IX. — LOCATION DES ILALLIB ET ABRIS DANS LES MARCHÉS
Le droit d’établir des échoppes fixes ou mobiles, de poser des parasols dans les halles et marchés suivit le sort du droit de commission sur les ventes en gros des comestibles. Au moment où disparut la ferme générale, au moment où les facteurs et les factrices s’emparèrent des droits sur les ventes en gros, les marchands détaillants se perpétuèrent
KROCHOT
dans la possession des places et des parasols. Un ancien locataire continua, par exemple, d'exploiter le marché des Innocents, malgré le décret du 12 septembre 1792 qui avait résilié son bail. On évaluait alors à 1,300 le nombre des échoppes et parasols répandus dans les divers marchés de Paris, et livrés ainsi au premier occupant. La loi du 1 1 frimaire an VII avait placé au nombre des recettes communales la location des places « dans les halles, marchés, chantiers, rivières et ports », de telle sorte que le droit ancien et la législation nouvelle conviaient à l’envi l’administration municipale de recouvrer cette recette. Aussitôt on essaya de louer les halles et marchés et l’on trouva locataire au prix de 400,000 francs. Le bureau central s’opposa à la conclusion de ce bail, sous prétexte que le prix véritable était cinq millions. En voulant trop, on n’eut rien. Survint le 18 brumaire et le temps coula. Les conférences préfectorales de l’an X réunirent Frochot et Dubois sur la nécessité de faire cesser l’anarchie qui régnait dans les halles et les marchés et qui régna malgré les eflorts des préfets et les remontrances du conseil municipal jusqu’au décret de 1805. Le décret du 21 septembre 1805 confia au préfet de police le soin de louer les places dans les halles et les marchés et de toucher le montant des locations conformément aux tarifs arrêtés par le ministre de l’intérieur. A partir de 1808, les locations dans les halles et marchés montèrent de 1,100 à 30,000 francs et atteignirent en 1812 plus de 180,000 francs. Le décret du 30 novembre 1807 et l’emprunt de huit millions, tendirent à développer cette branche de revenus que l’Empereur affecta spécialement au service des hospices.