‹ Fressin; histoire, archéologie, statistiqueChapitre 89 sur 136 · Fkbssin · texte numérisé non relu

Fkbssin

M. Louvet, devenu membre de droit en sa qualité de maire.

Voici le résumé du budget suivant:

Recettes présumées .... 394 ^^ 6g Dépenses ordinaires .... 360 50

Excédent 34 69

Mais les dépenses extraordinaires s'élèvent

au chiffre de 325 ^*"-

D'où un déficit de 290 31

Le conseil s'adresse à l'autorité compétente pour que, vu l'urgence, il soit subvenu aux dites dépenses.

A cette époque, le prix des bancs s'était élevé. On payait en moyenne de i fr. 75 à i fr.^05 pour les petits, 3 fr. pour les grands, de i fr. 50 à 0,55 pour les chaises. Il y avait un grand banc loué 6 francs.

Le 28 octobre 1835, M. Coubronne bénit le mariage de M. Charles-Joseph Waulle, de Ruisseauville. fils de Pierre-Joseph Waulle et de Marie-Claire Hocq, avec Mademoiselle Marie-Françoise Pruvost de Fressin, fille de Jean-Baptiste Pruvost et de .Marie-Cécile Dupré. Les témoins furent MM. Jean-Baptiste et Joseph Pruvost, frères de l'épouse, Jacques-François et Benoît- Joseph Viollette, Evrard et Guilbert.

En 1836, M. le curé de Fressin eut le plaisir de voir arriver près de lui un de ses neveux. M, l'abbé Louis Coubronne, en qualité de vicaire de Bucamps. Nous avons dit plus haut qu'il se déchargea sur lui du soin de l'église de Planques. Dans le premier semestre de l'année 1836, le vicaire de Bucamps vint même assez souvent aider ou remplacer son oncle de Fressin pour les baptêmes et les enterrements. A

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Planques, il signait d'abord : Coubronne, vicaire de Bucamps. A partir du mois de mai 1836, il signa: Coubronne, vicaire de Planques.

Le 24 juin de de cette année-là, en la fête de Saint Jean-Baptiste, Sa Grandeur Monseigneur de la Tour d'Auvergne Lauraguais, évêque d'Arras, était à Fressin. Il administra dans notre église le sacrement de Confirmation à 610 personnes, dont 95 de Fressin et 15 de Planques.

NojLis avons à signaler, pour l'année 1837, deux importants mariages de cultivateurs : le 10 juillet, celui d'Auguste Vauchel, de Wambercourt, avec Marie- Rose Briche, de Fressin ; le il octobre, celui de Joseph Carré, de la Carnoye, paroisse d'Auchy-les- Moines, avec Victoire Briche.

Dans l'intervalle, le 12 septembre, était décédé, célibataire, à l'âge de 76 ans, M. Jacques-François-Joseph Viollette, ancien notaire. Il fut remplacé, le 10 novembre, au conseil de fabrique, par M. Emile Viollette, également notaire.

Le 23 avril précédent, M. Gilles Desmons ayant donné sa démission pour raison de santé, fut remplacé par M. Jean-Jacques Desmons. propriétaire. Ce dernier ne devait faire que passer. Ayant quitté la paroisse, il était, dès le i" avril 1838, remplacé par M. François Desmons, propriétaire à l'Epaule. M. Martin Cappe, qui avait aussi emporté ailleurs ses pénates, fut remplacé, à la même séance, par Pierre-Joseph Bruchet, maître menuisier.

Le 12 septembre 1838, M. Jules Michaux, officier de santé, domicilié à Fressin, né à Bellebrune, de parents depuis domiciliés au Waast, épousa Mademoiselle Zélie Corne, née à Maresquel, fille du régisseur des bois de Fressin, Créquy et Sains. M. Michaux exerça quelque temps à Hesdin et à Hucqut-liers; mais il ne

tarda pas à revenir à Fressîn, où il est mort le 29 mars 1891.

A la réunion du conseil de fabrique qui se tînt le 8 janvier 1839, M. le Maire Louvet exposa que la haie bordant le cimetière sur la grand'rue glissait sur la chaussée, entraînée par des arbres. Il fut décidé que l'on abattrait la haie, qu'on en replanterait une autre au haut du talus allant delà barrière du Levant à la petite chapelle de l'extrémité Ouest. Les arbres seront vendus au profit de l'église. Le prix servira à restaurer le glen du presbytère du côté de la rue, et l'on y emploiera les vieilles ardoises de la sacristie récemmente recouverte à neuf.

La grille en face de l'église et la tranchée qui lui fait suite n'existaient point en 1839.

Le Registre des délibérations était rempli. On en ouvrit un autre pour la séance du 7 avril 1839, Depuis cette date jusqu'au 17 avril 18S7, les différents cahiers renfermant les délibérations des Conseil et Bureau de la fabrique de l'église de Fressin sont numérotés, feuillet par feuillet, paraphés et signés Emile VioUette au premier et au dernier feuillet.

Le premier cahier coté contient 28 feuillets; le deuxième en contient 46 ; le troisième en contient 48. Le premier cahier conservé, mais non côté, en avait 10, ce qui fait 132 feuillets ou 264 pages in-folio, allant d'octobre 1828 à avril 1887. A celte date, nous avons fait relier les quatre cahiers sus-meritionnés avec assez de papier blanc pour permettre d'y insérer les actes de la fabrique la plus grande partie du siècle prochain.

Le procès-verbal du 7 avril 1839 inaugura un type nouveau de rédaction qui durera jusqu'en 1879, c'està-dire tout le temps que les procès-verbaux seront rédigés, soit par un clerc de notaire sous la direction de M, Emile Viollette, soit par M. Emile Vîollette

lui-même. C'est régulier, légal, parfait. On trouverait difficilement, ijiême dans de grandes paroisses, une pareille série de procès-verbaux aussi bien faits.

A chaque séance, après indication de l'objet de la réunion, on énumère par leurs nom, prénoms et profession, les membres de droit, puis les membres électifs. Pour la première fois, nous voyons mentionner le décret de 1809 pour remplacer deux membres qui ont terminé la période de six années. Norbet Fiolet est élu en place d'Antoine Fiolet, son père ; Nicolas Dewailly est réélu. On élit ensuite un membre du bureau ; le Conseil nomme son président et son secrétaire. Chose à noter ; M. Emile Viollette est nommé président du Conseil.

Le Bureau tient ensuite une séance à part, ce qui donnera lieu à un autre procès-verbal. Mais ici apparaît une irrégularité qui se perpétuera jusqu'à la mort de M. Emile Viollette. Président du Conseil, il ne peut être en même temps membre du Bureau. Or, M. Emile Viollette est à la fois président du Conseil et président du Bureau. On a vu ailleurs des choses plus graves, des maires ou des curés exercer, par exemple, les fonctions de président et parfois même de trésorier. Jeunes confrères, n'assumez jamais cette responsabilité. ^

Le tableau du Conseil, en avril 1839, se réfère à diverses réunions non mentionnées au registre des délibérations. Il faut en conclure qu'auparavant on .se réunissait quelquefois, soit pour former le budget, soit pour procéder à des élections, sans dresser d'acte de ces réunions.

Après le Bureau, le Conseil tint une deuxième séance, toujours le 7 avril 1839. Je crois que cela ne s'est fait nulle part ailleurs qu'à Fressin. C'est du vrai parlementarisme. Pensez-y : trois séances

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en un jour, trois séances sans désemparer ! on en vit certains jours quatre, et même cinq ! S'il y avait trois sujets à traiter, au lieu de les réunir sous un même procès-verbal, divisé en paragraphes, on en faisait l'objet de trois procès-verbaux distincts. Le 7 avril, le Conseil se réunit à quatre heures après midi pour les élections, et à sept heures du soir pour les comptes.

Dans l'intervalle, le Bureau a tenu sa réunion particulière à 6 heures. C'est plus que régulier, c'est du formalisme exagéré.

Le 27 novembre 1839, M. Héame, desservant de Boningue-les-Ardres, demande à rembourser une rente du produit annuel de onze francs quarante centimes. Le Conseil autorise son trésorier à recevoir 242 fr. 46 c, prenant pour base non le revenu de 11 fr. 40, mais la somme de 14 livres 5 sous fixée dans un acte du 2 janvier 1685, reçu par M^ Souillard, notaire à Fressin, par lequel acte un sieur Le Josne, aux droits duquel se trouve le dit sieur Héame, reconnaît dçvoir cette rente à l'église. Un jugement du 19 décembre 1809, rendu par le tribunal de Montreuil, avait condamné les auteurs du sieur Héame au service de cette rente.

En 1840 et 1841. On ne tint de séances qu'à Quasimodo pour les élections. On n'y mentionna point les comptes.

Un mariage de haute volée eut lieu à Planques le 27 octobre 1840. M. l'abbé Charles-Edouard Terninck, chanoine, secrétaire particulier de Son Éminence Mgr le Cardinal de la Tour d'Auvergne, évêque d'Arras, bénit l'union de son frère, M. Auguste Terninck, percepteur, né à Arras, domicilié à Ablain St-Nazaire, avec Mademoiselle Adèle de Contes, une descendante des Créquy, fille de Baudouin de Contes et de Vénérande Théret.

Go

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Assistèrent au mariage, du côté de l'cpouse : le baron de Contes, son père ; son frère Hippolyte de Contes, et son beau-frère Jules de Werbier ; du côté de répoux : Mademoiselle Aimée Terninck, sa sœur, et François-Joseph Lefebvre-Dupré, président du tribunal de Béthune, son oncle.

Quelques jours après, M. le curé de Fressin enterrait dame Marie -Antoinette- A Ibertine- Joseph Dehancm, âgée de 75 ans, épouse de M. Jean-François-Norbert Viollette. Leur fils, M. Antoine-Françoîs-Norbert habitait Wambercourt, Un an s'était à peine écoulé que M. Norbert Viollette suivait sa femme dans la tombe. Il mourut le 22 novembre 1841, âgé de 70 ans. Sa mort suivait d'un mois celle de Marie- Ursule Viollette, veuve Thélu. Madame Thélu mourut à Hesdin, à l'âge de 78 ans; mais ses funérailles eurent lieu à Fressin.

Le i" Juin 1841, Monseigneur de la Tour d'Auvergne administra le Sacrement de Confirmation dans l'église de Tramecourt. M. Coubronne, vicaire de Bucamps, y conduisit deux garçons de Planques, annexe de Fressin.

La première partie de l'année 1842 fut pour notre paroisse féconde en événements de caractères bien différents. Toutefois, la note triste y domina. On allait être privé, avant l'heure, des soins d'un bon prêtre. Si Ton eut, le 27 mars, le jour de Pâques, la fête si belle de la première communion, c'est que M. Coubronne, sentant ses forces diminuer et la mort venir, avait par précaution avancé la date de cette cérémonie. Tout le mois d'avril, il dut recourir à la charité de son neveu, le vicaire de Bucamps. Il succomba enfin le 22 de ce mois, et ses funérailles eurent lieu le 25. Les derniers devoirs lui furent rendus par M. Dénin, curé de Fruges. L'acte de sépulture fut signé par

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M. le doyen et deux abbés Coubronne : M. Louis- Marie Coubronne,. vicaire de Bucamps, avec qui le lecteur a fait connaissance, et M. Auguste Coubronne, frère du défunt, curé de Humbert et Saint-Michel, dont le nom nous est ici révélé pour la première fois.

Nul ne fut plus pénétré que M. Coubronne de Fressin de l'obligation d'enseigner la religion aux petits et aux grands. 11 faisait fort exactement le catéchisme ; il donnait chaque jour une leçon de liturgie à ses enfants de chœur, leur expliquant le Paroissien. Il les tutoyait, il est vrai, il leur parlait patois, et, à l'occasion, leur donnait une chiquenaude ; mais on lui pardonnait ces travers en considération de sa bonté. Il ne manquait jamais de faire le prône le dimanche; il lui arriva même de dépasser un peu la mesure désirée par ses paroissiens. Un vétéran du Sacerdoce nous assure qu'on lui offrit un jour une augmentation de cinquante francà pour l'indemnité de seconde messe, s'il consentait à ne pas prêcher à la messe basse du dimanche. M. Coubronne n'y consentit point.

