CHAPITRE III
Fressin, diocèse d'Arras
A partir de 1803.
La guerre avait détruit l'antique diocèse de Thérouanne ; la Révolution détruisit ceux de lîoulogne et de Saint-Omer, qui s'étaient élevés sur ses ruines. La constitution civile du clergé avait créé un évêque départemental, qui s'intitulait évêque du Pas-de-Calais, et résidait à Saint- Oiner. Il y eut deux évêques schismatiques, Porion qui donna sa démission pour se charger de fonctions civiles, et Asselin qui lui succéda en 1797.
Le Concordat maintint le siège épiscopal d'Arras en donnant à Tévêché les limites du département. Le diocèse de Boulogne fut tout entier compris dans le nouveau diocèse, qui prit au diocèse d'Amiens nombre de paroisses situées sur la rive gauche de la Canche, et s'accrut de quelques-unes qui appartenaient autrefois aux diocèses de Noycn, de Tournai et de Cambrai. En retour, il perdit les villes de la Bassée, de Douai et de Valenciennes , que possédait l'ancien diocèse d'Arras.
Fressin, qui avait toujours relevé du doyenné urbain ou rural de Vieil-Hesdin et avait toujours fait partie d'une circonscription baignée par la Ternoise et la Canche, dépendît du doyenné de Fruges, qui comprenait une cure inamovible, treize succursales et onze annexes. La cure était celle.de Fruges, récemment érigée en doyenné ; auparavant Fruges relevait du doyenné de Boniy.
3iG Krkssin
Les treize autres paroisses étaient :
Ambricourt avec Cré\^y pour annexe :
Canlers avec RuisseauvilleN
Con[)elle-Neuve avec Avond^nce :
Coi.ipelle- Vieille
Créquy;
Embry avec Riitiboval ;
Fressin avec Planques ;
Hézecques avec Lûgy et Senlis ;
Lebiez avec Ro^'on ;
Matringhem avec Vincly,
Radînghem avec Mencas ;
Sains-lez-Fressin avec Torcy ;
Verchin.
Au total, quatorze j)aroisses occupant seize prêtres, celle de Fruges et celle de Fressin ayant chacune un vicaire.
Quatre annexes ont été depuis lors érigées en succursales : Rimboval , par onlonnance royale du 1 février 1820 ; Crépy, grâce à la famille Belval , à la surte des élections ministérielles de 1846; Senlis, sous l'Empire, grâce aux sacrifices des deux frères Ducrocq, le médecin et le curé de Chériennes ; enfin, Planques, qui fut enlevé à Fressin vers la même époque, comme il sera marqué plus loin. Le canton se trouve donc divisé maintenant en dix-huit paroisses, desservies par dixneuf prêtres , celle de Fruges ayant un vicaire.
Jusqu'à nouvel ordre, M. Cauwet restait curé de Fressin (r).
Le 29 floréal an X ('19 m. ai 1802), le maire Thélu écrit sur le registre de la municipalité que la proclama-
(1) Le 2 floréal an X, le citoyen Liévia Dcw-imin, prêtre, q»i habitait avec sa sœur Thérèse Oewamin, veuve Derctz , fut iinitc par le citoyen maire Thélu à dire ce qu'il savait sur Une prétendue scène de désordre qui se serait produite en son domicile.
X^OÔ^lc
La Paroissk 3i7
tion de Bonaparte relativement au culte, ainsi que le Concordat entre le pape et la nation française, seront lus le dimanche 3 prairial an X (23 mai), à Tissue de la Messe paroissiale, qii'on espère célébrer dans l'église de cette commtttie.l^ft même jour, le maire Thélu réclame les objets qui appartiennent à l'église et qui n'auraient pas été vendus en vente publique. Le lendemain, Warin lui remit une nappe qu'il av«iit achetée à la vente de la veuve Merlin, et qui fut reconnue par la femme de Grégoire Letailleur, née Bernardine Maillet, qui entretenait autrefois les linges de l'église, et par la citoyenne Angélique Dumetz, veuve Bruyant, qui blanchissait ces linges. En même temps, le maire faisait approprier l'église.
Comme on le voit, les pièces officielles, malgré leur sécheresse, sont pleines d'intérêt. Elles annoncent un rajeunissement général, une sorte de résurrection. Leur lecture fait palpiter le cœur. Comme on sent bien de quelle allégresse étaient pénétrées les populations ! Beaucoup même de ceux qui, par légèreté, par inexpérience, par l'attrait du nouveau, s'étaient un peu compromis les années précédentes, se prenaient à se réjouir plus que les autres du relèvement des autels. On eût dit qu'on leur enlevait le poidô du remords qui écrasait leur poitrine.
Depuis longtemps les gouvernements manquaient aux engagements que l'Assemblée nationale avait pris de subvenir aux besoins du clergé. Avec le Consulat on y revint. C'est à cette fin que M. le maire Thélu donne des certificats de vie (17 septembre 1802) à J.-B. Cauwet. prêtre en cette commune, à Louis Cauwet, ex-chartreux, son frère, à M. Jacques Playoult, à M. Dhermy, dont il sera parlé plus loin ; et, plus tard, à Madame Tavernicr, ex-religieuse, à Mesdames Marie- Françoise Cras et Marie-Rose Cras, aussi religieuses.
T\fl
348 Frkssin
Madame Tavernier, Marie- Alexandrine, née à Créquy, le 5 février 1743, domiciliée à Fressin, était religieuse pénitente de l'Ordre de St François. Marie- Françoise Cras, née à Fressin, le 12 janvier 1750, y .demeurant, avait été religieuse Bernardine de Tabbâyc de Sainte- A ustreberthe de Montreull. Marie- Rose Cras, née à Fressin, le 22 mars 1752, était religieuse Annouciade.
Il ne s'agissait plus de dresser des listes de suspeclSj mais de fournir aux ecclésiastiques et aux religieuses de quoi vivre. Ces certificats de vie furent donnés aux prêtres de Fresgin dès l'an X ; les religieuses ne furent admises à toucher leur pension qu'à partir des lois de Germinal et de Messidor an XII. 11 fallait déclarer qu'on n'avait pas de moyens suffisants d'existence et que l'on n'avait point fait d'hérij:age.
Le 13 pluviôse an XI (2 février 1803), M. le maire Tliélu se préoccupe des intérêts temporels de l'Église. Nous dirions que sa prévoyance était quelque peu mélangée d'usurpation, si l'autorité supérieure ne lui avait pas dicté sa conduite en cette circonstance. Il déclare donc avoir longtemps attendu un Règlement pour l'administration des églises. Bien que le maire, ajoute-t-il, soit l'admînistrateur-né (ce qui est absolument fauxi, il ne veut pas avoir seul cette responsabilité. Il nomme donc, de l'avis du Conseil municipal, un Conseil provisoire de fabrique. Ce Conseil se compose du citoyen Louis Legrand, marchand ; des citoyens: Jacques-Marie Viollette, notaire; Charles- François- Siméon • Joseph Thélu, rentier ; Dewailly, atissi rentier; ces trois derniers chargés de l'Administration ; enfin, il désigne pour caissier le citoyen J.-B. Pruvost, rentier.
La Pahoisse 349
JaOQUES-ChARLES-JoSEPH PliAMENT.
Le curé de Fressîn, nommé en 1803, par Mgr de la Tour d'Auvergne, fut M. Jacques-Charles-^Joseph Flament, fils de Jacques-Charles Flament et de Marie-Albert Leblond. Né à Hernicourt, près Saint-Pol, le lé mars 1747, ordonné prêtre en 1772, puis curé de Mercq- Saint-Liévin, il revenait de Texil lorsqu'une ordonnance épiscopale lui confia la paroisse de Fressin et Planques.
On lui donna pour vicaire M. Arttoine-I^^'rançois- Joseph Dhcrmy, né à Hermies, le 22 mai 1744, ancien Récollet *du Biez, qui s'était retiré en Allemagne pendant la Révolution. Arrive à Fressin en 1803, M. Dhermy mourut en sa charge, le 4 janvier 1810, à l'âge de 66 ans.
M. Dhermy seconda M. le curé Flament, dès le principe, en qualité de vicaire de Fressin et de Planques. En juin 1803, il bénit en cette double qualité un mariage dans l'église de Planques. Mais il n'y parut plus désormais. Peut-être ce service était il trop fatigant pour lui ; ce qui donne lieu de le penser, c'est qu'en 1803 la plupart des actes de Planques sont signés de M. le curé Flament. Quoi qu'il en soit, en novembre 1803, M. Flament eut deux vicaires, M. Dhermy, qui ne sortit plus de Fressin, et M. Jean-Bapiiste-Auguste Lefebvre, qui résida ^ Planques. l\î. Lefcbvre, né à St-Georges, en 1763, prêtre en 1788, ancien Récollet, avait été déportç à la Terreur. A partir de ce moment, jusqu'à la fin de 1809, M. Flament ne parut plus ou presque plus à Planques. C'est au point que le châtelain de Bucamps, .Monsieur François-Joseph Hippolyte de Contes, époux de Madame Marguerite-Dorothée de
3oO FUKSSIN
Partz, devant être enterré dans le cimetière de Plan: ques, le 23 juin 1809, l'acte de sépulture ne mentionne pour accompagner le vicaire de Planques, officiant, que M. PJayouIt, desservant d' A zincourt et Bucamps, et M. Pourchez, vicaire de Bucamps (i).
Le dernier acte de M. l'abbé Lefebvre est du 14 octobre 1809. Il ne fut pas remplacé, et M. Flament reprit le chemin de son annexe. Mais nous croyons qu'il fit souvent venir ?es paroissiens de Planques à l'éj^Hse de Fressin. Il ne tint plus désormais qu'un seul registre pour les^ deux populations.
