‹ Fressin; histoire, archéologie, statistiqueChapitre 86 sur 136 · diils fondés par Jean Delerue · texte numérisé non relu

diils fondés par Jean Delerue

Au curé ..21.8s.

A l'assistant . 0 1. 12 s.Od.

14*^ i messes basses foudéi^s [tar Yul<i(iniii Cazier» à la rétribuliou de 10 sols^ comme il a tUé fixé précédemment : Au curé ou au vicrtire . , 2 1. 0 s. 0 d.

IS** 3 obits fondés (lar Michel Cauthnclle :

Au curé . . 1 I. 16 s. 0 d. Au vicaire. . 0 1. 9 s. 0 d.

16* Un obit fondé par Martin Mourliaiix :

An curé . . OL |-2s.0d.

Au vicaire. 01. 3 s. 0 d.

iV 2 obits fondés par Jacques et Antoinette Dujdessis : • Au curé . . 1 I. 4 s. 0 d. An vicaire . 0 I. 6 s. 0 d.

18« Un obit fondé par Antoine Delerue :

Au curé . . 0 1. r^s.Od.

Au vicaire . . 0 I. 3 s. 0 d.

19» Une Messe basse fondée par Nicola.s Biiniieteur*. .\\\ curé ou au vicaire . . 01. lOs. Od.

iO^ Un obit fondé par Noël LKLoplié:

Au curé . . 0 1. 1^ s.Od.

Au vicaire. . 0 1. î] s. 0 d.

2!® 12 messes basses fondées par M. Thomas Courtia : Au curé ou au vicaire. 61. Os. 0 d.

22° 2 messes basses et nu obit fondé par Pierre Hanocq : Au curé. , . 1 1. 12 s. 0 Au vicaiie , . 0 1. 3 s. 0

23*^ Une messe chantée le jour de S. Michel et un obil le lendemain fondés par Miclu»! BiUot :

Au curé. . . î I. 4 s. 0 Au vicaire . 0 I. 6 s. 0

24** Un obit pour le sienr Delarivière. vicaire; Au curé. . . 0 I. 12 s. 0 Au vicaire ..01. H s. 0

25** 2 obits fondés par Bertrand Drassart et sa femme, par acte du 6 août 1692, «à la rétribution de 30 sols ; Au curé. . . 2 1. 8 s. 0 A M. le vicaire. 0 I. 12 s.

Ces obits sont rétribu s an double de tous les antres.

Digjtized by ^

La Paroisse 275

26** 12 obits fondés par M. Hurleur et sa sœur à la rétribution de 15 sols chacun pour M. le curé :

Au curé. . . . 9 I. 0 s. A M. le vicaire. . 3 l. 0 s.

27° 2 obits et 4 messes basses fondés [lar le sieur Brognart : A M. le curé. ..31.4s.

Au vicaire . . . 0 1.6 s.

28<» 5 mes.ses basses fondées par Marie Mayoult : Au curé. . . 2 I. 10 s.

2i)<» 6 obits solennels fondés par Pierre Delespine, 25 sols à M, le curé , et 10 sols à M. le vicaire :

Au curé. . . 7 1. 10 s.

Au vicaire . . 3 1. Os.

30» 6 obils au lieu dt» 12, fondés par lo sieur Edouard Polit et sa sœur, (|ui fut femme du sieur Krançois Louvet, à la rétribution de 20 sols chacun, parce (jue la rente de 14 livres o sols, au rachat de 200 livres a été réduite, en 1720, à 8 livres ;

A M. le curé. . . 4 I. 10 s.

A M. le vicaire. . 1 f. 10 s.

31** 12 messes basses ot 4 messes du Vénérable, chantées, de la fondation de M. nac(|uevilie, dans t(*S((uelles messes doit être chantée l'hymne Landa Sion, et ce de trois mois en trois mois, ei être anuoocées au prône le dimanche (>rccédent. Le tout:

pour M. le curé. . . 13 I. 16 s.

pour M. le vicaire . . 1 l. 4 s.

Comme aujourd'hui, le culte du T. S, Sacrement était, ainsi que la dévotiou au Rosaire, en spécial honneur dans la paroisse de Fressin. Cette expression «c Le Vénérable > est encore employée, en certains lieux, pour désigner l'adorable Sacrement. Parfois, les enfants et certains ignorants donnent ce nom à l'ostensoir. Ajoutons qu'il ne suffit pas d'une clause insérée dans un testament pour autoriser le chant de l'hymne Lauda Sion en dehors de F octave de la

Go

Fête-Dieu. Mais peut-être rinterdiction de la chanter aux messes votives ii'existait-elle point alors.

32'^ 12 obits bas ou plutôt messes de Requiem, de la fonda lion de Marie Jacfjueline Flainenl, veuve de Pierre Deprez, à célébrer la première semaine de chaque mois, à la rétribution de !5 sols pour le curé, et de 7 sols 6 deniers d'indemnité à Féglise :

Au cnré. . . 9 liv. 0 d.

A Tégjise . . 4 l. 10 s.

33« On note ici pour mémoire qn*il doit y avoir dans les archives un titre ou obligation pour la »ùreté de l'église.

34" Un obil chanté avec petites Gommemlaces, de la fondation de M. Noël Piquet, curé du Quesnoy, à décharger au mois de mars, à la rétribution de 25 sols au curé, 10 sols au vicaire et ir> sols pour l'église.

Au curé. . . 1 L 5 s.

Au vicaire . . 0 I. iO s.

A l'église . . 0 I. 15 s,

35** Une messe à décharger (wir M. le vicaire pour le repos de rame de Pierre de Lierre, curé:

Au vicaire. . 0 I. 12 sols.

Le clergé était chargé de 220 messes ou obits.

Revenu des pauvres de la paroisse.

L'état des revenus des pauvres , d'après les actes et testaments faits en faveur de l'église, a été dressé par les mêmes administrateurs dans une séance ultérieure, qu'ils tinrent le 5 mai 1753.

1<* Par testament de M. et de M*'"*" Lamory, du 26 avri| 1G72, il a été légué à l'église une maison, manoir et terres. Outre les services religieux, il devra être pris sur le reudage,

lie

La Paroisse 277

pour être distribuée aux pauvres de Pressiii, la somme de six livres, ci 6 1.0 s.

'^ Plus six livres données à Téglise pour les pauvres par Jean Dolerue, ci .61.0s.

o^' Eu 1628, M. de la Dienné a donné trois livres (|uinze sols de rente pour les pauvres, «à prendre sur le (ierc^u'il a donué à l'église de Fressiu, ci 3 I. 15 s.

4^ Pierre Souillart, premier du nom^ par acte du 8 juillet 1635, a donné à I église pour h^s pauvres une rente de neuf livres dix-sept sols, et une seconde de quatre livres quinze sais ; ensemble 14 I. 12 s.

5® Antoine Delerue, par achi du 26 avril 1637, a donné trois lettres de rente; la premif*;ro de ([iiinze livres; la deuxième de sept livres deux sols ; la troisième de quinze livres cinif soJs, pour être distribuées aux pauvres. Ensemble. . . 37 l. 7 s.

6o Martin Caudevelle, [lar acte du 19 mai 1626. a donné à l'église pour les [lauvrès, dix livres quatorze sols, ci 101. 14 s.

7** Pierre Souillart, deuxième du nom, en septembre 1688, a donné à Téglise, aussi pour les pauvres, huit livres de rentes, ci 8 1.0 s.

8** Dainoisellc M:iri(» Mayoïil, fnnme du sieur Desoigny, a donné .<ix livres à l'église pour les [»auvres, ci . . 6 1.0 s.

9** Le manoir contenant environ trois mesures d'Avesnes, nommé le jardin St Pierre, a été cédé eu 1700, à l'église, pour le revenu, les cliarges déduites, être distribué aux pauvres.

Ladite somme de quatre-vingt-douze livres huit sols, avec l'importance des trois mesures d'Avesnes ou mauvais jardin cidessus, nommé le jardin St-Pierre , avec aussi les pourchals qui seront tirés du tronc des pauvres lorsque Touverture s'en fera, seront remis aux mains dudit sieur Jacques Macquaire, receveur. . ...

Le receveur ne peut rien distribuer sans un mandat signé au moins de trais des principaux administrateurs. Son droit de recelte sera de six deniers la livre.

Le compte et le règlement ont été publiés à la messe de

278 Fhkssin

paroisse par M. le curé, Et enfin le loiit a été arrêté et confirmé par les quinze administraleuis prêcédeiiimenl nommés le c samedy trente juin mil sept ceiit-cin(|uante-lrois, dans la chambre de Justice. >

11 ne reste presque rien des fondations que nous venous d'énumérer. De généreux chrétiens ont donné à l'église des biens qui leur appartenaient, dont ils étaient vraiment les maîtres, et dont la loi civile de temps leur permettait de disposer. En échange de cet abandon, ils ont eu le droit de compter sur les prières qui seraient dites à perpétuité pour eux et leur famille. Le pays a passé de la France à l'Espagne, de l'Espagne à la France, sans que ces fondations aient cessé un seul instant d'être respectées. Maïs la Révolution est venue, et elle n'a rien laissé subsister. Du moins, nous est- ils permis de consigner ici les noms des bienfaiteurs anciens de notre église et des pauvres, afin qu'ils soient glorifiés comme ils méritent de l'être.

Outre les deux Règlements que nous venons d'analyser, le cahier qui les contient annonce un mémoire au sujet de la chapelle de Wambercourt et de la translation du bien de cette chapelle dans l'église de Fressin ; mais nous n'avons pas ce mémoire.

Si nous n'avions en vue que les archéologues ou des personnes étrangères à notre paroisse, il pourrait nous suffire de dire en trois mots que l'église de Fressin, avant la Révolution, possédait telle étendue de propriétés, que ses revenus montaient à telle somme. Mais nous espérons avoir beaucoup de lecteurs parmi nos paroissiens, et ces lecteurs transmettront ce livre à leurs héritiers. En faveur des uns et des autres, nous croyons utile d'entrer dans le détail le plus complet, présumant d'ailleurs que d'autres encore y trouveront de l'intérêt.

La Paroissb 279

Rentes Surcencières

C'Mt-à-dirt tn tut du prix dt la location ot do l'impOt.

Article l«^ — Mess'rre Simon- Joseph Moullart, chevalier, baron de Torsi/, ancien capitaine de cavalerie et cheValier de l'ordre royal cl militaire de St-Loiiis, demeiirantà Mcutreuilsur-Mer. doit annuellement à Téglise de Fressin, aux jours de St Jean-Baptiste et Noël, par moitié, une rebte surcensière de buit livres parisis faisant neuf livres au tournois, destinée pour l'entretien de la chapelle de St Jean dans la dite église, où sont les mausolées de sire Jean de Créquy et Jeanne deRoye> liffueile à fondé celte chapelle ^trésentement à usage de sacristie, sous le bon plaisir et par la permission des seigneurs et prédécesseurs de Créqui, et dont est charge un manoir situé à Royon, vulgairement appelé le manoir à gauguiers, contenant trois à quatre mesures, éiliu au dit seigneur baron de Torsy par succession de Messire Charles-Joseph-Bafthélemy Moullart, chevalier, seigneur de Yilmarest, son père, qui en avait fait TacquisisioD à la vente par décret, faite au conseil d'Artois sur Messire Philippe-François de Noyelle, chevalier > baron de Torsy, le 2:^ juin 17â9. Ledit manoir, tenant d'une liste au]( héritiers de Marie-Anne Codevelle, d'autre à un manoir ,sur lequel est bâtie la ferme appelée la Maison Blanche, appartenant audit seigneur baron de Torsy, d'un bout par haut aux terres à champs, et d*autre bout par bas à la rue et flégardç» ci, par an 9 livres.

Cette rente, de 1780 à 1785, est payée par la fermière du baron; en 1787» elle est payée par Siivin Bodccot, qui la payait encore en 1792, cette dernière fois avec déduction du cinquième. Le paiement parait n'avoir eu lieu que de deux ans à deux ans.

Article 2. — M. Xavier Louvet, notaire, demeurant à Fressin, doit une livre de cire réduite en argent sur le pied de trente sols, payable à Noël, dont sont chargées trois mesures de terre labourable, venant de M^^^^ Ànne-Franroise Souiltart,

280 Fbkssin

siuiiîcs ati terroir de Fressin, au flot des Anoettes, proche le foud Brillard, tenant des deux listes aux héritiers du sieur François Picard, au lieu des sieurs du Tronqnoy, ci. 11. iO s. Art. 3.— Ledit sieur Xavier LouYet, notaire, fils et héritier de Pierre François, et ce dernier aussi fils et héritier de Pierre, lequel fut héritier en celte partie de d«"« Anne-Frauçoise- Souillart, doit seize sols de rente, moitié de treute-deux, faisant partie d'une rente qu'a donnée à l'église de Fressin Folquiu Cazier, par son testament, à la char|;;e de quatre ohils et quatre messes basses, et dont est chargé un petit manoir venant anciennement de Guillaume Ronnel, dont la moitié appartient audit sieur Louvet, et tient d'une liste au seigneur de ce lieu, qui a Tautre moitié, d'uo bout audit S*" J^ouvet, d'autre bout au flégard, ci 0 1 . 16 s.

Art. 4. — Monseigneur le Comte de la Tour d'Auvergne, Seigneur de ce lieu, doit seize sols de rente surcensière, faisant Taulre moitié de la rente de trente-deux sols, donnés par Folquin Ca/.ier, et rapportée à l'article précédent, et dont est chargée la partie du manoir occupée par les receveurs dudit seigneur Comte, ci 01.16 s.

Art. 5. — Ledit seigneur Comte de la Tour d'Auvergne doit encore une rente surcensière de trente-et-un sols, dont est chargé nu autre manoir, joint au précédent, sur lequel est bâtie la maison seigneuriale^ venant anciennement de Claude et de Aitloitiette de Lépine, fille d*Oudart, et auparavant d'Adrien Courtin, laquelle rente fut léguée à IVglise par ledit Folquin Cazier, et pour les causes énoncées en l'article 3« ci devant, ci 1 I. il s.

Certainement, aux autres articles, mention n'est pas faite, en marge des articles 4 et 5, de paiements faits pour le compte du seigneur.

Art. 6. — Demoiselle Marie-Rose-Claire Petit, veuve du sieur Jean-François Viollette, demeurant à Fressin, sœur et héritière de Pierre-François-Marie Petit, lequel était légataire en cette partie de d^"« Anne-Françoise Sonillard, doit deux tiers d'un demi-sâc de charbon, réduits en argent à cinq sols, dont est chargée une mesure seize vergosde terre à el le a;ipar tenant, faisant

GoooL

La Paroisse 28i

p.irtie de sept qiiarliers avec Tarticle suivant, situé au terroir de Fressiu, caiilon de Lespault, tenant d'une lisle an^ioiir Hémart, d'autre et d'un bout aux ayanls-droitde Joseph Dewamin et Marie-Barbe Despré, sa femme, ci . . . . 0. I. 5. s.

Les paiements ont été fpits successivement par M"^ et par M«"« Viollette.

Art. 7. — Noël-François Wallart et Marie- losepli Dewamin, sa femme, ic»*lle fille et ht»ritièrn en coite partie de Joseph Dewamin et de Marie-Barbe Despré, doit un tiers d'un demi-sac de charbon, réduit en argent à deux sols six deniers pai an, et dont est chargée une mesure huit vergejs de terre appai tenant à ladite Dewamin du chef de sa mère, etc, ci. . 0 I. 2s. 6 d.

Payé, en 7792, par Lîévin Dewamin. Aucune mention de paiement pour les années précédentes.

Art 8. — Les héritiers du sieur Maximilien-Joseph- Hèmart, detneuraul à Hesdin, au lieu des héritiers d'André Leroux et de Marie Soiiillart, doivent annuelleinent, la veille de Noé'l (échéance des articles présédtMits), à l'église de Fressin,un sac et demi de charbon réduit en argent, à quinze sols le sac. et dont sont cliargéos ((ualre mesures de terre sitnées an terroir de Fressin, canton de Lespault, au-dessus des manoirs ci-devant, aux héritiers de Jean Pinriay, au lieu de iNoël Mac] net, ten.'tnt d'une liste aux héritiers do Joseph Dewamin et à d^"*= Rost^ Petit, veuve du sieur Jean-François Yiolletle, qui ont le surplus des dettes, et six mesures d'autre liste anxdits héritiers du sieur Héuiart, ta de bout à François Martel, an lieu des héritiers du sieur Pierlay, notaire royal, ci 1 1 . 2 s. (î d.

Le paiement était fait par Charles Tkuillier^

Art. 9.^ Pierro-Joseph De^rtrailly. bergor, demeurant à Sains, doit vingt-et-nn sols, payables à la Saint-Jean-B;tpliste et à Noël, dont estrharj^é \\\\ manoir de deux nn^sures et dcMni«\ situé à Sains, lui apj>artenant et venant de Jacques Dewailly [tar acquisition de Jean Caxier et "Marie-Jossine, sa femme, lille et héritière de FrançoiNe Samier, qui était soMir de M« Nicolas Samier, prêtre, curé de Fruges, et icelui frère et héritier de sire Th.