Ce renseignement n'est pas de tout point exact. Nous avions constaté avec surprise qu'il n'était point fait mention d'indemnité pour seconde messe, ni de supplément au curé, dans les comptes de la Commune pour les années 1839, 1840, 1 841, et nous supposions que M. Coubronne recevait d'une autre manière la somme à laquelle il avait droit. Mais la délibération du Conseil municipal du 18 maf 1842 nous révéla la vérité, une triste vérité. Le Conseil observe que «pour des raisons qu'il est inutile de rappeler ici » il avait jugé à propos de supprimer du budget la somme allouée annuellement au desservant à l'occasion de la seconde messe, laquelle somme, qui était primitivement de 300 francs, avait été successivement réduite à 200, puis à 150 et enfin à 100 francs. Vu nouveau curé

Go •.,:^

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étant arrivé à Fressin, le Conseil juge équitable de rétablir Tallocation au budget.

M. Coubronne n'était donc pas en faveur auprès de certains riches qui menaient le Conseil municipal. La façon dont ils montrèrent leur antipathie manque absolument de noblesse, et n'est point à leur honneur.

Deux missionnaires, M. l'abbé Michel et M. l'abbé Sellier, évangélisaient la paroisse de Fressin lors de la maladie et de la mort de M. Coubronne. Ils avaient été appelés par l'excellent curé, afin que son troupeau ne souffrit point de son impuissance à le soigner. On nous a dit depuis que ces deux Pères, car ces deux messieurs, ces deux abbés étaient deux Pères Jésuites, dont l'un, le Père Sellier est bien connu dans la contrée par la sainteté de sa vie comme par son originalité ; on nous a donc dit qu'ils avaient élé appelés par M. Héame et logés par lui dans la maison qu'il avait donnée à la Commune pour servir de maison vicariaie. On ajoutait que cette mi.ssion, donnée malgré lui, abrégea les jours du curé de Frosin. Ce sont là des racontars de village auxquels il n'y a pas lieu de s'arrêter. Mais on peut admettre que M. le curé de Boningue ait tenli à venir en aide à son confrère de Fressin.

A un tableau qui fut adressé, par ordre de Mgr. Parisis, en 1861, des Missions données dans le diocèse, de 185 1 à 1860, M. Bonhomme ajoute en post-scriptum :

« La paroisse de Fressin avait eu une mission en 1842, prêchée par les Révérends Pères Sellier et Michel, et qui a duré six semaines. Les résultats n'avaient pas satisfait pleinement les Révérends Pères. »

Remarquons ce changement de note dû à l'influence saine de Mgr Parisis. En 1842, on n'osait j^oint parler de Jésuites ni de Révérends Pères. Au temps

où dominaient les Michclet et les Quînet, il fallait dire : Monsieur le missionnaire, Monsieur Michel.

Les Révérends Pères, le Père Michel principalement, paraissent avoir été chargés du service de la paroisse pendant l'intérim. De la fin d'avril à la fin de mai, ils signèrent les actes de catholicité à tour de rôle avec le vicaire de Bucamps.

Un acte du i6 mai réunit cinq mariages. Le Père Michel ne dit pas qu'il a reçu délégation pçur recevoir le consentement des dix époux qu'il avait devant lui.

Pendant la mission et pendant la vacance de la cure, la paroisse de Fressin eut à recevoir l'évêque d'Arras, Monseigneur de la Tour d'Auvergne, qui était revêtu depuis moins de trois ans de la pourpre romaine. Son Éminence venait de séjourner à Hesdin, oà Elle avait administré le sacrement de Confirmation, dans la matinée du lundi des Rogations, 2 mai 1842, officié pontificalementà la grand' messe de l'Ascension, et présidé, après les vêpres du même jour (x), une procession du Saint-Sacrement dans les rues de cette ville. A Fressin, le Cardinal descendit chez M. Louvet. Le mardi 10 mai, il conféra' la Confirmation aux enfants qu'il avaiX réunis de quantité de paroisses , jusque-là que ceux d'Embry eurent à se rendre dans notre église. Son Éminence ne fit, pensons-nous, que deux stations dans le doyenné, une à Fressin et l'autre à Fruges.

Quelques jours après, le 17 mai, M. l'abbé Bonhomme se faisait installer parle Conseil de fabrique. Sa nomination avait été signée le 7 du même mois par Son Éminence qui était alors à Hesdin, c'est*à* dire en rapport avec Sains et Fressin.

(1^ C'est par erreur que nous avons donné ailleurs l'année l84l comme date de cette procession. {Hesdin^ page 395). -

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Jbak-Baptiste Bonhomme.

H. Jean-Baptiste Bonhomme naquît à Créquy, le 12 janvier 1806, de Jean-Baptiste Bonhomme et de Marie- Madeleine Bulo. Doué des plus belles dispositions naturelles, il eut la bonne fortune de trouver le plus heureux terrain pour les développer. Il fut élevé par les soins pieux d'une tante qui habitait Saint-Om^r. Il fit ses études littéraires dans cette ville avec un véritable succès ; puis il occupa la chaire de seconde au collège de Dohem pendant quelques années.

Ordonné prêtre le 13 juin 1835, il exprima le désir d'entrer dans lé saint ministère, et fut nommé vicaire à Saint-Pol. M. le Chanoine Robitaille nous apprend gue Saint-Pol eut alors trois vicaires au lieu de deux : M. Bonhomme avait pour mission de venir en aide au vénérable grand-doyen M. Evrard, dont l'âge et les infirmités ne lui permettaient plus de remplir toutes ses fonctions.

M. Bonhomme sut mériter la confiance de son supérieur et l'estime des habitants. On remarqua son talent pour la chaire et la sagesse de sa direction dans la conduite des âmes. Aussi son confessionnal était-il très fréquenté.

Étant vicaire de Saint-Pol, il sauva la vocation de deux jeunes abbés de son canton, qu'il retint chez lui à coucher un jour de rentrée au grand séminaire. Ils furent retardés d'une ordination ; mais s'ils étaient rentrés le jour réglementaire, ils auraient pu être définitivement renvoyés.

En 1841, Monseigneur de la Tour d'Auvergne nomma l'abbé Bonhomme curé de Sains-lez-Fressin ; maïs il ne fit que passer dans cette paroisse. Le 7

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mai 1842, il était nommé curé de Fressin ; il y fit signer ses pièces par le bureau des Marguilliers le 17 du même mois. < C'est là, ajoute avec raison M. le Chanoine Robitaille, qu'il devait consacrer trente-cinq ans de sa vie au salut de ceux que le Ciel avait confiés à ses soins aussi généreux qu'intelligents, et à réparer les ravages que le temps et le vandalisme révolutionnaire avaient causés à la maison de. Dieu. La bonté de son caractère et l'aménité de ses manières lui donnaient une entrée facile dans les cœurs, et lui permettaient de faire tout le bien possible. »

Sous M. Coubronne, la paroisse de Fressin s'était enrichie d'une bien précieuse institution. Un enfant de la paroisse, M. l'abbé Alexandre Héame, curé de Boningue-lez-Ardres, avait fondé une école de filles qu'il confia aux Soeurs de la Sainte-Famille d'Amiens. Il dota avantageusement cette institution, qui est un bienfait inestimable pour la paroisse et les familles. Les Sœurs sont indépendantes; elles sont absolument chez elles. M. Héame a été mieux inspiré que nombre d'autres fondateurs qui ont donné leur propriété aux communes, sans prévoir que dans ces écoles pourrait plus tard être donné un enseignement étranger, sinon contraire à toute idée religieuse.

M. Héame n'a point borné là ses bienfaits. Il donna à la commune la maison vicariale attenant à l'école des Sœurs, une maison contiguë pour lamaîrieet l'école des garçons, et couronna ses largesses par une donation de terres à la fabrique avec charge de services religieux. Que le nom de ce bienfaiteur soit à jamais en bénédiction!

A propos des fondations Héame, il est intéressant de remarquer que M. Bonhomme, dont on a loué les connaissances archéologiques et une intelligence rare de l'art chrétien, a été amené, dès sa première année

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de ministère à Frcssîn, à donner son approbation à une construction qu'il a dû critiquer sévèrement dans la suite comme une œuvre de mauvais goût. Il a sa part de responsabilité dans la construction de la tribune de l'église. On peut dire à sa décharge que, nouvellement arrivé dans la paroisse, il n'avait pas toute l'autorité dont il jouit dans la suite ; je crois plutôt qu'en 1842 il était moins sensible aux contresens et aux bizarreries qui le choquèrent plus tard ; son éducation artistique n'était point faite.

M. l'abbé Héame, dans sa letfre du 16 août, et le Conseil de fabrique, dans sa délibération du 2 octobre 1842, ne s'occupèrent ni d'architecture ni de perspective ; ils n'eurent en vue que le bien spirituel des enfants. La tribune fut érigée, aux frais de M. Héame, et fut de.stinée « à recevoir exclusivement les filles qui fréquentent les écoles et leurs maîtresses en communion avec le pasteur de la paroisse. »

M. Bonhomme signa d'abord ses actes, comme avaient fait ses prédécesseurs : Bonhomme desservant. Mais il ne tarda pas à répudier ce titre qui paraissait méconnaître la grandeur de ses fonctions. 11 ne se donna point le titre de curé, pour ne point éveiller la susceptibilité d'un supérieur, qui l'accolait en toute circonstance à son nom, comme un privilège ; il signa tout simplement de son nom. Il est vraiment singulier qu'après la publication des Articles Organiques, la plupart des bons curés de France aient «î facilement accepté une appellation, laquelle, si elle avait eu un sens, aurait fait des succursalistes les vicaires du doyen, unique curé de tout un canton. Peut-être s'est-on lais.sé séduire par la nouveauté du mot. En cette circonstance, le bon sens populaire a eu raison de la sagesse de ses pasteurs.

Il faut dire, pour excuser le mauvais goût des bons

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curés de village, que l'Evêché, même dans celles de ses communications qui n'avaient qu'un caractère religieux, écrivait à < Monsieur le desservant de Fressin ; > et les meilleurs employés de la chancellerie épiscopale, des hommes d'une bonté exquise, comme M. Wallon-Capelle ou M. Terninck, disaient « Monsieur l'Abbé », à l'imitation du Cardinal, en écrivant à des pasteurs qu'à défaut de leur âge, leur titre et leurs fonctions devaient leur rendre vénérables. On aurait cru aussi trop honorer l'humble curé de campagne en plaçant en vedette le titre ecclésiastico-cîvil qu'on daignait lui accorder. Ce ne sont pas les hommes de l'Évêché, mais Bonaparte et ses légistes, que nos observations doivent censurer. Ils corrompirent le langage et les idées en insinuant des lois de tyrannie et de persécution dans un acte réparateur qu'il fallait louer et bénir. Ces observations nous sont inspirées à propos de la bénédiction d'un Calvaire qui fut érigé dans la paroisse de Fressin en 1842. Son Êminence demande qu'un double procès-verbal lui^ soit envoyé; l'un, signé par le desservant de Fressin et deux autres desservants, relatif à l'effigie du Christ; l'autre ayant trait à la cérémonie de la bénédiction. Les lettres épiscopales sont du 12 août et se réfèrent à un arrêté préfectoral du 10, autorisant le sieur Lefebvre, de la commune de Fressin, à planter le Calvaire (i). On fit de grands préparatifs pour cette cérémonie ; on exerça un chœur de chanteuses ; on disposa un cortège qui était merveilleux pour l'époque; mais la fête fut contrariée par le plus mauvais temps. Ce Calvaire est à l'extrémité de la rue d'Enfer, au

(1) Lefebvre était de Wambercourt. Son Calvaire devait être plante sur son terrain, à l'anj^le formé par la rencontre du chemin vicinal de Fressin à Wambercourt avec celui qui sépare les deux commonîs. {Archives ii Fressin).

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bout du Gaudîamont, du côté de Wambercourt. II y a bien peu de personnes de Fressin qui le connaissent. On y avait représenté les divers instruments de la Passion ; mais, par suite d'abandon, il est maintenant en mauvais état. Il manque même un bras au Christ. En 1844 , les stations du Chemin de la Croix furent érigées dans l'église de Fressin. M. Bonhomme écrit, au registre paroissial, que le Père Seillier. dont la mission, prêchée en 1842, n'avait guère réussi, revint ici l'année suivante, par conséquent en 1843, et qu'il érigea dans cette paroisse un chemin de croix donné par Madame Louvet, qui alors s'appelait encore Madame Viollette. La cérémonie, toujours d*après le registre paroissial, aurait eu lieu le Vendredi-Saint. Elle fut brillante. La plupart des paroissiens revirent avec bonheur le Révérend Père, mort depuis en odeur de sainteté.