L'abbé Plnyoult, qu'on nommait à Fressin < Monsieur le Prieur >,• et qui faisait pour ainsi dire partie de la famille Louvet, rendait service aux pauvres gens en se contentant d'un très fajble honoraire pour les messes qu'il célébrait. Il survécut à M. Flament. Le curé- de Fressin avait ^lors deux vicaires et un prêtre habitué pour lui faire cortège dans les cérémonies.
Le 26 messidor an XI (15 juillet 1803), M. le maire Thclu invita le Conseil municipal de Fressin à se réunir chez lui, le dimanche 28, pour délibérer sur les moyens d'augmenter le traitement des ministres du culte et de réparer l'église et le presbytère. Le sujet de la délibération est imposé par un arrêté du préfet. Le traitement des curés n'était pas celui qu'avait ^xé l'Assemblée nationale; il n'était pas non pltis aussi élevé qu'aujourd'hui. Le gouvernement nouveau se trouvait empêché par les plus impérieuses nécessités. Il invitait les municipalités à suppléer à son impuissance.
Quelques jours après, un arrêté daté de Bruxelles,
(1) Ln veuve, Marp^uerite Dorutliéc de V.xviz de Pressy, née à Abbcville, fiile de Mcs>irc .Ambroisc-Emmanucl, marquis d'KquiiTe, et de Diime Mirie-M.irj;uerilc de FunlMine de Coimont, mourut à Hesdin, le 15 novembre 1816. Madame de Contes, baronne Des Gran«^^es, était à^jée de 6» an<. Son corps fui inhumé dans Téglise de l'ianqnes par M. Flament, curé de i'rcs^in.
La PAU()IS^K 351
le 7 thermidor {26 juillet 1803), portait que trois marguilliers administreront les biens des églises dans la forme particulière aux biens communaux. Les trois administrateurs que nous verrons désormais s'occuper des intérêts de la fabrique de Fressin sont : J-B. Pruvost, Louis Legrand et Joseph Thclu. Ils furent nommés par le préfet du Pas-de Calais, le 4 ventôse an XI IL
Ces Messieurs dressèrent tout d'abord la liste des débiteurs de l'église. Ils trouvèrent:
I** Pour rentes surceuhières :
MM. Xavier Louvet, notaire ; Charles Thuilîier, cnltivittenr, aux droits de M. de la Tour d'Auvergne; Norbert Viollette, négociant à Saint-Omcr; Noël Wallart, à Fruges ; les enfants Hémart, à Hesdin ; Dewailly, à Sains; Moronval, à Fressin ; Froissart, à Hesdin ; Héame, veuve Labordc, et Charles-Grégoire Letailleur, à Fressin.
2° Pour arrentement perpétuel î MM. Joseph Loriot; F'éioux, à Planques ; Pierlay, à Bucamp ; Pierlay, à Montreuil: Cailleux, à Hesmond; Macqnaire, à Boubers; A'artin, à Boubers ; Du Val Valon, à Campagnc-lez-Boulonnais ; Plée, à St-Omer ; Dusoion, à Royon ; Petit, à Créquy ; Varlet, ci-devant curé d*Eperlecques; Loisel, à Créquy; Boudry, à Créquy ; Boyaval, à Créquy; La Nation, succédant aux droits des Etats d'Artois.
5^ Pour rentes ou canon perpétuel :
MM. les héritiers Lebrun, à Fressin ; J -H. Wamin, à Fressin ; Jacques Caudevelle, à Fressin; Jean-Michel Gouillard, à Fressin ; Blanpain, à St-Leu ; Herbert, à Fressin : Riquier, à Embry ; les héritiers Wamin, à Avondance; Pingrenon, à Créquy; Oaguin, à Fressin; Fauquet, à Fressin.
A notre arrivée à Fressin, en mars 1885, nous avons
35i KllESSIN
eu à cœur de connaître le plus tôt possible notre troupeau. Nous finies dresser par un ami sûr un tableau complet de la population, par quartier, par rue, par foyer. Il nous fut promptement facile de nous rendre compte de l'attitude religieuse de chacun de nos paroissiens, relativement aux deux grands devoirs de la vie chrétienne, longtemps avant de pouvoir connaître exactement les figures.
M. Flament voulut avoir aussi une connaissance exacte de sa paroisse, non pas précisément au même point de vue, mais sous le rapport de la fortune. Dès sa première année, il fit le < classement des citjoyens de la«)mmune de Fretin, eh Tan 12(1803-1804) >.
11 résulte de cet intéressant tableau que la paroisse de Fressin comptait alors onze familles de la i'^ classe ; dix neuf familles de la 2*^ classe; soixante-trois faiiiilles de la y classe ; cent trente une familles de la 4^ classe, et quarante-neuf familles d'indigents. Total : deux cent soixante-treize familles ; soit, à quatre âmes par famille, ce qui devait être alors un minimum, 1092 paroissiens.
Mais ces onze cents paroissiens devaient comprendre les deux communes de Fressin et de Planques, car, dans le tableau que M. Flament nous donne, pour la commune de Fressin, tableau qui nous paraît complet, nous ne trouvons que 234 familles et non 273.
Les enterrements de r** classe devaient avoir trois services pour 54 francs ;
Les enterrements de 2^ classe, trois services également, pour 44 francs ;
Les enterrements de 3® classe, deux ou trois services pour 27 francs ;
Les enterrements de 4*^ classe, deux services pour 15 francs.
On observera que 15 francs de 1803 valaient bien
La Paroisse 353
40 francs de 189 1. La viande de boucherie se vendait six sous la livre.
A la distance qui nous séparé de cette époque, nous présumons qu'il ne peut y avoir d'indiscrétion à faire connaître la classification que nous a laissée M. Flament.
Au Cœur du village.
i'*-* Classe. — Bonaventure Thélu. Marie-Cathe^ rine Viollette, Jacques-Marie VioUette, Xavier Louvet, Joseph Thélu, Antoine-Joseph Bacqueville 6
2* Classe. — Marie-Françoise Hihet, veuve Delépine; Louis-Joseph Legrand, Jean-Baptiste Desobry, père ; Augustine Poussart, veuve Viollette ; Agathe Warin, Charles Thuliiez, Marie-Anne Leclercq ; André Lhoaime, J.-B, Pruvôst ... 9
y Classe. — Célestin Démarest ; Amand Defrance, Grégoire Letailleur, Moyse Berthe, Modeste Dewamin, Louis Mangard, Théodore Wiard, T'rauçois-Joseph Benteux,* Louis-Marie Lecucq, Adrien Mangard, Eustache Bourct, Jean-André Binsse, Théodore Pingrenon, Jacques-Joseph Flageollet, Plfilippe-Joseph Benteux 15
4'^ Classe. — Charles Pingrenon, Louis-Joseph Boquet, Joseph Sauvage, François Lefebvre, Bernardine Degrusillier, Valeiitin Camier, Jean-Baptiste Lhomme, Sinion'Branquart, Jacques Coache. Rose Caron, veuve Coache 10
Indigents. — François Petit, J.-B. Fiollet, Jean- François Gambiez, Pierre Branquart, Henriette Pierlay, Marie- Joseph-Mornon Defrance, Catherine Martel, Jean-Baptiste Lefebvre 8
354 Frkssin
Dans la rue de Paradis.
3^ Classe. — Antoine Delespine ..... i
4*= Classe. — Cyrille Thullier i
Indigent. — Jean-François Demaine . . . . i
Hjire,
4* C-iasse. — Vaast Cadot, Litfvin Gamain, J. B. Diiplouy, François Dupont, Bouret dit Gripy, Nicolas Branquart, Agathange Duplouy 7
Indigents. — Béatrice Benteux, Françoise Monchy, Victoire Bienaimé 5
Cette rue, qui abritait dix ménages en 1803, n' plus qu'une. maison, souvent inoccupée.
Lombardie,
2^ Classe. — Jean-Baptiste Grenier, Nicolas- Joseph Dusolon, Louis-Joseph Héame .... 3
3'' Classe. — Marie - Louise Benteux, Louis (Chabot) Benieux, Antoine (Piot) Lisambourg. Charles Plée, Charles (Pau) Caudevelle, Godefroy Binaux, Joachim Lefebvre, Françoise Nédc(licelle, Ambroise Moine, Isidore Houlier, Jacques-Joseph Bruchet 11
4*^ Classe. — Jacques Flament, Hubert Vaillant, Eustache (Quinquin) Bouret, Hubert-Joseph Vaillant, Alexis Moine, Jacques-François Caudevelle, Bernard Gouillard, Pierre- Antoine Plament, Nicolas Bruchet, Nicolas Lejeune, Marie Carton, François-Joseph Bienaimé, Charles Benteux, Marie- Jeanne Delette, Louis Fauquet, Jacques-François
Goo^
La PAftoissE 388
Ringard, Marie -Anne Ringard, Marie-Josèphe Chivot, Pierre-François Moine, Pierre-François Bruchet, Louis Lefebvre, Jean-Baptiste Thorel, Pierre-Joseph Coffin, François-Joseph Lefebvre,
Jean-Charles Branquart 25
Indigents. — Félix Martin, Antoine- Joseph Caudevelle, Jacques Caudevelle, Françoise Benteux, veuve Bruchet ; Pierre-François Bruchet, Angélique Framecourt , Catherine Dufumier , Louis-Joseph Benteux 8
Rue iV Enfer.