282 Frkssin

Samier, viraDl curé dudit Sains, rfui avait acquis ledit manoir de François Robart, fils de Jean, dit Si l'hilberl, et auparavant Masson Bonrgois, tenant d'une liste à Nicolas Dewailly, d'autre à'François Dewamin, d'un bout à Louis Dewamin, et d'autre au flégard, ci , 1 1 . 1 s.

Payé exactement jusqu'en 1789, mais paâ au-delà.

Art. 10. — Pierre- Antoine de Boves, fils et héritier d'Antoine et Marie-Françoise Poussart^ fille et héritière de Jean et de Marie-Françoise Piquet, demeurant à St-Georjçes, doit une rente de quarante-huit sols, payable à la St-Remy, dont sont chargées sept mesures, tant manoir amazé que pati, situées à Fressin, tenant d'une liste aux héritiers de d^"» Souillart. d'autre aux ayants-droit des sieurs et d*"» Catain, d'un bout aux terres de la ferme de Bnries, et d'autre bout au flégard, ci. 2. 1.8. s.

Le dernier paiement marqué est celui de 1781, Uiî nouveau Cueilloir, commencé en 1790, met cette rente à la charge de Philippe Morenval^ tonnelier, demeurant à Fressin, et Marie-Barbe Bourbier, sa femme, qui ont acheté, par acte dif 14 juillet 1781, la terre de Pierre-Antoine De Boffles, alors charron à Regnauville. La rente est toujours de quarante-huit sols ; mais on n'indique plus que deux mesures et demie de manoir amazé, tenant d'une liste à la rue qui conduit à Béalencourt, d'autre à d«"« Catherine Viollette etàd^"^ Anne- Joseph- A ugustine Louvet, veuve du sieur Constantin Laîgle ; d'un bout aux sieurs et demoiselles Dewamin, et d'autre au flégard. Mais on ne voit pas que l'acquéreur ait jamais rien payé à l'église.

Art. n. — Les héritiers ou ayants-droit de M. Nicolas Précosl, d'Aire, et M""» Marie Petit, doivent dix-sept sols six deniers sur une mesure de manoir, tenant au pati qui fut à Jean Delépine, dit Vergus, et qui a été donnée par M. Pierre de Lierre, vivant curé de Téjjlise de Fressin, par acte du 26 mai 153i, à la charge d'un obit à chanter dans ladite église avec diacre et sousdiacre, en juin, vers le jour de Saint Pierre et Saint Paul, ci 0 1. 17 s. 6 d.

La Paroissk 283

Le Cueilloir nouveau de 1790 met la rente du Curé Pierre de Lierres à la charge de De»»® Marie-Rose-Claire Petit, veuve du sieur Jean-François Viollette, qui ont acheté ce manoir à Prévost.

Art. ii. — Jacques Lisambourg, demeurant à Fressin, fils et héritier de Jacques, fiLs de Joseph, lequel fui lils et héritier de François et de Péromie Bouret, doit dix sols de rente surcensière à l'église de Fressii^, laquelle est chargée de faire acquitter un obit fondé par Nicolas Bimeteux sur un manoir de trois mesures, appartenant audit Lisambourg et venant de Philippe- Amauri, et auparavant de Nicolas Buneteux, tenant d'une liste aux hures du château, d'autre à Antoine Codevelle, d'un boiit à la rue de la Lombardie, et d'autre bout au bois, ci. 0 L 10 s.

Dans le Cueilloir de 1790, Antoine Lisambourg, cordonnier, est substitué à Jacques, son frère. Il paie en 1792, et il s'acquitte définitivement le 18 pliiviôse ah II, en remboursant le capital de sa rente. Dès lors, cet article est rayé du tableau.

Renies foncières du fief de la Dienné.

Article l«^ — Jean Michel Gouillard, ménager à Fressin, doit cinq scdsde rente à cause d'une mesure de terre, sise au canton do Lespault, (|ui a retrait sur Jean-François Fouruier.qui l'avait acquise, par acte du 20 juin i77i. de Marie-Jeanne Lechon. mère dudit Gouillard, fille d'André, tenant d'une liste audit François Fournier, d'autre à l'article suivant, d'un bout au sieur Leclion, d'autre à Jacque Déplanque, ci 0 1, 5 s.

5 s. 7 au nouveau Cueilloir. Différence entre la livre tournois et la livre parisis.

Payé exactement par Pierre Gouillard, jusqu*en 1791.

284 KllKSSiN

An. 2. — Joseph Coache, de Fressiii, fils et h^niier dn Michel, lui par ;ichal de Fnui(-ois Tliorel, fils de Marliu, iloH huit sols, uttuf deniers pour sejtt quarlierti de terre, leuanldf liste à Jean-Michel Gonillard. d'aulre au manoir de Frani^iMs Fournier, d'un houl an manoir de Thomas Dewailly, etd'aiUreà Jacques Dêpianque, ci (H.Ss.Dil.

Le Cueilloir de 1790 nomme Jarques Coache comme fils et héritier de Michel. Il place les sept quartiers < au-dessus des hayes de la rue Douzinel, » et il substitue les ayants-droit de Philippe Maquaire à Jacques Déplanque.

Aucun paiement n'est indiqué après Tannée 1787.

Art. 3. — Jacques Déplanques et Marie-Aune-Thcn*'M» FonrniePi sa femme, du village de Plarniiies, par acquisitiou di' Laurent Dumont et ses coht^.ri tiers, qui éinicnt aux droits de Je^n Moronval et de Marie Tliorel, par acte du 12 juin 1772, lient une mesure de terre, an même canton, tenant d'une liste aux ayants-droit du sieur Philippe Macqnaire, dnnlre à Jean fl François Fournier, d'un honl vers orient à Jean-Mich<*l Gonillard, et d'antre hont an Seigneur de Lêisault, et doit ci ladite église cinq sols parisis, ci 0 I 5 s. 7. d.

Art. 4. — Philippe Macquaire, feruiirr. dt-meurantà Wamhercourt, par siiccessi(Hi de Janjues, son pi-re. et celui ci par ac^|uisition des ayants-droit de GuillaumeTtiorel,tientuneniesure de teiMO, canton de Lespault, tenant d'un*» liste à Joseph CoarliP. d*aulre liste an seigneur de Lépault, d'un honl aux enf;iiils de Jean-Raptiste Denne. vl d'autre bout à Jactiues l)é[»lanqne. Doit cinif s(ds de rente foncière.

Le Cueilloir de 1790 met la rente à la charge de j)eiie ^arie- Rose Degruseilliez, veuve d'Ignace Laisné, fermier, demeurant à Hesmond, par succession de Philippe Maquaire. La rente est de cinq sols parisis, ce qui se marque de . . , . . 0 l. 5 s. 7. d.

On ne voit aucune marque de paiement.

Art, 5. 'jTT.^^an^François Fournier, de Fressia^ far

by Vj(

La Paroisse 285

:ici|ulsilion (le Je;in- Michel noaclie. ce (leniicr prir achat de Jean Foiiniier, tient' cinq (|iKirliers tie terre au même canton de Lespaiilt, tetiafït d'une liste à Jean-Michel Gouillard et Jacqires Dé[>laii(jiie et sa fenime, d'autre aux eufauls de Jeau-llaplisle Demie, d'un bout audit seigneur de Lespaiilt, et d'autre au sieur Lechon. Doit [»ar au six sois trois deniers.

Marqué jusqu'en 1790 . . . ,. . . 01. (>s. 3. d.

En 1790, six sols trois deniers parisis o 1. 7 s. od, Jean- Baptiste Gamin est substitué aux enfants Denne. Le paiement a eu lieu jusqu'à la fin.

Art. G. L(î Seigneur de Lèpault [toiu* ou?.e mesures et un tier<;on de terre audit lerruir, tenant d'une liste au bokKjuet de Lé[iault, d'autre lisle à luirn^Mue et autres, d'un hont â la rue, doit, a Ni»ël, quarante-cinq sols quatie deniers, 2 I. 5 s. 4d.

Le même . article, au dernier Cueilloir, est plus solennel :

Aies s ire Phi lippe -Marie- Joseph Qitarré Dnrepaire , seigneur de TEpault, tient de la dite église foncièrement onze mesures et un tiers ...... Les

quarante-cinq sols quatre deniers parisis sont îrinsî marqués: 2 1. 1 1 s. o d.

Rentes consliluées.

N» 1. Jean-Baptiste Dewamin, fermier, demeurant au château de Torsy ; le sieur Froissart, aide-major à Hesdin, à cause de la demoiselle Que val. son épouse ; Jean -Jacques Delé- [)ine, clerc- laïrj lie à IMumoison, à cause de lacquisition quMI a faite de la demoiselle Queval, doivent une rente on canon perpétuel de six livres, payable chaque année à Noël, rente

286 Faessin

crëée par François, Jean et Nicolas (Jiieval, par acie du 27 février 1608^ à charge de faire clianler quatre ohils en chaque semaine des (Jnatre-Temps pour le repos de Tàme de Pliilippe l^elerue, ci 6 I. 0 s.

L'ancien Cueilloir porte que, pour chaque obit, le curé ou le prêtre officiant a douze sols, le chapelain qui chante l'Evangile trois sols^ et le clerc cinq sols.

N^ 2. Charles -Ambroise Pierlay, do Bucamp, Rh d*Ântoine, qui était hii-méme fils d*Antoine et icelui de Jean Pierlay, dtiit une rente lioritiére et annuelle de trois livres onze sols cinq deniers, payable au l*^^ mars, au capital de cinquante livres, créée et ccmsliluée au profit de l'église par Noël Macquet et Gasparde Demagni, sa Temme, par acte de H février 1625, laquelle est aiïectée et hypothéquée snr deux manoirs appartenant auilit Pierlay, et pour satisfaire à la fondation d'un obit qui se chante chaque année àTinlention de Noël l'ElofTé, natif de ce lieu de Fressin, décédé en sa ferme et censé de St-Amand-les- Bouchain. Pour quoi il revient vingt sols au curé et dix sols au vicaire ou au clerc, ci 31. Ils. 5d.

N* 3. Jean*Françoi8 Lebrun, ménager, demeurant à Fressin. au lieu de Martin Malbranque, fils et héritier de Marie Runeteux, fille de Pierre et de Marie Robhe, et héritière de Jean Buneteux son frère, doit k l'église neuf livres cinq sols de renie en canon perpétuel, payable le cinq juillet et le cinq janvier de chaque année, sur un manoir amazé, situé à Fressin, dans la rue d'Knfor, où demeure le dit Lebrun, lui provenant de l'acquisition qu'il eu a faite avec feu Marie Hanocq, sa première femme, du dit M:ilbrauqu»\ et la dite rente donnée à l'église par Martin Codevelle et Anne Carpentier. sa femme, pour lesquels on décharge chaqite année quatre obits chantés à la rétribution de vingt sols chaque et quatre messes basses à la rétribution de douze sols, ci 9 I. 5 s. 0(L

Nous avons l'indication du paiement depuis Pan 1781 ju.squ'en décembre 1793. Le paiement du 20 mai 1792, note une déduction du cinquième. La même

Goost

La Paroisse 287

mention est faite pour tous les paiements effectués à cette date,

N° 4. Gélestin Demaretz, maçon, demeurant à Fressin, au lieu de Geneviève Teclion, doit une renie de sept livres deux sols dix deniers. — TesUment du 28 août f637, de M* Antoine Dclanie, prélre, en In ville d*Aire^ pour un obit, à la rétribution de quinze sols pour le curé et cinq sols pour le vicaire, ci 7 1. 2 s. 10 d.

La fabrique perçoit une livre d'indemnité. La rente a été donnée aux pauvres, sur une mesure au Marais «Balbeur ». Cette terre est passée de main en main par actes de 1645, 1673, 1769 et 1785, où figurent les noms de Cazier, Bruyant, Buneteux, Tavernier. Le 2 juin 1793, Demaretz a remboursé cette rente en principal par une somme de 104 1. 16 s. 6 d., soit ipo livres en principal, et Tarticle a été rayé du tableau, .

N° r>. Pierre Laborde,(l(Mueuranl à Fressin, (ils de Pierre, icelui iils de N<»ël, fiis de Pierre, leifuel élail aussi fils de Pierr'e, doit une rente de dix livres, payable an 9 avril et au 9 novembre, pour nu manoir amazé contenant sept quartiers de terre, tenant d'une liste à la rue lliquaiitaine. d'antre liste à la damé baronne de' Fiers, d'un bout à la ruelle de Guyot qni descend à la rivière, et d'autre bout à (j;ibriel Coache ; venant anciennement d'Adrien Codiîvelle, qui a donné la dite roule à lV|itlise par testanient du 4 avril 1671, ratifié le 30 juillet 1673. Pourquoi on décbarge cliaf|ue armée dans légii^e de Kresnin fpiatre obits cbantés à la rétribution de quinze sols pour le curé et cinq sols pour le vicaire* et en outre quatre messes basses à douze sols. ci. . . .**' 10 1. 0 d.

Les noms de rue Riquantaiue et ruelle Guyot ou du Guyot ont disparu.

N» 6.— Joseph Branquart, garçon niarécbal, iils d'Antoine, qui fut Iils d'.Antoine, (ils et béritier d'Adrien et de Marguerite hefebvre, doit à l'église de Fressin une rente de vingtcinq livres, pour trois mesures de manoir aniazé, situé à Fressin,

"288 FuRssiN

rue (le la Laucft. y tenant d'un bout vers midi, d\'uilre hout aux terres à champs, d'une liste vers orient à Jean-Baptiste Queval, d'autre liste à laruet|ui conduit h la Bonloye; que les dits A<lrieu Branquart et Marguerite Lefelivre ont pris en arrenlemeut perpétuel des administrateurs de l'église de Fressiu» par acte passé devant les olliciers dudit lieu, le 7 février 1684. El cocnme (eu M^ Jean Defdanques a donné à l'église, par acte du là novembre 4683, une somme de deux cents livres, et en outre une rente de douze livres trois sols deinn deniers, à la sûreté de laquelle lé manoir ci-dessus était affecté, à ta charge qu'il senit décliarjjé chaque année quatre obits et chaque mois une messe du St-Sacrement, il se pn^nd sur la rente de vingt-cinq livres ci-de8«us seize livres pour la décharge des dits obits et messes, ci. . i5. I. 0

Le paiement était encore fait le 4 ventôse 1794 (vieu^t style),

N® 7. Marie-Anne Plè, veuve en dernières noces de Pierre- Nicolas Bosquet, demeurant à Planques, tante et héritière de Marie-Célestine Mondiaux, fille de Bertulphe et héritière de Marguerite Plé, sa mère, fille et héritière de Louis Plé et de Marie Mayoul, fille et héritière d'Antoine et de Barbe Malbranque, doit annuellement une rente de quatorze livres pour un manoir amazé de deux mesures et demie, situé à Planques .... que lesi administrateurs de l'église de Fressin ont donné en arrentoment perpétuel et sans rachat aux dits Antoine Mayoul, par acte passé devant les officiers de Créquy-Fressiu, le 14 janvier 4676, ci ... 14 I.

Au nouveau Cueilloir de 1790, Jacques-Joseph Bosquet est substitué à sa mère Marie-Anne Plé. — Puis est écrit : ou plutôt Antoine Féroux,

N° 8.-- Joseph Héame, vivant de ses biens, demeurant à Fressin, Pierre et Rose Héalue, ses frères et sœurs, enfants et héritiers de Louis Héame et dWntoineltc Dewailly, fille et héritière de Martin et de Marie Lejosrie, doivent une rente ou canon perpétuel de quatorze livres ciin| sols, donnés à Téglise de. Fressin par Catherine Warin, par son testament du 16 oclobre loSi, à charge et condition «iiiil serait déchargé annuellement

Goo^I

La Paroissk 289

«?t à p^rp<Huilé: \^ Seize messt»s, par le sioiir curé de Fressin, les jours de Puriiicalion, Aniioiiciation, Assouiplioii, Nativité, Préientalion, (conception et Yisitaliou ; 2^ une messe jour de Ste Hiacintlie; 3° un obit }>onr le repos de son âme; et cette rente de quatorze livres cinq sols se trouve affectée sur trois manoirs situés à Fressin, provenant de la dite Warin , dont deux destlits manoirs appartiennent audit Joseph Héame, et l'autre auxdits Pierre et Rose Héame occupé par François Fay, ci 14 1.5. s.

N** 9 — Joseph Vincent, ménager, demeurant à Fressin, fils et héritier de Charles-Philippe et de Marie-Catherine Salomé, sœur et héritière de Jacques, qui était fils de François, doit une rente de six livres cinq sols créée par l'acte du 20 octobre 1700 âu profit de l'église par ledit François Saloîné, ci . 6 1. o s.

Le Cueilloir de 1790 nomme Nicolas Wamtn, demeurant à l'Hermitage de Fressin, en place de Joseph Vincent. Les . manoirs grevés appartiennent audit Nicolas Wamin, donataire du précédent.

N^ 10. — Louis-Joseph Lemoisne, précédemment à Saiut-Pol, d**"« Henriette Fierlay, sa femme, et de*'» Justine Pierlay, icellcs héritières de iM« Antoine-Joseph Pierlay, leur père, de son vivant notaire royal et procureur fiscal du duché de Cré<|uy-Fressin, lils et héritier de Jean et de d«"c Antoinette Brogniarl, doivent les deux tiers d'une rente constituée créée par Jesdits feus Jean Pierlay et Antoinette Brogniart le 2i mai 1706, au capital de trois cents livres au cours de dix-huit livres cinq sols ; mais comm*? il en a été remimnrsé un tiers le 29 décemhre 1719, les deux attires tiers ne font plus à présent que deux-cents livres au cours annuel de douze livres dix sols, ci 12 1.10 s.