M. Bonhomme n'a écrit que quelques pages sur l'histoire de sa paroisse. Ces quelques pages devraient au moins être exactes. Or, il n'en n'est rien. Une ordonnance du 16 mars 1844, signée Charles, Cardinal de La Tour d'Auvergne Lauraguais, évêque d'Arras ; vu la demande formée le 14 du même mois par M. l'abbé Seillier, missionnaire du diocèse d'Arras, au nom de M. /^ desservant de Fressin ; vu le Rescrit apostolique du 5 septembre 1843, qui autorise l'évêque à faire cette érection, soit par lui-même, soit par ses vicaires généraux, soit par les cnrh de canton de son diocèse ; délègue soit M, Seiller lui-même, s'il jouit d*un tesait qui lui accorde cette faculté, soit M. Dénin, curé de Fruges, soit enfin M. Bonnière, curé-doyen d'Hesdin. —

Le chemin de croix n'a donc pas été érigé en 1843, mais en 1844.

Conformément à l'ordonnance du 16 mars, le procès-

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verbal de cette érection dut être adressé à l'Evêché.

En voici la copie :

< L'an mil huit cent quarante-quatre, le vingt-un mars, nous soussigné, Philippe Dénin, curé de Fruges, chanoine honoraire d' Arras, délégué par son Eminencc Monseigneur le Cardinal Evêque d'Arras, suivant son ordonnance en date du seize courant, à l'effet d'ériger les stations du chemin de la Croix dans* l'église de Fressin, avons cejourd'hui procédé à l'érection de ces stations, suivant les cérémonies prescrites, en présence de Monsieur l'abbé Seiller, missionnaire apostolique de ce diocèse, qui a donné le sermon, et de Messieurs Fournier, curé d'Embry, chanoine honoraire d'Arras, Coubronne, vicairedeliucamp, Merlin, vicaire d'Hesdin, Lejeune, missionnaire apostolique, et Bonhomme, desservant de Fressin, et ont signé avec nous M"^ Fournier, chanoine, Coubronne, vicaire, et Bonhomme desst ».

Suivent les signatures : Fournier, c*^*^ desst d'Embry. Dénin, curé de Fruges,, Ch"<= hon. d'Arras, Bonhomme desst. Coubronne V*^*^ .

Quand l'Evêché eut reçu le susdit procès verbal, il envoya à M. Bonhomme, à la date du 26 mars 1844, le diplôme d'érection.

La cérémonie avait donc eu lieu, non le vendredi- . saint, 5 avril 1844, '"^'^ ^^ ^^ mars, jeudi de la qua> trième semaine de carême.

Les tableaux, que certaines personnes critiquent si sévèrement, ne nous paraissent ni dégradés ni défraîchis. S'ils ne sont pas en harmonie avec l'église, ils ne devaient guère l'être plus en 1844.

Le 2t décembre, Pierre-Augustin Denoyelle, né à Caiimont. djinicilié à Sainte- Austreberthe, épousa Marie Desobry, de Fressin, fille de Jean-Marie Desobry et de Madeleine Viollette.

L'année suivante, le 21 mai, M. Pierre-François-

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Augustin Louvet, âgé de cinquante-six ans, avocat, maire de Fressin, membre du Conseil d'arrondissement et de la Société d'Agriculture de Montreuil, président du Comice agricole du canton de Fruges, veuf de dame Adèle-Charlotte-Caroline Gérard, fils de feu Xavier- Augustin Louvet, ancien notaire, et d'encore vivante dame Marie-Françoise-Elisabeth VioUette, né et domicilié à FresSin, épousa dame Catherine- Cor nélie Ringal, âgé de trente-quatre ans, veuve de M. Antoine- Joseph-Norbert Viollette, ancien officier d'artillerie ; née à Arras des feus Charles-Joseph Ringal et Catherine-Hippolyte-Joseph Morel.

Signèrent en qualité de témoins : MM. Alexis Delcassan, demeurant à Hesdin, beau-frère de l'épourx : Eugène Dewamin, d'Ecquemicourt ; François Caron, de Croix; Jean-Louis Deron, d'Arras ; Emile Viollette, vicomte Le Noir, Santallier, de Fressin.

De ce mariage naquit, le 22 mars 1846, Mademoiselle Augustine-Cornélie-Nelly- Amélie Louvet, qui deviendra madame de Kéguelin de Rozière. Elle eut pour parrain M. Anatole Viollette, son frère utérin, frère de M. Raphaël Viollette, actuellement maire de Fressin, et pour marraine M"^^ Delcassan, née Louvet, sa tante paternelle.

Un mois après, le 26 avril 1846, eut lieu, en l'église de Fressin, le baptême de Marie-Adèle Santallier, fille de M. Santallier-Louvet, gendre de M. le Maire de Fressin. L'année suivante, M. le Curé ondoya un autre enfant dans la même maison avec permission de Mgr le Cardinal.

L'église de Planques eut son Chemin de Croix le 17 octobre 1847. La cérémonie fut présidée par M. Philippe Dénin, chanoine honoraire d'Arras et doyen de Fni jes. Le procès-verbal d'érection fut signé de MM. Bonhomme, curé de Fressin, Coubronne,

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vicaire de Planques ; Baudouin de Contes, baron d'Esgranges.

Le 27 novembre 1848, la tante de M. le Curé de Fressin, dame Catherine-Benoîte Bonhomme, veuve de Pierre-Philippe Gradelle, de Créquy, mourut au presbytère. Son corps fut transporté le surlendemain à Créquy, par M. Delattre, curé de cette paroisse, pour y être inhumé. Elle avait remis à son fteveu, de la main à la main, une somme d'argent dont il se servit plus tard pour réparer les fenêtres de l'église.

Le 5 juillet 1849, M. Bonhomme enterra M. Alexis Delcassan, ipgénieur en hydraulique, époux de dame Anne-Françoise Louvet, décédé à Hesdin à l'âge de quatre-vingt-un ans. Assistèrent aux obsèques M.Emile Viollette, notaire, et M. Santallier, beau-neveu du défunt (i).

A Planques, le 11 novembre 1849, mort de M. Baudouin de Contes, baron d'Esgranges, époux de Vénérande Théret.

On publiait alors dans l'église de Fressin les bans des jeunes gens de Planques. C'était l'église de leur paroisse. Mais pour le reste, la communauté de Planques avait une sorte d'autonomie et d'existence propre. C'est ainsi que l'on vit le vicaire de Planques conduire, en 1849, les enfants de cette commune, 1 1 garçons et 18 filles, à l'église de Tramecourt, où ils reçurent le sacrement de Confirmation des mains de Mgr Rappc, ancien curé d'un humble village de ce diocèse, et devenu évêque de Clèveland, dans l'Ohio, aux Etats- Unis. Mgr de la Tour d'Auvergne mettait à contribution le dévouement et le zèle de Tardent missionnaire.

(1) Nous ne savons pas k quelle date ni en quelles «ii constances M. Delcassan s'était converti à la vraie religion.

Le 25 avril 1850, Mgr Rappe était à Fressîn. Il confirma 84 garçons et 86 filles de cette paroisse. Tout en regrettant que la vieillesse retînt Téminent cardinal en son palais éf iscopal , les populations faisaient fête à l'évêque étranger, .qui" saisissait toutes les occasions de prendre la parole, régal qu'elles ne connaissaient point, et qu'elles appréciaient d'autant plus qu'il était tout à fait à leur portée.

En 1850, 185 1 et 1852, les baptêmes se succèdent à Planques chez M. Emmanuel et chez M. Hippolyte de Contes.

Les enfants de Planques font leur première communion à part. Ils sont quatre garçons de seize à treize ans, et trois filles de onze à douze ans. Planques ne se trouve pas dans les conditions ordinaires des églises annexes. En donnant son assentiment à une séparation de fait, M. Bonhomme ne pensait peut-être pas qu'au jour où il n'aurait plus de vicaire, l'annexe demanderait une séparation légale.

Le 5 septembre 1851, M"^^ veuve Louvet. née Marie-Françoise-Elisabeth Viollette, mourut à Fressin, âgée de 91 ans.

Le 6 janvier 1852, on ramena d'Hesdin à Fressin le corps de M^^ Henriette-Joseph- Victoire-Pélagie Bacqueville, décédée âgée de 85 ans. M. le Chanoine Benjamin Bonnière, curé-doyen d'Hesdin, accompagna sa paroissienne à sa dernière demeure. M^^*^ Bacqueville était fille des feus Antoine-Joseph Bacqueville de la Vasserie et de Henriette-Joseph de Langle. C'est une famille de moins' pour Fressin. Les Bacqueville de la Vasserie étaient propriétaires de la maison vulgairement appelée « le Château », qui appartient aujourd'hui à M. le baron Seillière.

Le 17 octobre, M. le curé de Fressin fit les premières communions ; il y avait 12 garçons et 10 filles.

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En 1853, par délégation de M. Bonhomme, M. Wantiez, curé de Wamin, vint faire un enterrement à Fressin, le 2 septembre ; et, le 26 du même mois, M. Delattre, curé de Créquy , vin' bénir Tunion d'Auguste Coache et d'Augustine Bruche.

La première communion faite à Planques, le 2 , février, par Ivl. Coubronne, avait été plus nombreuse que celle de 185 1 : six garçons et dix filles.

M. le vicomte Le Noir mourut le 2 novembre 183^. et fut inhumé le surlendemain.

Une mission fut prêchée ce mois-là à Fressin, par le P. Descottes, Jésuite de Lille. Elle dura trois semaine?, et il y eut 650 communions, dont 200 retours. L'année suivante, on eût 500 communions pascales.

Le diocè.se d'Arras avait uu nouvel évêque depuis le 2 octobre 185 1. Tillustre évêque de Langres, dont les députés du Pas-de-Calais, ses collègues à l'Assemblée législative, nous avaient obtenu la nomination. Sans diminuer leurs autres mérites, on peut dire que c'est le plus grand service qu'ils aient rendu à leur département. Sans méconnaître ce que l'on devait au Cardinal défunt, ou était fier de posséder Mgr Parisis. le soldat de l'Eglise, le défenseur de toutes les justes libertés, revenue dont l'initiative hardie, en rendant à son église la liturgie romaine, arrêta net la propagation d'un rit que le Saint-Siège n'approuvait point,

Mais ce que la renommée ne nous avait pas appris, et ce que nous montra Mgr Parisis, quand il nous fut donne de le voir de près, c'était l'évêque chez lui, dans sa cathédrale, dans ses séminaires, dans son diocèse, relevant la majesté du Culte, celui surtout du Très-Saint-Sacrement, imprimant in vif essor aux études, encourageant les œuvres de foi et de piclé, suscitant, faisant naître partout des vocations ecclé-

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siastiques ou religieuses, faisant édifier des écoles chrétiennes, restaurer les vieux monuments et sortir de terre quantité d'élégantes églises.

C'est alors que M. Bonhomme sentit se déclarer sa vocation et qu'il se mit à l'œuvre. Nous avons dit, dans le chapitre consacré à l'église de Fressin, tous le& travaux qui y furent faits, à partir de 1854, et la part qu'y a prise M. Bonhomme. Appeler les ouvriers, les inspirer, les diriger, cela ne pouvait lui suffire. Il se fit tailleur de pierres et maçon par amour pour son église et par piété envers Dieu.

Le 6 mai 1854, il y avait Confirmation à Azincourt. M. Coubronne y conduisit neuf enfants de Planques et même trois enfants de Fressin, section de TErmitage, qui avaient suivi son catéchisme.

Avec l'année 1855, commença la série des actes de catholicité rédigés en latin selon la formule du Rituel romain. Le français avait sa raison d'êlre et sa justification, quand les registres de l'église servaient pour l'état-civiL Depuis la Révolution, l'emploi de la langue vulgaire était devenu inutile. D'ailleurs, la forme adoptée n'était pas sans défaut sous le rapport de l'orthodoxie. L'Eglise paraissait consacrer ellemême ce titre de desservant qu'elle peut subir, mais qu'elle ne peut agréer, parce qu'il fait trop oublier le pasteur. On paraissait aussi y donner à à la formalité civile de l'enregistrement à la mairie une importance qui est presque une négation du Sacrement. Toutefois, à côté de ces graves inconvénients, l'usage du français avait aussi ses mérites et ses avantages. Il permettait à M. le Curé Bonhomme de se décharger sur son clerc Canu du soin de rédiger tous les actes, et il fournissait aux chercheurs quantité de renseignements sur les qualités des personnes.