5' Classe. — Jean-François Pîngrenon, Pierre- Jacques Delespine, Séraphine Lejcune, veuve Machiout 3
4*^ Classe. — Nicolas -Joseph Quenecq, Jean- Marie Peuvrel, Jean-Baptiste Gouillard, Firmin Benteux, Marie-Anne Gruet, veuve Dusolon; Antoine Peuvrel, Romain Ducrocq. Joseph Duplouy, Louis Caron, Marie-Anne Caudevelle . . 10
Indigents. — Françoise Wiard, veuve Laborde; Marie-Magdeleine Caffier, Joseph Duplouy, Célestine Branquart, veuve Tenchon ; Antoine-Joseph Robbe, Jacques-Joseph Plée , . 6
Rue des Gardes.
y Classe. — François Moronval, Jean-Baptiste Bruchet, Thomas Moine 3
4*^ Classe. — François Leducq, Fugène Bran quart, Martinien Robbe, Nicolas Dcfrance, Louis Bihet 5
Indigents. — Albertine Lefebvre, veuve Branquart ; Marcel Boquet 2
Petite Rue Haute, {Rue FioUet ou Dewamin).
V^ Classe. — Liévin Dewamin. .... i
2*^ Classe. — Nicolas Dewailly i
3« Classe. — Jacques Dagaîn, François Bro-
gnard, Pierre-François Goiiillard 3
4« Ciasse. - Catherine Brognard, Charles Le-
sot, Pierre Fiollet 3
Grande Rue Haute,
3^ Classe. — Florent Branquart, Louis Bruyant et frères, Jean-François Denne, père; Jean-Michel Gouillard. Jean-François Denne, fils; Louis Moine, François-Joseph Bruyant, Théodore Gouillard, Joachim Bruyant 9
4*= Classe. — Michel Dupond; Pierre-Joseph Moine, Louis-Joseph Branquart, Thérèse Gouillard, Henriette Bruyant, Marie-Madeleine Brognard, Barnabe Delépine 7
Indigent. — Rosalie Hanocq, veuve Coache. . i
Rue Noire.
4® Classe. — Edouard Dagain, Pierre Caron. 2
Rue de la Lance,
3* Classe. — Jean-Baptiste Queval , Stanislas Queval 2
4*^ Classe, — Pierre- Antoine Hibon,' Louis Branquart, Antoine Branquart, Guillaume Monchy, Jean-Baptiste Coache, François Hanocq, Anicet Dupond 7
Go- -^ /y
La Paroisse 357
Mont Hulain.
3*^ Classe. — François Pierrus, Louis Mahieu. 2 4*^ Classe. — Antoine Delleporte, Albert Bouret, Jacques Hibon, père; Philippe Moronval, François-Joseph Gouillard . père 5
Le Tronquoy.
V^ Classe. — Benoît Laisné i
Bar le s.
2® Classe, - Jean-Baptiste Desobry, Jeanne- Isbergue Cordonnier, veuve Samier 2
L( Plouy,
i*"*^ Classe. — Jean-François Briche . ... i 3^ Classe. — Placide Cras, Marie - Joseph - Alexandre, veuve Baux 2
L' Ermitage.
V Classe. — Martin Cappe i
2* Classe. — Jean-François Fournier, Firmin Soîsson 2
3® Classe. — Marguerite Desplanque, veuve Coache ; Jacques-Louis L'echon 2
4* Classe. — Pierre-Alexandre, Antoine Martin, Pîerre-Joseph Beaussart, Artus Coache, André Citerne, Hippolyte Benteux, Jean-Baptiste Dewatnin, Jacques Fournier, Procope Warembourg,
Nicolas Bruche, André-Noël Lechon, François- Joseph Bruche, Pierre Descamps 14
Indigent. — Elisabeth Lechon i
UEpault.
1^^ Classe. — Alexandrine Lespine, veuve Desmons I
2* Classe. — François-Joseph Martel. ... i
3* Classe. - Antoine Flament, Auguste Desgrusilliez 2
4*= Classe. — Nicolas Benteux, Thomas Coutelet, Antoine Brogniard, Louis Dupond 4
Marais-bât' Ic'bûre ,
y Classe. — Catherine Loiselle, veuve Fîollet ; Jacques Warin , . . . . 2
4® Classe. — Pierre-Joseph Martin, Pierre Cornu, Jean-Baptiste Démarest, Marie- Louise Hibon. veuve Robbe; Barthélémy Techon 5
Marais Duflos.
3* Classe. — Marie-Joseph Dewamin, veuve
Duflos ; Louis Duflos , . 2
Indigents. — Nicolas Deligny, Adélaïde Laisné. 2
Ne sont pas classés. — Flament, curé ; Angélique Leducq, Dhermy, vicaire ; Jacques Michaut, instituteur.
Le i^^ vendémiaire an XIV (23 septembre 1805), jour du nouvel an de l'ère républicaine, les administrateurs et caissier de la fabrique de l'église de Fressin rendirent compte de leur gestion au sous-préfet de Montreuil. Ce compte, dressé par M. Pruvost, va
Goos
La Paroisse 359
depuis la remise des titres par le receveur des domaines de Tarrondissement de Fruges, en exécution de la loi du 7 thermidor an XI, jusque et y compris l'an XIII. Il n'y est porté en dépenses qu'un peu de réparations. Rien au clergé. Il y a 5.156 fr. 97 cent, de recettes ; 5,062 fr. 88 centimes de remises ; 76 fr. 70 centimes de dépenses réelles ; 4 fr. 70 centimes de droit de recette sur 94 fr. 9 centimes de recettes effectuées; d'où un excédent de 12 fr. 69 centimes. «En somme, rénnltat très pauvre. Mais il faut un commencement à tout (i).
Le premier calvaire qui fut planté, ou plutôt replanté, à Fressin, sur la voie publique, fut celui de la famille Louvet, à l'intersection de la rue Blanche et de la rue Devvamin qui la continue, avec la rue Noire prolongée par la rue Haute. Cette érection fut autorisée par le Préfet et par l'Evcque. L'ordonnance de Mgr de la Tour d'Auvergne concédant à ce calvaire les faveurs ordinaires de l'Église est du 12 mai 1806. Le calvaire était établi d'abord à l'angle inférieur de la Croix de Saint-André faite par les quatre rues; lors d'une restauration, on l'aurait placé à l'angle supérieur, cil il est aujourd'hui (2*.
(1) Le 3l mars 1806, \\n homme à qui nous avons eu occasion déjà de rendre hommao^e dans notre Histoire d\4nch\\ parce que la paroisse d'Auchy lui doit la conservation de son c^jlisc abbatiale, et aussi parce qu'il fut honoré de Tamitié du plus méritant des moines d'Auchy, dom Bétencourt, qui lui confia les précieux documents que M. de Quandalle nous a permis d'utiliser, M. Eujijène Dewamin, alors jonfe'de paix de Campas^ne. vint à Fressin, tenir sur les» fonts du baptême le fils d'un rie tes voisins de la Petite rue Haute. Nous venons d'enterrer très simplement, tiês modestement, en quatrième classe, Eugène Piolet, le filleul de M. Eug^cne Dewamin. H manquait quelques jours n ce bon vieillard pour avoir 86 ans. Mars 1892.
(2) Une délibération du Conseil municipal, en date du 18 mai 184^, à propos du projet d'érection d'un calvaire, à la limite du territoire, vers Wambercourt, paraît contredire ce que nous venons d'écrire. On y Ht, en effet, qu'il n'y a qu'une seule croix plantée sur le territoire de la commune, et qu'elle est établie à l'extrémité opposée
360 Frbssïn
Tout était à refaire à cette époque dans nos églises; il fallait réparer le plus promptement possible les ruines les plus choquantes, trouver des vases pour Tautel, des linges sacrés et des ornements sacerdotaux pour la sacristie; malgré le zèle et le dévouement des^ prêtres qui avaient exercé le saint ministère au temps de la persécution, il y avait aussi bien des ruines spirituelles à réparer, bien des lacunes à combler ; besogne partout bien difficile,' plus difficile quand, après plus de dix ans d'interruption du culte public, on se trouvait transporté, comme l'était M. Tabbé Flament, au milieu d'une grande paroisse, dont il ne pouvait connaître ni les habitudes ni les traditions. Son zèle fit face à tous les besoins. De sa sollicitude pour le salut des âmes nous avons pour garant l'empressement qu'il mit à relever la Confrérie du Très Saint Sacrement, la première qui doit s'imposer au zèle d'un prêtre éclairé. Cette Confrérie fut rétablie en vertu d'un décret apostolique donné à Paris, le 25 juillet 1806, par son Emînence Monseigneur le Cardinal Caprara, légat a latere^ et du consentement de Monseigneur l'Illustrissime et Révérendissime évêque d'Arras. Le Règlement, qui comprenait treize articles, reçut, le 25 août suivant, l'approbation de M. Delaune, vicaire général, grand archidiacre d'Arras.
Quelques mois auparavant, le 24 avril 1806, l'église de Fressin avait reçu la première visite de son nouvel évêque. Monseigneur l'Illustrissime et Révérendissime Hugues-Robert-Jean-Charles La Tour d'Auvergne y avait administré la Confinpation aux paroissiens de Fressin et Planques, L'âge des confirmants variait de
du village, ce qui voudrait dire près de Planques, tandis que le Calvaire Louvet est sur la Rue Haute, laquelle est à peu près à égale distance de Planques et de Wambercourt. Nous croyons que le tesçte <)e la mairie manque ici d'esçactitude.
La Paboissk 361
quatorze à vingt-sept ans. II y en avait cinquante-neuf de Planques.
