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AVANT LA BATAILLE DE FRŒSCHWILLER

Elle avait, en eff t, non seulement à combattre du côté de Haguenau, centre présumé des rassemblements français d'Alsace, mais encore à se porter de là sur la haute Sarre. On comptait qu'il lui fallait une huitaine de jours pour réaliser ce programme, et comme les I™ et II® armées seraient prêtes à engager la lutte sur la Sarre moyenne le 8 août, la IIP armée aurait à franchir la Lauter le 31 juillet au plus tard.

Cette combinaison avorta, on le sait, par suite de trois événements imprévus qui furent :

1® Le refus du prince royal de Prusse de mettre son armée en mouvement le 31 juillet, ne la jugeant pas encore prête;

2** La résistance inattendue de la petite armée du maréchal de Mac-Mahon à Frœschwiller, le 6 août ;

3** Le combat de Sarrebrûck, engagé le 6 août par la I"* armée en dépit des intentions du grand quartier général prussien.

On connaît le plan français. Il consistait à réunir les forces disponibles, évaluées à 250,000 hommes, en deux masses, l'une, la plus forte, près de Metz, l'autre, près de Strasbourg, à faire ensuite affluer celle de Metz vers l'autre et à exécuter, toutes forces réunies, le passage du Rhin près de Maxau, entre Rastadt et Germersheim, en \ue d'imposer la neutralité aux États du Sud. On marcherait ensuite à la rencontre des Prussiens.

En même temps, un corps d'observation formé au camp de Ghâlons irait remplacer à Metz les troupes appelées en Alsace, et couvrirait la frontière du côté du Palatinat pendant la manœuvre du gros des forces sur la rive droite du Rhin.

Ce plan qui n'était pas sans valeur, de l'aveu même de nos ennemis, impliquait l'initiative des mouvements. Or, l'armée française était encore en voie de formation lorsque les Allemands firent irruption sur notre territoire.

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