Le nouveau Cueilloir désigne comme débiteur, au lieu des d"'** Pierlay, Pierre-Joseph Pierlay, procureur fiscal des terres et seigneuries de Créquy- Fressin et dépendances.

N** 10A«5. — Ledit Lemoine, sa femme et la d«"e Justine Pierlay doivent encore une rente constituée au capital de quatre

i90 Khessin-

cents livras, au cours annuel île .vingt livres, créée par Jean Pierlay, aïeul desdites Pierlay, le ol janvier iiy^M), au profit de Pierre Delêpine et Jeanne Bécourt, sa femme, qui en ont fait donation à l'église de Fressin par acte du 19 mai 1708, à charge de faire dire et célébrer en la dite église, annuellement et à perpétuité, sixobits solennels aveccommendaces. Laquelle rente aîîectée et hypotlié(juée sur une demi-mesure de manoir amazé appartenant anxdiles Pierlay, située au dit Fressin, tenant des deux listes à d<^"* Ursnie Viollelle, d'un bout au marché, et d'autre bout an sieur Gallet, noLiire ci. ... . 201.

Le dernier Cueilloir substitue encore Piefre- Joseph Pierlay aux d*"" Henriette et Justine Pierlay. qui lui ont vendu ce manoir. Il substitue aussi M'^ Jacques- Marie Violletfe à la demoiselle Ursule Viollette,

N» H,— Jacques Cailleux, demeurant à Hesmond, et Marie-Félix Pinte, sa femme. Illle d'Antoine Pinte, tisserand ; Pierre Laurent et Geneviève Pinte, sa femme, demeurant à Embry; Liévin Dassonyille et Marie Anne Pinîe, sa femme, demeurant à Gavron, et Marie-Antoinette Hcrmand, veuve de Pierre Pinte, demeurant audit Fmbry. mère tutrice de i^es enlants, iceux Pinte enfants de Pierre, doivent solidairenjenl une constitution de rente de A^xw cent-cinquante livres au capital, au cours annuel de quinze livres, créée par lesdits feus Antoine et Pierre Pinte par acte du 14 novembre 1701. Mais comme cette rente a été réduite à quatre livres du cent à compter du 14 novembre 17^0, pour en éviter le remboursement en billets de banque, les cours ne sont plus que de dix livres, ci 101.0.

N° 14.— Antoine Pidoux, vivant de ses biens, demeurant à Planques, ueveu et héritier de Marie-Joseph Mac<]uet, sœur et héritière de Marie, (|ui fut sœur et héritière de Pierre, qui était fils et héritier d'Augustin et de Glaire Hibon, doit deux rentes constituées :

L'une au capital de deux-cent vingt-huit livres, au cours de seize livres cinq sols, actuellement réduit à onze livres huit sois, créée par les dits Augustin Macquet, Glaire Hibon, sa femme.

La l\\iioissE 291

au profil de fl«"« Marguerite Delahaye, par arle du 8 avril 1681, présoiitemenl dilc à IVglise de Frcssiii.

El Taiilre au capital décent li/res, au cours annuel de six livres, réduit à quatre livres du cent, créée au profit de ladite église par ledit Pierre Macfjuet, tant en son nom qu'en ceux de ses frères et sœurs, le 29 décembre 1701 . . . 15 I. 8 s.

Il est marqué eu marge de cet article et de l'article suivant que le receveur devra répéter les vingtièmes qui ont été déduits dans les anciens comptes.

iN® 13.— Jacques Lisambourg, demeurant à Fressin, fils et héritier de Joseph, qui fut fils el héritier de François et do Péronne Bouret, doit une renie conslituée au capital de trois cent cin(|uante livres, au cours annuel de vingt et une livres, que lesdils François Lisambourg el Péronne Bouret ont créée par acte du 29 janvier l()9i), an profit de feu M® Jacques Corniiel, nçlaire el procureur fiscal du diiclié de Oéquy-Fressin, lequel en a fait cession et donation à la dite église ; et à la sûrelé de ladite rente se trouvent alfectés et hypolhéqués deux manoirs siiués à Fressin, rue ûo- la Lomhardie, appartenant audit Lisambourg ; le premier à usage de |)àlure, contenant trois mesures ; le second amazé de maison où demeure ledit Lisambourg. Les cours de celte rente ont élé réduils à (jnatre livres du cent, le i() août 1720, pour en éviter le remboursement en billets de ban(|ne. Il ne porte donc plus (|ue quatorze livres, ci : . . 14 I. 0 s.

Le Cueilloir de 1790 désigne Atitoitie Lisambourg comme frère et héritier de Jacques. Déplus, l'article a été rayé, en 1794, Antoine Lisambourg ayant remboursé 350 francs pour le capital delà rente, et payé 12 1. 10 s. d'arrérages.

N° [\. Pierre Magnier, faiseur ds bas, demeurant à Torsy, devait une rente c(»nstiluée de deux cent cinquante livres an capital, moitié de celle de cinq cents livres créée le ^0 novembre 17 19, par Pierre Legrand et Marie-Calherine Bossu, sa femme, l'autre moitié ayant été remboursée le 5 mai 17GH; à la sûreté

i92 KttKssiN

de larnK^lle se trouvent aiîectés et hypothëiiut's six quartiers de manoirs cà Torï^y 12 1. 10 s

Antoine Delépinc, boucher, demeurant à St-Martin- Cavron, est porté au nouveau tableau en place de Pierre Magnier. L'article est encore rayé, ledit Delépine ayant payé 250 livres pour remboursement, le 26 nivôse, an II.

N° 15. Louis Dècobert, vannier, demeurant à Plam|ues. fit Marie-Joseph Denire. sa feinmo; Pierre-Jacques Bruyant, en soji nom et comme tuteur des enfants qu'il a eus de Marie-Anne Denne, sa femme, fille de Jean-François et consorts, doivent une constitution de renie de deux cent-cinquante livres au cajûlal, au cours annuel de douze livres dix sols, créée par Jean Baptiste Denne le 2) avriH7i:3 121.10s.

Le Cueilloir de 1790 remplace Louis Dècobert, père, par Lonis Dècobert ^ fils, et ses frères et sœurs ; Pierre- Jacques Bruyant par Chrysostôme et François -Joseph Bruyant, ses enfants, et il complète l'énumération des débiteurs en nommant Jean Denne, demeurant à Fressin, Augustin Gamin et Marie-Thérèse, sa femme, demeurant à Wambercourt.

Dècobert doit payer . . 3 1. 6 s. 8 d.

Gamin 3 1. 6 s, 8 d.

Bruyant 4 1. 11 s. 8 d.

Denne i I, 5 s. 8 d.

L'article est eflfacé du tableau, l'église ayant reçu, le 30 pluviôse an II, 250 livres en remboursement.

N^ 16 - Joseph Maquaire, laboureur à Humbert, Gis et béritier de Louis et de Jeanne 4]lornuel, doit une rente de deux cent-dix livres au capital, au cours de dix livres dix sols, créée par ces derniers par acte du 10 février 1727, sur des immeubles sis à Humbert 10 I. 10 s.

La Pakoisse 293

En 1791. Joseph Maquaîre habitait à Boubers-les- Hesmond, et la rente est payée par ses fils Louis et Donatien Maquaire.

No 17. — Jacques Gaudeyelle, ménager, (iemeurant à Frejîsin, doit une renie au capital de cent-vingt livres, au cours annuel de six livres, créée par François Codevelle et Jeanne Bocquillon, ses feus père et mère, le 17 juin 4749, ci. 61. Os.

11 y a aujourd'hui, à Fressin, des Caudevelle et des Codevelle. Ce n'est pas le même nom ; donc il ne sont point parents. Mais le Cueilloir de 1790 écrit Jacques Caudevelle et François Codevelle, ce qui montre une fois de plus que la plupart des homonymes s'écrivant d'une manière différente, quand ils existent dans la même localité, se confondent dans une même origine.

N^ 18. — Jean-Michel Gouillard, tonnelier, demeurant à Fressin, fils et héritier de Michel, lequel fut fils et héritier de Pierre et de Barbe Rohbe, doit une rente de cent-vingt livres au capital, au cours annuel de six livres, créée par lesdils Pierre Gouillard et Barhe Robhe, par acte du 10 mai 1730, sur deux manoirs amazés sis à Fressin et appartenant audit Gouillard, le premier contenant deux mesuras, et le second deux mesures et demie * 6 I. 0 s.

N® 19 — Antoine Martin, laboureur, demeurant à Boubers-les-Hesmond, doit une renie de deux cents livres au capital, au cours annuel de dix livres, créée par Jean Martin, son père, par acte du 9 décembre 171)0 10 I. 0 s.

N*> 20. — Monsieur Du Valvalon, demeurant en son château de Campagne-les-Boulonnais, doit une rente de trois cents livres de capital, au cours annuel de quinze livres, créée par acte du 29 janvier 1738. par Jean de Boveet Jeanne Menbo, sa mère, demeurant à Mont Gavrel, à la sûreté de la(|uelle rente se trouvent affectés le manoir sur le((uel est situé le château du Biez, appartenant audit seigneur du VaUaion, ainsi que d'autres

294 Fhkssin

parties de biens apparlenant audit seigneur, venant desdils de Bove et sa mère, de qui ledit seigneur ou ses auteurs en ont fait l'acquisition à la charge de ladite rente, ci . 15 I. 0 d.

Au Cueilloir de 1790, la rente est due par les ayantsdroit de Monsieur du Valvalon.

N<> 21 .— Joseph Cœugnet de St Leu et Jeau-Fran<;^is Blanpain, laboureur, demeurant au Biez, son frère utérin, doivent solidaireuieiit une renie de trois cent cinquante livres au capital, au cours annuel de dix-sept livres dix sols, créée par Thérèse Pouchain, leur mère, et Fran(;ois Blanpain, sou second mari, par acte du 24 décembre 1739. ... 17 I. 10 s.

Au Cueilloir de 1790, est écrit: Jean-François Blanpain et les enfants de Joseph Cœugnet, etc.

N^ 22. — Eugène Pl^e, faiseur de bas à Beaulieu, paroisse de Buisseauville, doit une rente de trois cents livres au capital, au cours annuel de quinze livres, créée par André Plée, son père, le 15 mars 17W 15 1. 0 d.

N° 23. — Jean, Pierre, Marie-Anne et Marie-Gèlestine Herbert, frères et sœurs, demeurant à Fressin, doivent une rente de cent livres au capital, au cours annuel de cinq livres, crétje par acte du 27 avril 1745, par Adrien Teclion et Barbe Fransur, sur une deiii-mesure de manoir amazé sise à Fressin, appartenant auxdits Herbert, par retrait (pi'ils eu ont fait sur Nicolas Sauvage, cabaretier audit Fressin, qui avait acquis ledit manoir, à la charge de ladite rente, de Marie Marguerite Techon , fille et héritière desdils Adrien et Barbe Fransur, ci 5 I. 0 d.

N° i4. — Jean-François Carpentier, vivant de ses biens, demeurant à Torsy, doit une rente de cent livres au capital, au cours annuel de cinq livres, créée par Toussaint. Flanient et Marie Gocheteux, sa femme, par acte du 3 noiït 1745, reconnu par ledit Carpentier par acte du %\ avril 1762. ci . 5 1.0 d.

N*^ 25. — Nicolas Petit et ses frtVes et sceurs. demeurant à Oécjuy, enfants et hériliers d'Antoine Petit et de Marie-Claire

La Paroissk ^ 295

Creiize, doivent une rento de cent livres, au cours annuel de cincj, crét'e par acte du 27 novembre I7'i5 par lesdits Antoine Petit et ladite Creuze . . 5 1. Od.

Les deux frères de Nicolas se nommaient Pierre et François Petit,

N<» 2().-~ M« Varlet, prêtre, ruré d'Kperlec^ues, héritier de M® Guislain Beuvry, sou frère utérin, doit une rente de centcinquante livres, au cours ann^iel de sept livres dix sols, rréée par ledit sieur lieuvr}^ le 28 [uin 1749 . . . 7 I. 10 s.

Le Cueilloir de 1790 nous apprend que M<^ Guislain Beuvry était curé de St-Martin-Cavron.

N° 27 — Austreberthe Lenne, veuve de Jean-François Riquier, et ses enfants, héritiers dndit Uiqnier, leur père, demeurant à Kmbry, doivent une rente de trois cent vingtquatre livres, au cours annuel de seize livres quatre sols, créée par ladite Lesne et feu son mari, par acte du 17 mars 1757, ci 16 1.4 s.

N® i8. — Marie-Florence Warin, veuve d'André CarouHe, et ses enfants, doivent une rente au capital de centcinquante livres, au cours annuel de sept livres dix sols, créée par la dite Warin et feu son mari, le 17 avril 1747. 7 I. 10 s.

Au recueil de 1790, les débiteurs sont les enfants d'André Caroulle. On écrit qu'ils demeurent à Bucanip, ce que l'on rectifie ensuite en écrivant Mont-lez-Béa- Icncourt. L'article est effacé du registre, la rente ayant été remboursée, au taux de 150 fr., le 30 mai 1793, P*^^ François-Joseph Brunet.

N<> Hè. — Marie-Bernadine Maillet, fille de Jean Baptiste, et Geneviève-Dorothée Berlhe, héritière de celte dernière, sa mère, icelle nièce et héritière de M® Noël Piquet, vivant curé du Quesnoy, doit une rente ohitnaire de cinquante sols créée par ledit feu M« Piquet pour la fondation d'un obit par acte du onze septembre 1749. . ^ 1. 10 s.

i96 FuBssiN

Au recueil suivant le débiteur désigné est le sieur Grégoire Letailleur, chirurgien, demeurant à Fressin, époux de ladite Marie-Bernardine Maillet.

N« 30. — Louis-Joseph Hèame, vivant de ses biens, demeurant à Fressin, doit une rente de cinq cents livres, au cours annuel de vingt-cinq livres, créée par Adrien Herbert, son bel oncle, à la caution solidaire dudit Héame, par acte du 23 septembre 1761 25 1. 0 s.

Le 4 nivôse an ii de la Républiqive. le citoyen Héame a remboursé le capital de la rente ci-dessus, et l'article a été rayé du tableau.

N» 31. — Guillaume Lourdel, laboureur, demeurant à Sains, doit une rente au capital de cinq cenls livres, an cours annuel de vingt-cinq livres, créée par acte du 3 janvier 1762. '!i5 1-

Remboursé le 30 juillet 1793 et rayé du registre.

N^* 32. — Nicolas Wamin, ménager, demeurant à Avondance, et Maiie-Josepb Dclépine, sa femme, doivent une rente de cent livres au coiirs annuel de cinq, par acte du 3 décembre 1764, ri. 51.

En 1793, le débiteur était Jean Wamin, cabaretier à Avondancc, fils de Nicolas.

N'^ 33. — Alexandre Garpentier, laboureur, demeurant à Torsy, doit une rente de deux cent livres au cours annuel de dix livres, créée par acte du 6 février 1765. 10 I. Os.

Au registre de 1790, Jean- Baptiste Carpentier et ses frères et soeurs sont substitués à Alexandre, leur père. Ledit Jean-Baptiste remboursa la rente, le 28 avril 1793, ^'^ payant 200 livres, et l'article fut rayé du tableau.

No 34 — Antoine Loisel, ménager, demeurant à Créquy, et Marie-Madeleine Dedelet, sa femme, doivent uue rente

Goo^

La Paroisse 297

constituée de deux cents livres, au cours annuel de dix livres, créée par acte du 9 novembre 1765. . . 70 1. 0 s.

N° 35. — Qabriel Pingrenon et Marie-Catherine Tav^rtiier, sa femme, demeurant à Fressin, doivent une rente de deux cents livres, au cours annuel de dix livres, créée par acte du 7 août 1766 10 1. 0 s.

En 1790, Gabriel Pingrenon est mort, et la dette échoit à sa veuve Marie Catherine Taveniier^ et à son fils Théodore Pingrenon yZYY>t\\tt\\r^ demeurant à Fressin.

N*» 36. — Jean-Baptiste Boudry, vivant de ses biens, demeurant à Oéquy, tant en son nom qu'en ceux de ses enfants qu'il a eus de son mariage avec Marie-Jo$eph Petit, doit une rfente de deux cent-cinquante livres, au cours annuel de douze livres dix sols, créée par acte du 4 août 1768. 12 I. 10 s.

En 1790, Jean-Baptiste Boudry est remplacé par ses enfants Alexandre ^ Xavier ^ Arthur^ François-Joseph Boudry et leurs sœurs.

N** 37. — Louis Duflos, fermier, demeurant à- Sains, et Marie-Joseph Dewamin, sa femme, doivent deux renies de ceul-cinquante livres; l'une au cours annuel de six livres, à raison de quatre livres du cent, créée par acte du 4 janvier 17()9 ; et^ l'autre au cours annuel de sept livres dix sols, créée par acte du l»"" mars 1770. . . 131. 10 s.

Louis Duflos a remboursé les deux rentes le 26 mars 1793, en payant 300 livres en principal, et l'article a été rayé du registre.

