à une

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lumière trop éclatante, il importe toutefois qu'il fasse clair dans une église, et qu'à dix heures du matin on ne soit point forcé de fermer son paroissien pour se trouver dans l'impossibilité de lire sa messe. Aussi ne tenons-nous que fort peu à garnir nos fenêtres de verrières foncées. Nous laisserions sans regret les verres blancs dans les nefs ; tout au plus y accepterions- nous des grisailles assez claires. Mais il y a deux fenêtres que nous voudrions pourvoir de belles et riches verrières : celle du milieu de Tabside et celle de la chapelle de la Vierge. Au-dessus du maître-autel nous placerions la principale scène de la vie de St. Martin ; à l'autel de la Vierge, le tableau réglementaire de la Confrérie du Rosaire.

5** Quel plaisir aussi et quelle augmentation de solennité pour nos offices, si nous avions de grandes orgues ri la tribune ! On en peut avoir pour six mille francs qui seraient parfaitement convenables. Kst-ce à dire que nous soyons disposés à suppriîîjer ou à cacher notre tant belle rosace ? A Dieu ne plai.se ! Mais on peut avoii- un système de buffet qui ne lui fasse point tort. Il a été fait récemment quelque chose de ce genre à la chapelle du collège Saint-Hertin, à Saint-Omer.

6° Quand certaines parties du dallage seront trop défectueuses, il faudrait, en les renouvelant, se faire une loi de respecter les vieilles pierres tombales, dût le coup d'œil en souffrir.

j^ Nous ne ferions point disparaître ni remplacer de sitôt les lambris. Nous nous bornerions aies bien entretenir et à réparer leurs défectuosités,

8° Même observation pour le maître-autel. Si cependant un homme riche offrait une grande somme d'argent pour le remplacer, nous l'accepterions à condition qu'il nous fût permis d'en diriger l'emploi. Nous préférerions la simplicité d'un autel en matière riche,

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comme le marbre ou la pierre, à l'étalage d'une forêt de clochetons en mauvais bois.

9" Sans enlever à l'ancienne chapelle Saint-Jean sa destination actuelle de sacristie, nous ferions nettoyer et sécher les murs, mettre l'autel en état { faisant vérifier s'il a conservé sa consécration, et, dans la négative, y faisant placer par l'évêque diocésain les reliques nécessaires), et la chapelle serait rendue au culte: dans l'hiver ou dans le cas d'infirmité, on y pourrait dire la messe en ouvrant aux fidèles ( dans la semaine, s'entend ) la porte qui donne sur la chapelle du Rosaire.

10° Nous compterions sur les circonstances et sur la piété de quelques bonnes âmes pour avoir un calice en vermeil et de forme gothique, un ostensoir plus élégant et plus léger, comme aussi des ornements pour le Saint-Sacrifice.

11° Autant pour obtenir une plus grarde solidité que pour plus d'élégance, il y aurait lieu de renouveler le portail de l'ouest et de doubler ceux du midi qui ne présentent aucune résistance et ne sont qu'une partie de la boiserie qui entoure l'église. Il faudrait à ces trois issues une forte charpente et une forte ferronnerie. iMais un architecte serait nécessaire pour l'une et pour l'autre.

12° Avant de quitter l'église, un mot encore à nos successeurs, un mot sérieux : surtout gardez le système des bancs ; ne vous laissez pas tenter de les remplacer par des chaises.

13° Quant au dehors, qu'il faut toujours tenir sec et propre sur une largeur de plusieurs mètres, dans l'intérêt de la conservatroa des murs, le soin principal des marguilliers devant être toujours, comme ils le font aujourd'hui, de faire nettoyer les gouttières, pous ne voyons pas de dépenses considérables à y

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proposer. Nous ne voyons, pour notre part, rien de pratique ni de bien désirable à reprendre le projet de M. Bonhomme relativement aux trois toitures. L'exécution de ce plan serait très coûteuse et conduirait à des frais d'entretien considérables.

14° Mais la façade méridionale, si belle déjà, serait encore considérablement ^ftibellie, si les niches qui se trouvent entre les deux portails étaient de nouveau garnies de statues blanches, pierre ou terre cuite.

15° On pourrait aussi faire sculpter la niche qui domine le portail de l'ouest et qui est jusqu'à présent restée brute.

On connaît nos divers desiderata. Nous exhortons ceux que stimulerait cet exposé de ne point résister à la tentation. Les quinze articles qui précèdent donnent libre carrière à leurs préférences.

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