CHAPITRE n
§ 1. — Mesures générales de rassemblement.
Il fut décidé, en France, que la mobilisation des forces actives s'effectuerait sur la frontière même, en deux échelons.
Les troupes, encore sur le pied de paix, furent donc transportées par le chemin de fer de leurs garnisons respectives jusqu'aux centres de rassemblement, choisis, en général, auprès des places fortes de la frontière.
La préparation à la guerre, conmie on l'entend aujourd'hui, était à peu près nulle. Il en résulta que, ni les approvisionnements de rassemblement, ni la constitution des trains, parcs et convois, ni même la fourniture des objets de campement n'étaient assurés au moment où les grandes unités se constituèrent.
On sait aussi qu'avant la guerre de 1870, les régiments français n'étaient pas formés en brigades, divisions et corps permanents, sauf à Lyon et à Paris, et, pendant Tété, au camp de Chàlons.
Les forces actives de la France constituèrent une seule et unique armée, comprenant sept corps, lesquels, en vertu de l'ordre impérial du 23 juillet, furent répartis en cordon, depuis Huningue jusqu'à Sierck.
L'aile droite de l'armée, composée des 7® et 1®' corps, fut
confiée, le 25 juillet, au maréchal de Mac-Mahon, qui conserva, néanmoins, le commandement direct du 1®*" corps.
Le 7^ corps, à trois divisions, rassembla une de ses divisions à Colmar et à Mulhouse, une autre à Belfort, et dut laisser la troisième à Lyon pour y maintenir Tordre.
Le 1®*" corps, composé de quatre divisions d'infanterie et de cavalerie, réunit la majorité de ses troupes sur le polygone de Strasbourg, où elles campèrent entre la place et le Rhin.
Le 5® corps, à trois divisions, se rassembla sous les murs de Bitche (?), et eut pour mission d'assurer la liaison entre les corps d'Alsace et ceux de Lorraine.
§ 2. — Composition de rarmée d'Alsace.
Les deux corps (i*'*' et 7«), placés sous le haut commandement du maréchal de Mac-Mahon, formèrent, en réalité, une armée distincte, que nous appellerons « l'armée d'Alsace », et dont la composition fut la suivante :