N** 38. - Antoine Boyaval, berger, demeurant à Créquy, doit une renie de quatre-cent-ciuq livres, au cours annuel de seize livres (juatre sols, qu'il a créée avec Marie-Cécile Sailly, sa première femme, par acte du 15 octobre 1769. 16. I 4 s.

N° 39. - Jacques-Joseph Daguin, vivant de ses biens, demeurant à Fressin, doit une renie constituée au capital de cent-cinquante livres^ au cours annuel de sept livres dix sols, 'créée par acte du 5 novembre 1771. 7 I. 10 s.

N^ 40 — Marie-Jeanna-Joseph Moine, fille majeure, demeurant à Fressin, doit une rente cunstituée au capital de cent livres, au cours Annuel de cinq livres, créée par acte du 15 décembre 1772 ....*.. 5 I. 0 s.

Au registre de 1790, est nommé F.otiis Fauquet, mari de ladite Marie-Jeanne-Joseph Moine.

N° 41. -— Jean-François Henneguelle, voiturier, demeurant à Créquy, et Marie-Marguerite Breliion, sa femme, doivent une rente constituée au cap^ital de quatre cents livres, au cours annuel de vingt livres, créée par acte du — janvier 1774 20 I. 0 s.

Le 10 pluviôse an il de la République, Henneguellc s'est acquitté^ en payant 400 livres pour le capital de la rente, et l'article a été rayé du tableau.

L'ancien Cueilloir, qui va de 1780 à 1790, contient huit articles qui ne figurent point dans celui de 1790. Nous croyons devoir les rappeler ici sommairement. Ce sont :

1°. Une renie de 4 livres, due par Marie-Marguerite Hanooq. veuve de Jacques Flament ;

2*^. Une de 6 livres par la môme ;

3**. Une de 42 livres, due par Thomas Dei^ailly, tisserand ;

4*^. Une de 10 livres, due par François Duvauchel, berger à PlaïKjiies ;

5^. Un«î de 5 livres, due par Pierre-Joseph Flament, demeurant an cliâlean de Vron en Picardie ;

6^ Une de 15 livres, due par Jacques-Joseph Caron, garde de buis, demeurant ii Créquy;

7°. Une de 13 livres, due par Joseph Garpentier, laboureur, demeurant à Torsy ;

8°. Une de 6 livres, il sols, 3 deniers, due par Jean- Baptiste-Isidore HumièreSy scieur de long, demeurant à Royon.

Le Cueilloir de 1790, qui ne fait point mention de

La Pahoisse 399

ces huit dernières rentes, parce qu'elles étaient remboursées, a un article 42^, qui ne figure pas au registre précédent.

N° W. — Les États d^Artois (loi vent à Ttiglise de Fressin une rente an capiUil de douze cenis livres, au cour$ annuel de quaraiile-huit livres, à raison de (fualre du cent, exempte de toute retenue, créée par acte du 20 février 178! ; ladite somme provenant à ladite église de d«'*® Marie-Rose Depn's venve du sieur Orner Dupuis, moyennant l'obligation de faire décharger annuellement quarante-huit messes basses, à la rétribution de quinze solschacune au célébrant, le surplus au profit de la fabrique, ci .... 48 |. 0 s.

Nous poursuivons l'étude des revenus de l'église de Fressin par l'énumération des immeubles qu'elle possédait, du prix de location de chacun de<:es immeubles, avec les noms des différents occupeurs.

Manoirs el Terres de l'église de Fressin, à l'époque de la Révolution.

Art. i*"" — Un pelU manoir ainazé servant do logement au vicaire, tenant d*nne liste à la maison de Lonis Logrand, (fui l'a acquise des héritiers du sieur St;i, d'aulr.e liste à Marie- Françoise Buueleux, d'un bont à la rue, d'autre bunt à l'article suivant.

Occupé, en i790, par M. Penel, vicaire, au rendage de trente-six livrés, payables au jour de mi-mars ... 861.

Nous voyons qu'à la différence de bien d'autres, cet article a été fort exactement payé jusque et y comprise Tannée 1792.

eSOO Fressin

Art. 5 — Une mesure de manoir non amâzé, partie à u$afc do pâture, partie à usage de jardin potager, tenant d'une liste ï la rue de Paradis, d'autre à Parlicle précédent et à d*"« Marie- Marguerite Picard ; d'un bout à Louis Legrand, et d'autre boal au sieur Gallet, notaire.

Occupé par Louis Legrand, marchand à Fressin, au retidage de quatre-vingt-dix livres 901. 0«.

Un bail du 5 novembre 1790 divise le manoir, qui n>sl|iliis loué qut^ i6 livres, dont ledit Legrand 11 livres 10 sols pour le quart, et la demoiselle Picard 34 livres \0 sols |K)nr le reste.

Art. 3 — Un nuire mnnoir amazé, près du vieux chàteao, rue conduisant au Haut-Bois, contenant doux mesuras vingtneuf verges, tenant d'une liste vers orient à ladite rue, d'aatre liste à Liévin, Marguerite, Béalrix, Alexandrine Gamin, d'un bout vers midi au flégard, et d'autre vers nord au Haut Bois.

Occupé par Rose Stalin, veuve de Joseph Lejosne, qu jouit sans bail an rendage de cinquante cinq livres 55 I.Os.

Art. 4 — Un nuire manoir non amazé, à usage de pâtare, nommé le Jardin Saint-Pierre, Nitué au marais BaH)ure, tenant d'une li.^te vers Nord audit marais, d'autre liste à Louis CàoH baux, de bout vers orient à Louis Cambaux, et d'autre bout à Jeau-François-Louis Dévisse et Jean-François Fiollet.

Occupé par François Leducq, voiturier, par bail du S9 mars, au rendage de vingt-quatre livres . . . 24 L 0 s.

Le bail précédent n'était que de 14 livres.

Art. 5. — Deux mesnm el demie de terre au terroir d« Fressin, vers la Piedsente du Lièvre, moitié de cinq mesures, tenant d'une liste à Kmelie Delépine, d'autre à la contre-partie qui forme l'article suivant ; d'un bout à d«"* Catain, et d'autie bout à Ambroise Mayout.

Occupé par François Leducq. par bail du 10 décembre 1787, au rendage de cinquante livres . . . '. 50 KO**

Art. 6. -— Di'u.v mesiues et demie de terre au terroir de Fressin. vers la Piedsente du Lièvre, formant la conlre-ptrih de l'article précédent, tenant duu bout à Tarticle précédeil» '

Go

La Paroisse 301

d'antre ettlun bout à d«"« Crilain, et d'autre bout aux ayantsdroit de Joseph Dewamin.

Occupé par Pierre Jar^ques Bruyant, par bail du i9mars 1788, au rendage de quarante deux livre? dix sols, puis, à la mort dudit Bruyant, par m.)itié par ses fils. Pi erre- Jacques et Louis, ci . . ' 421. 10 s.

Art. 7. — Troi$ mesuras, moitié de six, à la Piedsente du Lièvre, tenant d'une liste à l'article précédent, d'autre à la veuve de Jean-Baptiste Delépine et autres, d'un bout h d***« I^uvet, veuve du sieur Laigie, et (l'autre bout h, la contrepartie formant l'article suivant.

Occupé |>ar Antoine Bruyant, par bail du 28 mai 1788, au rendage de cinquante et une livres .... 51 I. 0 s.

Art 8; — Trois mt^siues de terre, à la Piedsente du Lièvre, faisant la contre-partie de l'article précédent, tenant d'une liste à l'article précédent, d'autre à d«**« Degroisilliers, veuve Delé pine, et autres, d'un bout h d*''*Catain, et d":\utre boni à la conirp-partie.

Occupé par les sieurs et Diimoiselles Dewamin, de Fressin, |Kir bail du i^ mars 1788, au rendage de cinquante-une livres, ci . 51 I. Os.

Monsieur Caroulle, curé de Fressin, a occupé ces trois mesures de terre au rendage de 36 livres (i).

Art. 9 — Quatre mesures de terre, à Fressin. canton de l^pault, tenant des deux côtés et d'un bout à M. Durepaire et d'autre bout aux béritiersdu sieur Hémart,

Occupé par Nicolas Sauvage, moyennant fjuarante livres, ci 401.0s.

Art. 10 -- Quatre mesures de terre, à Fressin, canton de {jépault, tenant d'une liste an bois de Sains, d'autre liste à Marguerite Lecbon, d'Hesdin, et à Josepb Branquart; et d'autre bout à M. de Fiers.

(l) Et précédemment pour i5 livres. Arch. dép. C. Etats d* Artois, Vingtième 1762.

302 FnKssiN

Occupé par Antoine Duflos, de Sains, par bnil du 10 décembre 1787, au rendage de soixante-huil livres. — Uéduità 55 livres par nu nouveau bail du fi décembre \7i)(), au proGt duild Antoine Duflo.s 551.0 s.

Art. H.— Trois mesures trois quartiers de ienCyk Fressin, canton de Lépaull, tenant d'une liste au siénr Dewamin.d'Hesdin, d'autre liste à Firançois Warembourg et antres; d'un boula Firmin Soisson, et d'autre bout à la veuve Trollée, d'Hesdin.

Occupé, les deux tiers par Jacques Goache-, et l'autre tiers par Lièvin Desombre, uurécbal à Sains, la totalité à raison de trente-trois livres par an 33 1 Os.

Art. V2 — Quatre mesures et demie de terre, en deux pièces, au territoire du Biez«

Occupé par Jacques Baron, fermier au Biez, pour .soixante livres,- ci 60^. Os,

11 ne payait que 33 livres au bail précédent.

Art. 13. — Quatre mesures de terre, à Fressin, canton de Lesp.uilt, tenant d'une liste et d'un bcujl à M. Durepaire, d'autre liste au paly St-Hubert et à celui de .H. Héniart, et d'autre bout à d»^"» l\ose Petit, veuve du sieur Viollelte.

Occupé, eu 1787, par Delépine de Sains, puis cédé à Charles Thullier, de Fressin, au rondage de i)0 liv. 0

Pui>. par Joseph Bannetheux, berger à Fressin, par bail du 9 décen»bre 1790, au rendage de quatre-vingt <|ualre livres 8'i I. 0

Art 14. — Deux uKfsures ringt-cinq veryfSy à Fressin. canton des Carrières, tenant d'une liste à un rideau et on retour an sieur U)uvet, :i\u>\ que d'un bout, d'autre liste à Nicolas Sauvage, André I3au ei aulres, et d'autre bout à d«"« Picard.

Occupé j)ar Charles Thullier, fermier à Fressin, par bail du 3 août I781t, au rendage de onze livres . . . . 11 I. 0

Art. 15. — Deux mesures de terre ^ à Fressin, canttui de Léjiault, tenant d'une liste à Josepli C.oacbe et à M. de Fiers, et des deux bjuts à d«"« Degroisilliers. veuvii Delépine.

La Paroisse 303

OccujM^ par Delèpine, de Sahl^;, par hail du -iO décembre 1787, an rendage de quinze livres. -. . . . 15 1.0

Art. It). — Sir </uar tiers de terre, au terroir de Planques. Occupé par Gaspard Môlin, de Planques, par bail du • I" décembre 1787, au rendage de dix livres. . . . iO I. 0

Art. 17. — Deux mpsarn Ac terre, b. Fressin, appelées Les Tt'iiupieSy d'une liste au sieur Louvet. d'autres au clieuiin de Fressin à Bucauips, d'un bout au paty Agîiel, et d'autre bout à d*"'- .Marie .\nne Josejdi Lecb*rc(|.

Occupé par le sieur Picard, par bail du 0 décembre 1766, an reudagf* de dix livres, et depuis ledit l*icard en jouit sans bail au même ju'ix 10 I.

Art. 18. — Ih'H.r in^'sures de terre, à Fressin, canton de la Tilée, tenant d'une liste aux béritiers Maquaire, d'autres aux liériliers du sieur Viollette, d'un bout «à Flament, d'autre bout au sieur Louvet.

L'i sieur Viollettd en a joui au rendagi» do vingt-six livres. Elles sont occu{»ées maintenant par François Leducq . par bail du 9 novembre 1791, au rendage de (juarante-sept livres, ci 47 I. 0

En résumé, les fondations coûtaient, au milieu du siècle dernier, 177 livres 6 sols, dont 149 livres 12 sols au Curé ou au célébrant, 32 livres 9 sols au vicaire, et 5 livres 5 sols à la fabrique. Il ne faut pas s'étonner de la modicité de ce droit de fabrique, cet établissement trouvant généralement dans les Refîtes % Constituées de quoi fournir à l'acquit des fondations, et pour lui-même une convenable indemnité.

Ce grand nombre de messes ou d'obits que les fondations imposaient au clergé paroissial, c'était autant de jours où, indépendamment des services d'enterrement et des messes de mariage, il ne lui était pas possible de célébrer aux intentions que les particuliers lui pouvaient proposer.

304 Krbssin

Lé produit des Rentes Surcensieres était, à l'époque de la Révolution, de 19 livres, 19 sols, 6 deniers ;

Celui des Rentes foncières du fief de la Dienné^ de 4 livres, 2 sols, 1 1 deniers :

Celui des Rentes constituées^ qui servaient à l'acquit des fondations, de 600 livrés, 6 sols, 6 deniers.

Les Manoirs et Immeubles de V Eglise étaient loués 783 livres 10 sols.

Les trois premières catégories de terres, sans appartenir à l'église, avaient pourtant quelque chose de sacré, à cause du petit revenu que l'église en retirait.

Outre le presbytère, l'église était propriétaire de deux maisons, dont une était louée au "vicaire. Ces maisons et les 48 mesures de terre ou manoirs, dont on vient de voir l'énumération, elles étaient essentiellement choses saintes et réservées, tant à cause de l'intention des personnes qui s'en étaient volontairement et librement dépouillées pour rendre hommage à Dieu, qu'à cause de la destination qui leur avait été donnée. Il nous serait facile de savoir quel est actuellement le détenteur et quel a été, dès le principe, l'acquéreur de chacune de ces propriétés. Nous préférons ne point faire cette recherche. Sans doute, lorsqu'elle décréta que ces biens seraient < mis à lia disposition de la nation >, l'Assemblée Nationale voilait sous l'hypocrisie d'une formule mensongèie ce qui était une odieuse confiscation et un vol véritable; elle portait atteinte également au droit de propriété en méconnaissant ce droit à l'égard de la propriété la plus respectable. Ceux qui a<:hetèrent ces biens sacrés se rendirent complices du même vol. Mais, lors du Concordat, Celui qui a seul autorité pour parler souverainement au nom de l'Eglise, a déclaré ne pas vouloir inquiéter les détenteurs des < biens nationaux n, à la condition, toutefois, que l'Etat, qui a bénéficié de la

GoOglrj

T>vff^

La Pahoisse 305

spoliation, maintienne la compensation qu'il a consentie, et notamment continue de pourvoir par une indemnité décente à l'entretien du clergé. Ce sont, à notre avis, les propriétaires des biens d'église qui devraient^ pour peu qu'ils aient le sentiment de la probité et de la justice, s'opposer de toute leur énergie à la séparation de l'Eglise et de l'État, à moins pourtant d'une restitution par l'Etat d'un capital en rapport avec la rente qu'il sert au clergé.

On se tromperait étrangement si de l'énumération que l'on vient de voir on concluait que le curé de Fressin devait être fort riche. On a vu M. le curé Caroulle réduit à exploiter une terre pour vivre. Il fallait pourvoir à l'entretien des églises et des presbytères comme aux besoins du cuhe. Or, l'église, de Fressiu nécessite beaucoup de frais, à cause de ses proportions. On trouvera donc naturel que les administrateurs de la fabrique aient scrupuleusement veillé à la rentrée des deniers, et qu'ils se soient crus obligés de faire payer les places de l'église.

Les Bancs.

Alors comme aujourd'hui, l'église de Fressin avait un mobilier complet de bancs ; il y avait, comme aujourd'hui encore, deux bancs de bout à bout, de chaque côté du couloir de la grande nef, un grand à l'intérieur, un petit sous les piliers.

Une adjudication publique eut lieu le i6 novembre 1744, et sortit son effet jusqu'à la fermeture des

306 Fbessin

églises, si ce n'est que les familles éteintes ou absentes furent remplacées par d'autres, aux mêmes conditions. Nous donnons la liste de 1790, avec indication des précédents preneurs.

Côté gauche, ou cOté de l'autel de la Vierge.

Dix-huit bmics, payables un 31 décembre.

Le premier appartient à M. Viollette .

avocat et notaire, pour lequel il doit dix sols o I. 10 s.

Au registre précédent; Monsieur Viollette, avocat et lieutenant j^éncial.

Le 2^ à D^^^^ Foussart, veuve du sieur Louvet >

Précédemment : demoiselle Marie-Rose Petit, veuve du Sr Jean-François Viollette, deux grands bancs.

Le 3* au sieur Pierre- Joseph Pierlay . . >

Précédemment: Pierlay, greffier.

Le 4« à D<^uc Catherine Viollette ... »

Précédemment: demoiselles Catherine et Ursule Viollette.

Le 5'= à d*^^*^ Marie- Marguerite Picard . . »

Précédemment.- demoiselles Geneviève et Maru-Marj^ucrite Picard.

Le 6^ au Sieur Deretz, arpenteur ... >

Précédemment: demoiselle Dcspré, veuve du sieur Dupuis.

