CHAPITRE I
même temps, de nouvelles avant-gardes sont fournies par les V", III' et II' corps, et l'une d'elles devient avant-garde principale. Enfin, la masse de cavalerie accourt pour prendre la place nouvelle qui lui est assignée.
Par des procédés analogues, l'armée peut, tout aussi bien, se disposer pour marcher à. l'ouest.
Un tel dispositif s'appliqne à une armée en opérations, c'est-à-dire à une armée qui marche ou manœuvre loin de l'ennemL
Il permet de vivre entièrement sur le pays, k la condition de traverser une région moyennement fertile, non encore épuisée
LE RASSEMBLEMENT DE LA III® ARMEE ALLEMANDE. Si
par le pillage ou les réquisitions, et de ne pas prolonger les temps d'arrêt au delà de trois ou quatre jours.
Lorsqu'une armée ainsi articulée arrive dans la zone d'action de rennemi, son chef modifie, selon ses vues ou le rôle à jouer, l'agencement des diverses parties qui la composent.
Ainsi, au lieu de trois colonnes, il en formera quatre ou cinq, fera venir, par exemple, un corps de seconde ligne en première et disposera un autre corps en réserve générale dans la direction la plus favorable, etc.
A ce moment qui précède les engagements, les corps et divisions deviennent des matériaux de construction avec lesquels le chef d'armée s'efforce de bâtir le monument de sa gloire.
Alors, les dispositifs normaux, les principes et les règles s'effacent devant la nécessité d'adapter les moyens dont on dispose à la situation présente, à celle-là et rien qu'à celle-là.
Alors aussi, les efforts de mémoire, tendant à réveiller une réminiscence, ne servent qu'à fausser les données du problème à résoudre sur l'heure. La solution, elle est dans les réflexes cérébraux, et malheur à celui qui ne les a pas développés par de nombreux exercices sur des cas concrets !
§17. — Dispositions préparatoires à la mise en mouvement
d'une armée indépendante.
Le passage d'une armée, de sa formation de stationnement prolongé ou d'opérations, à un dispositif préparatoire de bataille, constitue la concentration.
Une armée concentrée est prête à combattre dans une direction et dans un but déterminés, ce qui ne veut pas dire pour cela que les corps doivent être collés les uns aux autres. Bien au contraire, une armée concentrée présente un dispositif dans lequel des corps ou divisions forment des masses
52 l'o PARTIE. — CHAPITRE I".
denses autour desquelles oh a ménagé de l'air et de l'espace, en vue des manœuvres à exécuter.
Le front de bataille d'une armée de cinq corps peut varier entre 12 et 20 kilomètres, suivant que cette armée opère isolément, ou bien que, faisant partie d'un groupe d'armées, elle se trouve placée au centre ou à une aile.
L'étendue du front d'action d'une telle armée varie encore avec le rôle qu'elle doit remplir dans l'ensemble.
Il ne saurait donc y avoir de règles à cet égard.
Lorsque, par suite de circonstances quelconques, une armée, en stationnement prolongé ou en opérations, a été amenée à occuper, avec ses cantonnements, un carré de 20 à 30 kilomètres de côté, la concentration préparatoire à la bataille se fait, en moins d'un jour ou même pendant la nuit, à l'aide de mouvements latéraux combinés avec des mouvements de resserrement d'arrière en avant, si l'armée doit se concentrer de pied ferme ; et, dans le cas contraire, si l'armée continue à marcher, l'opération s'exécute au moyen de mouvements obliques, combinés avec le serrage des corps de queue vers les points qui leur ont été désignés.
En général, quand une armée a été réunie, au début d'une campagne, sur un territoire très supérieur en étendue à la surface qui correspond au dispositif de cette armée en cours d'opérations, comme le fait s'est produit pour la IIP armée allemande en juillet 1870, la mise en mouvement de cette armée exige que, la veille du départ, les corps ou divisions quittent leurs cantonnements de rassemblement pour venir s'échelonner le long des routes de marche adoptées.
On dit alors que l'armée prend un dispositif préparatoire d'opérations. Nous reviendrons sur ce dernier sujet lorsque nous discuterons la concentration de la IIP armée ordonnée, le 2 août, en prévision de la marche du surlendemain.