XVI. — Jean VI, sire de Créquy, Fressïn, Canaples
etc., fit son testament en 1483. Il épousa Françoise
(1) Nous ne comprenons pas pourquoi ce titre lui est donné par Moréri; Charles de Créquy ne figure pas au Catalogue des évêques Morins.
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de Rubempré, d^me de Bernieulles et de Bléquîn, puis, en secondes noces, Marie d'Amboîse. Il eut de sa première femme :
1° Jean VII, qui suit;
2^ Philippe de Créqny, d'où sont sortis les barons de Bernieulles et les seigneurs d'Hesmond, marquis de Créquy ; il eut le gouvernement de Thérouanne et épousa Louise de Lannoy, fille du gouverneur d'Hesdin ; 3° Gabrielle, dame de Mesnil-Argence, morte
sans alliance :
4° Catherine, dame de Villers-Bocage, qui épousa
Jean de Neuville, seigneur de Boubers ; 5° Antoine de Créquy, seigneur de Pontdormy, gouverneur de Picardie, bailli d'Amiens, chevalier de l'ordre du roi. Il commanda l'artillerie française à la bataille de Ravenne en 1 5 12 ; et, en 15 13, il défendit Thérouanne contre Henri VIII et l'empereur Maximilien. Il capitula honorablement, à la journée de Guinegatte ou des Éperons. Il se distingua à Marignan, au siège de Parme et à la Ricoque. Il tint deux ans en Picardie contre les Anglais et les Espagnols. Enfin il fut tué, en 1525, à Hesdin, comme il a été dit au livre précédent. Il avait épousé, en 15 11, Jeanne de Saveuse, dont il eut pour fille unique Anne de Créquy, qui épousa Guillaume du Bellay, et mourut sans postérité. De sa seconde femme Jean VI eut:
6^ Georges de Créquy, qui fit la branche des seigneurs de Rîcey, finie vers l'an 1620.
XVII, — Jean VII, sire de Créquy, de Fressin, de Canaples et autres lieux, surnommé /e RicAe, gouverneur de Montreuil, fit son testament en 1543. Il
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avait épousé, en 1497, Jossine de Soissons, dont il eut: i" Jean VIII, sire de Créquy, son successeur; 2° François, évêque de T/téronanne, mort avant
son frère aîné; 3° Louis, chevalier de Malte, qui survécut à tous ses frères et neveux, et vivait encore en 1579; 4° Antoine, désigné pour Tévêché deThérouanne après son frère François, puis évêque de Nantes après son neveu, le Cardinal de Créquy ; 5° Charles, seigneur de Moreuil et de Bauval,
qui mourut sans enfant; é"* François, seigneur de Dourier, colonel des légionnaires de Picardie, mort sans postérité. On lui doit l'ancienne collégiale de Douriez, aujourd'hui église paroissiale ; 7° Marguerite de Créquy, religieuse à la Saussaye, près Paris.
En 1499, le noble homme Jean de Créquy, écuyer, seigneur temporel de Créquy, intervint comme témoin dans un acte capitulaire, par lequel Amand Oudeghestre, abbé d'Auchy, se choisit pour coadjuteur Oliver Gobert, religieux de Saint-Bertin.
XVIII. — Jean VIII, sire de Créquy, Fressin et Canaples, prince de Poix, seigneur de Ijpntdormy, chevalier des ordres du roi, capitaine des cent gentilshommes de la maison du roi, servit av^c ses oncles, en Picardie, contre les Anglais, en 1523; prit part à la bataille de Pavie, en C525; fut envoyé comme ambassadeur en Angleterre avec l'amiral d'Annebaut, pour recevoir le serment de paix dii roi Henri VIII; commanda, outre ses cent gentilshommes, les gardes écossaisses, et mourut en 1555.
Nous croyons devoir reproduire ici, d'après le docteur Danvin, qui l'a transcrit sur l'original reposant aux archives départenientales, un document qui a son
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intérêt au point de vue de la solde des soldats au XVP siècle. On y trouvera le nom des homnTies qui servaient sous les ordres de Monseigneur de Créquy.