En 1803, 1804 et 1805, quoique Ton fît ccmmencer l'année au i^^ janvier, on employait les dénominations de mois et d'années révolutionnaires conjointement avec les noms ordinaires ; pai-eillement, quand il y avait une dispense d'un, de deux et parfois encore de trois bans, on écrivait sur le registre de l'église que cette dispense était accordée par Monsieur l'évêque d' Arrasl C'était sans doute par grâce qu'on ne disait point : Le citoyen évêque. En i8o5, on a abandonné définitif vement le calendrier républicain, et l'on ne craint plus d*honorer l'évêque en l'appelant Monseigneur,
A partir de 1809, nous voyons les administrateurs de la fabrique poursuivre devant les tribunaux les débiteurs récalcitrants. C'était Jeur devoir, et le gouvernement y tenait la main. Ils poursuivirent en même temps les Loisel, les Boyaval, les Boudry de Créquy, les Macquaire et les Martiii de Boubers, et les Kéame de Fressin. Chaque affaire fut l'objet d'un volumineux dossier. La plupart invoquèrent la prescription. Mais ils furent condamnés par la raison que le pays n'était pas français lors de la déclaration de 15 10. La coutume d'Artois donna gain de cause à la fabrique. Quelquesuns durent payer jusqu'à 43 années d'arrérages. Le 2 octobre 1809, une saisie eut lieu à Créquy, chez Antoine Loi :el, comme conséquence du jugement rendu par le tribunal de Montreuil. De 1809 à 181 1, les intérêts de la fabrique étaient généralement défendus par M*' Taveriîier, avocat à Hesdin.
Le i**^ mars 181 1, le receveur-caissier de la fabrique de Fressin, J.-B. Pruvost, rédigeait un compte qui allait du 2 septembre 1805 au 31 décembre 1810. Outre les dépenses ordinaires pour les frais du culte : pain, vin, cires, entretien du linge, on y voit un article pour
362 KuRssix
le soulagement des pauvres, d'autres pour travaux faits à l'école, pour les frais du compte et les honoraires de l'avocat Tavernier. Les recettes, remises déduites, sont de 3,927 fr. 41 c. ; l'excédent, tous frais faits, 86 fr. 20. — Après l'exercice de 181 1, il resta 359 fr. de boni, et 469 fr. après celui de 18 12. La situation s'améliorait.
En 1810, M. Pruvost dut entamer un nouveau procès, qui dura quatre ans, contre Pingrenon. arpenteur à Fruges, pour une rente créée par les Roudry de Fressin, ses auteurs. Après le prononcé du jugement, en 1814, il fallut opérer par voie de saisie pour se faire payer. Il importe de noter que le Conseil de fabrique n'avait point la liberté de renoncer aux poursuites.
Nous laissons de côté les comptes de la fabrique pour les années suivantes. Ils n'offrent rien de bien intéressant, et les étudier nous mènerait trop loin. Du reste, ils ne sont revêtus d'aucune signature, et M. Pruvost ne paraît ne les avoir écrits que pour rédiger en temps utile un compte définitif.
Le premier acte inscrit au registre de catholicité pour l'année 18 10 est celui du décès du Révérend Père Hippoly te Dhermy , M . Antoine - François - Joseph Dhermy, ancien récollet, vicaire de cette paroisse, décédé le jour précédent. L'acte de sépulture est signé par MM. Flament, curé de Fressin, Beugin, curé de Sains, et Jean-Baptiste Dupond, instituteur de cette paroisse.
M. Flament, qui avait eu longtemps deux vicaires, se trouva seul pour desservir ses deux églises depuis le commencement de 1810 jusqu'au mois de février 1816. Il reçut alors << Maître Alexandre-Joseph Videlenne, prêtre de ce diocèse », pourvu d'une nomination en date du 21 janvier, et l'établit immédiatement son délégué pour les mariages.
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M. Videlenne, qui était né à St-Quentin-lez-Aire, d'une très honorable famille, le 28 octobre 1790, et avait été ordonné le 23 décembre 181 5, donnait sa dernière signature à Fressin le 19 novembre 1817. II fut ensuite nommé curé d*Houvin, d'oti il fut transféré à Vitry en mai 1839, en qualité de doyen. Il y est mort chanoine honoraire le i^' juin 1868.
Après les Cent Jours et la chute définitive de Napoléon, des soldats étrangers occupèrent nos villages. A Fressin, on les désignait assez singulièrement. Nous voyons successivement relater sur nos registres l'çnterrement d'un petit irlandais et le baptême d'un autre enfant de la même nation. Or, pour qualifier les parents, on écrit qu'ils appartiennent au « détachement anglois cantonné en cette paroisse pour consolider le trône de Louis dix-huit ».
Si c'était là l'appréciation du vulgaire, il est douteux que ce soit celle de l'histoire.
En juin 1815, M. Alexis-Clair Delcassan, ingénieur en hydraulique, né à Charleville ( Ardennes), co-intéressé dans la manufacture de coton d'Auchy, où il était domicilié depuis 1803, déclara quitter cette commune pour se fixer à Fressin avec dame Amélie Louvet, son épouse (i).
Mgr de la Tour d'Auvergne vînt à Fressin au printemps de 1817. Le 24 avril, il administra le sacrement de confirmation à 180 personnes de cette paroisse, 87 garçons et 93 filles. L'âge des garçons variait de
(1) Le 5 juin 1808, M. Delcassan, alors âgé de 40 ans, avait épousé Mademoiselle Anne-Frauçoise-Augustine-Émclie Louvet , âgée de 22 ans. fille do Xavier-Augustin Louvet, notaire, et de Françoise-Elisabeth Viollette. Ont signé au registre de l'église : Jacques-Marie Viollette, avocat et notaire, beau-père du notaiiM Louvet ; Jacques-Franv'ois Viollette, juge de paix, et Joseph-Benoît Viollette, tous deux frères de Madame Louvet. M. Delcassan appartenait à la religion protestante .
12 à 40 ans; celui des filles de 14 à 26 ans. Cependant le confirmant de 40 ans était une exception. Le plus âgé après lui n'avait que 23 ans.
Il nous reste de M. Flament un cahier d' « Annonces dominicales », qui nous est une preuve de son esprit d'ordre, et nous permet de comparer le Coutumier de 1820 à celui de 1891. Aucun autre de nos prédécesseurs à Fressin ne paraît avoir tenu de registre de cette nature. C'est pourtant un service qu'un prêtre rend à ses successeurs; car nous estimons qu'un curé soucieux du succès de son ministère doit tenir compte des usages de sa paroisse et s'y conformer scrupuleusement, à moins qu'ils ne soient trop en opposition avec les lois générales de l'Église.
Le dernier dimanche de l'année 1819, ^- Flament remercie Êmélie Berthe pour avoir « pourchassé les pauvres > pendant deux ans dans cette église, et il la remplace par Natalie Queval.
Le même dimanche, M. Flament remercie Charles Caudevelle et Pierre Bourbier, qui, pendant le même espace de deux ans,<: ont pourchassé » pour les besoins de l'église et y ont distribué le pain bénit. Alexandre Dusolon et François Duplouy sont nommés pour leur succéder.
Encore un usage qui a disparu comme le précédent. La quête pour les frais du culte se fait actuellement par le curé, et seulement à celles des grandes fêtes qui ne sont pas désignées par l'évêque pour des œuvres catholiques d'intérêt général. Ainsi, il y a maintenant, dans tout le diocèse d'Arras, six quêtes annuelles prescrites par l'autorité diocésaine, tandis qu'il n'y en avait pas une seule avant 1860 ; il y en a deux pour le denier de Saint-Pierre, ordonnées par Mgr Parisis après l'invasion des États Pontificaux par les Piémontais ; deux pour l'Université catholique dç
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Lille, établies par Mgr Lequette après le vote de la loi sur la liberté de l'Enseignement supérieur ; une pour les séminaires et une autre pour Tceuvre militaire, ces deux dernières instituées par Mgr Dennel. A Fressin, les quatre premières quêtes, ainsi que celle du jour de Pâques qui se fait ici pour l'œuvre de la Propagation de la Foi. et celles qui sont motivées par des besoins accidentels, sont faites aux trois offices de la journée par trois dames de la paroisse. Les deux quêtes nouvelles ne se font qu'à la messe solennelle (i).
Le pain bénit est coupé et distribué par les deux plus grands enfants de chœur. Mais on voit encore en beaucoup de paroisses ce qui se faisait ici en 1820, un homme ou deux couper le pain bénit, le distribuer, et faire ensuite la quête. Ces hommes portent le titre de marguilliers sans être pour cela membres du con.«?eil de fabrique.
M. Flament annonce la fête de l'Epiphanie pour le jeudi 6 janvier 1820 ; il annoncera aussi la solennité de Saint Martin pour le jeudi 11 novembre. De même, il annonçait, pour être célébrées comme le dimanche, les principales fêtes que le Concordat avait supprimées à titre de fêtes d'obligation, mais dont la célébration devait rester libre à titre de fêtes à dévotion. Sous Louis-Philippe, il fut défendu d'annoncer au prône les fêtes transférées et les fêtes supprimées. Mais, depuis lors, l'Église a recouvré sous ce rapport, une certaine liberté. On fait l'office de quelques fêtes
(1) Nous avions oublié de noter une septième quête établie par Mgr Dcnncl, en janvier 1891, pour l'œuvre anli-esclavan;isle du Cardinal Lavigerie. Cette quête doit se faire le dimanche de la solenniié de l'Epiphanie. Il y a aussi une quête annuelle pour les Lieux-Saints. Nous y affectons les offrandes déposées à la chapelle du Jeudi-Saint.