Le j^ à Joseph Héame »

Le 8^ à Joseph Dusolon >

Précédemment: Nicolas Dusolon et Rose Torchy.

Le 9^ à Simon Branquart »

Précédemment: le sieur Maquairc, de Warabcrcourt.

Le 10*^ aux sieurs et d*^"*^^ Dewamin. . »

Préc-demmcnt : le sieur Louis Dewamin.

Le ir à M, Thélu »

Le 12^ à M. Cauwet, curé, et Louis

Binyant »

Préc;;dcmmcnt : M, Caroullc, curé, et la veuve Uruvant.

Le 15* à Jacques Duflos, m<nréchal .

Le 14*^ au sieur Théodore Pingrenon, arpenteur

Précrdemment ; la veuve de Gabriel Pingrenon,

Le 15* au sieur Letailleur, chirurgien.

Pr»^crdcramcnt ; le sieur Bcrthe, procureur fiscal, puis Bernardine Maillet, femme Letailleur.

Le 16*^ à Pierre-François Gouillard .

Prr'c'dcmment : le sieur Maqujuon et la veuve Ilautcoi^ur, sa belle mère.

Le 17* à Françoise Nédoncellc ....

Le 18^ à M. de Houdetot, chevalier de

S^ Louis

ol.

coté droit ou côté de l'autel St-Joseph.

Aussi dis-huit bancs, payablrs au 31 décembre.

Le 1" à M. Bacqueville de la Vasserie, pour dix sols o 1. 10 s.

Le 2*^ à D^^^^ Petit, veuve du sieur Viol-

lette . . ^ ». »

Précédemment ; Eliiabethc Derthe, fille du sieur Bcrthc. procureur.

Le 5^ à Antoinette Pierlay et Elisabeth

Berthe. . . , >

Le 4*^ au sieur Ambroise Pierlay, de Bucamps >

Le y à Jean-François Coache .... >

Le 6" à Nicolas Sauvage >

Le 7^ à Joseph Bruchet et aux enfants du

sieur Jacques Pruvost »

Préc«*dcmmcnt ; le sieur Jean-Tlaptistc Mayoul.

Le 8* à Angélique Leducq ..... »

Pr«î.»dcmmcnt : la veuve de Pierre Maillet.

KllKSSIN

Le 9^ à M* Gallet, notaire ....

Le 10* à Louis Legrand, marchand * .

Le 1»^ à Jacques Codevelle ....

Le 12^ à François Mahieu, fermier. .

Pivccdemmcat : la veuve ThuUicr.

Le 13^ à Charles Mahieu. fermier de Barles Le 14'^ à Jean-Michel Coache ....

Le I5« à Jean-Michel Gouillard . . . Le 16*^ à Nicolas l^ranquart et ses sœurs

Prêeèdeminent : la veuve de Louis Branquart.

Le 17*^ au sieur Matelin. de Wambercourt

Le i8e à Jacques Leurette et Gabriel

Ducrocq

Précédemment : le sieur Tavemier : puis Gabriel Ducrocq

Ol. 10 S

Bancs dans le transept, visà-vis l'autel St-Joseph.

Un premier banc à M. Lemaîre et à d*^^*^

d'Houdetot O I, 10 s.

Un 2* vis-à-vis le même autel, à M. Louvet, notaire , . . r

Banc au fond de l'église» cOté de l'autel St-Joseph.

Un banc au sieur Louis Mahieu. . O 1. los.

Petits bancs.

Payables au 31 décembre.

jer à jciie Marie-Françoise Bihet, veuve

Delépine, pour cinq sols par an . . . o L 5 s. 2^ à François Lefebvre, cordonnier . . >

La Paroisse 309

3^ à François Fiollet o 1. 5 s.

4* à Pierre May oui »

5* à François Brogniart et sa femme . . »

6^ à Charles Widehen »

7* à Antoine Lisambourg »

8* à François Legrand . »

9* au sieur Flageolet »

10* à François Soisson »

H* à Albertine Lefebvre, veuve de Jean- François Branquart »

12^ à Jean-François I^ahaye »>

13® à Jean-Pierre Herbert et ses sœurs . »

14' à Nicolas Branquart, jnarchand de »

bois »

15* à Madeleine et Ursule Wuiart ... »> jô"" à Angélique Dumetz, veuve de Pierre- Jacques, Bruyant »

I7« à Antoine et Joachim Bruyant ... »

18* Noël Dusolon »

19* à Letailleur, chirurgien, outre son

grand banc

20* à M. Bacqucville de La Vasseric, outre son grand banc

En résumé, 39 grands bancs et 20 petits, qui produisaient la somme de 24 livres 10 sols.

Les pauvres et ceux qui désiraient avoir la facilité de s'asseoir et ne rien payer, avaient à leur disposition le banc dit des paresseux, qui s'étendait sur toute la longueur des petites nefs.

Le conseil de fabrique veillait donc scrupuleusement

aux intérêts dont il avait la charge, réformant les abus

qu'il rencontrait sur son chemin, engageant au besoin des procès contre des débiteurs négligents ou de mauvaise foi, et se résignant à demander une rétribution pour les places de l'église, sans pourtant pressurer les chrétiens qui les voulaient occuper. Certainement ces perceptions sont contraires à l'esprit et aux désirs de l'Eglise, et ce n'est qu'avec un^ sorte de répugnance que des administrateurs vraiment religieux les exigent. Mais elles sont une nécessité quand la charité est insuffisante pour répondre aux besoins. Heureux serions-nous, si nous pouvions user de la même modération que nos devanciers !

Au siècle dernier, en 1744, ^^ ^^ ^" était de, même encore en 1790 sans un sol d'augmentation, on jouissait pendant un an d'un grand banc pour 10 sols, et l'on avait un petit banc pour 5 sols. A la même époque, l'honoraire d'une messe basse, qui est aujourd'hui de 2 fr. en ce diocèse, après avoir été de 75 centimes, de i fr. et de I fr. 25 cent., était pareillement de lo sols. C'est comme si aujourd'hui le conseil de fabrique accordait un grand banc pour 2 francs. D'où l'on voit combien l'on exigeait peu autrefois.

Le 4 novembre 1764, après publications faites par M. le curé de la paroisse aux prônes du 28 octobre, du 1*^' novembre et de ce jour, à l'effet d'établir un receveur aux biens et revenus de l'église et fabrique de ce lieu de Fressin, ainsi qu'à ceux des pauvres, et après avoir recueilli les voix des administrateurs ass.çjïiblés à ce sujet, il a étéétablipour receveur de l'église et fabrique, Pierre- Antoine Tavernier, procureur, demeurant en ce-lieu de Fressin, à la rétribution d'un sol de la livre. Ledit sieur Tavernier a présenté pour caution Messire Jacques- François de Houdetot chevalier de Tordre royal et militaire de S^ Louis, demeurant à Fressin. Ont signé : Tavernier, le Chevalier de Houdetot, Caroulle, curé ; J. Viollette, Pierlay, Viollette, Bacqueville de la

Gocwl

La Parois5b 311

Vasserie, Sta, Picard, Macquaire. J.-B. Mayoul, J.-Fr. Thuillier, C. Berthe.

M. Tavernier devait rester eti cette charge jusqu'en 1780. Il n'eut pas seulement à recevoir, à acheter et à payer ; il eut surtout à soutenir des procès contre des débiteurs qui cherchaient à se soustraire à leurs obligations. A partir de 1765, on le voit plaider pour soutenir les intérêts de son église ; il plaidait encore en 1779. Il dut avoir ainsi recours à la rigueur pour la fondation Loisel, pour la fondation Caudevelle, et pour d'autres. Un sieur Prévost, de Hlàngy, vint diverses fois plaider contre les adrninistrateurs de l'église de Fressin.

Voici, entre bien d'autres, un exemple de constitution de rentes. Celle-ci est du 15 septembre 1772. M»*"® Jeanne- Joseph Moine, fille majeure, couturière, demeurant à Sains, reçoit du procureur Tavernier, receveur de l'église de Fressin, devant le notaire Viollette, la somme de cent livres, dont elle a besoin, et, en retour, elle s'engage à payer chaque année à l'église cinq livres de rente sur ses biens venus ou à venir. Rien de plus juste, d'autant plus que, généralement, le débiteur pouvait se libérer par remboursement du capital.

Les seigneurs aussi se faisaient tirer l'oreille. Le receveur Tavernier est forcé d'actionner Joseph Pierlay, pour Mgr de la Tour d'Auvergne, et Joseph Poissant, lieutenant de la seigneurie de Lespault et représentant de Monsieur du Repaire. Le seigneur de Lespault tenait en roture des terres qui avaient été données à l'église par M. de la Dienné. Louis Lemoine, praticien à Fressin, intervint dans l'affaire. M®"** Viollette était alors seigneur du Tronquoy.

On paya 164 fr. 10 sols, en 1780, pour le blanchissage de régli.se.

Pierre- Antoine Tavernier avait rendu un compte de

319 Frbssin

trcîzeannées de gestion le 13 décembre 1776. Le 20 mai 1780, il en rendit un deuxième, pour quatre années commencées le i'^'^ janvier 1776 et finies le 31 décembre 1779. Il était devenu procureur fiscal de la baronniedc Caumont et de la châtellenie de Labroye, et il avait transporté ses pénates à Caumont. Après cette reddition de compte, il fut remplacé à Fressin en sa charge de receveur de l'église.

Le Compte n'était rendu alors qu'à la requête des administrateurs et à de longs intervalles, tandis qu'actuellement le trésorier le doit rendre tous les ans à la séance de Quasimodo. On remarquera encore qu'aujourd'hui les fonctions de trésorier sont absolument gratuites, et que c'est tout à fait abusivement que, longtemps encore après le décret de 1809, l'on a attribué, soit au trésorier, soit à des secrétaires à son service, une rémunération illégale au préjudice de la fabrique, 11 est vrai que cette illégalité pouvait s'expliquer par une abondance d'écritures parfaitement inutiles, mais que l'oi a pu croire nécessaires. Avant la Révolution, le receveur était un employé de la fabrique et sa besogne était fort considérable. Sous le régime nouveau, le travail du trésorier se réduit à fort peu de chose. Le trésorier est membre de la fabrique. Le service qu'il rend à l'église ne se paie point avec de l'argent.

Le compte qui fut rendu alors par le sieur Tavernier, le 20 mai 1780, pour les années 1776, 1777, 1)78 et 1779, comprenait 57 pages grand in-folio. Il est présenté à Messieurs les marguilliers, officiers et principaux habitants des village et paroisse de Fressin, et on y lit les signatures de Viollette, Ch*'^ de Houdetot, Branquart. B. Thélu, E. Berthe, J.-B. Mayoul, Picard, Pierlay et G. Ducrocq.

La Paroisse 318

Il porte en recettes 8,423 1. 6 s. 9 d.

Kn dépenses, remises et droits du receveur 8,414 I. 4 s. 5 d.

Le faible excédent n'est même pas réel. C'est la fabrique qui est redevable au trésorier; car il lui est dû une indemnité pour façon du présent compte.

On avait payé 10 livres 8 sols à M. le doyen pour livraison des registres de catholicité et ses visites pendant les quatre ans.

La dépense en cire était beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui ; on ne brûlait que des cierges. Mais on payait moins pour le pain et le vin. Le vin s'achetait chez un cabaretier de l'endroit. On avait payé à Bruyant, collecteur de l'impôt, 242 livrés pour vingtièmes, 134 livres pour l'orpheline Plet , 36 livres lo sols pour achat et pose du coq du clocher. En quatre ans, la lampe du sanctuaire avait coûté 128 livres pour huile et veilleuses ; mais le balayage avait été fait pour 40 livres.

Nous laissons de côté une liste de tous les débiteurs de l'église en l'année 1780. Il nous est impossible de lout reproduire.

Pierre- Antoine Tavernier fut remplacé par Pierre- Jacques Bruyant.

Jacques Bruyant mourut dans l'exercice de ses fonctions. Son dernier compte fut rendu, le 18 juillet 1790, par M. Paul Maillet, curateur à la succession. Ce compte était en excédent de 1,000 livres, lesquelles n'avaient pas encorç été remboursées en 1793.

314 Frbssin

On sait ce qu'était une bonne paroisse de notre vieux Boulonnais sous l'ancien régime. La religion y était en honneur, et ses préceptes scrupuleusement mis en pratique. Le travail du dimanche était inconnu. Ce jour était tout à Dieu et aux délassements entre parents. On y aimait la petite patrie qui avait le clocher pour centre, et, dans celte petite patrie, chacun sa rue, et, dans cette rue, chacun sa famille et son foyer; tous sentiments qu'une notion très fausse du patriotisme a amoindris et parfois fait disparaître. Les hommes de cette, époque avaient moins de désirs, moins de passions brûlantes ; ils étaient à la fois moins cupides et moins prodigues ; ils savaient se garder dans un équilibre moral, et, en somme, ils avaient plus de vraies joies, ils riaient de meilleur cœur qu'on ne fait aujourd'hui.

Dans nos campagnes, il y avait, parmi les membres d'ime même famille, plus de respect et moins de familiarité qu'aujourd'hui ; je ne dis pas moins d'affection vraie, moins de tendresse, je dis seulement moins de familiarité. Comme signe caractéristique de ce respect mutuel, je signalerai l'exclusion absolue du tutoiement, le maintien de cette vieille façoli de parler toute française que Lcmaistre de Sacy met sur les lèvres du Seigneur lorsqu'il parle à Adam. Avant le règne du Jacobinisme, on se tutoyait rarement entre frères et sœurs ; jamais les parents ne tutoyaient leurs enfants ; encore moins se seraient-ils lai.ssé tutoyer. Le tutoiement était une exception ; en bas, il était abandonné aux gens de rien ; en haut il s'employait

La Pauoiî-se 313

dans la poésie lyrique lorsqu'elle s'adressait a la majesté divine ou à la majesté royale. Jamais, parmi nous, M. Wallon-Capelle, vicaire général, longtemps supérieur du petit séminaire, n'a tutoyé le plus petit de ses élèves ; jamais le vénéré M. Proyart n'a tutoyé qui que ce fût. Mgr Parisis avait, lui aussi, horreur du tutoiement. 11 le proscrivit sévèrement de son grand séminaire, que cet abus avait scandaleusement envahi. Mais à quoi bon gémir ? Quel résultat espérer de nos plaintes, s'il faut que les lévites continuent à passer par la caserne } Je dirai pourtant à tous mes jeunes confrères, et je le leur dirai avec la plus entière conviction : vous ne sauriez vous imaginer la mauvaise impression que vous produisez autour de vous quand on vous entend vous tutoyer les uns les autres, comme les enfants de la rue. Abstenez-vous du moins de tutoyer ceux qui ne sauraient vous répondre sur le même ton.

Autrefois, pareillement,- on s'embrassait fort peu, même entre parents. On ne le faisait guère qu'en se quittant pour quelques semaines ou en se revoyant après une longue absence. On faisait exception pour le jour de l'an. Ce jour-là, le jeune ménage se levait à la première heure pour aller embrasser les aïeuls à leur lit, leur offrir un verre de douce liqueur, cassis ou autre, et leur souhaiter < une bonne et heureuse année. « Et puis on allait faire la même chose au lit des plus jeunes enfants. Mais ceux qui avaient atteint l'âge de dix ou douze ans devaient devancer leurs parents. Les samedis de janvier, on avait le droit de manger de la viande ! cette exception, fort appréciée de ceux même qui n'aimaient point le lard, frappait l'intelligence des enfants, et leur faisait comprendre, dès leur premier âge, que la naissance du petit Jésus avait apporté le salut au monde et méritait d*être joyeusement fêtée.

3J6 Fressin

Les longues soirées d'hiver avaient aussi leur charme. On en faisait deux parts : jusqu'à sept ou huit heures, les enfants pre'sents, on lisait un chapitre de U Vie des Saints, on consultait Mathieu Lensberg. on chantait parfois un vieux Noël, la complainte de la dernière « Relation >, ou bien encore un vieillard captivait l'attention dçs enfants par le récit souvent répété d'un conte rempli de dramatiques péripéties. On récitait ensuite la prière du catéchisme de M. de Pressy; après quoi, dans les principales familles, les petits enfants se présentaient pour recevoir la bénédictien de leur père, et la maman allait les placer dans leur couchette. C'était alors le tour des jeunes filles et des jeunes mères, réunies quelquefois de quatre ou cinq maisons du voisinage. Tout en faisant tourner leur rouet et filant leur Jin, à la lumière du A crachet » suspendu à la crémaillère de bois, elles devisaient plus librement ^ou s'accompagnaient de joyeux et innocents refrains.

Voici le carnaval.