< Roole de la monstre et reveue faicte à Hesdin, le vingt-deuxiesme jour de janvier l'an mil cinq cent quarante-huit (1549), de quarante hommes d'armes et soixante archers, faisans le nombre de quarante lances fournies des ordonnances du roy, notre sire estans soubz la charge et conduicte de Monseigneur de Créquy, leur cappitaine, sa personne y comprinse, par nous, Guillaume de la Gandilhe, seigneur de la Grippière, commissaire ordinaire des guerres, commis à faiie la dicte monstre et reveue suyvant laquelle le paiement a esté faict ausdits hommes d'armes et archers de leurs gaiges et souldes des quartiers d'avril, may et juing^ juillet, aoust et septembre mil cinq cent quarante huit dernièrement passé, par M' Pierre-François, paieur de ladite compaignie pour servir à l'acquict de M*^ Jacques Veau, conseiller du roy, notre dit sire, trésorier de ses guerres desquefz hommes d'armes et archers les noms et surnoms s'ensuyvent. Et Premièrement :
Hommes d'armes appoinctez:
Monseigneur de Crbquv, cappitaine .
Charles de Corgne, lieutenant.
Charles B. de Montcavrel, enseigne.
Jehan Depoix, guydon.
Jehan B. de Boffles, maréchal-des-logis .
Hommes d'armes à XX livres par mois
Nicolas DE Belangreville.
Charles de Hodicq. Joseph DE Werhisel.
Anthoine B. de Vavencourt.
Adrian de Bernes.
Pierre Dailly.
Anthoine des E^sarts, pour un
mois P jours.
Jehan de Fleschin,
Hector DE C A NOYE.
Flour DE Fkri'In.
Frbssin.
Hommes d'armes à XV livres par mois ;
Anthoine des Essarts, pour i mois XKV jours.
Ctt homme d'arme avait donc itè um pèM augmenté,
Jacques DE MoNCHY, pour le
reste.
Adrian DE NOYNTEL.
Valentia Lourdel.
Pierre Lyon.
Adrian Jetart.
Jehan DE Broy.
Anthoine Lerlond.
Alardin Damerin.
Adrian Marcottes François db Malingres.
Philippe de Bercnyel.
Anthoine Damyette.
Jehan Degroyseillers.
Ozias DE Bâillon.
Philjppes DE France.
Anthoine de Bigant.
Adrian Norguelmes.
Pierre Fallare.
Guillaume de Lestrille.
Jehan de Louvencourt,
Jacques Notan.
Florimond de Milly, pour i
mois Xllîl jours, LOYS DU Perron, pour un mois
V jours.
Robert Paillard.
Nicolas d'Offignyes.
Anthoine de Longfosse
Archers
Qaude Duval.
Jehan Le Maire.
Jehan de Arpillon.
Adrian Razouck.
Jehan Le ROY.
Adrian Norma>s.
Jacques Chocquft.
Anthoine Mignot.
Pierre Le Maire. Jehan Pillart.
Benoist Le Hochare.
Philippe Inneurt.
Josse DE Mesoultre.
Nicolas DE MONCHEAULX.
Anthoine DE Paris.
LojS DE COULONGNE.
Pierre DU Crocq.
Edmond de Thoury.
Nicolas Pinchuel.
Robert du Guesnel.
Baudet Rougegrez.
à X livres par mois:
Nicolas Danaunez.
Guillaume Serain.
Anthoine DU ïkrtre.
Jehan de la Rue.
Guillaume Lyon.
Symon Porvillan.
Jehan Segard.
Anthoine Danyn.
Denis DU Fresnoy.
Adrian DE HANa^URT.
Jehan Arlange.
Loys DE Barastre.
Philippe Ancel.
Jehan Leglantier.
Pierre de Fontaines.
François Flamant.
Henry DE Naulx.
Jehan Blavel.
Nicolas Le Maire.
Jacques DE Sains.
Les Seignbuus.
Archers à VII livres X sous par mois:
Robert Vallety.
Adrian Jacquemart.
Jehan ROCQÙE.
Claude Bouteiller.
Florent de Fontaines.
Claude Cachelin.
Noël Grilot.
Aubert Villain.
François Davon.
Florent DE Douay.
Hugues LE ViEZIER.
Jhérosme de Fertin.
Anthoine Manger. " Nicolas Garnier.
Guillaume de Canaples.
Nicolas Cauldronnyer.
Laurent MorEw, pour un mois
X livres.
Claude du Puys, pour IIII mois
V livres, Jehan de Vuanzin.
Jehan de Besson.
Nicolas DE LA Fleur Pierre de Cheppy.
Jehan Dailly.
Jehan Barra.