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supprimées, le V^ Janvier, les lundis de Pâques et de Pentecôte, comme le dimanche ; aux fêtes de Tlmmaculée-Conception, de la Purification, de l'Annonciation et de la Nativité de la Sainte-Vierge, depuis les récentes lois scolaires, qui ne permettent plus aux instituteurs de venir chanter à Téglise à neuf ou dix heures, les messes ont lieu de grand matin et les vêpres 1q soir. A rÉpiphanie, à la St Pierre, à la St-Martin, nous n'avons qu'une simple messe basse le matin ; mais, depuis l'épiscopat de Mgr Parisis, la Fête-Dieu est célébrée le jour même, et l'Exposition continuée toute l'Octave. Aux environs d'Arras, les paroisses ont conservé l'usage de célébrer la fête de leur patron le jour de l'échéance, ce qui permet d'y appeler un nombreux clergé ; toute la population afflue, ce jour-là, à l'église, même dans les paroisses réputées peu religieuses.
Le quatrième jeudi de janvier, messe et salut du Saint-Sacrement.
C'était conforme au règlement de 1806. Le règlement nouveau conserve le salut du quatrième jeudi du mois. Ce salut était tombé en désuétude ; nous le chantons légulièrement depuis 1886.
Aux quatre temps, M. Flament annonce l'obit trimestriel pour les fidèles recommandés au prône. Cet obit» commandé par les statuts diocésains de Mgr De La Tour d'Auvergne, a cessé partout d'être en usage.
Un Dimanche, M. le curé Flament fait faire un « pourcha^ > dans l'église pour plusieurs pauvres ménages ; il recommande aussi « Pierre-Joseph Martin, dangereusement malade ». Ces usages ont disparu avec l'esprit ancien qui faisait des fidèles d'une même paroisse comme les membres d'une même famille.
Le lundi et le mardi gras, salut du Saint Sacrement,
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conformément à l'article 13 des statuts de la Confrérie. Les nouveaux statuts ont supprimé ces deux saints.
Au Carême, M. Flament fait le salut les lundi, mercredi et vendredi, sans préjudice du salut mensuel.
Les « chandelières » ont fini leur temps, Marie- Joseph Moronval est remplacée à la chandelle de la Sainte-Vierge par Hyacinthe Gouillard, et cette dernière est remplacée à la chandelle de Sainte Catherine par Alexandrine Ringard. Après avoir été quelque temps supprimées sous l'administration de M. l'abbé Prin, ces deux fonctions, qui étonnent les étrangers, mais qui sont encore chères à nos populations boulonnaises, furent rétablies par nous en 1885, et l'on passe aujourd'hui d'une chandelle à l'autre comme en 1820. Cette année-là, leur messe se chanta le deuxième dimanche après Pâques ; elle a lieu maintenant le dimanche avant ou le dimanche après le 25 mars, et se dit en l'honneur de l'Annonciation.
M^ Louvet étant mort, on lui chanta trois ' services le 3' lundi après Pâques. Le lendemain, à 8 heures, un obit fut chanté pour le même défunt aux frais de la Confrérie du Très-Saint-Sacrement.
La Confrérie fait encore chanter un obit pour chaque membre qu'elle perd.
A la Saint-Marc et aux trois jours des Rogations, abstinence sans jeûne. Il en était encore ainsi en 1853.
Depuis lors, la permission de faire usage d'aliments gras est renouvelée chaque année, et les fidèles sont invités à compenser cet adoucissement par une aumône faite aux pauvres.
Le dimanche de la Pentecôte, annonce du « Renouvellement Solennel des vœux et promesses du Baptême >, qui sera fait le dimanche suivant.
Le dimanche de la Trinité, aux vêpres, le curé fait en chaire ce Renouvellement, selon la formule donnée
par Mgr de Pressy, et que l'on a généralement conservée pour la cérémonie de la Première Communion.
L'annonce et l'acte étaient obligatoires dans le diocèse de Boulogne. L'usage s'en est conservé bien longtemps encore après la Révolution, dans la plupart des paroisses qui avaient fait partie de ce diocèse, et il nous souvient de l'avoir observé nous-même à Crépy aux premières années de notre ministère, à la grande édification de quelques vénérables personnes qui savaient par cœur la belle formule de M. de Pressy. A Fressin, nous n'avons plus retrouvé le Rituel publié par ce prélat.
M. Flament annonce la fête du Saint- Sacrement pour le jeudi, avec procession les deux dimanches suivants, comme on fait encore aujourd'hui.
Comme aujourd'hui aussi, le second dimanche était dédié au Sacré-Cœur de Jésus.
Dans l'intervalle, Mgr de la Tour d'Auvergne eut la singulière idée de remplacer la sainte liturgie romaine par une liturgie de fabrique parisienne plus ou moins suspecte de jansénisme. L'Octave du Saint- Sacrement eut lieu alors de dimanche à dimanche, et la fête du Sacré Cœur fut transférée au second dimanche de Juillet.
La vigile de St Jean-Baptiste et la vigile de St Pierre, jeûne et abstinence. On a cessé depuis longtemps d'observer cette loi et de faire maigre la veille des Saints Apôtres. Est on bien en règle? Nous l'avons toujours cru ; mais on nous assure que le cas est au moins douteux, et il nous est revenu que Rome n'a jamais autorisé cette suppression que la coutume et la bonne foi peuvent seules justifier. On sait assez que, s'il est aisé de supprimer des jours déjeune, il serait impossible d'en établir de nouveaux.
Le dimanche après la Saint-Pierre, M. Flament
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remercie Nicolas Benteux, qui a porté pendant un an la bannière de St Martin, patron de notre église, et il le remplace par J.-B. Moronval du Mont-Hulin.
Cette nomination, qui coïncide avec la ducasse de Fressin et avec la seconde fête de son saint patron, je veux dire la Translation des Reliques de Saint Martin, tendrait à faire croixe que la fête patronale s'est autrefois célébrée en juillet.
Remarquons, en outre, que la bannière de Saint Martin était portée alors par un jeune homme. C'était très naturel et très convenable. Par une étrange anomalie que l'on. attribue à des causes diverses, cette bannière est aujourd'hui portée par une jeune fille, ainsi que celle du Sacré-Cœur et celle de saint Joseph, Les jeunes gens devraient réclamer.
Le dimanche suivant, M. le curé de Fressin eut à nommer à une chandelle aujourd'hui supprimée, la chandelle de sainte Marguerite. Augustine Martel y est remplacée par Elisabeth Fournier, femme Mas.se.
Les femmes mariées ont aujourd'hui la chandelle de sainte Anne.
M. Flament annonce, pour le mois d'août, un salut qui sera chanté tous les samedis, pour obtenir de Dieu un temps favorable aux récoltes.
Ce choix du .samedi est singulier. C'est généralement le jour où l'on supprime cet exercice du soir.
Ce même dernier dimanche de juillet, M, le Curé de Fressin' recommande M. Jorre, curé d'Etaples, et M. Cocatrix, curé < d'Hubietz. > M. Jorre était mort il y avait < quinze jours ou trois semaines. > Les nouvelles mettaient alors du temps pour arriver d'un point à un autre du même arrondissement.
M. Jorre était le premier doyen de Fr.iges, l'ancien vicaire de Coupelle Vieille, l'ancien jureur, l'ancien curé constitutionnel d'Embry, qui s'était installé de
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lui-même à la cure de Fniges, en 1795, après le départ du premier intrus. Malgré sa rétractation et la légitimité de son titre, après qu'il eût été agréé par Mgr de La Tour d'Auvergne, il n'avait pu se faire agréer par ses paroissiens. Aussi avait-il été envoyé à Etaples en février 1805.
'Quelques semaines après avoir recommandé M. Jorre, le bon curé de Fressin recommandait Henriette Autrique, veuve d'André Desmons, décédée à Coupelle- Neuve. Il était ce jour-là sous le coup d'une peine amère. On a sonné le ti^épas de la défunte sans l'avertir, € comme si j'étois devenu un zéro dans cette paroisse. > Toutefois, M. Flament raya sur son cahier l'eicpression de son chagrin et s'abstint de se plaindre devant son peuple. Il fit bien ;. car sa paroisse n'était point responsable de la grossièreté d'un sonneur mal élevé.
Le 15 août, a lieu, comme aujourd'hui, la procession en exécution du vœu de Louis XIIL
Voici l'Adoration du Très-Saint Sacrement, Mais, en 1820, elle a lieu le dimanche. L'Exposition se fait à 7 heures ; elle est suivie de la Messe de communion. La grani' Messe est annoncée pour 10 heures avec sermon.
En nous reportant à l'année précédente, nous avons le vrai programme de cette fête. L'Exposition s'y est faite à 6 heures, et il y eut des messes d'heure en heure et trois confesseurs pour seconder la piété des fidèles. Ce détail nous prouve que l'Adoration était dès lors une fête bien comprise à Fresbin, et qu'on la célébrait en s'approchant des Sacrements.
C'est toujours une belle journée que celle du i^^ octobre. Depuis six ans surtout, elle se célèbre avec une véritable splendeur, grâce aux tentures et à la brillante illumination que l'on doit à la piété d'un de nos paroissiens. L'Eglise est surtout belle à la procession qui se
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fait le soir, et qui a été établie, croyons-nous, par M. l'abbé Prm.
Toutefois, ici comme dans tout le diocèse, on a supprintié T usage autrefois général de nïultiplier les messes devant le Très-Saint Sacrement exposé. Cette suppression, exigée par la liturgie, date de l'épiscopat de Mgr Parisis, le grand évêque qui eut tant à cœur le culte du Saint-Sacrement.