Dans telle grande maison, il commence à midi ; le plus souvent, la fête n'a lieu qu'au soir. Partout on mange des € crapettes » que les enfants ont plaisir à voir faire sauter par la main exercée qui tient la poêle à longue queue, sous le vaste manteau de la cheminée. Généralement les hommes s'éloignent pour une partie d'estaminet ; si les jeunes gens vont faire un tour à la danse, plaisir qu'ils ne s'accorderont plus avant le lundi de Pâques, ce ne sera qu'une apparition, car il n'est pas dimanche. La danse du dimanche est très suivie ; mais elle a lieu en plein jour, en plein air, sous l'œil des parents, parfois sous le regard du pasteur, joyeuse et animée parce qu'elle est discrète et innocente. Le mardi-gras, si quelques-uns se déguisent, le déguisement n'a rien d'immoral ni de grossier:

liA Paroisse 317

OQ en a vu qui se costumaient en buisson couvert de lierre. C'était vraiment le carnaval, c'est-à-dire l'adieu à la chair ; car depuis le souper de ce mardi jusqu'au déjeûner du jour de Pâques, nul n'aurait voulu transgresser d'un iota la loi de T Église. Il fallait une très sérieuse maladie pour décider un chrétien de cette époque à prendre un bol de potage gras. Encore fallait-il que la permission du curé s'ajoutât à l'ordonnance du médecin. De nos jours, le mot de carnaval a perdu sa vraie signification Ce n'est plus une date ; c'est une période d'un mois, ou même de deux mois. Ce n'est plus l'entrée du carême, car les fidèles du carnaval n'observent guère le peu du carême encore maintenu, et les vrais chrétiens ne peuvent plus prendre part à des divertissements publics où se renouvellent les turpitudes du sensualisme païen. Y paraître, pour une jeune fille, c'est s'avouer flétrie. Le premier dimanche de carême, c'était le < Bourdi (i) >. Encore un jour bien désiré par les enfants ! ils allaient, ici par groupes, là seulement entre frères et sœurs, le soir ^enu, des torches enflammées au bout de longues perches, courant sous les pommiers et criant de toutes leurs forces : « Boubour, Saint-Critophe, donnez- nous dz'écalophes , des rougettes pour chés fillettes, des cafignons pour chés garchons ! > Sans cette cérémonie il ne vient pas de pommes

Nous avons encore fêté le t Bourdi > dans notre enfance, et cela nous était un enseignement religieux en même temps qu'un plaisir. Nous avons pris part aussi plusieurs années aux réjouissances du feu de joie de la Saint-Jean-Baptiste, dans la dreffe du château d'Etruval. Ces récréations nous rendaient familière la connaissance du calendrier catholique.

(1) Ou Bfhûurdi.

818 Frkssin

Ne serait-ce point pour cela que l'on a supprimé ces vieux usages ? Sans doute on a trouvé de beaux prétextes pour justifier la réforme : c'étaient, dit-on, des amusements aans signification, une dépense de bois ou de paille sans utilité, et l'imprudence des enfants pouvait amener des incendies. Je doute que ces prétextes aient été inspirés par l'Esprit de Dieu.

A Pâques, le clerc faisait sa quête aux œufs dans la paroisse. Les enfants de chœur faisaient comme le clerc. Dans les familles, on avait du gâteau, si la famille était riche ; du € galichon >, sorte de galette, moitié gâteau, moitié pain ordinaire, si l'on était tenu à une plus stricte économie ; mais toujours les œuCs formaient le fond du régal. 1-es enfants pauvres, se groupant .selon leur sexe, accompagnaient leur roi ou leur reine, ceux-ci revêtus d'une chemise couverte de cocardes de toutes les couleurs, et allaient aux portes des riches chanter VAileiuia ou quelque couplet de la Reine Berthe, Partout ils étaient bien accueillis et ils ne rentraient au logis qu'avec une bonne provision f d'œufs de Pâques >.

Bien rares étaient les adultes qui s'abstenaient de < remplir leur devoir »., je veux dire de se confesser et de communier dans la « quinzaine de Pâques >. On n'avait réellement alors que quinze jours, et pourtant ceux qui attendaient le dimanche de < Quasimodo > passaient pour des retardataires. La pâque de ce dimanche s'appelait « la pâque des meuniers ». On supposait qu'ils étaient durs à la détente, dès qu'on leur parlait de restituer. De là leur retard à se confesser.

On était alors, j'en conviens, imprégné de jansénisme. Mais c'était sans le savoir, sans s'en rendre compte. Notre époque même n'a pu parvenir encore à se défaire de ce vieux péché français. On ne connaissait guère la communion mensuelle, moins encore

Goog^

La Pauoisse 319

la communion hebdomadaire, moins encore la commn- • nion fréquente , soit quotidienne, soit de deux ou trois fois par semaine. La douce influence du pieux évêque Gaston de Partz de Pressy n'avait pu parvenir encore à faire disparaître le venin jeté dans les âmes par le fougueux appelant : l'évêque Pierrede Langle.

Il y avait évidemment moins de personnes ferventes que de nos jours, et Dieu était moins tendrement aimé ; il y avait aussi moins d'œuvres de charité î mais la moyenne des paroissiens était incontestablement meilleure alors qu'aujourd'hui. Les hommes se préparaient plusieurs jours à l'avance h leur confession annuelle, et ils s'examinaient longuement et sévèrement sur leur < Office divin > oy leur < Ange conducteur >, le même livre dont ils se servaient tous les ans pour le même travail d'épuration. En beaucoup de paroisses, une bonne partie des hommes communiaient une seconde fois à la,. Toussaint ou à la Noël ; les femmes communiaient plus souvent, trois ou quatre fois l'an.

A part quelques rares maisons, cinq ou six à Fressin, on n'allait guère à la boucherie qu'à la ducasse et à deux ou trois des plus grandes fctes de l'Église. Le plus grand nombre n'y allaient qu'une fois l'an. Le reste du temps, on mangeait du lard, et les petits ménages passaient leur année avec un porc de cinq quarterons. On était matériellement moins bien qu'aujourd'hui sous tous rapports, moins bien nourris, moins bien vêtus. La bière était un luxe ; le cidre indiquait une grande aisance ; on buvait de la < bouillie >, sorte d'eau de son, et l'on se couvrait de toile ou d'un grossier tissu fabriqué dans le pays, et que l'on nommait du < croisé >. On avait pourtant un costume de drap pour les grandes solennités, du drap inusable, culottes courtes avec boucles d'argent, souliers à boucles, habit acheté pour le mariage, et qui

3iO Frrssin

durait toute une vie d'homme, lît Ton était heureux, plus heureux, plus franchement joyeux dans nos villages qu'on ne l'est aujourd'hui.

Mais nous nous oublions à prolonger cette revue, qui a un caractère trop général. On peut dire, en effet, de la plupart des paroisses du Boulonnais ce que nous venons d'écrire à propos de Fressirt. L'immoralité, l'impiété, le mécontentement, l'esprit philosophique, ergoteur et révolutionnaire, était alors le propre de la bourgeoisie et d'une partie delà noblesse. Le petit peuple que l'on plaignait ne se plaignait point, et, à l'opposé de ce que l'on a vu depuis,- il valait beaucoup mieux que ceux qui prirent prétexte de sa misère pour persécuter l'Église et bouleverser l'ordre social.

Les documents que nous avons analysés ou reproduits nous permettent de nous faire une idée des usages suivis dans la paroisse, et des pratiques qui y étaient particulièrement en honneur.

Nous y voyons dominer deux dévotions précieuses : celle du Très-St-Sacrement et celle du St-Rosaire.

Indépendamment de l'octave de la Fête-Dieu et des messes que les fidèles pouvaient commander, il y avait des messes de fondation en l'honneur du St-Sacrement.

Le nécrologe constate l'existence ancienne de l'autel du Rosaire. Le tableau des fondations porte un obit mensuel pour la confrérie Cet obit est fixé, non au premier lundi, mais au lendemain du premier dimanche du mois. C'est marquer assez clairement là consécration de ce premier dimanche à la Vierge du Rosaire, et nous pouvons en inférer qu'alors comme aujourd'hui on faisait, le premier dimanche de chaque mois, la procession autour de l'église ou à l'intérieur des nefs, en chantant, selon les prescriptions du Souverain Pontife, les Litanies de Lorette.

La PAnoissE 321

M. le curé Caroulle se de'mit de sa charge en 1786, en faveur de M. Cauwet, son neveu, et mourut, âgé de 70 ans, le 12 février 1789 (i). Son père, Jean Caroulle; était également mort à Fressin, le 29 décembre 1764, à Vàge de 63 ans.

Je Aîf 'Baptiste Oauwet.

M. Jean-Baptiste Cauwet, né à Azincourt, en 1752, du légitime mariage de Jean-François Cauwet et de Jeanne- Véronique Caroulle, fut nommé curé de Fressin à trente-quatre ans, en 1786, et il resta de droit pasteur de cette importante église jusqu'à sa translation à Kollencourt, en 1803. Dans l'intervalle, il eut à subir répreuve terrible de la Révolution. Il dut un jour se retirer devant un intrus ; et, après dix ans de persécution et de misères, pendant lesquels il avait exercé secrètement et au péril de. sa vie les fonctions de son saint ministère, quand la liberté fut enfin rendue au culte» il se vit déposséder de son titre.

Mais n'anticipons point sur les événements.

Après le décès de Jacques Bruyant, Téglise de Fressin eut pour receveur M. Philippe-Auguste Viollette. Il fut nommé à cette charge par le Conseil général de la commune, son procureur présent, le 5 août 1790. Sa caution était Jacques-Marie Viollette. avocat au Parlement, notaire royal et alors maire de Fressin. On remarque déjà dans cette nomination les bizarreries du style révolutionnaire ; tout à l'heure, ce seront des folies bêtes en attendant les folies sinistres. En nom-

Ci) ^ï» Désiré Cainvet, curé de Merlimont, dont la mère a été assassinée, l'année derrière, par Baillet et Dutilleul, quoique née en Picardie, est de la même famille que nos anciens curés Caroulle et Cauwet.

a22 FuKsriN

mant le successeur des Crcquy, on n'écrit plus : < Monseigneur le comte de La Tour d'Auvergne » : mais, Godfroy ou < Marie- Godfroy de La Tour d'Auvergne >. Nous voyons une fois < Delatourdauvergne « en un seul mot. Est-ce assez stupide ? Cependant, par un reste de pudeur, si Ton refuse au Comte les appellations de Monsieur ou de Monseigneur, on ne l'appelle pas encore citoyen.

Il n'y avait donc pas trois ans que M. Cauwet gouvernait en paix sa paroisse, lorsqu'éclata le mouvenaent révolutionnaire préparé de longue date par les loges maçonniques. Louis XVI venait de convoquer les États généraux. La crise financière en était le motif déterminant. D'ailleurs, de grandes réformes étaient nécessaires. Outre qu'avec le temps les abus s'introduisent dans les meilleures institutions, il fallait pourvoir à des besoins nouveaux . nés du progrès incessant des siècles. D'autre part, de redoutables problèmes se posaient : La royauté avait dévié de sa voie de magistrature chrétienne et paternelle, en concentrant en elle seule tous les pouvoirs, écartant tout contrôle et toute intervention. Mais, au lieu des réformes attendues et désirées, on eut une révolution qui s'attaqua aux principes mêmes de l'autorité, et qui, inspirée par l'enfer, n'eut qu'un objectif, la destruction de l'autel et du trône.

Le peuple ne soupçonnait pas la pensée intime des meneurs. Trompé par des publications déclamatoires, où l'on invoquait à tout propos les maximes de l'Evangile, il crut à une ère de prospérité et de bonheur. U n'eut pas connaissance des premiers assassinats ; la prise de la Bastille lui fut représentée comme un jour d'affranchissement. La noblesse avait eu le tort, ayant perdu depuis longtemps ses privilèges effectifs et sérieux, d'en laisser subsister les apparences en quantité d'exigence:^ vexatoires qui fatiguaient singulièrement

La Paroisse. 323

le paysan. C'est ce qui explique pourquoi la fête mipartie religieuse, mi-partie civile de la Fédération (14 juillet 1790), fut célébrée avec enthousiasme dans nos campagnes, et comment le clergé a pu s'y prêter de la meilleure grâce du monde. Le pauvre peuple ne savait pas où on le menait.

Les francs-maçons devaient bien rire.

Ce fut autre chose au commencement de 179 1, quand on demanda à nos prêtres de prêter serment à la constitution civile du clergé. Les plus ignorants savaient qu'y adhérer, c'était se séparer de l'Église romaine, puisque, d'après cettç constitution condamnée d'ailleurs par Pie VI, le pape n'avait qu'une primauté d'honneur. Il n'appartenait pas non plus au pouvoir civil de supprimer des sièges épiscopaux, d'en créer de nouveaux et de décréter une nouvelle forme de promotion aux cures. La constitution civile du clergé supprimait les sièges d'Arras et de Boulogne; celui de Saint-Omer était maintenu comme chef-lieu du diocèse du Pas-de- Calais. L'évcque constitutionnel du Pas-de-Calais fut Porion, précédemment curé de St-Nicolas-des-Fossés (église actuelle de Saint-Jean-Baptiste), à Arras. Les curés en fonctions qui prêteraient le serment devaient être maintenus dans leur poste ; les autres devaient céder la place à des successeurs élus par l'assemblée du peuple.

Le clergé se divisa. Nous avons le regret d'avoir à constater que M. Cauwet, curé de Fressin, se sépara de la très grande majorité des prêtres de l'Artois, qui refu.sèrent absolument de prêter le serment. Nous sommes heureux toutefois de n'être pas oblige de le compter parmi les jureurs. 11 prêta serment avec les plus grandes réserves. Il voulut montrer par là qu'il ne faisait point acte d'opposition politique, qu'il était nicmc disposé à faire le sacrifice de ses opinions les

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plus chères, mais qu'il ne transigeait pas avec son devoir.

C'était sa manière à lui de traduire en acte le précepte du Maître : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

M. Cauvvet aurait aussi bien fait d'y aller plus carrément ; car la Révolution ne se contenta pas longtemps d'un serment conditionnel : il lui fallait une apostasie complète.

M, Cauwet dut céder devant la force, abandonner son église et son presbytère à Claude Moronval, qui fut le curé constitutionnel ou intrus de Fressin.

Le vicaire légitime, M.Hippolyte Pénel, fut remplacé par Jean-François Laisné.

M. Pénel, né en 1742, à Berthonval, paroisse d'Hernicourt, prêtre en 1776, vicaire de Fressin en 1780, déporté sous la Terreur pour refus de serment, fut chargé, en 1803, de la paroisse de Febvin-Palfart.

Le vicaire intrus, M. Jean- François Laisné, était né à Fressin, le 17 février 1766, du légitime mariage de Jacques-François Laisné et de iMarie- Charlotte Merlent. Ordonné prêtre par Porion, en 1792, vicaire constitutionnel à Fressin, il devint ensuite desservant à Croisette. En 1804, il s'était rétracté publiquement et s'était fixé à Saint-Omer.

Il se passa à Fressin, relativement aux prêtres intrus, ce qui ne s'est vu que très rarement ailleurs. Généralement les bons catholiques exposaient leur liberté et leur vie pour entendre, la nuit, dans une cave, dans un grenier, dans une grange, la Messe d'un prêtre fidèle, et ils préféraient en être privés que de communiquer avec un prêtre schismatique. A Fressin, le curé Moronval et son vicaire Laisné ne furent pas traités ainsi comme des lépreux. Les catholiques usèrent de leur ministère, et ils jouirent d'une certaine popularité.

En confisquant sacrilègement les biens d'église,

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La Pauoisse 325

rAssemblée Nationale avait inscrit 77 millions au budget pour les dépenses du culte, le traitement du clergé et pour des pensions aux religieux. Uès le principe, cette indemnité fut considérée comme faisant partie de la dette publique. En dédommagement des revenus de son église, le curé Moronval dut recevoir un traitement annuel de 1200 francs.

Le 27 février 1793, le citoyen Auguste Viollette rendît, devant le Conseil général de la commune, u;i compte de trois années, les années 1790, 1791 et 1792. Les droits seigneuriaux ayant été supprimés dès le commencement de la Révolution, il n*est plus question, dans le compte, du fief de la Dienné ; c'est un chapitre en moins.

Le citoyen Viollette a reçu ou du recevoir 10,413 1. 14 s. 7 d.

Les dépenses, remises et droit de recette, ont été de . . . . 8,974 J- 12 s. 9 d.

L'excédent est donc de. . 1,439!. i s. 10 d.

Mais, comme il est dû cinquante livres au receveur pour la façon du présent compte, le boni se trouve réduit à la somme de 1,389 1., i s., 10 d. Les signatures ne sont plus celles de 1780. Le compte est approuvé par les citoyens C. Mahieu, maire ; Lahaye, Viollette, C. ThuUiez, officiers municipaux ; Laisné, Merlin, Lhomme, J.-J. Desmons, Ambroise Moine, F. Mahieu, Bruyant, P. Grenier, et Sauvage, procureur.

Le 4 septembre 1793, '^ Conseil général de la commune d'Auchy-les-Moines , la gro.sse cloche de son église étant cassée, écrit au Conseil général de la commune de Fressin pour en obtenir une des siennes, vu que l'on descend les cloches inutiles et que l'on n'en conserve qu'une pour convoquer les citoyens aux réunions. Ceux d'Auchy veulent avoir une cloche qui se

326 Fhessin

fasse entendre dans toute l'étendue du village. Ils offrent en échange leur cloche cassée. Ils comptent sur les sentiments de fraternité de leurs bons voisins de

Il y a lieu de croire que leur requête ne fut pas accueillie ; ' car ils revinrent à la charge, au mois de novembre suivant, s'adressant, cette fois, aux administrateurs du district de Montreuil pour obtenir par leur influence une des cloches de l'église de Fressin ou une autre d'ailleurs (i). De nos trois cloches, la plus grosse est la seule qui soit antérieure à la Révolution, et il ne paraît pas vraisemblable que celles qui ont disparu aient été d'un poids supérieur.