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Dès son arrivée en ce diocèse, Mgr Parisîs voulut se faire rendre un compte exact des diverses œuvres établies dans nos paroisses, et son zèle s'appliqua principalement à faire naître et à développer la dévotion au Saint- Sacrement. M. l'abbé Bonhomme envoya à l'évêché la copie transcrite par lui des statuts de 1806, dont il a été parlé précédemment, et Mgr Bérault des Billiers, protonotaire apostolique et vicaire général, fut chargé de les examiner et d'y apporter les modifications qui seraient jugées convenables, La principale correction de M. des Billiers consista à remplacer l'expression le sieur desservant par M. le Cure. On y distribua aussi les articles dans un ordre plus logique et l'on y supprima certaines dispositions peu conformes à l'esprit de la liturgie. Ces statuts ainsi révisés furent approuvés le 16 février 1854.

M. Bonhomme eut aussi à cœur de faire respecter le cin^tière. Le cimetière de Fressin avait quatre entrées, dont trois ouvertes au public, et une, en face du pignon occidental, donnant accès à une maison alors à usage de cabaret. Vers 1855. M. Pruvost, maire de Fressin, fit supprimer les trois barrières^ qui rendaient le cimetière banal, et l'on ouvrit l'entrée actuelle, pour laquelle il fallut faire une large tranchée dans les sépultures. Quant à la porte privée, l'administration départementale la fit fermer, au commencement de 1859.

En 1885, pour dispenser M. le Curé de faire une trop longue procession dans la rue chaque fois qu'il aurait à se rendre à l'église, M. le maire Viollette voulut bien lui offrir un passage particulier qui n'entraîne aucun inconvénient, la petite barrière mise à son usage devant être tenue constamment fermée.

En février 1855, une petite station de huit jours fut prêchée par un prêtre du voisinage. On eut quatre

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cents communions ; mais le résultat se fit surtout apprécier aux communions pascales, qui furent, cette année-là, de cinq cent-cinquante.

Le 15 août, vingt-huit enfants de Fressin firent leur première Communion dans leur église. Le 11 octobre suivant, Mgr Parisis administrait le sacrement de Confirmation à cinquante-deux enfants de la paroisse, trente-trois garçons et dix-neuf filles. Malgié son attitude quelque peu frondeuse à l'égard du nouvel évêque, M. Bonhomme ne pouvait se soustraire à sa puissante influence, et, comme tant d'autres, il prisait fort un témoignage de satisfaction émané d'un tel juge. Il paraît donc fort heureux d'écrire que le grand évêque fut accueilli à Fressin avec des démonstrations enthousiastes. Le prélat « fut émerveillé de rencontrer dans une paroisse rurale une si belle église qui étoit, disoit-il, la plus belle de son diocèse. »

Nous remarquons encore à Planques ce que nous avons observé déjà, des dames acceptées comme témoins au mariage. Il n'y a rien là de contraire aux lois de l'Église; mais c'est une exception à 'usage général. Ainsi, le 22 août 1855, on y vit à côté de M. l'abbé Procope Panet, le digne supérieur de Dohem, Mademoiselle Sophie Desmons, aujourd'hui Madame Waulle, et Mademoiselle Caroline Desmons.

En 1856, les descendants de nos Créquy, MM, Hippolyte et Emmanuel de Contes ont encore chacun un garçon. L'un de ces enfants eut pour parrain notre confrère M, Théret, curé de Radinghem, avec Madame Dufourny, de Créquy, née Marie- Louise de Fernehem, pour marraine. M. Théret aurait sans doute décliné cette responsabilité et refusé cet honneur, s'il avait prévu les observations qui lui furent faites à ce propos par l'Évêché.

A la demande de M. Bonhomme, une seconde Con-

frérie, la confrérie du Rosaire, fut érigée dans l'église de Fressin le premier dimanche d'octobre de l'année 1856. Ce n'était qu'une restitution. L'église de Fressin avait déjà, vers 1620, sa chapelle et son autel du Rosaire, avec tableau réglementaire, ce qui indique manifestement l'existence d'une confrérie. On a vu, du reste, que M. le curé Demainne avait eu à cœur de faire confirmer les privilèges de cette confrérie.

L'institution de la confrérie du Rosaire à Fressin, en 1856, ne fut pas régulière. Elle avait le défaut; de n'être pas érigée par l'ordre des Dominicains. En outre, M. Des Billiers et Mgf Parisis, en exigeant comme condition pour l'érection de la confrérie du Rosaire, qu'une congrégation de jeunes filles fût formée dans cette confrérie, méconnaissaient absolument les statuts de l'ordre. L'établissement de la grande confrérie du Rosaire ne peut être subordonné à l'établissement d'une simple congrégation. Il est anormal aussi qu'une confrérie qui admet des femmes mariées et des hommes aussi bien que des femmes, soit dirigée par un conseil de quelques jeunes filles. Mais toutes ces bizarreries et ces irrégularités ont disparu. D'abord, en ce qui concerne l'institution de la confrérie, elle a bénéficié de la décision de Pie IX qui, en 1864, a revalidé les confréries du Rosaire établies indûment par lesévêques sans l'autorisation du maître-général des Dominicains. En outre, M. l'abbé Prin, notre prédécesseur, a obtenu de Rome, en novembre 1880, une pièce ad cautelam, qui ne permet plus la moindre hésitation. En ce qui concerne la congrégation des jeunes filles, nous avons voulu faire cesser toute confusion. Aux termes de l'ancien règlement, M. Prin effaçait du catalogue de la confrérie le nom de toute jeune fille qui avait pris part à une fête mondaine. Tandis qu'on ne demandait aux hommes que la fidélité aux deux grands devoits

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de la religion, une jeune fille ne pouvait être du Rosaire si elle n'était pas de la Congrégation. Il y avait là une confusion regrettable et tout à fait contraire à l'esprit de la confrérie. Nous avons séparé les deux œuvres, la Confrérie et la Congrégation ; la confrérie, pour laquelle il faut être très large, parce qu'il s'agit de moyens de salut pour ceux qui en sont membres ; la congrégation, pour laquelle nous pouvons être plus sévère, sans priver personne de grâces spirituelles. Les deux œuvres ont leurs statuts qui ont été examinés et approuvés parle vénérable M. Proyart, le 15 mai 1888, quelques semaines avant sa mort.

Dans le tableau qu'il envoya à l'Evêché, M. Bonhomme note une mission qu'il fit donner, en novembre 1857, par un prêtre du diocèse. Cette mission ne dura que six jours. On eut 425 Communions, et, l'année suivante, 500 Pâques.

A Planques, le registre de catholicité pour l'année 1858 est ouvert par M. le curé de Fressin. C'est la première fois que cela se reproduit depuis l'arrivée de M. Bonhomme. La raison de ce fait nous est donnée à la date du 29 mars. Ce jour-là, M. Louis-Marie Coubronne, vicaire de Planques, rendit son âme à Dieu. Il s'était confessé à M. Décobert, le vénérable curé d'Azincourt; il avait reçu plusieurs fois le saint Viatique, et on lui avait administré le Sacrement d'Extrême- Onction. Il n'avait que quarante- neuf ans.

M. Coubronne fut enterré à Planques. Tout le clergé du canton de Fruges assista à ses funérailles. Ont signé au Registre : MM. Macquet, doyen de Fruges, Bonhomme, curé de Fressin et Planques; Pénet, curé de Coupelle-Vieille; Millot, curé de Rimboval ; Sénéchal, curé d'Embry ; Baudel, curé du Biez; Ringot, curé d'Hézecques ; Théret, curé de Radinghem ; Adam, curé de- Verchin ; Guiot, curé de Matringhem;,Adam,

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curé de Sains-lez-Fressin ; Delattre, curé de Créquy; Morel, curé de Coupelle-Neuve ; Crétel, curé de Crépy ; Gay, vicaire de Fruges. Il ne manquait que les curés de Canlers et d'Ambricourt.

C'était l'usage général dans le canton, il y a trente ans, que les prêtres du doyenné apposassent leur signature au bas de l'acte de décès. Je ne sais pourquoi cet usage si recommandable a cessé d'exister. Cela doit tenir à la négligence ou à l'oubli du prêtre charge temporairement de la paroisse.

Voilà donc iM. Bonhomme chargé à la fois de Fressin et de Planques. Il va à l'annexe. Cependant il s'en dispense autant qu'il peut. Le 26 novembre 1858, il délègue son ami M. Emile Adam, curé de Sains, pour baptiser un fils à M. Hippolyte de Contes; le -12 décembre, il charge M. Lecigne, prêtre habitué à Canlers, de le remplacer pour un autre baptême. Ce bon vieillard vint régulièrement dire la Messe le dimanche dans l'église de Planques jusqu'à ce que cette église fût séparée de Fressin.

Mais, avant de parler de cette séparation, il convient de noter les actes administratifs de la fabrique de l'église de Fressin pendant la première moitié du ministère de M. Bonhomme, de 1842 à 1860.

Le décès de M. le curé Coubronne Ji'avait point permis de tenir la grande séance de Quasimodo 1842. Le Compte de 1841 fut e.xaminé et le Budget de 1843 voté le 3 juillet. On constata au compte un excédent de 798 fr. 44 centimes.

Dans l'intervalle de ces dix-huit ans, la Fabrique eut à agréer diverses demandes en remboursement de rente. La première, qui donna occasion au secrétaire de rédiger un quatrième procès-verbal dans la même journée du 23 avril 1843, se rapporte à une fondation du 7 février 1684. Devant les bailly et hommes de

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fief composant la justice diidit lieu de Fressîn, ainsi que devant le curé et les marguilliers, un manoir situé rue de la Lance avait été donné en arrentement perpétuel, moyennant 25 livres tournois, au profit du sieur Adrien Branquart, charpentier, et de Marguerite Lefebvre. Etienne Houlliez, demeurant à Sains-lez- Fessin, garde principal des forêts et bois de Créquy, Sains et Fressin, demande à rembourser une part de cette rente, soit une rente de 3 fr. 75, qu'il doit, par suite de partage et d'acquisition, au lieu et place du sieur Jacques Loriot, demeurant à Auchy.

Le 19 avril 1846, le Conseil de fabrique eut à s'occuper de deux demandes de ce genre, et, ce jour là, le secrétaire écrivit cinq procès- verbaux.

Maquaire, de Saint-Denœux, demande à rembourser une rente de 8 fr. 30 c, constituée, le 10 février 1727, par Louis Maquaire et Jeanne Cornuelle, sa femme, par-devant. Maîtres Cornuel et Lion, notaires royaux de la province d'Artois.

Jean-Baptiste Brebion, de Créquy, veut rembourser une rente de 4 fr. qu'il doit à Téglise de Fressin sur un manoir sis à Créquy. L'acte, émané de Pierre Petit, est du 19 mars 1745.

Le II avril 1847, Maxime et Alphonse Dusautoir, demeurant à Royon, demandent à rembourser une rente de 4 fr. 94 cent, créée par le sieur Toussaint Flament et Marie Cochelent, sa femme, demeurant à Torcy, suivant acte reçu à Fressin, les 3 et 16 avril 1745, par maîtres Pierlay et.Catain, notaires.

Notons en passant un curieux exemple des exigences paperassières de l'administration française. En octobre 1847, il fallut se réunir de nouveau pour cette affaire. Le Préfet avait d'abord réclamé la pétition des Dusautoir. On la lui envoya par l'intermédiaire du Sous-Préfet de Montreuil. Mais ce dernier magistrat retourne cette

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pièce au maire de Fressin parce que les Dusautoir s'offraient à payer la somme de 98 fr. 75 c. tandis que, vérification faite, le Sous-Préfet trouve que la fabrique doit recevoir un capital de 98 fr. 80 c. ! !

11 a fallu retourner un dossier, convoquer et réunir un Conseil de fabrique pour un sou, non pour un sou de rente, mais un sou de capital. Joseph Prudhomme ne peut se défendre d'ad nirer ce formalisme ridicule, et, pour un peu, il nous reprocherait de ne pas reconnaître la sollicitude de l'État pour les intérêts de l'Église.

En 1848, ce sont les sieurs Boy aval et Coache, demeurant à Créquy, qui désirent rembourser une rente de 16 fr. constituée par Antoine Boyaval et Cécile Sailly, le 15 octobre 1769, suivant acte alors reçu par Maître Viollette, notaire à Fressin.