Le lendemain de la fête du Saint-Kosaire, obit pour la. Confrérie de ce nom. Cet usage a été maintenu ou du moins rétabli.
En décembre, Narcisse Herthe remplace à la chandelle de saint Nicolas François-Joseph Brognard, lequel avait remplacé François-Joseph Queval.
Les annonces relatent divers services qui tiennent aux circonstances. Ainsi,, le 21; janvier» on chantait un service funèbre et expiatoire pour Sa Majesté Louis XVI. Cet usage fut maintenu jusqu'à la Révolution de juillet 1830.'
E« octobre, un autre service est chanté, par ordre de Mgr révêqued'Arras,pourMarie- Antoinette. Exceptionnellement en 1820, le lundi de Quasimodo, toujours par ordre de TEvêque, un service solennel fut chanté pour Très Haut et Très Puissant Prince Charles-Fer-» diliand d'Artois, duc de Berry, que Louvel avait assassiné pour en finirplus vite avec la race des Bourbons.
Quant à l'horaire des offices du dimanche, depuis la Toussaint jusqu'à Pâques, M. Flament avait fixé 8 heures pour la première messe, qui était la grand'messe de paroisse, et 10 heures pour la seconde messe, qui était une messe bas.se. A partir de Pâques, la grand'messe fut chantée à 7 heures et la messe basse dite à 9 heures et demie. Au mois de juillet, la messe basse fut remise à 10 heures.
On voit que nos heures sont légèrement plus tardives.
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A part deux ou trois exceptions, la messe basse est la première ; elle se dît à 7 heures et demie depuis Pâques jusqu'à la Toussaint, et à 8 heures de la Toussaint à Pâques. La grand'messe se chante à 10 heures Tété et à 10 heures et demie l'hiver. Mais la sonnerie, qui est de quinze minutes, deux tiers volée, un tiers tintement, s'arrête à l'heure marquée pour l'office, quand même par hasard les sonneurs auraient été en retard. Nous avons toujours cru devoir nous faire une loi rigoureuse de la plus scrupuleuse exactitude sur ce point. Aucune considération de plaisir, de politesse, d'intérêt ou de convenance particulière, rien, si ce n'est l'appel d'un malade à l'article de la mort, ne nous autoriserait à nous faire attendre cinq minutes à l'autel.
Le jour des processions solennelles, M. Flament annonce que les vêpres seront chantées à 2 heures et demie. D'où nous pouvons conclure qu'il les chantait habituellement à 2 heures. Notre heure pour toutel'année est 2 heures et demie ; 3 heures pour les grandes fêtes; 3 heures et demie et même 4 heures, selon l'élévation du thermomètre, aux vêpres suivies de processions extérieure. A celles du Saiat-Sacrcment, du Sacré-Cœur et de l'Assomption, nous en avons ajouté une quatrième pour le dimanche du Saint-Rosaire, selon le vœu de Léon XI II.
En septembre 18 18, M. le curé Flament avait un nouveau vicaire, M. Dufossé, qui devait lui survivre à Fressin. Le vénérable pasteur rendit son âme à Dieu le 10 janvier 1821. Il était âgé de 75 ans (1).
( 1 ) Son acte de de'cès fut sijjné par M. Bail in. curé-doyen de Frug^es ; Quillict, curé de Wambcrcourl ; Houdry, curé du Biez ,• ïiran, curé de Laloge.
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Jbak-Andrê Lbpbêtrb.
Il fut remplacé par M. Jean-André Leprêlro. né à Bainghem, en 1764, de Jacques Leprêtre et de Marie- Françoise Caron. Ordonné prçtre en 1789, et nommé vicaire, M. Leprêtre fut condamné à la déportation. En 1803, on lui confia la succursale de Verchocq, d'où il fut transféré à Fr^ssin en 1821. M. Leprêtre était venu, en janvier 1813, bénir un mariage en l'église de Planques.
Le Cahier d'annonces qui nous est resté a été continué, du moins quelque temps. M. Flament avait fait les annonces du dimanche 31 décembre 1820. Celles du dimanche suivant sont de l'écriture du vicaire, M. Dufossé. L'annonce du 3® dimanche après l'Epiphanie est ainsi conçue :
< Mardi, à 9 heures, nous chanterons 3 services pour le repos de l'âme de AL le Curé.
< Toute la paroisse y est invitée.
« Mercredi à huit heures, l'obit du Saint-Sacrement à la même intention. >
Jusqu'au mois d'août 1821, M. Dufossé resta seul chargé des deux églises de Fressin et de Planques, Il écrivit seul les actes de catholicité, ce qui donne au registre un aspect moins disgracieux. On lui doit aussi l'heureuse innovation de la marge à gauche de l'acte.
Le dernier acte signé Dqfossé est du 25 juillet 1821.
Après lui, on ne voit plus qu'il y ait eu de vicaire à Fressin:
Au i*"^ août, M. Leprêtre était installé dans sa cure. Sous son ministère, les familles VioUette, Thélu et
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Louvet se rencontrèrent souvent dans notre église, pour de brillants mariages, de joyeux baptêmes, et aussi, hélas !.. car ainsi va la vie, pour des enterrements parfois prématurés.
Deux demoiselles Thélu , de Fressin, épousèrent deux jeunes Lillois.
Le dimanche î6 février 18^3, c'est Mademoiselle Marie-Joseph-Ursule Thélu qui épouse M. François- Théodore Hay, de Lille, paroisse de La Madeleifte. On y voit comme témoins Jacques VioUette et Xavier Louvet, tous deux notaires à Fressin et oncles de l'épouse ; M. Thomas Santallier-Thélu, son beau-frère, domicilié à Conflans-Charenton.
Le dimanche 29 février 1824, c'est Mademoiselle Marie-Françoise-Adelaïde Thélu qui épouse M. Jean- François-Jules Vrau , également de Lille , paroisse Saint-Maurice. On y voit encore comme témoins les deux notaires royaux de Fressin, oncles de l'épouse, M. Joseph Vrau, père de l'époux, et M. Philibert Vrau, son frère.
Saluons en passant ce nom de Vrau, si cher aax catholiques du Nord. Il est synonyme de foi éclairée et d'exceptionnelle générosité.
La même année, le mercredi 13 octobre 1824, Mîademoiselle Clémentine-Joséphine Viollette épousa Albert lîlondel, d'une famille d'Aire-sur-la-Lys, honorablement posée dans le commerce. Deux notaires, oncles de l'épousée, assistèrent à la cérémonie : Messieurs Jacques Viollette, notaire à Fressin, et Auguste Viollette, notaire à Hesdin.
Notons, pour l'année 1823, la mort non prématurée, mais subite, de Charles-François-Siméon-Joseph Thélu, arrivée le i*^"^ janvier; celle de M"^*^ L9uis Viollette, née Madeleine- Antoinette Maquaire, à l'âge de quarantehuit ans seulement, le 18 janvier ; le 4 avril, celle d* An-
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toine Bacqueville de la Vasserîe, qui s'éteint à l'âge de 90 ans, et qui nous paraît ne plus laiss-r qu'une fille après lui à Fressin ; son fils, le docteur Bacqueville, est établi à Arras. Le 2 octobre, nos deux notaires, Xavier Louvet et Jacques Viollette rendent les derniers devoirs à M. le prieur Playoult, leur bon ami, mort âgé de 80 ajis.
Le 23 novembre 1827 est une date, et Alexandre Héame est un nom que tout bon fressinois doit porter gravés dans le cœur.
Ce jour-là, à la requête de cet homme, M*^ Gosselin, notaire à Fruges, rédigea deux actes fort intéressants pour la paroisse.
Par le premier de ces actes, M. l'abbé Alexandre- Joseph Héame, curé de Boningue-lez-Ardres, donnait . à la commune de Fressin une maison avec ses dépendances, grange et jardin, à la v:harge d'en faire: i*^ une maison vicariale ; 2° vmQ école pour les garçons. Le Conseil municipal, considérant que la commune a 1,200 habitants et n'a pas de local pour l'école, accepte avec empressement la libéralité de M, Héame (Séance du 28 février 1828).
Par le second acte, M. Héame donnait à la Congrégation de la Sainte-Famille d'Amiens, différents corps d'immeubles situés aux terroirs de Fressin, Herly et Ergny, à charge par ladite Congrégation, d'instruire gratuitement et à perpétuité quarante filles pauvres chaque année, de la paroisse de Fressin. A ce sujet, le Conseil municipal ne peut tarir d'éloges à l'égard de M. Héame.
M. Jean-André Leprêtre, mourut en sa charge, le samedi 29 mars 1828, âgé de soixante-quatre ans et neuf mois. Ses obsèques, chose singulière! eurent lieu dès le lendemain dimanche, et furent faites par M. Delahaye, curé de Sains, sans qu'il soit parlé de
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rintervention du doyen de Fruges ni d'aucun autre ecclésiastique (i).
(1) Tetite g^ane d*é[*is oubliés.
X En 1807, M. Alexandre Joseph Héame était curé àe Selles. Il vint assister à l'enterrement de son frère.
M II revint encore à Fressin, en 1808. pour le mariage d'Aimable Salle et de Philippine Héame. II fit la cérémonie. - X En 1811, Gabriel Lourdcl, ancien prieur de St André-les- Aire, baptisa sous condition un fils de Martinien Robbe, qui avait été baptisé par le chirurgien Grégoire Letailleur. Le parrain fut M. Jacques- Marie Viollette, qui avait la charité de rendre souvent ce service.