Le 12 frimaire an II (2 décembre 1793), parmi les titres, parchemins et papiers, que Joseph-Eugène de Wamîn, propriétaire de la ci-devant seigneurie de la Carnoie, déposa au greffe de la municipalité d' Auchy- Ics-Moines, nous trouvons une complainte donnée au Conseil d'Artois par Dupuis, demeurant à Fressin, pour refus du droit de terrage dû à la seigneurie de la Carnoie.

La Révolution était arrivée à son paroxysme. La guillotine était en permanence. Prêtres, nobles, étaient voués au supplice ; toute supériorité était suspecte ; le dévouement à la République ne préservait point les plus illustres savants ; il ne fallait plus de religion ; les intrus furent persécutés comme l'avaient été les prêtres fidèles, à moins de déposer sur l'autel de la patrie leurs titres de prêtres, comme le firent à Auchy le curé Lagache et le curé Riquier. Les églises furent dévastées et pillées.

C'est par la commune de Fressin que la Terreur

(l) Les municipaux d' Auchy venaient d'en envoyer deux à Hesdin, une pesant 288 livres, et l'autre 408 livres.

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La Pahoisse 327

éclata dans le district de Montreuil. Alors comme de nos jours, on ne suivait qu'en arrière-garde, dans cet arrondissement, le courant des idées. M. le chanoine Deramecourt a eu sous les yeux le Registre du Comité de surveillance de Fressin. Nous suivrons son récit.

Le 8 décembre 1793, le chef de légion et le juge de de paix du canton de Fressin trouvèrent l'arbre de la liberté pelé ; or, l'écorce était vivace, l'arbre était repris. Ils apportèrent 21 morceaux de cette écorce au Comité. Le chef de légion, qui a entendu appeler cet arbre, par la rumeur publique, le dieu sapin de la commune, pense que c'est le fanatisme des prêtres dudit lieu et du voisinage qui a amené cela. Il demande une enquête sur la conduite des prêtres du ressort depuis un mois. Qu'on sévisse surtout contre le curé de Fressin, qui a empêché de lire, dans la Société populaire, le Père Dnchène y parce que les principes qu'il renfermait étaient propres à éclairer le peuple sur les erreurs du fanatisme et de la superstition, et qui a dit lui-même en pleine séance qu'il ne voyait pas l'utilité de cette lecture, que, depuis qu'on la faisait, on n'entendait

plus que des 5 et des F.,,., sur les lèvres des

jeunes enfants.

Cette première dénonciation fut bientôt suivie d'une seconde, que M. Deramecourt transcrit d'après le même registre :

« Le ^i décembre vers deux heures après-midi, lors-

< que les citoyens de la commune se réunissent pour

< émettre leurs vœux sur les horreurs du fanatisme, « en vertu de la convocation légale des maires et offi- « ciers municipaux du lieu et de la Société monta-

< gnarde, un nombre considérable d* hommes et de

< femmes se reunissent y et forcent une partie de leurs € concitoyens y à coups de poing y à être fanatiques comme

< eux; à six heures, les mêmes hommes et femmes armés

3i8 Frkssin

< de bâtons s* opposèrent à la libre réunion de la Société

< populaire ; ils forcèrent le président à se retirer^

< mirent son sie^e dans la rue et dirent qu*ils ne vou- € laient plus de club. Considérant que ces faits sont « occasionnés par le curé Moronval, qui a opiniâtre-

< ment continué ses fonctions malgré des avis salutaires;

< c'est lui aussi qui a fait venir des gens du voisinage

< dire qu'ils ne voulaiient pas renoncer à leur baptême,

< le Conseil met provisoirement le curé en arrestation,

< mais craignant une rébellion de la majeure partie êtes

< habitants de Fressin fanatisés, avertit en secret le

< district de Mootreuil, et prend des renseignements

< sur les autres complices et adhérents. >

De ce récit officiel il appert que la population de Fressin ne suivait pas les meneurs, et qu'hommes et femmes savaient au besoin jouer du poing et du bâton contre les clubistes.

Le curé constitutionnel lui-mcme était débordé. Dame 1 il ne voulait point que l'on renonçât à son baptême ; il ne s'était point rendu aux < avis salutaires » qui lui avaient été donnés de cesser ses fonctions ; il n'aimait pas les obscénités et les blasphèmes du Pire Duchène \ Il fallait donc le mettre en arrestation comme on eut fait d'un prêtre papiste.

< Ainsi mis en demeure d'agir, le district de Montreuil envoya ordre à Fressin d'arrêter le curé Moronval et une force armée pour seconder les agents du pouvoir. Le Comité de surveillance et le Conseil général de Fressin se mirent en mesure de recevoir la force armée et de prendre les précautions que l'ordre réclamait. Mais quand, le 12 décembre, à neuf heures et demie du soir, les six hussards venus de Montreuil arrivèrent au presbytère pour s'emparer du curé, celuici n'y était plus. Le lendemain, le Comité de Fressin avisa le Comité d'Hesdin ou plutôt de LepcUetier-sur-

La Paroisse 329

Canche, car c'était de ce nom qu'Hesdin s'était affublé, que M- Moronval était soupçonné de se cacher dans son enceinte. Effectivement, sur le soir du 13 décembre, un gendarme d'Hesdin vint annoncer à Fressin que le curé avait été arrêté et dirigé sur Montreuil. Immédiatement, la mère de Moronval, Isabelle Duhamel, vint réclamer la levée des scellés qu'on avait mis sur les meubles de son fils, afin de prendre quelques effetîs. Cependant les femmes de Fressin n'étaient pas contentes, et, le 14 décembre, elles envahirent le local de la Société populaire, et obligèrent le président Thélu à quitter son fauteuil. Ce n'est pas tout; elles le forcèrent de sortir de la salle en chantant le cantique de repentir: Mon doux Jésus, moyennant quoi, lui dit la femme de Jean-Michel Gouillard, il ne lui serait fait aucun mal. Cette femme n'était pas seule, dépose Thélu, mais l'obscurité et le tumulte m'ont empêché d'en reconnaître d'autres.

< Le Comité de Fressin conserva rancune au curé Moronval du zèle de ses partisans, car le 29 décembre il refusa de s'unir aux municipalités de Sains, Avondance et Planques, qui demandaient sa délivrance. Aussi, le 5 janvier, la célèbre femme Gouillard, de son nom Célestine Bouvarlet, annonce, en sortant de la messe, qu'elle jettera dehors les meubles, tables et fauteuils de la Société populaire, qui, sans doute, tenait ses séances dans l'église. Elle tint parole, et le 6, jour de l'Epiphanie, aidée de Marie-Rose Gouillard, sa fille, elle jeta tout ce mobilier dans le cimetière.

< Cette fois, la mesure était comble, les deux femmes furent dénoncées, et le lendemain six hussards d'Hesdin vinrent les arrêter et les emmener, parce que la municipalité avait refusé de les loger. Plus tard, elles furent conduites à Arras ainsi que le curé Moronval; mais les gens de Fressin ne les chargèrent pas trop dans leurs

380 FuicssiN

dépositions: ils dirent que Claude Moronval était un bon républicain, et que Célestine Bonvarlet avait donné des marques de folie. C'était le meilleur moyen de les sauver de l'échafaud.

« Le président Thélu se crut encore obligé de parler au district de Montreuil du vicaire de Sains, Tramecourt, de Blangy, qui dit des messes tant qu'il peut, et qui n'a pas l'air d'avoir vingt-cinq ans. Cet âge fut difficile à établir, paraît-il, et le pauvre vicaire fut arrêté et relâché plusieurs fois pour ce fait, et finalement on l'envoya à Montreuil. » M. Bacqueville, et M. Viollette, ancien notaire, connurent aussi les prisons d'Arras.

Quinze jours après ces événements, le 31 décembre 1793, Philippe-Auguste Viollette, receveur des biens et revenus de la ci -devant église et fabrique de ce lieu et du revenu des pauvres, rédigeait son compte de gestion pour une année, du i*^"" janvier 1793 (vieux style) jusqu'au 12 nivôse, équivalent au i" janvier 1794, et le présentait le lendemain aux citoyens maire, officiers municipaux et membres composant le Conseil général de la commune de Fressin. Godfroy de la Tour d'Auvergne y est qualifié d'émigré. Le compte précédent nommait les curés Cauwet et Moronval ; ce dernier compte note diverses sommes pour curé, vicaire, clerclaïque, cires, entretien du linge, mais sans nommer les personnes. On y lit les signatures de C. Mahieu, maire ; Bruyant, officier municipal ; L.-J. Merlin, Viollette, J,-B. Dusolon. J.-P. Herbet, Sauvage, J. Dusolon, F. Mahieu, J. Bruyant, Pruvost, procureur de la commune, Lhomme, secrétaire général.

Vu, vérifié et approuvé à Montreuil le 2 germinal an 3. Signé: Poultier, Lefrançois, Hacot.

Le receveur de l'enregistrement du bureau de Fruges reconnaît avoir reçu l'excédent de ce compte,

La Paiuhssk 331

soit 2,120 livres, lo sols, 7 deniers. Signé: Gombert.

Peut-être, en recherchant ceux qui, en ces dernières années, ont payé leurs fermages et surtout leurs bancs, aurait-on la liste des paroissiens qui fréquentaient les offices de l'intrus et de ceux qui s'en abstenaient. Toutefois ce ne serait pas une indication absolument certaine.

La situation des prêtres constitutionnels était devenue moins bonne que celle des prêtres catholiques, qui avaient pour eux le témoignage d'une bonne conscience, l'estime des gens de bien, et souvent trouvaient des familles dévouées qui savaient consentir à de grands sacrifices et souvent risquer leur vie pour les abriter.

A partir de 1794, on ne voit pas qu'il soit encore question du curé Moronval, ni de son vicaire Laisné.

Mais on voit reparaître le curé légitime M. Cauwet. Il n'y a pas d'apparence qu'il ait émigré ; s'il a quitté le pays, son absence n'a pas été de longue durée. Pendant l'orage, il se tint caché à Sains- les-Fressin, ainsi que plusieurs autres prêtres.

Quand le culte constitutionnel eut été aboli à son tour et remplacé par celui de la déesse Raison, le vandalisme commença à couvrir de ruines tout le territoire français. Toutefois, remarque M. le chanoine Deramecourt, la monumentale église de Fressin ne fut pas détruite. Mais elle fut saccagée ; les statues en bois furent brûlées sur le marais, à l'exception de celle de saint Martin à cheval, réclamée comme un jouet par un enfant, et qui fut échangée contre quelques bûches. Les statues en pierre qui garnissaient les niches de la façade furent mises en pièces. On mutila Us pierres tombales pour en rayer les mots qui rappelaient le régime royal. A la chapelle Saint-Jean, devenue sacristie, on enleva la statue couchée du tombeau du sire de Créquy. Mais on aurait pu faire pis. L'impiété

332 FnKssiN

sacrilège de nos révolutionnaires a moins endommagé le monument que ne l'a fait ailleurs le zèle pieux, mais inintelligent de certains curés.

Il y avait encore deux chapelles à Fressin: l'une, la chapelle Saint-Pierre, entretenue par une fondation, et située, croyons-nous, rue de Paradis, où Ton établissait encore un reposoir sous la Restauration, aux processions du Saint-Sacrement ; l'autre, dédiée à Jésus flagellé, se trouvait au milieu du bois. Il est vraisemblable que c'était aussi une fondation de la famille de Créquy. Ces deux chapelles furent détruites pendant la Révolution. Mais la statue de Jésus flagellé, vénérée dans la contrée de temps immémorial, fut sauvée par des mains pieuses. La famille Samier la cacha dans sa maison située près de l'église. Plus tard, la famille Pruvostfit vœu de la replacer dans une chapelle qu'elle ferait construire à ses frais dans le cimetière de Fressin, si un ou plusieurs de ses membres prenaient un bon numéro au tirage ausort. Ce vœu ayant été exaucé, la chapelle fut bâtie et la vieille statue y reçut de nouveau les hommagesdes fidèles. C'était vers 1825. La chapelle, qui était en bois et en torchis, ne tarda point à devenir une ruine. M. Waulle la remplaça, en 1878, par l'élégante chapelle d'aujourd'hui, qu'il éleva sur son terrain et non plus dans le cimetière, la porte donnant sur la rue et non plus du côté de l'église. La statue vénérable y fut placée avec honneur, par M. l'abbé Prin, le 14 juillet 1878, dans une cérémonie exceptionnellement éclatante, dont il pourra être parlé plus tard.

La loi du 3 ventôse et celle du 11 prairial an III (21 février et 21 mars 1795) avaient pour objet la liberté du culte. Il y a donc des églises dont l'interdiction n*a guère duré plus de dix-huit mois.

Récemment, au Sénat français, séance du 9 décembre 1891, un homme d'Etat faisait remarquer que le sys-

La Pahoissb 333

tème qu'il préconisait, la séparation sans persécution, n'était point nouveau, que l'Église avait eu la liberté de son culte bien des années avant le Concordat, ayant perdu ses richesses anciennes et n'étant plus ou n'étant pas encore indemnisée par le Trésor. Mais bien misérable et bien inégale a été cette liberté. On peut dire, en règle générale, que le culte catholique a joui d'une liberté relative, dès l'année 1795, mais à la condition de ne point s'exercer au grand jour dans les églises et de se réfugier dans les habitations privées. A Fressin, il ne paraît pas qu'on ait fait aucune cérémonie religieuse dans l'église entre le départ de l'intrus Moronval et le Concordat. Même dans les paroisses oii l'église fut rendue au culte, la jouissance des édifices était absolument précaire. Ainsi, à Auchy-les-Moines, l'église de l'abbaye, choisie par le Conseil général de préférence à la misérable église paroissiale, fut mise, en 1705, à la disposition de « ceux qui professent le culte catholique,» mais seulement < le dimanche matin, de 9 à 10 heures, et, l'après-midi, de 2 à 3 heures ». De plus, le Conseil exprime formellement la restriction que les exercices du culte seront faits < sous la surveillance de la municipalité. > Hors ces heures, on publiera dan^ l'église les lois de la Convention nationale, et le temple continuera d'être un local affecté aux usages les plus divers. Ce n'est point là la liberté.

C'était, du moins, une situation plus calme, qui détermina l'autorité diocésaine à établir une organisation nouvelle et provisoire.

Le diocèse de Boulogne fut considéré comme un pays de mission, et M. l'abbé Paternelle, investi par Mgr Asseline du titre de Préfet de mission, désigna des prêtres pour remplir, avec des pouvoirs très étendus, les fonctions du saint ministère.

A Fressin, il n'y avait pas lieu de désigner de prêtres

nouveaux (i). Le cure de Fressin, Jean-Baptiste Cauwet, n'avait pas abandonné son troupeau. Il était resté dans le pays, ainsi que son frère Louis- Joseph Cauwet, ancien chartreux de Mon treuil, et M. Playoult, prieur de Saint-Saulve,de la môme ville, que la famille Louvet tint caché.

Les deux frères Cauwet se partagèrent les travaux du ministère à Fressin et aux environs jusqu'à la restauration officielle du culte. A partir du mois de septembre 1795, ils tinrent registre des baptêmes et des mariages qu'ils administrèrent. Il y a lieu de croire qu'ils ne jugèrent ni prudent, ni peut-ctre possible d'officier aux funérailles.

L'ancien chartreux avait des pouvoirs de son frère pour Fressin ; d'autre part, le curé de Fressin se déclarait desserviteur de Sains, par délégation de M. Bouvart, curé de cette paroisse.

Les deux frères avaient leur petit cahier distinct. Le plus ancien que nous ayons contient quelques baptêmes faits en aoiit. septembre et octobre 1795, par Louis- Joseph Cauwet, < ci-devant Dom Jean- Baptiste, religieux-chartreux de Montreuil », On y trouve, par exception, un baptême administré par Jean-Baptiste Varlet, prêtre, et l'indication sans signature d'un autre qui fut fait par le curé de Sains. L'ancien chartreux signe: L.-J. Cauwet. Nous remarquons parmi les parrains le nom de François-Joseph Héame.

Le fascicule suivant note sommairement six baptêmes de 1795, et il donne les actes complets de vingt et un

(l) M. Deramecourt, Tome III, papfc 38o, écrit que M. Quilliet avait, en 17Q6, des pouvoirs de « vicaire de Fressin ». Nous n'nvons rien trouve de pareil dans nos arcliivcs. Plus loin, paî^e 545, M. Deramecourt désiirne l'abbé Quilliet comme vicaire de M. Paternelle à Cavron-Sainl-Martin, en quoi il est d'accord avec nous. M. Quilliet a été à Fcbvin, qu'on a pu confondre avec Fressin. En tout cas, s'il a été désijjne pour Fressin, il n'y a laissé auctm vestige de son passage.

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baptêmes de 1796, et d'un mariage au 25 juin de la même année; le dernier acte est un mariage du 27 février 1797. Tous ces baptêmes et ces mariages ont été administrés par Louis-Joseph Cauwet, qui a modifié sa signature; il tient à honneur de se montrer le fils de saint Bruno, et il signe : L.-J. Cauwet, prêtre, chtx.