Nous, Guillaume de la Gandilhe, seigneur de la Grippière, commissaire dessus nommé, certifions à Messieurs les gens des comptes du roy notre sire à Taris et autres qu'il appartiendra avoir veu et visité par forme de monstre et reveue tous les dessus dits quarante hommes d'armes et soixante archers faisans le nombre de quarante lances fournies des ordonnances du roy nostre dit sire. Estans soubz la charge et conduicte de Monseigneur de Créquy, sa personne y comprinse, lesqiielz hommes d'armes et archers nous avons trouvez en habillement de guerre pour servir le dit seigneur au faict de ses guerres et partout ailleurs où il luy plaira les emploier capables d'avoir prandre et recevoir les gaiges et soulde à eulx ordonnez par icellui seigneur pour les quartiers d'avril, mars et juing, juillet, açust et septembre mil V^ quarantehuict. En tesmoing de ce nous avons signé ce présent roolle de notre main et icelluy faict sceller du scel de noz armes les an et jour dessus dits.
Signé: De La Grippière. >
François de Créquy, frère de Jean VIII et abbé de Saint-Pierre de Sélincourt, fut le dernier évêque de Thérouanne. Elu par le clergé en 1535, confirmé en 1539 par le Souverain-Pontife, cène fut que neuf ans après, en 1548, qu'il put prendre possession de sou siège et faire son entrée dans sa ville épiscopale. 11 mourut après quatre années seulement d'épiscopat effectif, le 28 février 1552, ou plutôt, selon la nouvelle manière de compter, le 28 février 1553.
Avant le siège, et quand Thérouanne était encore ville française, Antoine de Créquy, son frère, abbé de Notre-Dame de Valloires, depuis 1550, fut désigné par le roi de France Henri II pour lui succéder. La destruction de la ville épiscopale empêcha sa préconisation.
Antoine de Créquy ne fut donc pas véritablement évêque de Thérouanne; il ne fut ni agréé par le Saint- Siège ni sacré. Cependant il se mit en mesure de faire administrer la partie de l'ancien diocèse restée soumise à la France, et il établit à Boulogne son vicaire général et SCS officiers. Une partie des chanoines s'était aussi retirée à Boulogne. M. le chanoine Haigneré nous apprend qu'en novembre et en décembre 1557, Antoine de Créquy nommait à des cures, et qu'il datait ses lettres de collation du village d'Aumont (canton d'Hornoy. Sommet où il faisait sa résidence: Datmn et actiim in Aumont^ in oppido de An mont, ou de Alto Monte , Ambianensis diœcesis, et qu'il s'y intitulait : Anthonius de Creqny\ Dei et sancte Sedis Apostolice Episcopus Morinensis.
M. l'abbé Bled fait remarquer que les chanoines fixés à Saint-Omer et à Ypres (car le chapitre s'était partagé entre les trois villes de Boulogne, Saint-Omer et Ypres) ne reconnaissaient pas Antoine de Créquy, déclarant sa nomination comme sans valeur au point de vue canonique. Au lieu d'avoir été élu librement
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par le clergé et le peuple, selon l'antique coutume des Morins, il avait, disaient-ils, dû sa nomination au roi de France. Mais sa nomination était régulière; car le concordat de François i" reconnaissait ce privilège au souverain, tandis que les évêchés d'Ypres et de Saînt-Omer ne furent à la nomination des rois d'Espagne qu'en vertu de la bulle de Pie IV de Statu ecclesiastico du 14 mars 1560.
A quoi l'on pourrait répondre que la nomination royale ne pouvait obtenir son effet qu'après la préconisation par le Saint-Siège. Mais il y a lieu de croire que le Saint-Siège tenait compte de la difficulté des temps, et que les vicaires généraux établis à Ypres par l'autorité apostolique usaient libéralement des pleins pouvoirs dont ils étaient investis.' Il ne paraît pas, d'ailleurs, que l'évêque nommé ait fait acte de juridiction sur les terres de l'Empereur.
On a fait de singulières confusions à propos d'Antoine de Créquy, On a écrit qu'il avait été transféré à Nantes en 1554; de Nantes à Amiens, en 1561 ; revêtu de la pourpre romaine, en 1563 ; et qu'il serait mort en 1574. Aubert Le Mire, La Morlière, et bien d'autres ont ainsi confondu deux personnages, l'oncle et le neveu, dont ils n'ont fait qu'un seul homme.