Le 2 juillet 1854, M. Charles Waulle, propriétaire à Ruisseauville, demande à rembourser une rente de

12 francs, créée en 1742 par Eugène Plée. et due, en suite d'acquisition, par Pierre-Joseph Waulle et Marie-Claire Hocq, père et mère de l'impétrant.

Une séance extraordinaire eut lieu le 27 janvier 1856, au sujet d'une demande des sieurs Loriot, Houilliez et Isambourg, de rembourer une rente 24 fr. 75 constituée le 6 février 1684, par Adrien lîranquart, charpentier, et Marguerite Lefebvre, sa femme.

Il s'agit du manoir de la rue de la Lance dont il a déjà été fait mention.

Aux élections du 30 mars 1845, M. Dewailly. membre sortant, ayant décliné toute candidature à cause de son grand âge, fut remplacé par Joseph Gamain, clerc de notaire. Il lui remit la somme de 344 fr. 52 qui revenait à la fabrique après clôture de l'exercice précédent, plus les 'titres et papiers qu'il avait en sa possession. Régulièrement il n'aurait dû

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avoir à remettre que quelques registres. Pour les deniers et les titres, la fabrique devait avoir une caisse et une armoire à trois clefs.

Si l'on se dispensait d'obéir au règlement en un point essentiel, on allait au-delà de ses prescriptions dès qu'il s'agissait du compte rendu officiel des délibérations. A Quasimodo, il y avait, année ordinaire, trois procès-verbaux : un pour le compte ; un second pour les élections annuelles ; un troisième pour la réunion particulière du Bureau. Les années de renouvellement partiel, quatrième procès-verbal pour les élections. En outre, délibération spéciale et procès-verbal supplémentaire pour chaque affaire particulière s'ajoutant à l'ordre du jour, tandis qu'il était bien plus simple et tout aussi régulier de réunir divers sujets dans le même procès- verbal. Il y a telle séance où tous les fabriciens durent aj^poser cinq fois leur signature au registre. En revanche, on ne se réunissait pas les premiers dimanches de janvier, de juillet et d'octobre, bien que ces réunions soient prescrites par le règlement de 1809. Il est vrai que bien souvent Ton n'a rien à y faire.

Le clerc de notaire Gamain rédigea tous les procèsverbaux et fit jusqu'à sa mort toutes les écritures de la fabrique.

Les divers remboursements avaient fait la boule de neige. L'encaisse s'éleva successivement, en fin d'exercice, à 622 fr. en 1849, à 921 fr. en 1850, à 1099 fr„ en 1851, à 1379 fr. en 1852.

A la séance du 3 octobre 1852, on décida d'employer en achat de rentes sur l'État la somme de 1088 fr. 66 provenant des remboursements effectués de 184O à 1849. Le 15 août, le conseil avait eu à délibérer sur un testament fait en faveur de la fabrique par Mademoiselle Augustine Baux, décédée au Plouy. .A la réunion de janvier 1854, le conseil décida qu'à

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chaque messe du dimanche il serait fait dans l'église une quête pour les pauvres. Cette quête qui se faisait quelques trente ans auparavant, avait cessé de se faire. Elle a encore été supprimée depuis lors, et avec raison. Car si autrefois les fabriques avaient dans leurs attributions le soin des pauvres, la loi civile ne leur reconnaît plus cette compétence, à telles enseignes que les dispositions testamentaires qui leur sont faites en faveur des pauvres sont transmises aux bureaux de bienfaisance. Ces établissements purement civils, dont le prêtre a cessé d*être membre de droit, sont même autorisés à faire des quêtes dans nos églises. Il ne convient pas que la fabrique fasse des quêtes pour le compte du bureau, ni qu'elle s'expose, en quêtant pour ses pauvres à elle, à provoquer des contestations, peut-être même à voir réclamer par ledit bureau le produit de ses quêtes. Si l'on veut donner au curé ou à une autre société chrétienne, comme celle des Dames de Fressin membres de l'œuvre des pauvtes malades, les moyens de faire des aumônes plus abondantes, on peut donner satisfaction à ce pieux désir par des offrandes manuelles ou des cotisations.

Le registre des délibérations est un témoin de la sollicitude épiscopaîe de Mgr Parisis. On se réunît aux époques fixées par le règlement, souvent par pure obéissance, parfois pour traiter de la restauration de l'église. C'est ainsi qu'à la séance du 2 juillet 1854, on répond à Monseigneur qui demandait l'emploi d'un crédit extraordinaire, qu'il y a des réparations à faire au clocher et au presbytère, mais surtout qu'il s'agit d'enlever le rétable du maître autel, d'ouvrir la fenêtre du fond et de rétablir les meneaux.

Mais les ressources de la fabrique ne tardèrent pas à s'épuiser. Le Conseil de fabrique eut alors l'idée d'inviter le gouvernement de l'Empereur à continuer

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l'œuvre de restauration (Séance du I®^ juillet 1855 ). Une pétition fut rédigée, et un plan fut demandé à M. Nozo, puis à M. Sire, architectes à Montreuil, pour être joints à cette pétition ( 7 octobre 185 5 ). Il est probable que la Préfecture donna peu d'espérance ; car voici que, quelques mois plus tard, le Conseil déclare renoncer à poursuivre la demande auprès du gouvernement. On poursuivra l'œuvre de restauration au fur et à mesure que l'on pourra réaliser quelques économies. On compte, d'ailleurs, sur la commune pour l'entretien du toit ( 6 janvier 1^56).

Le 25 décembre 1856, la quête a été faite aux offices de Noël pour l'entretien de la lampe du Très- Saint- Sacrement. Depuis la Révolution, on conservait le corps de Njtre-Seigneur sans lumière dans nos égiises appauvries, et ce fut une nouveauté qui parut onéreuse à nombre de fabriques, quand on rétablit cet usage si convenable. Monseigneur Parisis insinua d'abord qu'on ferait face à cette dépense par une quête spéciale. Quelques années plus tard, la règle était acceptée l'habitude était prise, et désormais la dépense est comprise dans les frais ordinaires du Culte.

Le 19 avril 1857, M. François Louvet, propriétaire, fut élu membre du Conseil de fabrique en remplacement de M. Norbert Fiolet qui avait envoyé sa démission au président le 26 décembre 1856.

Impossible à la Fabrique de mener à bonne fin la restauration complète du monument dont ellealagarde. A la réunion de janvier 1858, le Conseil décide qu'un appel sera adressé aux propriétaires non résidants. C'est dans la même pensée de respect pour le monument que l'on convint de la nécessité d'arracher les herbes qui rendaient les murs humides, et que l'on alloua au sonneur une somme de 10 francs pour entretenir le pourtour de l'église en bon état de propreté.

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Dans une autre réunion, le Conseil de fabrique émit le vœu que M. le maire proposât au Conseil municipal d'assurer contre l'incendie « l'église de Fressin, dont la perte, sans cette précaution, serait irréparable >. La pensée était bonne, sans doute, bien que l'on ne voie point que l'assurance puisse, en cas d'incendie, nous rendre l'église que le feu aurait détruite.

Le zèle de ces messieurs ne se refroidissait point. A la séance du 2 octobre 1859, un membre apprend à l'assemblée qu'une société archéologique a émis le vœu que le Préfetdu Pas-de-Calais donne un secoursà l'église de Fressin. Là-dessus, le Conseil prend feu et flamme. Une pétition est adressée au Préfet. L'affaire parait en train, et, à la séance du 8 janvier 1860, M. le maire Pruvost informe le Conseil qu'il a fait venir d'Hesdin, M. l'architecte Clovis Normand, et qu'il l'a chargé de faire le plan de notre église, plan que le Sous-Préfet veut annexer à la demande comme pièce à l'appui. M. Normand était venu à Fressin à la fin de 1859. En juillet 1860, il n'avait pas encore fini son travail. On l'avait pourtant à la séance du 7 octobre. Le projet s'élevait à une somme de 15,766 francs 35 centimes. Le Conseil de fabrique vote immédiatement 2, 100 fr. payables en sept annuités. )'nis il fait appel à la Commune et à l'Etat. Et comme il y a urgence de réparer la toiture de l'église, le Conseil juge l'occasion favorable pour rétablir Tancieii système qui donnait une toiture spéciale à chaque nef.

Quelques jours après avait lieu la visite épiscopale. Ces magnifiques projets attiraient l'attention de M. le vicaire général Bérault des Billiers, qui trouvaleRegistre < très bien tenu, » et l'approuva au nom dé sa Grandeur (29 octobre 1860).

Mais les belles espérances conçues par M. le curé Bonhomme et son Conseil de fabrique ne devaient pas se réaliser entièrement.

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Le plan de M. Normand fut approuvé à rEvêché, M. le vicaire général Lequette est heureux d'en informer M. le Curé de Fressin (séance du 6 janvier 1861). Mais les choses ne vont pas aussi bien avec l'autorité civile. En juillet 1862, le Sous-Préfet informe le maire de Fressin de sa prochaine visite avec un architecte de Paris. L'architecte de Paris est remplacé, un an plus tard, par M. Epellet, architecte diocésain. M. Epellet, promet de rédiger un rapport favorable ; cependant il apporteraquelquesmodificationsauplan deMrNormand, pour diminuer la dépense. Bientôt ce fut un remaniement complet qu'il fallut accepter. Le plan de restauration fut réduit au plus pressé, le côté sud, avec un devis de 7,764 fr. 93 c. (juillet 1865). M. Epellet et le président de la Commission des bâtiments civils exigent la suppression de la balustrade quç M. Bonhomme avait préparée et taillée avec tant d'amour, et qu'il voulait faire courir tout autour des nefs pour en couronner les murs. Au fond, nous pensons que l'opposition de M. Epellet était justifiée. L'idée de M. Bonhomme était plus séduisante que pratique. Cette galerie, qu'il se proposait d'établir à la chute du toit, devait manquer de solidité, et, en peu d'années, se serait trouvée dans un état de délabrement du plus fâcheux effet.

Les pierres qu'avait taillées, M. Bonhomme, et qui avaient été prises dans une terre à Jean-Baptiste Bourbier, de Wambercourt, sont remisées dans un hangar appartenant à M. Waulle. m. Epellet voulait aussi remplacer tous les zincs des cheneaux par du plomb.

Le Conseil se résigna à voter le projet scindé et diminué. Il s'engagea pour la somme de 4.150 francs qu'il espérait réunir, partie de ses économies, partie À l'aide de dons particuliers.

Dans l'intervalle, M. Séraphin Caron avait été élu conseiller de fabrique en place de M. François Dcsmons

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(14 avril 1860 ; on avait réparé le mur du presbytère donnant sur le jardin anglais de M. VioUette (verger actuel de M. Anneq^uin) , et Ton avait fait les plus urgentes réparations au toit de l'église pour protéger la voûte (juillet 1862). La fabrique fit aussi, en janvier et février 1862 , quelques distributions de pain aux pauvres, pour la somme de 92 francs, et remît 20 francs à la trésorière de l'œuvre des pauvres malades.

Voilà deux fois que le norfi de cette Société se présente en ce chapitre sous notre plume. A peine trente localités du diocèse, en y comprenant nos plus grandes villes, possèdent-elles cette précieuse Institution sortie, comme tant d'autres, du cœur de Mgr Parisis. Dès sa première visite, le saint prélat y enrôla les principales dames de Fressin, et l'on né saurait dire le bien que cette œuvre a produit et continue de produire dans la paroisse.

En 1862, le Conseil eut à donner son consentement à la conversion de 85 fr. de rente 4 0/0 en 3 0/0.

La même année, on décida, à titre d'essai, de placer dans l'église une douzaine de chaises pour les étrangers de passage. On en ajouta dix autres en 1865.

Le 5 avril 1864, la paroisse de Fressin recevait encore la visite de Mgr Parisis. Ce devait être la dernière. Ce saint prélat était accompagné de son vicaire général, Mgr Bérault de Billiers, pronotaîre • apostolique, qui approuva de nouveau notre Registre des délibérations. Il y eut pour Fressin 23 garçons et 28 filles qui reçurent la Confirmation le 6 août 1864.

A côté du plan de grande restauration qui éprouvait tant de difficultés, M. le curé Bonhomme poursuivait avec moins dedéboires l'œuvre des améliorations à l'intérieur. C'est ainsi qu'en juillet 1864, ^^ obtient du Conseil l'autorisation de faire à son corps défendant un autel neuf de saint Joseph en style gothique.

Go:,

La Patroissb 419

M. Bonhomme n'eut pas seulement à regretter réchec partiel des projets qu'il avait conçus pour la restauration de son église, il eut aussi à pleurer le démembrement de sa paroisse, alors que la population de Fressin allait chaque année décroissant.

