‹ Frétillon, ou la Bonne Fille, vaudeville en cinq actesChapitre 31 sur 40 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

JOSEPH, MARENGO, GODUREAU , LEGRAS, huissier.

marengo. Milzieux! et on n*aimerait pas cette lille-là ! la crème des femmes de son sexe!... elle rapproche les ennemis...

elle embrasse tout le monde, clic boit du champagne! créature adorée va... Ab! si jamais... Dieu de Dieu !...

JOStpn, entrant. Qu’est-ccqui lui prend?

est-ce qu’il est fou?...

marengo. C'est qu'cltepense à tout, elle n’oublie personne, personne, excepté moi, le pauvre soldat !

GODUREAU, revenant avec nne bouteille et un verre. Marengo! Marengo !

JOSEPH. Marengo , qu’est-ce que c’est que ça?

marengo, s’avançant. Présent!

GODUREAU. Eli! mais Dieu me pardon-

ne ! c’est l’unifonne de l’armoire... Ah ça!

ils se sont donc tous donné rendez-vous ici? Tenez , mon brave, tenez... voilà ce que Frélilloii vous prie de boire à sa santé.

marengo. Vrai . elle a aussi pensé à moi. Suffit.

TOUS, appelant dudehors. Godurcau! Godureau !

(Godureau rentre.)

MARENGO Au milieu des prisonniers, elle envoie la goutte à l’ancienne connaissance qui a celui de les garder. ( S’essuyant les yeux .— Il boit.) Obéissance passive.

Joseph. Dites donc, monsieur Marengo... c’est un beau nom de baptême que vous avez là.

MAnKNGü. N’est-ce pas? Je suis un enfant de troupe.... et les anciens m’ont a|>pelé Marengo , parce que je suis venu au monde le jour de la bataille d'Austerlitz.

Joseph. C’est fameux ça eh ! voilà

M. Legras, l’huissier*.

LEGRAS. Moi-même , mon ami , moiméme. Je viens pour une affaire... une affaire très-pressée... une dame qui m’a donné rendez-vous pour la créance de M. Ludovic.

marengo. C’est elle.... toujours elle ...

du champagne à Put», des gros sous à l’autre... c’est une auie pétrie dans le bienfait, quoi !

legras. V ous connaissez cette dame ?

MARENGO, d'un ton sentimental. Si je la connais, ô huissier! voyez-vous, j'aimerais mieux toucher d’amour une personne favorable à l'humanité comme celle que vous allez voir, que toutes les pièces d’un franc cinquante qui, dans le courantd’une année, peuvent vous glisser dans les doigts, ô huissier que vous êtes... A votre santé.

(Il Loil.)

LEGRAS. Ab ça! qu’est-ce qu’il nie dit, ce monsieur ?

Joseph. Venez, monsieur Legras, venez, je vas vous mener vers M ,u Camille , ou jy|Uc Fretillou. Les drôles de noms qu’ils ont , ces gens-là !

(Ils s'acheminent dn eôttf delà dette.)

marengo. Des noms respectables , cnt ends- tu, pékin ?.

JOSEPH, se retournant . Porte-clés.

(Il sort.)

M ARENGO, seul. U y a quelque chose à dire sur Frétillon, je ne dis pas, mais ça regarde ceux qu’elle aime. Dieu! si c’était moi, ne fût-ce que pour vingt-quatre heures !...«• je suis jaloux d’abord...

* Joseph, M. Legras , Marengo.

LE MAGASIN THÉATEAL.

Air : Sans mentir.

SI jirniii j'arrive en ligne,

Si j’suis heureux à mon tour ,

11 faudra changer d’eonsigne !

Voilà mon ordre <lu jour :

Je veux rjn'eir me «oit fidèle Sinon... et quint au galant Qui viendra riVler pii» d'elle...

Ce s’ra comme au régiment ,

Rantan plan! (/*'#.)

Je l'mèn'rai tambour ballant .

(O/i entend des éclats de rire à droite .)

JOSEPÜ, rentrant. Ali ! al» 1 al»

mahexgo. Qu’est- ce qu’il y a!

JOSEPH. Il y a que c’est une bonne fille, tout de même ; ils se î appellent là-dedans des choses à mourir de rire... on a pleurer comme une bêle!., les tours qu’elle a joues aux uns... les services qu’elle a rendus aux autres; il y a un petit pâle qui raconte qii’étant pauvre et malade, Frélillon a vendu pour lui absolument tout, quoi! Ft làdessus, ils remplissent son verre et elle le vide en riant, et elle a des yeux qui brillent comme des diamans, mais , qui sout petits... petits...

MAitENGO, çidttnl son verte Kinine céleste!

josf.ph. Quand M. Legras est entre....

elle a jeté sur la table un gros portefeuille, en criant : C’est mon reste... et on lui a donné un verre pour le griser.

MAnENCO. L’huissier?...

josepii. Et moi aussi... Tenez, entendez-* ous ?...

CHOEUR , en dehors.

Aik île Ramponneau .

Force clinmpaguc A Fre tillon i

Que sa gai té nous gagne ;

Force champagne A Fretillon:

Me» ami» . f. lisons lui raison !

rncTiLLof , entrant suivi dit t ftCear •

Non , laissex-moi , je le veux ,

Au bruit d'cc vin joyeux,

Ma tête déménage.

Je vais quitter la prison •

Mai» je crains qu’ma raison Ne reste dans la cage.

CHOEUR

Force champagne , etc.

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