Antoine de Créquy, l'ancien évêque nommé de Thérouanne, devint, à la vérité, évêque de Nantes. Mais il ne fut pas transféré de Thérouanne à Nantes ; car il n'a pas été considéré par le Saint-Siège comme évêque de Thérouanne. Ce n'est pas non plus en 1554 qu'il alla à Nantes, mais seulement huit ans plus tard. Dans l'intervalle, il avait dû se retirer dans la vie privée. Son neveu, dont on parlera plus loin, était évêque de Nantes depuis 1554. Désirant se rapprocher de sa famille, il résigna son siège à son oncle le 10 octobre 1561, et c'est seulement le 26 juin 1562 que l'ancien
élu de Henri II pour Thérouanne put présenter ses bulles au chapitre de Nantes. Deux ans après, il permutait avec l'évêque de Vannes pour Tévêché de cette ville dont il ne paraît pas avoir été pourvu.
Jean VIH avait épousé, en 1525, Marie d'Acigné, qui lui donna :
i« Jean IX ;
2° Antoine de Créquy, qui devint le Cardinal
de Créquy ; 3° Louis, seigneur de Pondormy, mort en 1557,
à la bataille de Saint-Quentin :
4*^ Marie de Créquy, qui succéda à son frère Jean IX.
Jean VIÏI de Créquy eut aussi une fille naturelle, nommée Guillemette, qui épousa successivement Pierre Lyon, seigneur de Varennes, Jean d'Odenfort, seigneur de Grandvilliers, et Jean de Rivery, seigneur .de Potonville.
Antoine de Créquy, fils cadet de Jean VIII, naquit vers Tan 15 31 ; en 1352, à peine âgé de vingt et un ans, il devint abbé commendataire de Saint-Julien de Tours ; le 2 avril 1553, il fut nommé abbé commendataire de Saint-Pierre de Sélincourt, eu place de son oncle François, évêque de Thérouanne, récemment décédé ; enfin, le 10 décembre de la même année, il obtenait par cession du cardinal Jean de Lorraine le siège de Nantes, dont il entra en possession quelques mois plus tard. Antoine de Créquy appartenait à l'église de Chartres, et il n'était alors que simple diacre. Il fut ordonné prêtre avec dispense d'âge, le 22 avril 1554, et sacré évêque le même jour. Le 10 octobre 156 1, il résigna son siège de Nantes à son oncle Antoine, celui dont il a été parlé précédemment, et qui avait été désigné pour le siège de Thérouanne ; il obtint . en 1561, 62 ou 63, révêché d'Amiens, dont il prit
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possession le 29 septembre 1564 ; il fut nommé cardinal par le pape Pie IV le 12 mars 1565, sur la proposition du roi Charles IX, et reçut le titre de Saint-Triphon ; il succéda, en 1567, à son oncle en qualité d'abbé de Valloires, et mourut en 1574, le 5 juin {alias \c 20), âgé seulement de 43 ans.
Le Cardinal de Créquy était comblé d'honneurs comme de bénéfices. Il était chancelier de l'ordre de Saint- Michel. Il avait hérité des grands biens de sa maison après la mort de ses deux frères. Il les laissa à Antoine de Blanchefort, fils de sa sœur.
Il fut enterré dans la cathédrale d'Amiens, selon les uns, dans l'église abbatiale de Moreuil, selon les autres. Jacques Séguier, chanoine et chancelier d'Amiens, fit son oraison funèbre. Il portait pour devise la colonne qui servit de guide au peuple d'Israël avec ces mots : Prisca lux, lux certa salutis.
L'abbé Corblet estime que notre cardinal porta trop loin le sentiment de la reconnaissance envers le roi. Charles IX avait exprimé le désir de posséder la précieuse relique que la cathédrale d'Amiens considère comme son plus riche trésor. Nous avons nommé le chef de saint Jean-Baptiste. Le Cardinal de Créquy voulait qu'on se rendît au désir du monarque. Mais le chapitre eut le courage de répondre par un refus formel.
XVIII. — Jean IX, sire de Créquy, de Fressin et de Canaples, prince de Poix, etc.. fut guidon des gens d'armes du duc de Guise au siège de Metz en 1553 ; il fut pris par les impériaux près de Doullcns, pour s'être trop avancé dans une escarmouche à la tête de ses cinquante hommes d'armes, et mourut à la journée de Saint Quentin, en 1557. Il était fiancé à Henriette de Savoie.