On comprend que la commune de Planques ait désiré avoir un prêtre résidant au milieu d'elle, et sollicité l'érection de son église en succursale. Cn comprend également que la paroisse de Fressin se soit' oppwDsée à ce projet de séparation.

La population de Planques est généralement bonne ; on y trouve un bon nombre de familles, aisées ; la séparer de Fressin, c'était manifestement diminuer notre paroisse. Mais peut-être M. Bonhomme eût- il retardé ou même empêché cette mesure, s'il avait pu partager également entre ses deux églises ses faveurs et ses soins.

Il y avait longtemps néanmoins que ceux de Planques songeaient à se constituer en paroisse.

Quand M. Thélu, maire de Fressin, eut nommé un Conseil de fabrique provisoire, afin de diminuer sa responsabilité personnelle, en février 1803, il envoya copie de son arrêté au Préfet, qui en donna communication au maire de Planques. Voici la lettre que ce dernier adressa à ce propos à M. le Maire de Fressin :

Planques y le 4 Messidor an 12. (1)

Monsieur le Maire,

J'ai conféré avec les habitans de noire commune, au sujet des iiomiualions des marguilliers pour radminislralion do Téglise. Je vous observe que cela ne peut se faire : nous pouvons

(1) 23 juin 1804.

420 Frkssin

administrer notre église sans les habitans de Fressin. D'ailleurs, on se trompe en disant que noire église est supprimée. Il n'y a que Monsieur Flauïent, votre desservant, qui le veut. Si cela était, il y en aurait une iufinilé d*aiUres qui seraient dans le môme cas. Ainsi je ne peux adhérer à votre demande. JVi l'honneur de vous saluer.

Signé : Dblépine, maire.

D'après M. le maire de Planques, M. Flament était curé de Fressin, maïs non le curé de Planques. M. Delépine se croyait sans doute encore sous le règne de la Constitution civile du clergé.

Il ne dut point tarder à reconnaître son erreur. Nous ne sommes point en mesure de dire si les paroissiens de l'annexe intriguèrent pour se séparer de l'églisemère entre 1804 et 1852. Mais ils profitèrent de l'arrivée de Mgr Parîsis en ce diocèse pour obtenir cette séparation, ainsi qu'on le peut voir par la lettre suivante, adressée par M. le maire Planques au président du Conseil de fabrique de l'église de Fressin :

Monsieur,

Les habitans de Planques et de Bucamp étant en instance à l'Evéché pour obtenir d'être érigés en succursale, Monseigneur me demande, entre autres pièces nécessaires, pour être envoyées au Ministre des Cultes, une délibération des ConseilsT municipaux et des Conseils de fabrique de Fressin et d'Azincourt, concernant Futilité et la nécessité de cette succursale. £n conséquence, Monsieur, comme vous êtes président du Conseil de la fabrique de Fressin, j'ai l'honneur de vous écrire pour vous prier de délibérer sur celte affaire avec votre Conseil de fabrique, lors de votre première réunion légale; vous pouvez facilement. Monsieur, apprécier toute l'importance Je cette affaire pour Planques, et combien il seroità désirer pour celle commune et surtout pour Bucamp, de pouvoir obtenir une succursale. Voici les fortes

Goo^«j

La Paroisse 421

raisons que Bucamp et Planques ont de solliciter leur réunion pour le spirituel et une succursale rétribuée par TEtat.

lo Bucamp n'a jamais pu être desservi par lecuréd'Azincourt qui a déjà une autre annexe, Tramecourt^ et aussi cela seroit très difficile à cause de la grande distance et des difficultés des communications;

4" Bucamp, pour les raisons ci-dessus mentionnées, a obtenu un vicariat séparé d'Âzincourt, mais à la charge de fournir un logement au vicaire et un traitement de 500 francs.

Hais, comme beaucoup d'endroits, il s'appauvrit, et il ne peut même plus faire 200 francs, ce qui bientôt les mettra dans l'impossibilité d'avoir un prêtre, tandis que, s'il étoit réuni à Planques érigé en succursale, il ne seroit pas tenu à fournir le logement au prêtre, ni 500 fr. do traitement ; 100 fr. suffiroient.

Quant à Planques, votre Conseil, Monsieur, je n*en doute pas, appréciera combien il seroit avantageux pour cette commune d*obtenir d'être érigée en succursale:

i^ En fournissant un presbytère, les habitans de Planques seroient libérés de la lourde charge de payer tous les ans un traitement à un prêtre, s'ils veulent en avoir un pour leur procurer les secours spirituels.

2^ Ils auroienl toujours ainsi un desservant payé par le Trésor^ Vous apprécierez, Monsieur, combien il est avantageux pour le bien de la religion dans un pays qu'il y ait un prêtre résidant. 3<> Planques a une église, un cimetière, une école, une population de 490 âmes réuni à Bucamp, enfin tout ce qui est nécessaire pour former une succursale.

4» Planques ne peut être desservi que très difficilement par le curé de Fressin, parce que les chemins sont difficiles, que les églises sont éloignées, surtout parce qu'il est de la plus grande nécessité qu'il y ait deux messes à Fressin les dimanches, ce qui a été cause en tous tems que les curés de Fressin n'ont jamais pu desservir cette annexe, ni y dire la messe les dimanches^ parce que Fressin^ ayant plus de 1000 âmes sans Planques, suffit bien pour occuper un prêtre, même avec un vicaire.

5o Parce que si Planques n'est pas érigé en succursale, il deviendra comme annexe une charge pour Fressin ; car, ne ne pouvant plus avoir de secours du vicaire de Bucamp, (il n'y

en aura plus,) Planques comme annexe réclamera la messe les dimanches du curé de Fressin, ne pouvant Taccorder ; on réclamera un vicaire à Fressin, qui sera à la charge du budget de la commune de Fressin pour 400 à 500 francs tous les* ans , car il ne vivra pas de l'air, il ne recevra rien de TEtat, et Planques ne sera tenu qu*à payer une messe de commodité, 100 à 150 fr. Enfin, Monsieur, il ne s'agit pas de créer une chose nouvelle ; depuis 30 ans, Planques et Bucamp sont desservis par le même prêtre, et réunis pour le spirituel par le fait; il ne s'agit qne d'améliorer ce qui est déjà , et de décharger Planques et Bucamp de lourdes charges pécuniaires.

Il seroit bien à désirer que vous et votre Conseil, Monsieur le président, après Texaraen des raisons ci-dessus émises et mûre délibération, émettiez le vœu favorable pour que Planques soit érigé en succursale, et contribuiez par une délibération rédigée dans ce sens à leur faire obtenir cette faveur.

Veuillez, Monsieur, agréer les sentiments respectueux avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très reconnaissant et respectueux serviteur, ,

Ze maire de Planques,

était signé : F. J. Dbsmons.

Planques, le 3 Avril 1852.

P. S. — Ayez la bonté. Monsieur, de me remettre un extrait de votre délibération, extrait que je dois joindre à d'autres pièces et envoyer à l'Evêché.

Le maire de Planques prenait la précaution de joindre à son plaidoyer, qui n'était vraiment pas tiop mal, un projet de délibération afin d'éviter à M. Emile Viollette la fatigue de la rédaction. Ce projet nous paraît venir de M. Hip. de Contes.

Le Conseil municipal, en sa séance du ii mai, répondit par une fin de non-recevoir à la supplique de ces Messieurs de Planques. Nous ne connaissons point

GopoK

La Paroisse 4Ï3

la réponse du Conseil de fabrique. Il n'en est point fait mention au registre des délibérations. Nous avons cependant un croquis, lequel, chose extraordinaire ! est de la main de M. Bonhomme. Après l'exposition sommaire de la demande de M. le maire de Planques, le projet continue : < Cette communication faite audit Conseil, M. Bonhomme, desservant , croit devoir s'abstenir en cette circonstance et se retire du Conseil... > Le Conseil, reconnaît qu'il serait avantageux pour Planques d'être érigé en succursale ; mais il observe que cette érection serait contraire aux droits comme aux intérêts de la paroisse de Fressin, la commune n'étant pas suffisante pour subvenir à l'entretien de deux prêtres ; et que la donation faite par M. Héame d'une maison vicariale pourrait bien décider l'autorité supérieure à envoyer un vicaire à Fressin. Il conclut en s'abstenant de conclure, je veux dire en s'en remettant aux lumières et à l'impartialité de l'autorité supérieure.

C'était se tirer habilement d'embarras.

Mais il y a un point que nous comprenons difficilement. A Planques comme à Fressin, on tire un argument de ce que coûterait le traitement d'un vicaire. Mais les vicariats reconnus et attachés à de petites paroisses devaient être à la charge du Trésor. Un curé était insuffisant pour Fressin et Planques; un curé et un vicaire suffisaient pour assurer le service religieux de Planques sans léser les droits de Fressin. Ni Fressin ni Planques n'avaient à s'occuper de Bucamps.

Quoi qu'il en soit, le 28 avril 1861, l'Évêché nomma, sans consulter M. Bonhomme, et tout à fait contre son gré, un vicaire de Planques en la personne de M. Galant, précédemment curé de Cavron. Dès lors, la séparation fut consommée entre les deux églises; il ne resta plus qu'à faire agréer le fait. par le pouvoir civil.

Si le droit canonique demande qu'en règle générale le curé puisse choisir son vicaire, ce devait bien être ici le cas, vu que M; le curé de Fressin lui faisait l'abandon de tous ses droits. Cependant, ce n'est point la ce qui chagrina le plus M. Bonhomme. Il fit surtout un crime à Monseigneur d'avoir fait choix pour Planques du curé de Cavron. Aussi, l'abbé Galant fut-il constamment tenu en quarantaine par le curé de Fressin, M. le doyen de Fruges, et presque tous les prêtres du canton, lesquels désiraient ne point déplaire à leur supérieur. Quelques curés voisins, et principalement M. Delpierre, curé de Béalencourt, le visitèrent et le reçurent par charité. Disons toute notre pensée : Cet ostracisme, cette mise à l'index est tout simplement un scandale. Comment! le presbytère s'ouvrira pour des laïques étrangers à toute pratique religieuse, quelquefois même pour des individus mal famés, et il se fermera à un prêtre à qui l'évêque donne charge d'âmes et confie l'administration d'une paroisse ! Donc, M. Delpierre recevait M. Galant, tout en exprimant le regret que Monseigneur ne l'eût pas envoyé loin de son ancienne paroisse. Contraste frappant : Des prêtres accusaient Mgr Parisis de sévérité outrée, d'exigences impossibles, de formalisme exagéré, et les mêmes hommes, pour ne l'avoir pas bien compris, lui faisaient ici un reproche de son indulgence ! L'abbé Galant était un prêtre très instruit, Malgré ses apparences rustres, un prêtre plein de foi, de zèle et de piété. Entraîné par l'exubérance de sa nature et aussi par un grain de folie (on sait qu'il finit ses jours dans une maison de santé), plus malheureux que coupable, il avait commis quelques inconséquences que la malignité avait singulièrement grossies. En le déplaçant avec disgrâce, Mgr Parisis punissait suffisamment la faute ; en le

La Paroisse 425

plaçant à peu de distance de Cavron, il lui donnait le moyen de se réhabiliter, et il montrait ce qu'est TEglise, particulièrement pour ses ministres : une mère pleine de miséricorde.

Au lieu de censurer le grand et saint évêque, on devait le bénir et l'admirer.

Le 17 décembre 1863, le Conseil de fabrique de Fressin eut à délibérer sur le projet d'acheter à Planques une maison appartenant à Jean-Marie Caron pour en faire une maison presbytérale. La maison et le jardin étaient estimés huit mille francs.

Pareille demande paraît incroyable. Elle était pourtant légale ; la commune de Planques faisant partie de la paroisse de Fressin, l'église de Fressin devait lui venir en aide ; et, s'il y avait lieu de bâtir ou d'acheter une maison pour le vicaire de Fressin chargé spécialement de Planques, ceux de Fressin devaient y contribuer. C'était le raisonnement de la Sous- Préfecture. La fabrique de Fressin y répondit en observant que le prêtre qui dessert Planques est vicaire de Bucamps et doit trouver son logement à Bucamps ; que, du reste, Fressin possède une maison vicariale et que l'on réclame le rétablissement du vicariat, comme l'avait fait le Conseil municipal le ii mai 1852. Or, Fressin ne peut avoir de vicaire qu'à la condition de conserver son annexe. On proteste donc contre tout projet de séparation.

