‹ Frétillon, ou la Bonne Fille, vaudeville en cinq actesChapitre 34 sur 40 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CAMILLE, AÜGLSTA.

AtlûUSTA. Eh bien ! |>er sonne pour annoncer, pas un domestique?

CXMILLE, g. dm rut . Comme tu vois ; ils sont tous partis... avec la fortune, et ils reviendront avec elle, quand je descendrai de ma mansarde , où je vais remonter comme autrefois, tu sais? in’y revoilà !

ATGU9TA. Ah! mon Dieu ! que me dis-

lu là ? qu’est-ce que cela signifie , ma chère ?

CXMILLE. Cela signifie , ma chère , que j’avais de l’or, de l’argent, des bdlets, qui m’étaient venus, Dieu sait comme , et qui s’en allaient de même , je prenais toujours sans comnter ; si bien qu’à mon retour de Sainte-Pélagie, je me suis aperçue que j’étais au bout de mon rouleau... Mon propriétaire s’est rappelé que je lui devais cinq termes, seulement! il a mis les huissiers partout... et moi , je me suis réfugiée ici, dans ce boudoir , en attendant.

Air : Hesict , restez , troupe jolie.

Ce soir , pour le cinquième éloge, l)'ici , je prendrai mon conge!

(I nt ainsi , drj.H , Mit» Iwca^f,

QtlU trois fois j‘.n ikiiién.igé.

Do haut en bai j'ai voyagé.

A piLiidie un parti je oui» piomptc,

San» oublier, depuis cinq an»,

Ni ma gaîté, quand je remonte.

Ni tues amis , quand je descend» !

auglsta. Comment! tu as tout mangé?

Camille. Mieux que ça.... j’ai tout donné.

Atoi.’STA. Alors, je vois à ta nouvelle

Di

fortune , que ce qu’on m’a dit pourrait bien être vrai.

CAMILLE. Qui?... qu'est-ce qu’on t’a dit?

AUGUSTA. Oh!., quelque chose d’inconcevable... ton mariage.

CAMILLE, riant. Mon mariage !..

augusta. Et moi qui venais t’en détourner, te conseiller de n’en rien faire. . . un mauvais parti, ma chère...

CAMILLE. Un mauvais parti... mais qui donc?

augusta. Eh! tu le sais bien. .. tou Ludovic... puisqu’il l’a dit... c’est avec toi, assurément... il l’a annoncé à Lololte!...

celte pauvre fille, elle s’est trouvée mal!

, CAMILLE. Mon mariage! Ludovic !... astu penlu la tète? je n’v ai jamais pensé!

augusta. Eh bien ! il y a pensé, lui !

Camille. Pas possible?., c’est une surprise qu’il me ménage.... une bêtise!...

c’est d’un bon cœur... ce cher Ludovic!...

hier, en sortant de prison, il m’a bien juré qu’il n’aimerait que moi , et que jamais une autre... ah, ah , ah! ce serait drôle, n’est-ce pas?., mou mariage!.. 11 me semble que je me vois déjà passer avec un voile et de la fleur d’orange! Tu n’as jamais pensé au mariage, toi?

AUGUSTA. Si fait, quelquefois, souvent même, mais avec quelqu'un de riche, de cossu... un fils de pair de France... un général ou un danseur. Mais un jeune homme comme Ion Ludovic, fi donc !

CAMILLE. Hah ! il fera son chemin.

{Riant.) El si j’étais sa femme....

AIIGUSTA. Oh! sa femme!.. Lolollc y mettrait bon ordre.

Camille. Lolottc, comment ça?

augusta. Certainement... elle a une lettre de change de mille francs... Elle a juré par tout l’Olympe de l'Opéra, qu’elle poursuivrait son iufidèle!..

Camille. Ah! mon Dieu!... encore....

pauvre garçon!., mais, il n’en sera rien...

Ah! nia chère!... je l'en prie... vois cette Lolotte... en ta qualité de diplomate, arrange cette affaire-là... paie et que tout soit fini !

augusta. Désolée!., je u’ai pas d'argent!.. tu ne sais pas? mon vieux général est mort!... et il ne 111’a rien laissé , le traître !

CAMILLE, mystérieusement f, tirant nn billet de son sein. Tiens!., tiens!., c’est mon dernier... je l’avais sauvé pour lui... qu'il serve à cela!

AUGUSTA. Mais, pense donc...

Camille. Mou... non... je ne veux penser à rien... ce n’est pas dans mes habitudes... c’est mon ami!... mou amant!..

mon mari!.. (/î«m?.) mon mari!., la drôle d’idée! Oh ! jamais !..

AUGUSTA. Qu’est-ce que j’entends là !

CAMILLE. Chut!... c’est mon propriétaire, peut-être... avec ses huissiers, ses estafiers, que sais-je?., va vile, va... par ici... je t’attends...

augusta. Dam!., tant pis pour toi!., ça te regarde...

(Camille la fait sortir par la droite, oendant le choeur suivant.)

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