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VUE D'ENSEMBLE DE LA BATAILLE

Le 5 août 1870, entre 4 et 5 heures du soir, Taéronaute qui serait monté dans un ballon captif, à quelques centaines de mètres au-dessus de Wœrth, aurait décpiJivert et observé les deux armées en présence sous deux aspects bien différents.

A Fouest, les régiments français du 1®' corps, en bataille, bordent la limite des couverts, à quelques centaines de mètres de la Sauer.

A Test, une ligne d'avant-postes entoure, à plusieurs kilomètres de distance, parallèlement à la Sauer et à la lisière nord de la forêt de Haguenau, cinq masses séparées les unes des autres par des espaces larges et profonds.

L'armée française est déployée, autant dire immobilisée, tandis que l'autre est libre de faire prendre à ses corps d'armée telles dispositions qu'indiqueront les circonstances.

Le matin du 6, de très bonne heure, la division Conseil- Dumesnil (1) arriva de Reichshoffen, son point de débarquement, et vint se former en réserve, à l'ouest et près du hameau d'Elsasshausen, derrière le centre de la ligne de bataille française.

Vers 7 heures du matin, un coup de canon tiré des hauteurs

(I) A Texception des !«' et 2« bataillons du 21® d*infanterie et de ses trois batteries.

de Dieffenbach sur Wœrth est pour Tarmée française comme le signal du branle-bas.

Les troupes prennent les armes, rectifient leurs positions et attendent.

Des hauteurs de Frœschwiller, on voit, à 7 h. 1/2, un bataillon prussien descendre, en colonne double, les pentes dénudées du versant est et se diriger sur Wœrth où il s'engouffre bientôt.

Peu après, quelques pelotons de tirailleurs prussiens établis sur la lisière occidentale de Wœrth engagent une escarmouche avec des fractions du 2* zouaves, mais ne tardent pas à cesser le feu et à disparaître.

Dans l'intervalle, la batterie prussienne dirige ses coups sur les batteries de la 3* division (Raoult) établies à égale distance de Frœschwiller et de Wœrth; celles-ci ripostent, mais leurs projectiles, éclatant très haut au-dessus de Wœrth, n'atteignent pas les pièces ennemies postées à environ 3,000 mètres.

Au moment où, vers 8 h. 1/2, le bataillon prussien remonte de Wœrth à Dieffenbach, la batterie prussienne cesse de tirer, mais la fusillade et la canonnade éclatent avec violence, au nord, dans la direction de Langensoultzbach.

Un peu plus tard, vers 9 heures, on entend le canon à la droite française; c'est le général de Lartigue qui lance une attaque contre le Bruck-Mûhle, où se trouve, depuis la veille au soir, une grand'garde prussienne.

Cependant le combat du côté de Langensoultzbach ne fait que croître en étendue et en intensité.

La 4® division bavaroise (Bothmer) tout entière s'est engagée contre une partie de la 1'® division (Ducrot) et contre la 2* brigade (Lefèvre) de la 3* division.

Les premier et deuxième bataillons du 36* (1) (l'* brigade,

(1; Ces deux bataillons, qui faisaient partie du détachement de couTerture

VUE d'ensemble de la bataille. 217

3' division), arrivant de Reichshoffen, commencent à déboucher de Frœschwiller, vers 9 heures, quand on les envoie occuper la lisière nord, du bois, à la gauche du premier bataillon du 48*, qui, lui-même, prolonge sur cette lisière la gauche du 2® turcos.

Les Bavarois tentent, à plusieurs reprises, de franchir la clairière qui sépare le bois de Langensoultzbach de celui de Frœschwiller.

Chaque fois, ils sont repousses avec pertes. Enfin, vers 10 h. 1/2, la 4® division bavaroise évacue le terrain au sud et à l'ouest de Langensoultzbach et cherche à se rallier, au nord de cette localité, sous la protection de quelques bataillons frais.

La scierie et le vieux moulin restent néanmoins au pouvoir des troupes bavaroises.

A Taile droite française, l'attaque sur le Bruck-Mûhle et le pont de Gunstett échoue, par suite de Tintervention opportune de Tartillerie d'avant-garde du XP corps prussien et du bataillon tête d'avant-garde.

Au centre, le V® corps prussien déploie toute son artillerie (84 canons), vers 9 heures, et engage, avec les deux batteries de la division Raoult et les quatre batteries montées de la réserve générale, un duel dont Tissue n'est pas douteuse.

A 10 heures, notre artillerie du centre, à moitié désemparée, renonce à la lutte et va s'abriter derrière Frœschwiller en attendant l'occasion d'agir contre l'infanterie.

Vers 10 h. 1/2, les quatre bataillons disponibles de l'avantgarde (20® brigade) du V* corps et deux des bataillons de l'avant-garde du XP corps traversent la Sauer, partie à Wœrth, dont les ponts ont été rétablis tant bien que mal.

du général de Nansouty, avaient été transportés de Haguenau à Reichshoifen par le chemin de fer, pendant la nuit du 5 au 6.

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partie à Spachbach, où des passerelles sont improvisées à Taide de perches à houblon.

Les bataillons de la 20* brigade (avant-garde du V* corps), partagés en deux groupes de deux bataillons chacun, refoulent d'abord les tirailleurs peu nombreux du premier bataillon du 21* de ligne et des premier et deuxième bataillons du 2® zouaves, puis vont donner contre ces bataillons formés en bataille.

En un instant, les deux bataillons du 37® prussien, à Taile droite, sont rejetés sur Wœrth et ne parviennent à s'y maintenir qu'avec le concours de bataillons envoyés en toute hâte par le gros du V® corps.

Les deux bataillons du 50® prussien, formant la fraction de gauche de l'avant-garde du V® corps, sont moins malheureux. Refoulés, ils par\iennent néanmoins à se cramponner à un talus de route situé au débouché d un ravin qui monte vers Elsasshausen.

Les deux bataillons du XP corps, envoyés à Spachbach pour y traverser la Sauer, se jettent d'un premier élan dans un secteur que forme le Nieder-Wald à l'est; mais, après un combat sous bois des plus vifs, ces bataillons sont rejetés par le 3® zouaves jusqu'à Spachbach.

Entre 11 heures et midi, la situation est celle-ci :

A l'aile droite allemande, les Bavarois du II® corps ont subi un échec et se sont à peu près complètement retirés du combat.

Au centre et à l'aile gauche, les avant-gardes des V® et XI® corps, refoulées, se tiennent sur la défensive à Wœrth et le long de la rive gauche de la Sauer.

Par contre, l'artillerie du V®, conmie celle du XI® corps, sont maîtresses du champ de bataille et tirent sur toute troupe qui se montre à découvert. En outre, elles fouillent avec leurs obus les couverts où Tinfanterie française a signalé sa présence.

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