La délibération est transcrite au registre. Nous en avons trouvé également le modèle écrit de la main de M. Bonhomme.

Vaine résistance ! La commune de Planques avait alors un protecteur influent en la personne de son maire, M. le baron Hippolyte de Contes.

Planques et Bucamps formèrent donc d'abord, sous le titre de vicariat, une paroisse indépendante de

426 Fhkssin

Fressin, et enfin, en 1865, l'église de Planques fut érigée en sucursale. M. Augustin Galant, né à Busnes le 12 avril 1804, ordonpé prêtre le 24 mai 1834, précédemment curé de Ruyaulcourt, puis de Cavron, et en dernier lieu vicaire de Planques, fut le premier curé de cette succursale nouvelle.

Cette création séparait définitivement deux églises qui n'avaient jamais fait qu'une paroisse.

Si l'on avait pu obtenir le rétablissement du vicariat de Fressin, de manière à avoir ici deux prêtres qui auraient desservi les deux églises de Fressin et de Planques, en assurant à l'église de Fressin une deuxième messe les dimanches et fêtes, le vicariat de Bucamps étant séparé de Planques et considéré comme poste de repos, en cette hypothèse, l'opposition du Conseil de Fressin aurait eu sa raison d*être. On comprend moins cette opposition, si elle ne pouvait avoir pour effet que de Maintenir la prééminence purement nominale de l'église de Fressin. Cependant. M. Bonhomme et le Conseil de fabrique n'acceptèrent qu'à contre-coeur la décision de l'autorité supérieure.

Nous allons maintenant laisser la parole à M. Bonhomme, qui, par grande faveur, nous fournit ici trois pages de rédaction :

« L'an mil huit cent-cinquante-neuf, le dimanche deux octobre, à l'issue des vêpres, avec l'approbation de Monseigneur Parisis, évêque d'Arras, de Boulogne et de Saint-Omer, eut lieu dans la paroisse de Fressin une érection de croix, au lieu dit la Lombardie, par les soins du sieur Vaillant, adjoint au maire, qui en a fait les frais avec un zèle et une générosité dignes d'éloge. La cérémonie se fit avec une solennité vraiment imposante que relevoit encore la piété remarquable d'une foule innombrable de fidèles accourus de toutes les paroisses des environs. La procession

liA Paroissk h%l

se mit en marche vers trois heures, aux chants de cantiques exécutés par un choeur de jeunes filles et de jeunes gens. Les enfants des écoles portoîent des oriflammes de toutes couleurs. Le branquart étoit poité par 4 jeunes hommes, Técharpe au bras, et les coins du drap tenus par 4 prêtres, le détachement des pompiers formoit la haie. La bénédiction de la croix fut donnée par M. l'abbé Vaillant, prêtre attaché à l'instruction et fils du pieux adjoint qui avoit eu l'heureuse pensée de doter son quartier de ce monument religieux, et un sermon de circonstance donné par Monsieur Théret, curé de Radinghem, fut écouté avec un religieux silence ; puis lecture fut donnée des indulgences accordées par Monseigneur TEvêque à tous ceux qui feront devant la croix leurs prières du matin et du soir ou qui y réciteront cinq Pater et Ave, les dimanches, mercredis et vendredis, mais seulement une fois le jour. Enfin la procession se remit en marche pour retourner à l'église au chant du Stabat Mater et du Te Deum, puis la bénédiction solennelle fut donnée à l'église, et chacun se retira content et pénétré d'une aussi touchante solennité. »

Nous avons noté précédemment, à propos du Conseil de fabrique, les visites épiscopales de 1860 et 1864. Néanmoins nous reproduisons le compte-rendu que M. Bonhomme en a inséré dans le Registre de paroisse:

€ L'an mil huit cent-soixante, le vingt-huit octobre, jour de dimanche. Monseigneur Parisis, arrivé la yeille à Fressin, donna la Confirmation aux enfants de Fressin, Planques. Cavron, La Loge et Sains-les- Fressin, chanta les vêpres à une heure et demie et partit vers trois heures pour Verchin. Il est à remarquer que le vingt-huit octobre et le Vendredi Saint précédent furent les deux seuls beaux jours de cette pluvieuse année 1860... »

428 Frbssin

Un Carme déchaussé, du couvent de Saint-Omer, le frère Henri des Anges, était venu aider M. Bonhomme pour préparer les enfants et confesser les adultes à l'occasion de la visite épiscopale.

€ L*an mil huit cent soixante-quatre, le 5 avril, qui étoit le mardi de Quasimodo, vers quatre heures du soir, Monseigneur Parisis, venant de Cavron pour visiter pour la troisième fois Téglise de Fressin, fnt reçu au milieu d'un grand concours de fidèles, donna une instruction dans l'église, fit la procession dans le cimetière, et se rendit au presbytère, où il reçut les autorités, tint par son grand vicaire une séance du Conseil de fabrique, reçut les Dames de l'œuvre des pauvres malades, et, le lendemain, administra le sacrement de Confirmation aux enfants de la paroisse, de Sains et Planques, puis vers 3 heures il partit pour Fruges. Sa Grandeur parut très satisfaite de l'accueil qu'on lui fit, de la tenue des enfants et des parents dans l'église, des- nombreuses communions qu'EUe donna, et de la politesse exquise des Messieurs de Fressin, à qui elle donna l'assurance qu'elle reviendroit à Fressin 'dans sa prochaine tournée épiscopale, et partit pour Fruges, laissant les paroissiens enchantés de leur Evêque. »

C'est sur cette belle parole que se clôt le Registre de M. Bonhomme. Monseigneur Parisis ne devait plus revenir à Fressin ; une mort soudaine devait bientôt le frapper. Quant à M. le curé Bonhomme, comme il n'avait ouvert son registre de paroisse que par ordre de Mgr Parisis. il se considéra dès lors comme dégagé de toute obligation à cet égard.

Lors de notre nomination à Fressin, on nous avait fait espérer que nous trouverions dans les archives de la paroisse des renseignements nombreux et intéressants, dus aux recherches de ce digne ecclésiastique.

La Paroisse 439

Certes, M. l'abbé Bonhomme, qui prêchait si bien, et qui avait une conversation si correcte, devait, pensions-nous, manier la plume aussi aisément que le ciseau du sculpteur. Mais il paraît avoir eu peu de goût pour ce genre de travail. En effet, il ne nous a laissé que neuf pages. C'est peu pour le passé d'une paroisse telle que Fressin.^ Il est même à présumer que nous n'aurions pas ces neuf pages, si Mgr Parisis n'avait exigé l'ouverture d'un Registre de paroisse, lors de sa visite pastorale du lO octobre 1855. Le procès-verbal, rédigé par M. Bérault des Billiers, vicaire général, relativement au nombre et à l'état des objets mobiliers de l'église, se termine par une ordonnance épiscopale, laquelle ne comprend qu'un article ainsi conçu :

< Il sera ouvert un registre de paroisse.

Signé : t P.-L. év. d'Arras, de Boul. et de St-Omer. »

M. Bonhomme se mit en devoir d'exécuter l'ordonnance," mais très brièvement et sans un mot sur les seigneurs de Fressin. Il nota la seconde visite de Mgr Parisis en octobre 1860, la troisième en avril 1864..; » puis il cessa d'écrire. Mgr Parisis étant mort en mars i8é6, M. Bonhomme se crut désormais dispensé de poursuivfe l'exécution de l'ordonnance de 1855. Mgr Lequette ne parait pas avoir insisté sur cette matière. Mais Mgr Meignau n'aurait pas manqué de renouveler les prescriptions de Mgr Parisis. Il a assez nettement exprimé son intention à cet égard, en regrettant, dans une lettre rendue publique, que chaque paroisse de ce diocèse n'eût pas son dépôt d'archives.

M. l'abbé Prin ne crut pas davantage devoir tenir note des événements, ni même des cérémonies religieuses à propos desquelles mention était faite dans les pièces officielles, que lesdites pièces devaient être littéralement transcrites pu Registre paroissial. A plus

430 Fbbssin

forte raison ne songea-t-il point à consigner ses impressions personnelles dans un écrit pour la postérité.

Il est manifeste que M. Bonhomme n'aimait pas à écrire. Il n'y a pas une ligne de lui dans le Registre aux délibérations du Conseil de fabrique. Il lui arriva de se faire remplacer par son clerc pour la rédaction des actes de catholicité, même quand on eut adopté la formule latine. A partir de 1862, quand il les écrivit lui-même, il les simplifia, remplaçant par des chiffres arabes les nombres ordinaux précédemment écrits en toutes lettres, réduisant les formules de décès à leur plus simple expression : On en voit de quatre lignes sur le Registre de 1865. Il ne faut pas garder rancune à sa mémoire, s'il laissa parfois sans réponse la lettre d'un confrère sollicitant quelques renseignements historiques ou archéologiques : écrire une lettre était sans doute pour lui un lourd sacrifice.

Le 3 mai 1865, M. Auguste-Clément-Raoul-Justin Kéguelin de Rozières, originaire de Lille, juge de paix de Fruges, conduisit à l'autel Mademoiselle Augustine-Cornélie-Nelly-Amélie Louvet,sœur utérine de Messieurs Anatole et Raphaël VioUette, qui furent ses témoins.

Deux ans plus tard, le 24 avril 1867, M. Bonhomme bénissait Tunion de M. Jules- Désiré-Marie de Pape, de Paris, paroisse Saint- Roch, et de Mademoiselle Marie- Adèle-Sophie Santallier, fille de M. Louis-Marie- Alexandre-Bonaventure Sautallieret de Marie-Amélie- Louise-Augustine Louvet.

Le 28 avril, M. Vaast-Floride Vaillant, propriétaire, fut élu membre du Conseil de fabrique en remplacement de M. Séraphin Caron, décédé.

Une chapelle dédiée à Notre-Dame Auxiliatrîce et placée au bas du mont Hulin, fut érigée, en 1867, par Madame Briche.

La Paroisse 431

On passe fréquemment devant cette chapelle, soît que de l'Ermitage ou de TEpaule on aille au marais, qui est la place de Fressin, soit que de Fressin on aille à Fruges par la route de Bucamps, qui est la plus douce, soit que de Créquy, de Sains ou de Fressin on aille à Auchy ou à Hesdin. Elle a été restaurée à deux reprises différentes par M. Aiinequin, époux de Zélie Briche.

Pas un mot n'a été écrit au Registre de paroisse, pas une pièce n'a été laissée dans nos archives à propos de l'érection de cette chapelle et de la cérémonie qui a dû avoir lieu à cette occasion. C'était un an après la mort de Mgr Parisis ; l'œil du maître était éteint.

Le rédacteur des procès-verbaux, Joseph Gamain, mourut le 13 avril i8é8. Le 26 du même mois il fut remplacé par M. Alexis Saint-Remy, originaire de Pîerrepont, au diocèse de Metz, régisseur de la forêt de Créquy et des bois de Sains et Fressin.

Le 25 mal 1868, l'évêque bien aimé, Mgr Jean- Baptiste-Joseph Lequette, visita la paroisse de Fressin. Il était accompagné du bon et vénéré M. Proyart, qui apposa son visa au Registre de la fabrique. Le lendemain 26, Sa Grandeur administra le Sacrement de Confirmation à 33 garçons et à 37 filles de la paroisse.

Nous trouvons dans nos archives une ordonnance épiscopale, en date du 4 novembre 1869, par laquelle Mgr Lequette délègue M. le curé de Fressin à l'effet de bénir une nouvelle cloche.

Un article spécial exige que l'acte de la bénédiction soit dressé sur le Registre de paroisse et soigneusement conservé avec la présente lettre épiscopale. Mais Mgr Parisis n'était plus ; on ne dressa point le procèsverbal de la céromonie, et nous ne savons même pas à quelle date elle eut lieu. L'inscription de la cloche

432 Fressim

est de i8é8. Elle n'était point encore bénite au commencement de novembre 1869.

Le 25 février 1870, M. Edouard-Charles-Joseph de Wailly de Camoîsy, de Capelle, s'unit devant Dieu et l'Eglise à M«"*Marie-Célinie-PhiIomèneWaulIe. Les quatre témoins au Sacrement furent Messieurs Charles Waulle, de Ruisseauville; Joseph Pruvost, de Fressin ; Charles-Joseph de Wailly de Camoisy, de Capelle. et Napoléon Salle, de Mouriez.

