L AVANT-GARDE DU V« CORPS SUR ELSASSHAUSEN
mais, au moment où le !•' bataillon débouche en terrain découvert, les batteries du V® corps font pleuvoir sur lui une grêle d'obus. Ce bataillon rompt les rangs et court se réfugier dans le bois de Frœschiwiller qui lui fait face. - i
Le 2® bataillon fait de même, quelques instants plus tard*
Le 3® bataillon se débande à son tour sous le feu de Tartillerie et va rejoindre les deux autres dans le bois de Frœschwiller. Une fois là, les bataillons du 78® sont péniblement reformés par leurs officiers*
L'incident que nous venons de relater est le premier d'une série malheureusement trop nombreuse.
Nous ne savions pas adapter les formations au terrain et au but poursuivi, encore moins modifier les formations au cours d'un mouvement.
Cette incapacité manœuvrière a causé des pertes inutiles et a fait avorter des attaques menées par des troupes braves et pleines d'ardeur. -
Dans le cas du 78®, il fallait faire marcher les trois bataillons en bataille, sur une ou plusieurs lignes, à partir du moment où l'on entrait dans le terrain découvert vu et battu par l'artillerie, afin de présenter à celle-ci des buts mobiles, larges et peu profonds.
La ligne de colonnes de division (chaque division ployée en colonne par compagnie à demi-distance) eût également permis de marcher sous le canon sans se rompre (1).
Si les adjudants-majors eussent pris les devants pour reconnaître le terrain, ses cheminements, ses espaces découverts exposés au canon, les points enfin où devaient aboutir les bataillons, la surprise et la désorganisation du 78® ne se fussent pas produites.
(1) La ligne de coloDnes de diirisioa par sections serrées à six pas n*était pas usitée dans notre armée en 1870. Elle eût procuré à notre infanterie les avantages de la ligne de colonnes de compagnies des Prussiens, très souple et qui offre à Tartillerie adverse, aux grandes distances, des buts difliciles à atteindre.
A la guerre, on peut être battu sans déshonneur; on n*a pas le droit d'être surpris, aussi bien sur le champ de bataille que dans les marches et les cantonnements.
Une troupe d'infanterie qu'un feu violent et inopiné d'artillerie a dispersée, même momentanément et de très loin, est une troupe dont le moral est fortement atteint. Qu'on ne lui demande pas ensuite un grand eftort, elle en est incapable.