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CHAPITRE IX

LE XI« CORPS ATTAQUE L'AILE DROITE FRANÇAISE, DE FRONT, AVEC LA MAJORITÉ DE SES FORGES

§ 1. — Le général de Rose se décide à prononcer une double attaque de front.

Sur les instances du général de Kirchbach et en raison de la situation critique du V® corps, le général de Bose se décida, vers midi, à prononcer une double attaque de front : la première, contre les défenseurs du secteur boisé oriental du Nieder-Wald, en partant de Spachbach; la deuxième, contre les troupes qui faisaient face au pont et au village de Gunstett.

Ces deux attaques devaient être bientôt soutenues, indirectement, par la manœuvre enveloppante dirigée de Durrenbach sur Morsbronn.

Au moment où le général de Bose prenait sa détermination, la situation réciproque des troupes de son corps d'armée et des forces françaises opposées était la suivante :

Les six bataillons de la 41® brigade et le 2® bataillon du 50* (V® corps) sont dispersés en tirailleurs le long de la rive gauche de la Sauer, depuis la partie sud de Gunstett jusqu'à Spachbach inclus.

Les 1*' et 2® bataillons du 88® (42« brigade) sont rassemblés à Test de Spachbach.

Les !«' et 2** bataillons du 95® (43® brigade), bientôt rejoints par le 3® bataillon, sont massés à Test du village de Gunstett, en réserve.

Le 83® (44® brigade) se porte vers le même point.

Le 3® bataillon du 88® (42® brigade), ainsi que les 2® et 3® bataillons du 82® (1), forment une réserve à l'abri du mamelon au nord de Gunstett.

Pour les attaques sur le front, le XI® corps va donc disposer : à Spachbach, de deux bataillons frais soutenant dix compagnies (six du 87®, quatre du 80®) assez éprouvées; à Gunstett, de neuf bataillons frais appuyant dix-huit compagnies (six du 87®, quatre du 80®, quatre du 30® et quatre du 11® bataillon de chasseurs) plus ou moins engagées dans un combat de feux.

Commentaires.

La détermination prise, à midi, par le général de Bose est la cause principale du gain de la bataille.

Si le commandant du XI® corps se fût borné à entretenir le combat de front en conservant son infanterie sur la rive gauche de la Sauer, le général de Kirchbach n'aurait pas osé prendre ToflEènsive avec le gros de ses forces contre un ennemi qui tenait sous son feu les débouchés de Wœrth.

Le commandant en chef de la III® armée n'était pas encore arrivé sur le champ de bataille quand le général de Bose prit la résolution de transporter le combat de son infanterie sur la rive droite.

L'historique allemand attribue au prince royal de Prusse un ordre pour la bataille, daté de 1 heure, qui distribue les rôles aux divers corps de la III® armée.

(i) Le 1^' bataillon du 82^ est de garde, à Soultz, au quartier général du prince royal.

LE Xl« CORPS ATTAQUE l'aiLE DROITE FRANÇAISE. 313

Nous démontrerons <jue cet ordre est apocryphe.

C'est au général de Bose que doit être attribué l'honneur d'avoir discerné le point sensible de l'armée française, celui où la résistance serait moindre <jue partout ailleurs.

Les réserves de l'armée française étaient au centre, par conséquent à l'ouest de Wœrth. Le V® corps se fût brisé contre elles sans le succès remporté par les troupes du général de Bose.

§ 2. — Situation de la division de Lartigue vers midi.

Depuis l'entrée en ligne de toute l'artillerie du XP corps (H h. 1/2), les tirailleurs de la division Lartigue avaient dû abandonner les abords du pont de Gunstett, évacuer la prairie et se réfugier, en partie, derrière le talus de la route de Haguenau à Wœrth, en partie, sur les pentes couvertes qui montent de la vallée vers la ferme de Lansberg (Albrechtshauserhof) qu'occupait une compagnie du 1®' bataillon de chasseurs.

Le 1®' bataillon du 3® zouaves avait quatre compagnies sur la lisière est du Nieder-Wald et deux compagnies en réserve au sud de ce bois. Le 2^ bataillon de ce régiment garnissait la lisière orientale du secteur boisé, et le 1«' bataillon se tenait, en réserve, à l'ouest et près du petit bois d'Elsasshausen.

Le 2® bataillon du 56®, déployé sur la lisière nord du secteur boisé, tiraillait avec les occupants du talus de la route de Haguenau, dont il a été déjà question dans le récit des combats à l'ouest de Spachbach et de Wœrth.

Le 3® turcos avait deux compagnies à Morsbronn. Le reste du régiment formait une ligne mince qui, après avoir abandonné les abords du pont de Gunstett, s'était arrêtée au pied des pentes du plateau de Lansberg, la gauche au saillant sud-est du Nieder-Wald.

Les 1®^ et 3« bataillons du 56® étaient à la droite des turcos.

La brigade Michel (8® et 9® cuirassiers, plus deux escadrons du 6® lanciers) se tenait sur la rive gauche de FEberbach, abritée par le vallon, tout près du saillant sud-ouest du Nieder-Wald.

CoEimentaires.

L'organisation des deux attaques de front, commencées simultanément un peu après midi, donne lieu aux observations suivantes :

1® Celle du secteur boisé est menée par deux bataillons frais (1®' et 2« du 88®) qui débouchent des passerelles construites près de Spachbach ; mais, cette fois, les troupes de deuxième ligne (quatre compagnies du 80® et six compagnies du 87®) pénètrent derrière eux dans le secteur et appuient vers les lisières nord et sud, afin de protéger les flancs de la première ligne contre tout retour offensif.

Les tirailleurs disposés sur la lisière nord du secteur boisé auront même l'occasion d'exécuter des feux de flanc sur les zouaves lancés à la poursuite des Prussiens du V® corps, lorsque ceux-ci seront rejetés, vers 2 heures, au delà des pentes orientales du Calvaire ;

2® L'attaque directe du plateau de la ferme Lansberg, où se sont réunis les débris de la 4® division française, est caractérisée par runion intime des feux d'artillerie et de mousqueterie.

L'artillerie du XI® corps, tirant à moins de 2,000 mètres avec 72 pièces (1) en batterie sur la hauteur de Gunstett, ouvre un chemin sanglant à son infanterie.

(1) Deux batteries lourdes, n*ayant pu trouver place sur le mamelon au nord de Gunstett et ses abords, étaient restées en réserve.

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