L'un de ces témoins, M. Charles Waulle, devenu clerc de notaire de l'étude de M. Emile Viollette, fut élu membre du Conseil de fabrique, le 23 avril 187 1, en place de M. St-Remy, démissionnaire. M, Waulle fut immédiatement investi des fonctions de trésorier, qu'il n'a jamais cessé d'exercer depuis cette date.

Le 18 septembre de la même année, M. Jules Annequin, originaire de Vermelles, officier de mobiles cantonnés à Fressin pendant la guerre, se fixa dans la paroisse en y épousant M*"® Zélie Brîche.

Le 7 avril 1872, M. Vaillant, quoique maire de la commune, fut réélu membre de 'la Fabrique. Son nom fut longtemps mentionné au procès-verbal comme étant à la fois membre de droit et membre électif.

M. Bonhomme donne la liste de 39 garçons et de 49 filles de. Fressin qui furent confirmés en 1872; mais il n'indique ni l'église, ni la date. Mêmes remarques pour Tannée 1875, ^^ ^^ nombre des confirmands fut de 31 garçons et 36 filles.

M. Louvet étant décédé en juin 1874, fut remplacé au Conseil de fabrique, le 1 1 avril 1875 , par M . Edouard de Wailly de Camoisy, propriétaire et marchand brasseur. Au mois de juin, Léon Bruchet succéda à son père Pierre-Joseph Rruchet, également décédé.

En 1876, le jour de l'Ascension; M. Bonhomme célébra pour la dernière fois la fête touchante et

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éminemment populaire de la première Communion. L'Ascension était son jour préféré.

Les 4ctes de 1877 sont de plus en plus abrégés. Le vénéré pasteur souffrait alors un véritable martyre. Il administre un baptême le 25 février; mais, le même jour, un enterrement est fait par son voisin et amî M. Emile Adam, curé de Sains-lez-Fressin.

Tout à coup, sans qu'il soit besoin de lire le texte d'un acte, on s'aperçoit qu'un grand changement s'est opéré. Ce n'est plus l'écriture nette, régulière, agréable à l'œil, des actes rédigés par M. Bonhomme. Ce qui frappe surtout, c'est la disposition étrange du Registre. C'était un système, puisqu'on retrouve cette même disposition au Registre des délibérations du Conseil de fabrique, si bien tenu jusque-là. Au lieu de placer la marge à gauche du texte, le nouveau rédacteur la place invariablement au côté extérieur du feuillet, sans doute parce qu'il jugeait la tranche exposée aux injures des doigts crasseux. L'intention est certainement bonne, mais l'effet produit n'en est pas moins désagréable.

Le 9 mars 1877, M. l'abbé Jean-Baptiste Bonhomme avait rendu son âme à Dieu. Ses obsèques eurent lieu le 12. Elles furent un véritable triomphe, témoignage de la vénération et de l'affection universelles. Curé de Crépy, nous y avons assisté sans y dire la messe, à cause de la distance et de la faiblesse de notre santé. Sans y dire la messe, avons-nous écrit : C'était une règle, dans le doyenné de Fruges, que les curés du canton célébrassent leSaint Sacrifice dans l'église de leur confrère défunt pendant que l'on y chantait l'office complet, les trois Nocturnes et les Laudes. — M. le doyen Macquet officia. Quant à l'oraison funèbre, il s'en déchargea sur M. Royon, curé de Créquy. Mais on oublia de nous présenter l'acte de sépulture à signer. Cet acte ne fut

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même écrit que plus tard, par le successeur de M. Bonhomme, qui le signa ainsi que M. le maire Vaillant, Nous y avons, depuis lors, apposé notre signature personnelle.

M. Bonhomme est un des prêtres les plus distingués que nous ayons connus. Il cherchait la gloire de Dieu et le salut des âmes avec un zèle réglé par la prudence, sachant stigmatiser le vice sans outrager la personne. On sait ce qu'il fit, ce qu'il eût souhaité faire pour son église. A Tautel, il était digne et majestueux ; à son confessionnal et à son foyer, il était homme de bon conseil et de sage direction, mais non pourtant dégagé de ce vieux levain de jansénisme, qui s'ignorait peutêtre lui-même, mais laissait la table sainte trop souvent déserte. En chaire, il était éloquent. Nous l'avons entendu deux fois^ aux points extrêmes de sa carrière, à une érection de Calvaire, à Grigny, où il fut appelé par M. l'abbé Courtin, de Créquy comme lui, et à Fruges, où M. le doyen Macquet l'avait invité à rehausser de sa parole la cérémonie de la distribution des saintes huiles.

A l'heure qu'il est, et malgré les incertitudes de l'avenir, trois ou quatre enfants de Fressin nous donnent l'espérance de les voir s'engager dans les rangs de la milice sacerdotale. S'ils savent garder leur vocation qui nous paraît certaine, ils feront ainsi revivre les anciennes traditions de la paroisse, traditions trop longtemps négligées. Depuis la Révolution, nous necroyons pas que Fressin ait fourni à l'Eglise une seule religieuse. Un seul prêtre, en ce . «siècle, est sorti de cette paroisse; c'est M. le chanoine Vaillant, dont M. Bonhomme a discerné et favorisé la vocation.

Constant- Aubert- Jean - Baptiste Vaillant naquit à Fressin, le lo décembre 1833, du légitime mariage de Vaast-Joseph-Floride Vaillant et de Louise-Rufine

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Lebrun. Il fut baptisé le lendemain par M. l'abbé Coubronne (i).

Il commença l'étude du latin au presbytère de son village sous la direction de M. Bonhomme, en même temps qu'un jeune homme de Torcy, lequel, moins heureusement doué, ne put parvenir au sacerdoce.

Après de bonnes études, faites au Petit Séminaire d'Arras, où il était entré comme élève de sixième, en octobre 1848, M. Vaillant suivit les cours du Grand Séminaire diocésain.

Il fut ordonné prêtre le 18 décembre 1858. Chargé d'abord d'une instruction particulière au château de Saubricourt, il fut ensuite quelque temps vicaire de la paroisse Saint- Vaast de Frévent.

En 1865, il était nommé curé de Brias, où il passa de longues années, honoré de l'amitié d'une noble famille et respecté de ses paroissiens.

En janvier 1889, Mgr Dennel lui confia la difficile' paroisse de St-François de Sales à Boulogne-Bréquerecques, d'où Sa Grandeur l'appela à Arras en octobre 1890, pour lui remettre la succession de M. Planque.

A Boulogne, M. Vaillant était bénéficier de première classe; maître de chapelle de la cathédrale, il porte l'hermine des chanoines honoraires.

Louis Prik.

M. Bonhomme avait été enterré le 12 mars 1877 ; le 16 mars, quatre jours après, le bureau des marguilliers

(1) L'aïeul paternel de M. l'abbé Vaillant était né au Parcq, notre village natal, le 7 mai 1747. Veuf de Bernardine Hanocq, iî épousa en secondes noces, à Fressin, le 25 nivôse an XIII, Marie-Elisabeth Cadot, dont il eut, le 5 février 1809, Vaast-Joseph-Floride. Madame Vaillant, encore actuellement vivante, naquit, le 12 juin I809, de François-Joseph Lebrun et de Marie-Anne-Rose Moronval.

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signait les pièces de son successeur, dont la nomination datait de Tavant-vveille. L*Evêché avait sans doute voulu couper court à toute compétition.

M. Louis Prin, le nouveau curé deFressin, n'avait que 37 ans, étant né le 22 avril 1840. Il était de Tilly-Capelle, annexe de Teneur, le dernier, mais le huitième enfai>t de Pierre-Philippe Prin et de Florencc- Marie-Joseph Tincourt, « ttltimiis sed octavus matris natus », écrit-il au registre de catholicité de 1885, à l'occasion du décès de sa mère octogénaire, dont il fit transporter les restes au cimetière de Tilly.

Le presbytère de Teneur était alors comme un vestibule du séminaire. Le digne curé, outre les enfants de sa paroisse, y accueillit des jeunes gens de Blangy, de Bermicourt et d'autres lieux; il lui en vint même de la Picardie. Cependant ce n'est pas chez lui que M. Prin fit ses premières études. Il eut pour premier maître le saint et zélé curé de Béalencourt, le légendaire M. Delpîerre. Frappé des dispositions et surtout de la piété de Louis Prin, l'abbé Delpierre l'enrégimenta dans la société des soixante ou soixante-dix élèves auxquels il prodigua son dévouement. Disons tout de suite que le curé de Teneur, quand il vit son paroissien sur la voie, ne lui marchanda point son concours. Il intervint en sa faveur auprès de M. Leprêtre, Supérieur du Petit Séminaire, et même auprès de Mgr Parisis, pour lui obtenir des conditions de pension tout à fait indispensables.

Ordonné prêtre le 15 juin 1867, M. Prin fut nommé immédiatement curé de Bléquin et Ledinghem, paroisse de plus de 800 âmes. Il y resta jusqu'au mois de mars 1877. Ge n'est point toutefois la mort de M. Bonhomme qui le fit sortir de Bléquin. Son changement était décidé, et il allait, nous a-t-on dit, être nommé curé de Bours et Marest, quand survint la mort de

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M. le curé de Fressin. Les amis qu'il avait à la chancellerie épiscopale lui proposèrent alors cette paroisse comme un poste plus agréable. Ce ne fut un bien ni pour lui, ni pour Fressin, ni peut-être pour la paroisse de Bours, moins renommée sans doute que Fressin, pourvue d'une moins curieuse église, niais plus universellement chrétienne, plus riche en fondations pieuses, et où nous pensons qu'il aurait pu faire le bien en paix, sans avoir à tant veiller sur la hardiesse ou l'exagération d'un mot inspiré par le meilleur zèle.

M. Bonhomme avait restauré et embelli l'église de Fressin. M. Prin s'occupa davantage des temples vivants. Il combattit les derniers restes du jansénisme pratique et parvint à amener à Jésus-Hostie des adorateurs plus fervents et plus nombreux.

Tout le monde aussi rend hommage à sa charité envers les pauvres et les malades. Sans ressource personnelle, il donnait d'abondantes aumônes ; il visitait souvent les malades. On le croyait encore à l'extcémité de la Lombardie, qu'on le rencontrait à Tautre bout de l'Ermitage, à cinq ou six kilomètres de là.

Nous tenons d'autant plus à lui rendre ce légitime hommage, que, d'autre part, pour être vrai et complet, nous sommes dans l'obligation d'écrire que la généralité de nos paroissiens, trois ou quatre familles exceptées, n'ont point tardé à le voir de mauvais œil, et qu'en définitive son éloignement a été demandé et obtenu.

Ce résultat final n'a surpris personne, j'entends de ceux qui connaissaient le curé et la paroisse.

Le 15 juin 1877, M. Prin régularisa le Conseil de fabrique en faisant observer que M. Vaillant, membre de droit en .sa qualité de maire, ne pouvait y figurer en même temps comme membre élu. M. Prin avait

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cru devoir demander à ce sujet l'avis de révêché, et il lui avait été répondu que le même homme ne pouvait pas avoir deux voix au conseil. M. Jules Annequin fut élu en remplacement de M, Vaillant.

M. Bonhomme avait disposé de son mobilier en faveur de Téglise de Fressin moyennant certaines charges. Or, un sieur Ludovic Caron, de Créquy, dont M. Bonhomme était l'oncle maternel, venait de s'adresser au Président de la République française pour demander l'annulation du testament , quoiqu'il eût d'abord donné son consentement à la délivrance du legs. Le Conseil de fabrique n'eut pas de peine à démontrer que les motifs allégués par le sieur Caron étaient faux, déraisonnables et dictés par le plus mauvais esprit (15 juin 1877).

M. Prin fit les premières communions le 5 août 1877.

L'année suivante, il consacra une page du Registre de catholicité à la mort de Pie IX et à l'élection de Léon XIII. Voici cette page débordant d'enthousiasme:

AD FUTURAU REl MEMORIAM.

Le VII février 1878, mourut à Rome

le grand Pape Pie IX, créé Pape

le XVI juin 1846;

ET

Le Surlendemain de ses funérailles

XX février 1878,

Avant deux jours de conclave, fut

élu pour lui succéder le Cardinal

Camerlingue-Joachim Prcci, qui

prit le nom de

Léon XIII.

Un immense deuil s'étendit

Sur tout l'univers à la nouvelle

de la mort inopinée du grand

Pie IX el un grand tressaillement

de joie fit battre le cœur des Catholiques

en apprenant la prompte élection

de Léon Xill. Dieu protège son

Eglise.

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