‹ FroeschwillerChapitre 37 sur 100 · II® PARTIE · texte numérisé non relu

II® PARTIE

Une bataille d'armée, à Tépoque moderne, est donc le produit des luttes engagées ou soutenues par les divers corps dont elle se compose, luttes liées les unes aux autres par la communauté de pensée, de but et de vouloir.

Étudiée au point de vue allemand, la bataille de Frœschwiller démontre de la façon la plus éclatante que, même en Fabsence de toute direction supérieure, les commandants de corps d'armée, unis par les liens d'une doctrine unique, ont su se partager les rôles dans l'ensemble, comme s'ils eussent agi en vertu d'un ordre général.

Ce résultat tout à fait remarquable indique qu'une situation déterminée a provoqué chez tous des réactions cérébrales identiques. On ne saurait imaginer un bien plus précieux. Heureuses les armées qui le possèdent !

La bataille de Frœschwiller, comme toutes les batailles modernes, ayant été la juxtaposition d'un certain nombre de combats partiels, nous avons jugé utile de faire de chacun d'eux une monographie spéciale jusqu'au moment où toutes les actions particulières sont venues se fondre dans l'acte final caractérisé par l'attaque et la prise du village de Frœschwiller.

Les faits de guerre n'ont de valeur que jiar le cadre qui les environne. En d'autres termes, les conditions de race, d'esprit militaire, de commandement et d'éducation guerrière d'une armée ont une importance dont il faut tenir grand compte toutes les fois qu'il s'agit d'un mouvement, d'une manœuvre, d'une attaque, exécutés par une grande unité.

Nos récits de combats sont accompagnés ou suivis de commentaires exprimant notre appréciation personnelle.

Il est désirable que chacun des officiers qui les lira se forme, lui aussi, une opinion indépendante, laquelle ne saurait s'éloigner beaucoup de la nôtre, tant s'est développée déjà, dans notre milieu, l'unité de pensée.

Faire réfléchir, provoquer Téclosion d'idées neuves dans la

Page 1