X Le 2 avril l8ll, Philippe-François Viollette, curé de Maresquel, vint assistée à ^'enterrement de son neveu Jule^t-Philippe Viollette, âgé de l3 ans.
X Le 18 aviil, M. le curé Héame assistait à l'enterrement de son père Louis-Joseph Héame, âgé de 80 ans.
>• Le 7 décembre 18 12, eut lieu le mariage de Louis-Thomas Santallier, négociant à Conflans-Charenton, avec Marie-Fiançoise- Sophie Thélu, fille de Jean-François-Alexandre-Bonaventure Thélu, membre du Collège électoral du département, de la Société d'Agriculture, du Commerce et des Arts de Boulogne-sur-Mer, propriétaire et maire de Fressin, — et de Marie-Ursule-Sophie Viollette, Y assistèrent comme témoins ;
Charles-François-Siméon-Joseph Thélu, chef de cohorte., oncle de l'épouse ;
Jacques-Marie Viollette, avocat et notaire impérial, son aïeul ;
Marie-Catherine Viollette, sa grande tante ;
Auguste-Xavier Louvet, notaire, son bel oncle du côté maternel;
Jacques Viollette, juge de paix de Fruges ;
Louis-Benoît-Joseph Viollette, propriétaire, et Philippe-Auguste Viollette, notaire à Hesdin, oncle de ladite épouse ;
Pierre-François- Augustin Louvet, avocat, cousin germain.
X 1814, 7 mai. Enterrement de Marie-Catherine Viollette.
X l8l5. — Louis-Joseph Mahieu, artiste vétérinaire à Fressin, marie une fille à Moïse Berlhe.
»< 1818. — 26 décembre. Enterrement de JacquesViollelte, notaire royaly âgé de 86 ans.
>« 1819. — 22 novembre, mort de Marie-Françoisc Cras, en religion sœur Marguerite, ancienne religieuse converse de l'abbaye de Montreuil.
»c 1820, 22 février, M. Legrand, ancien religieux de Marchiennes, vicaire de Bucamps, vient à Fressin marier Pierre-Antoine Panet et Rose Cras.
»c 1882, 29 mars. M. Leprétre, scion une chronique, serait mort d'un saisissement. Un jour qu'il avait reçu et hébergé son marchand de vin, il fut volé. On lui prit de 5CO à 600 francs. A-t-on soupçonné et poursuivi l'ami, le commensal du curé f On n'a point su nous le dire. Narcisse Berthe connut le coupable. Il le vit sortir du presbytère, sans oser pourtant le dénoncer. A 80 ans, il se montrait moins réservé et moins prudent.
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Charles-Nicolas Dblahayb.
M. Charles Delahaye, fîls de Pierre-François Delahaye et d*EIisabeth-Bonavenlure Masson, fut transféré de Sains à Fressin, dont la cure ne souffrit point de vacance. Il ne devait point rester plus de quatre ans dans cette paroisse.
Fressin avait alors un nouvel instituteur, Antoine Canu, qui signe souvent aux actes de catholicité. Cependant l'ancien maître d'école, J.-B, Dupond, conserve sa place au lutrin, et M. le curé Delahaye lui donne bien souvent, dans les actes publics, la qualification de « grand chantre » de l'église de Fressin.
C'est avec M. Delahaye que nous commençons à avoir des documents suivis sur l'administration temporelle de la paroisse. C*(st avec lui que s'ouvre notre premier registre des délibérations du Conseil de Fabrique. Jusque- là le règlement de 1809 était resté chez nous à l'état de lettre morte, et nos bons maiguilliers suivaient leurs vieux usages. Sans doute, le décret impérial de 1809 fut une sorte d'usurpation, un empiétement. L'État, s*il voulait sincèrement le bien, laisserait à l'Eglise la liberté entière de son administration ; il n'exigerait pas qu'elle se fit hum- We pour lui assurer sa protection. Toutefois, considéré en lui même, le décret de 1^*09 est bon ; il est la reproduction d'anciens règlements, notamment de celui de Saint-Jean-en-Grève à Paris, qui avait toujours été considéré par les jurisconsultes comme un modèle de législation. Mgr Parisis prisait fort le décret de 1809 ; Mgr Freppel consacra à sa défense les derniers accents de sa voix. Ce n'est pas à jM. l'abbé Charles Delahaye qu'on en doit la mise en pratique à
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Fres^in. Aux termes du procès-verbal du lO octobre 182?, la réunion eut lieu, et la rçorganisation du Conseil fut faite en vertu d'un ordre de Mgr l'Evêque d'Arras, ordre communiqué par M. le doyen de Fruges. Or, en assurant l'exécution du Règlement de 1809, Mgr de la Tour d'Auvergne ne faisait luimême qu'obtempérer aux Circulaires de Mgr Frayssinous, évêque d'Hermopolis, Ministre des ^ Affaires ecclésiastiques et de I* Instruction publique. Ces Circulaires, datées du 5 juin et 18 août 1827, et naguère invoquées, au Luxembourg et ^au Palais-Bourbon, par des politiques qui veulent rendre l'Eglise absolument esclave, n'avaient d'autre but que le bien des fabriques, en exigeant des comptes annuels et gratuits.
A la réunion du 10 octobre, M. Martin Cappe donna sa démission, et il fut remplacé par M. Pierre- Fraiiçois-Augustin Louvet, juge de paix du canton de Fruges, domicilié à Fressin. Furent également nommés membres du Conseil: M. Antoine Fiolet, cultivateur, et M. Jacques-François Viollette, notaire royal, lequel fut ensuite élu président. Les anciens membres étaient MM. François Samier, célibataire, et Gilles Desmons, propriétaire cultivateur. Les deux membres de droit étaient M. le Curé Delahayc et M. le Maire Pruvost.
Le bureau se composa de M. le Curé, membre de droit, et de M.M. Louvet, Samier et Desmons. M. Desmons accepta les fonctions de président, M. Louvet celles de secrétaire, et M. Samier celles de trésorier;
Précédemment la charge de trésorier était remplie par M. Pruvost, qui n'avait pas rendu de compte depuis le 7 thermidor an XI. Le 26 avril 1829, il apporta un compte de vingt-cinq ans, s'arrêtant au i«^ janvier 1828.
La Paroissr o7U
Les recettes, dans cet intervalle, s'étaient élevées à 15,468 fr. 48 c. ; les dépenses, remises, frais divers, cU\, à 15.745 fr. 91 c. La fabrique restait donc devoir à M. Pruvost la somme de 277 fr. 43 c.
11 peut être intéressant de connaître la justification des dépenses. Elles se divisaient amsi :
P Dii)eiis(îs eire-Uiêes. . 10.457 fr 20
2^ Remises 4.135 fr. .7
Savoir :
Rentes transférées à l'hospice de Montreuil 711 50
Créances sur l'Etat, venant de la dette des Etats d'Artois et de M. le Comte de la Tour d'Auvergne émigré .... 763 61
Sommes dues par divers, rentes surcensiè-
res, bancs et chaises 2033 il
Sommes portées en double emploi aux recettes et créances irrécouvrables . . . 6i(> 85
3® Soîiinifts réclamées par le c*>inplable. 1.153 fi 54 c.
Savoir :
Droit de recette à 5 ^/^ sur 11.333 fr. 42 . 566 67 Frais de reddition de quinze comptes . 390
(dont il a été fait mention page 361) Frais de démarches et d'avances de fonds
pour plaider, de 1804 à 1810 .... 196 87 Le Conseil ne fit aucune observation à propos du droit de recette réclamé par M. Pruvost, bien que, sous ce rapport, il fût en défaut avec la lettre et l'esprit de la loi. Le Maire, non seulement ne peut être trésorier de la fabrique il ne peut même pas être membre du Bureau. Mais M. Pruvost exerçait les fonctions de trésorier avant d'être maire. Reste la rémunération de ses services ; c'est un principe essentiel que toutes
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les fonctions^ dans le Conseil de fabrique, sont absolument gratuites. La fabrique peut, sans doute, faire opérer ses recettes par un employé salarié, et c'était nécessaire avant la Révolution, à cause du grand nombre de débiteurs ; mais le trésorier n'a droit à aucun traitement; ni indemnité.
Le Conseil, qui acceptait le droit de recettes, se montra plus difficile sur les frais du compte. Nou$ transcrivons :
u Le Conseil ayant remarqué qu'ime somme de trois cent-quatre-vingt-dix francs était portée pour frais de Reddition de Compte, a cru devoir faire observer au rendant qu*un Arrêt de Règlement des Grands Jours de Clcrmont du trente octobre 1665 et un Edît du mois d'avril 1695 article 17, voulaient que les comptes des paroisses fussent rendus sans aucuns frais, salaires ni vacations, à peine de Répétition de deux cents livres d'amende contre ceux qui auraient pris quelque chose pour raison de ce. Mais M. Pruvost, par la représentation d'anciens comptes, a prouvé qu'aussi loin qu'on pouvait remonter, il avait toujours été accordé des frais de reddition de Comptes aux receveurs de la fabrique de la paroisse de Fressin, quoi qu'aucun de ceux qui l'ont précédé ne se soit trouvé dans des circonstances aussi difficiles que celles dans lesquelles il a accepté ces fonctions au sortir de la Révolution; il a ajouté qu'il devait suffire d'ailleurs, de jeter les yeux sur les nombreux et volumineux cahiers qui renferment le compte-rendu de sa gestion pour apprécier la modération de sa demande. »
Le conseil de fabrique se rendit de bonne grâce à ces raisons, et les sept membres présents déclarèrent accepter le compte de M. le maire Pruvost.