Le mariage du 25 juin 1796 est fait avec dispense de parenté et avec dispense des trois bans. Jean-Baptiste Demarast et Marie-Claire-Joseph Bruyant sont parents au troisième degré. La dispense a été < accordée par M. Paternelle, préfet de mission, le vingt-trois dudit mois >, et la bénédiction nuptiale est donnée par le « soussigné, prêtre, faisant les fonctions de desserviteur de Fressîn >.

Au mariage de février 1797, Tancien chartreux écrit qu'il reçoit le consentement mutuel des époux « avec la permission de M. le curé de Fressin », son frère. Il ne prend plus le titre de desserviteur. Peut-être, en se qualifiant ainsi, voulait-il dire qu'il était le vicaire, et, au besoin, le délégué du curé.

Tous ces actes sont rédigés de la main de Louis- Joseph Cauwet, sauf un baptême du jeudi 29 décembre 1796, qui a été écrit par le parrain, « Jacques- François-Joseph VioUette, majeur de droit. »

L.-J. Cauwet faisait souvent, sur feuille volante, un double qu'il faisait signer par les mêmes témoins et qu 'il remettait aux familles. Nous avons sous les yeux un de ces certificats. Il concerne le baptême de Marie-Françoise Pruvost, fille de Jean-Baptiste-François-Joseph Pruvost, et de Marie-Cécile Duprez, de Fiessin. Le parrain a été Nicolas-Joseph Duprez, propriétaire à Torsy, et la marraine Marie-Anne-Joseph Dassonville, de Wambercourt.

De février 1797 à mars 1799, nous n'avons rien de l'ancien chartreux. Les registres sont tenus par le curé

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de Fressin, Jean-Baptiste Cauwet. C'est d'abord un petit cahier qui va du 20 septembre 1796 au 28 février 1797, époque, on le voit, oti les deux frères exerçaient simultanément le saint ministère et tenaient chacun leur petit registre. Toutefois, le curé de Fressin, qui signait tantôt « Cauwet », tantôt « Cauwet, curé de Fressin », étendait son action au-delà des limites de sa paroisse. Non seulement il allait à Planques (i), où il était chez lui ; mais on le vit à Sains (2), à Béalencourt (3). à Avondance (4), à Créquy (5), à Bucamps ^6', secours d'Azincourt, à Frugcs 17), à Torcy (8), à Tramecourt (9), administrant le saint baptême ou en suppléant les cérémonies, donnant la bénédiction nuptiale à de nouveaux époux, faisant renouveler le consentement donné deux ou trois ans auparavant

(1) BapUmfS. — Au ji^uste -Joseph Warcmbourjj; Mariç-Françoise Corna, née à Créquy ; Dernardine-Aj^nès-Joseph Leborgne.

Mariages. — Théodore Dazain et Geneviève Bruche ; Pierre- Joseph boucher et Célestine-Joseph Canon.

{2) Baptêmes. — Mariu-Adélaïde Corbillon ; Marie-Barbe-Séraphine Desombre.

Mariage, — Jacques-Philippe Desarrc et Marie-Anne-Joseph Carpenticr.

(3) Baptême. — François-Joseph Pruvost.

Mariage, — Jean-François Lefebvre et Kiiphrosinc-Joseph Josse.

(4) Baptême. — Auguste-Joseph Lefebvre.

(5) Baptêmes. — Marie-Joseph Henriette Leraairc ; Alexandre- Joseph Tournay ; Marie-Augustine Candclier.

(6) Baptême. — François-Martin- Joseph Panet.

(7) Cérémonies du baptême. — Apnès-Joseph Bulot, ondoyéc par Albert Gibanx ; Alexandre-Joseph François, ondoyé par la sagefemme Marie-Jeanne Waille.

(8) M. Cauwet éciit « ïoisy >, comme on avait toujours fait jusqu'alors.

Mariage. — Emmanuel Joseph Loisel et Marie- Joseph Scholastique Teneur.

(9) Mariage. — André-Joseph Durier et Constance-Austreberthe François.

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devant l'officier civil ou le curé intrus (i), et recueillant partout les signatures des témoins.

Le premier baptême de Fressin, porté sur le registre de M. le curé, fut celui d'un enfant naturel, né à Hénoville, paroisse d'Herly, d'une fille de Desvres. La charité détermina le sieur Grégoire Letailleur, chirurgien, et la demoiselle Marie-Catherine Viollette à accepter les fonctions de parrain et de marraine.

Dans un mariage qu'il bénit à Sains, M. Cauwet écrit: « Je. soussigné, curé de Fressin et desserviteur de Sains, avec la permission dudit curé. » Partout il accorde la dispense des trois bans. Contrairement à nos habitudes, mais parfaitement en règle avec la lor de l'Eglise, il accepte des personnes du sexe comme témoins au mariage ; et s'il reçoit, en 1797, ^^ consentement de deux époux qui se sont présentés, en 1793, devant l'officier civil, cela ne Tempêche point de leur donner la bénédiction nuptiale, même quand ils ont déjà plusieurs enfants à légitimer, et en cela encore, s'il est en contradiction avec certaine pratique, il est parfaitement en règle avec. les prescriptions du Rituel romain.

Jamais, dans ces actes, qui vont de 1795 à 1803, il n'est fait usage des dénominations révolutionnaires. Les noms des jours, des mois, des années, sont ceux du

(i) Le 14 juin 1797, le curé Cauwet reçoit de nouveau le mutuel consentement de J.-B. Ducrocq et de Françoise-Eulalie-IIespel, bien que lesdits époux aient été marids « par Moronval, prêtre intrus en cette paroisse, le 10 novembre 179- ». Ce mariajre, aux yeux des bons Catholiques, était sans valeur. Ils avaient bien raison.

Baptisant un jour un enfant de trois ans, il écrit que les parents ont été mariés « par Bonnard, prCtrc constitutionnel de Marconnel et Saint-Leu »; et, dans un second exemplaire du même registre tenu en double: « Mariés à Bonnard, curé intrus de Marconnel et Saint-Leu, demeurant à Saint-Leu ». C'est de ce M. Bonnard, devenu curé du Parcq après avoir éti juge de paix à Hcsdin, que nous avons reçu le baptême.

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calendrier ancien. Au contraire, les receveurs de Téglise, en 1793 et 1/94, employaient le jargon de l'époque, nivôse, brumaire, germinal an II, eU, Il en sera de mémo au rétablissement du culte; pendant quelques années le clergé lui même fera aller de pair la terminologie nouvelle avec celle du calendrier grégorien.

En février 1797, on voit reparaître le chartreux Louis-Joseph Cauwet. II administrera les sacrements conjointement avec son frère, et chacun d'eutc aura son registre particulier jusqu'au mois de mars 1799. Au lieu d'écrire, comme le cure de Fressin. l'an mil sept

cent, r/r., il écrit invariablement: l'an de grâce ^

il continue de signer ; L.-J. Cauwet, prêtre chtx. Quand il bénit un mariage, il déclare avoir obtenu dispense des trois bans de « Monsieur Cauwet, curé de Fressin >.

Nous n'avons plus rien de lui à partir du mois de mars 1799. Après le rétablissement du culte, l'ancien chartreux de Montreuil fut nommé desservant du Vieil- Hesdin.

Le curé de Fressin continua d'administrer les sacrements à Fressin et s Planques jusqu'au mois de février 1803. Mais nous ne croyons pas devoir poursuivre davanta^^e l'analyse des actes de baptême et de mariage.

Nous remarquerons pourtant qu'on se hasarda en certains endroits, plus tôt qu'en d'autres, à user de quelque liberté. Ainsi, en juillet 1797, un jeune homme de Fontaine-les-Boulans devant éoouser une jeune fille de Fressin, M. Ficquet, curé de Fontaine, fit une publication au prône de la Messe paroissiale, tandis qu'à Fressin M. Cauwet accorda dispense des trois bans. Il y avait donc office public à Fontaine, ce qui n'avait pas lieu à Fressin.

Quand Bonaparte traita avec le pape Pie VII du

Googlt

La Paroisse 339

rétablissement officiel de la religion catholique en France et nég^ocia le Concordat, fut-il surtout guidé par les intérêts de la politique ou véritablement inspiré par le désir du bien public? c'est là une question que nous n'avons pas à examiner. Ce qui est certain, c'est que le Consulat fit renaître la paix et la joie au sein des familles et des paroisses, et que la réouverture des églises fut considérée partout comme un immense bienfait. Le peuple ne vit que le côté extérieur de cette rénovation ; il n'eut pas connaissance des sacrifices qui furent imposés au Souverain* Pontife, à propos notamment de la suppression de certaines fêtes de premier ordre, et du coup porté au principe social du droit de propriété par l'engagement de ne pas inquiéter les détenteurs des biens d'église.

•Il nous semble naturel qu'en règle générale les diocè.ses correspondent aux départements et les doyennés aux cantons civils. Nous ne songeons pas que sur ce point le Saint-Siège a dû accepter les dispositions de Ja Constitution civile du clergé. Nous sommes faits à cette organisatiqn qui présente effectivement beaucoup d'avantages. Mais il est une douleur que le peuple chrétien a ressentie et qu'il a partagée avec le Saintl*ère, celle de voir sacrifier aux exigences de la politique de^ évêques et des prêtres fidèles, celle surtout de voir introniser sur des sièges épiscopaux ou dans de belles paroisses des prêtres qui, par faiblesse ou par ambition, avaient fait acte d'apostasie.

C'est ainsi que notre évêque, Mgr Asseline, se trouva dépouillé sans compensation de son évêché, et que M.Cauwet, curé de Fressin^ dut quitter, à la paix, pour une paroisse moindre, un troupeau qu'il avait gardé fidèlement au plus fort de l'orage. Il fut nommé curé de RoUencourt et Blingel. Il y mourut dès l'année suivante, le sept fructidor an douze de la République

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française (25 août 1804), âgé seulement de cînquantedeux ans.

Par contre, M. Belnias, unjureur, fut nommé évêque de Cambrai; et, plus près de nous, Fruges eut peur curé et les prêtres du doyenné pour supérieur un ancien vicaire de Coupelle- Vieille, M. Jorre, qui avait été curé intrus d'Embry.

Plusieurs prêtres vivaient à cette époque, qui étaient nés à Fressin ou y avaient des liens de parenté.

C'est d'abord Adrien-rVançois Sauvage, cité précédemment comme vicaire de P'ressin, en 1779. Il naquit à Fressin. le 24 octobre 1734, ^" légitime mariage d'Adrien François Sauvage et de Françoise Lefebvre. 11 y eut une quarantaine de naissances en cette famille en moins de deux siècles.

M. Sauvage fut ordonné prêtre, en 1764, à l'âge de trente ans. et nous ne savons pas où il passa les premières années de son sacerdoce. JEn 1779, il était vicaire de sa paroisse natale, et il payait encore au receveur de la fabrique « l'année échue au mi-mars 1780 », 36 livres qu'il devait à l'église pour le loyer de sa maison. Il fut, cette année-là même, nommé curé de Fleury, où il exerçait encore le saint ministère en 1792. Il fut déporté pour refus de serment. Mais il ne tarda point à rentrer, en France, et il resta caché à Fleury pendant les mauvais jours.

On venait le trouver , écrit l'abbé Bourgpis, de Wavrans , d'Anvin, de Pierremont , de Gauchin, de Saint- Toi même, pour des mariages à bénir, ou des enfants à baptiser. M. Sauvage a laissé dans le pays le souvenir d'un excellent prêtre , fidèle à tous ses devoirs, mais sévère, surtout pour ceux qui avaient acheté des biens de nation. Il allait lui-même au-devant du troupeau disséminé qui lui était confié, et M. le chanoine Deramecourt observe que, malgré son grand

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âge et son embonpoint, ce digne prêtre se distinguait par son zèle et ses succès.

A la grande nomination générale qui fut faite à la suite du Concordat, M. Adrien-François Sauvage fut nommé desservant de Monchy-Cayeux et Fleury. Nous croyons qu'il fixa sa résidence dans son annexe, en quoi il aurait été suivi par ses successeurs jusqu'à l'arrivée de M. Hellot, qui fit construire le presbytère de Monchy.

■ Bien différente fut la conduite d'un autre enfant de notre paroisse. Honoré-Liévin d'Houdetot , né. à Fre.ssin le 27 mars 1756, le quatrième sur cinq inscrits à nos registres, appartenait à une honorable famille. Son père, Messire Jacques- François d'Houdetot, seigneur de Colomby, était chevalier de Saint- Louis et capitaine de la milice de Picardie ; par sa mère , dame Marie- Anne-Catherine Bacquevilledela Vasserie, il appartenait à la première maison de Fressin, alliée aux Stérîn, aux de Langle, et plusieurs fois honorée d'emplois militaires. Par quelle aberration le jeune d'Houdetot méconnut-il ce qu'il devait à sa conscience et à son honneur, pour encrer dans les rangs du clergé constitutionnel ? Il se fit ordonner prêtre à Saint-Omer par Porion, évêque du Pas-de-Calais, le 6 avril 1793, et fut nommé par lui vicaire à Erny-Saint-Julien. Fut-il fidèle, comme il l'avait juré, à la nation, à la loi et à la constitution? M. le curé d'Heuchin ne saurait le dire. Mars il est trop certain qu'il ne grarda pas un autre serment qu'il avait fait à Dieu et à l'Eglise, au jour de son sous-diaconat. La personne qui était à son service , Mririe-Hélène-Joseph Ficot, s'étant trouvée enceinte quelque temps après son installation, il fut forcé de déguerpir d'Erny le jour de la Toussaint, après avoir livré ses lettres de prêtrise et abjuré son sacerdoce, et il épousa cette créature

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à la fin de janvier 1794. ^^ mois de mars suivant , d'Houdetot alla s'établir à Heuchîn, et, le 7 juillet, il fut nommé greffier de la commune et logé à la maison vicariale.

Au commencement de ce siècle, un vieux prêtre vivait à Fressin ; on le nommait; Monsieur le Prieur. C'était encore un enfant de la paroisse. Son nom était Jacques- Joseph Playoult, Il était né, le i*^' juillet 1743, du légitime mariage de Jacques Playoult et de Marie- Joseph Roquet. Religieux bénédictin de^ la Congrégation de Saint-Maur, prêtre à Reims, en 1770, prieur de l'Abbaye de Saint-Wulmer, puis de celle de Saint- Saulve* de Montreuil-sur-Mer, il demeura en France pendant la Révolution, et fixa son domicile à Fressin, dès l'année 1796. 11 y mourut le i*^»^ octobre 1823.

Philippe-François VioUette naquit à Fressin, le 24 janvier 1746, du légitime mariage de Jean-François Viollette et de Marie-Rose-Claire Petit. Ordoiiné prêtre en 1780, il était curé à Maresquel quand éclata la Révolution. Fidèle à sa conscience, il dut prendre le chemin de l'exil. Il rentra en France en 1802, et il eut la consolc^tion d'être nommé desservant de Maresquel et Ecquemicourt. Sa dépouille mortelle repose dans la paroisse qui a eu seule toutes ses affections,

Dom Liévin Dewamin naquit à Fressin, le 11 février 1721, du légitime mariage de Nicolas Dewamin et de Marie-Joseph Hochart. Il mourut âgé de S^ ans et dix mois le 6 décembre 1803, 14 frimaire an douze de la République, et non le 6 décembre 1802, 15 frimaire an XI, comme il est marqué ailleurs. Ses funérailles eurent lieu le lendemain 7 décembre ou 15 frimaire, en présence de Messieurs Eugène Dewamin, vivant de ses biens à Ecquemicourt, et Pierre-Joseph Dewamin de la Carnoye, de Fressin, tous deux cousins au défunt.

Nous lui devons une reconnaissance tpute particulière.

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La Pau()i:<sk 343

Le Calice dont nous nous servons aux grandes fêtes porte à son pied cette inscription : Atu/o 1803 dédit Dom Livinus Dewamin prœsbiter Œtatis 83.

Outre les curés et les vicaires de Fressin, nous avons mentionné dans ce livre tous les ecclésiastiques dont nos documents nous ont révélé les noms, soit que ces ecclésiastiques soient nés à Fressin, soit qu'ils y aient, eu leur sépulture, soit enfin qu'ils aient entretenu des rapports particuliers avec notre paroisse. Nous devons ajouter à ces noms ceux d'Eléonore Souillart, prctre, décédé au Couvent des Récollets du Biez, le 10 juin 1656 ; de Jean-Baptiste Dépré, curé de Rely-lez-Aire, pendant trente ans, et qui vint mourir chez sa sœur, à Fressin, le 3 juin 1780, à l'âge de 74 ans ; enfin, de Louis- Eustache Handouche, autre enfant de Fressin, qui exerça les fonctions de vicaire de Frencq et d'Halinghem, de 1770 à 1772.

Catalogue des Évêques de Boulogne.

L*évêché de Boulogfte, sufiragant de l'archevêché de Reims, avait duré 23e ans et avait eu douze titulaires.

1. — Claude Dormy, nommé en 1567, sacré au commencement de 1568, ne put prendre possession de son évêché que le 3 avril 1570, à cause des troubles que causaient alors les Huguenots.

Son zèle pour l'orthodoxie le porta à entrer dans le parti de la Ligue. Il dut s'éloigner de Boulogne. Mais, après l'abjuration de Henri IV, il prêta serment de fidélité à ce prince et rentra dans sa ville épiscopale. Il y mourut le 15 février 1599.

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