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Dans ces conditions, les premières manœuvres des armées réunies sur un même théâtre d'opérations auront pour objet de concentrer toutes les troupes disponibles en vue de la première bataille.

Cette idée a été exprimée pour la première fois par Napoléon, le 26 mai 1812, quand il écrivait au maréchal Davout :

« Le résultat de tous mes mouvements réunira 400,000 « hommes sur un seul point. »

La même idée, reprise par Moltke, a été avantageusement exploitée par lui dans les derniers jours de juin 1866, et c'est grâce à elle qu'à Koniggrâtz (3 juillet), les trois armées prussiennes ont pu faire converger leurs efforts sur l'unique armée autrichienne figée, comme au XVIIP siècle, dans une position défensive, et lui injfliger un désastre irréparable.

En 1870, Moltke a cherché cette fois encore à obtenir la première grande bataille décisive sur la Sarre, le 8 ou le 9 août, et ce n'est pas sa faute si des circonstances plus fortes que sa volonté ont fait manquer la manœuvre initiale qu'il avait préparée de longue main.

Transportant du domaine de la tactique élémentaire dans celui des grandes opérations la notion à la fois simple et féconde du combat d'usure sur le front, Moltke projetait, une fois la IP armée allemande sortie des défilés de la Haardt et en liaison avec la P® armée, de contenir avec ces deux armées l'armée française principale sur la Sarre moyenne, à l'aide d'engagements de front, et de la faire attaquer en flanc par la IIP armée.

Celle-ci devait rejeter sur Strasbourg les faibles forces françaises que l'on savait réunies en Alsace, les faire suivre par un corps d'armée et venir avec les autres sur la haute Sarre, en amont de Sarreguemines.

D'après ce plan, que V Historique officiel prussien taxe de « fondamental » , la IIP armée devait franchir la frontière la première.

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