On voit que les fonctions de secrétaire n'étaient pas, pour M. Louvet, des fonctions purement nominales*
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Après cette réunion d'avril 1.829, nous n'en voyons plus de mentionnée au procès-verbal jusqu'au 23 juillet 1832. Mais M. Ddahaye n'était plus alors curé de Fressin.
Dans l'intervalle. M. Delahaye perdit son père, qui mourut au presbytère de Fressin, le 9 juin 1830.
M. Delahaye bénit trois grands mariages en ses quatre années de ministère, deux à Fressin et un à Planques.
M*^^*^ Sophie-Françoise- Joséphine Thélu, fille des feus Charîes-François-Siméon-Joscph Thélu , ancien trésorier de France, et de dame Alexandrine-Joséphine Dubois, épousa, le I7 juillet 1327. son cousin germain, M. Armand-Pierre-François Le Noir, capitaine au 13^ régiment de chasseurs à cheval, en garnison à Tarascon, fils de feu M. Pierre Le -Noir, chevalier de St- Louis.
Il fallut deux dispenses, celle de parenté et celle de l'heure prohibée ; car ils eurent le mauvais goût de se marier à onze heures et demie du soir.
L'époux signait : A. Le Noir, vicomte de Montreuil.
Les témoins furent Messieurs Honaventure Thélu et Xavier Louvet, de Fressin ; Quandalle, de Montreuil, et Dubois, d'Amiens.
Le 7 avril 1830. avaient lieu, le même jour, ce qui est parfait et de bon exemple, la naissance et le baptême de Sophie-Anna Le Noir, fille du capitrine Armand Le Noir, vicomte de Montreuil, qui signe : Vicomte Le Noir.
Nous avons connu Madame la vicomtesse Le Noir, qui était bien la plus grande dame de Fressin. Tout en elle était grand : le cœur, l'esprit et la dignité. Elle eut la douleur de survivre à ses deux filles, et nous celle de voir ses petits enfants vendre l'habitation et cesser de passer l'été dans le pays, où cette
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famille faisait tant de bien par ses exemples et ses largesses.
I^e 14 mars 1831, M! Désiré Lemarchand, demeurant à Montreuil, épousa à Fressin M'"* Marie-Augustine- Hermine Thélu, fille de feu Jean-François- A lexandre-Bonaventure Thélu et de Marie-Ursule-Sophie VioUette. Assistèrent au mariage en qualité de témoins, pour l'épouse : les deux notaires de Fressin, Xavier Louvet et Jacques Violletle ; pour l'époux : Messieurs Delye et Poultier, de Montreuil.
Le lendertnain, 15 mars, M. Delahaye mariait M. Jules de Werbier, domicilié à Aire, et M'"" PuJchérie de Contes d'Égranges, fille de Baudouin de Contes et de Vénérande Théret. Les témoins furent M. le marquis de Parlz de Pressy, d'Équirre ; M. de Lencqucsaing, d'Antigneul ; M. Jules de Bernard, vicomte de CaiQiine ; .M. le chevalier de Contes; M. François de Contes.
Dans l'intervalle, le 14 juillet 1830, M. Boudry. desservant du Biez, était venu à Planques donner la bénédiction nuptiale à Henri Boudry, de Créquy, qui épousait Victorine Dufumier, de Planques.
Le 5 janvier 1832, M. Nicquet, de Marconne, qui avait remplacé M, Delahaye à Sains, et qui devait mourir curé d'Izelles-Hameaux, après avoir été longtemps curé de Coupelle- Vieille, vint faire un baptême à Fressin, en l'absence de TS/L le Curé.
Cette absence, dont on ne donne point la raison, devait être définitive. Le 17 janvier, un mariage était célébré dans l'église de Fresfin par M. Coubronne, desservant.
Le nouveau curé de Fressin crut, après information, devoir donner la garantie de sa signature à plusieurs actes de l'église de Flanques que M. Delahaye, au terme de son séjour à Fressin. avait laissés inaehevés.
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Louis-Joseph Coubronnb.
M. Louis-Joseph Coubronne, né à Radinghem, de François-Joseph Coubronne et de Jacqueline Jouly, arriva à Fressin aux premiers jours de 1832, et y mourut, âgé seulement, de 57 ans, le 31 avril 1842. C'était un excellent pasteur, estimé de ses supérieurs pour son mérite et apprécié de ses paroissiens pour sa bonté. Il venait d'Audincthun quand il fut envoyé à Fressin. et, avant Audincthun, il avait été curé de Berck, qui n'étr.it pas alors une ville de six mille âmes.
Le 23 juillet de cette année, M. Nicolas Dewailly fut nommé fabricien et trésorier en remplacement de M. François Samier, démissionnaire pour raison de santé. Les autres conseillers étaient encore ceux de 1828.
Vers cette époque, Mgr de La Tour d'Auvergne crut qu'un seul prêtre pouvait suffire à la paroisse de Fressin et Planques, et transféra le vicariat de Fressin à Ecottes, au doyenné de Guines (i).
Toutefois, le prêtre en possession du vicariat indépendant de Hucamps, au doyenné de L'illièvres, fut chargé de dire une messe dans l'église de Planques les dimanches et fêtes ; à quelles conditions, nous l'ignorons. Pour toutes les prérogatives pastorales,
(1) Notre texte buit ici la leçon qui nous est donnée par M. Bonhomme dans le « Rejjistre de paroisse ». Mais, au moment où nous corrigeons les épreuves de cet article, nous rompuUons les Archives de la mairie de Fressin pour la troisième partie de notre travail, et nous y trouvons un renseignement qui contred t un peu ce qu'on vient de lire. La suppression du vicariat de Fressin ne serait pas due h l'initiative de Mgr l'évéque d'Arras, mais à celle de M. le curé Coubronne, qui aurait refusé de recevoir un vicaire déjà nommé. Ce procédé expliquerait une tension de rapports que nous avions constatée sans la pouvoir comprendre, entre le curé et les représentants de la Commune.
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M. Coubronne restait néanmoins curé de Planques sans aucun partage d'autorité. Lui seul y allait dans la semaine, lui seul y pouvait administrer les sacrements. En 1836, le neveu de M. le curé de Fressin, M. Louis Coubronne, ayant été nommé au vicariat de Bucamps, l'oncle et le neveu ne tardèrent pas à s'arranger. En vertu de cet accord, qui reçut l'approbation de l'évêque diocésain, l'abbé Coubronne, officiellement vicaire de Biicamps, fut chargé de toute l'administration, et conséquemment perçut les revenus de l'église de Planques. Cet arrangement fut renouvelé, en 1842, entre M. Bonhomme et Tabbé Coubronne neveu. Il fut pourtant stipulé que la publication des bans de mariage continuerait de se faire à l'église de Fressin.
En remettant sa démission en juillet 1832, M. Samier n'avait pas remis son compte. Il l'envoya le 13 décembre, la maladie ne lui permettant pas de le présenter lui-même. Ce compte allait du i^*' janvier 1828 au 31 décembre 183 1. Malgré les prescriptions formelles du Règlement de 1809, on persistait ici à ne pas rendre de compte annuel. 11 y a même lieu de croire que si M. François Samier n'avait été contraint de se démettre à cause de ses infirmités, il aurait encore continué plusieurs années à gérer les affaires de l'église sans rendre compte de sa gestion, selon l'ancienne coutume de la paroisse.
Dans l'intervalle des quatre Années, l'actif
avait été de 4,002 ^'^ 08
Le passif, dépenses ou remises, de. . 4.178 34 D'où un déficit de 176 26
L'administration supérieure et la loi n'admettent pas ce genre de déficit. Les dépenses payées ne peuvent, en aucun cas, être supérieures aux recettes effectuées. S'il y a un déficit, c'est qu'il y a des dettes à payer.
Goos
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Ainsi en doit-il être régulièrement. Cependant M. Samîer avait payé tous les employés et fournisseurs de l'église. Il avait payé de ses deniers, c'est-à-dire que la fabrique avait contracté un emprunt sans y être autorisée et même sans le savoir. La fabrique n'avait point la caisse légale à trois clefs ; elle n'avait même point de caisse du tout. Le trésorier mêlait les deniers de la fabrique avec ses propres deniers, ce qui paraît s'être continué depuis lors. C'est donc au trésorier Samier que l'église de Fressin devait 176 francs. Il résulte du procès-verbal que le trésorier constituait alors à lui seul tout le bureau. Il achetait et faisait travailler sans consulter personne. Loin de lui en faire un reproche, le conseil le remercie d'avoir veillé à l'entretien de l'église, d'y avoir fait faire des réparations urgentes et de les avoir payées de ses propres fonds.
A la réunion du 26 juillet 1833, nous ne trouvons que quatre membres. Le trésorier Dewailly propose et le conseil décide qu'une demande sera adressée à M. le Préfet pour être autorisé à poursuivre plusieurs débiteurs de rentes, à l'effet de les forcer à payer les arrérages de cinq années et à souscrire un titre nouvel. Parmi ces débiteurs nous trouvons un notaire de Pasen-Artois, M. Delanoi, marié à une Dewamin de Fressin.
Le budget A^oté le 16 mars 1835 porte un excédent de 26 fr. 69 c. sur les dépenses ordinaires. Il y aura pourtant un déficit ; car on vote 364 fr. aux dépenses extraordinaires pour réparations urgentes à faire à l'église et au presbytère. Louis Dusolon, maître charpentier, est chargé de dresser le devis des dites réparations.
Quelques jours apiès , le 30 mars, M. Martin Cappe est élu membre du conseil en remplacement de