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LE XI^ CORPS ATTAQUE L'AILE DROITE FRANÇAISE

Sans cesse attentive aux péripéties de la lutte, cette artillerie, tantôt allonge son tir, tantôt arrête net un retour offensif (les Français.

Sous Teffort de moyens aussi puissants, nos malheureuses troupes, exposées depuis le matin aux ravages de l'artillerie, mises en ligne dès la première heure^ ne pouvaient résister. Elles luttèrent, ^éanmoins, non pas seulement à coups de fusil, mais en attaquant jusqu'à dissolution des derniers éléments organisés, jusqu'à épuisement complet.

Les attaques de front du XP corps, débouchant sur la rive droite de la Sauer en un petit nombre de points, nous suggèrent une autre observation relative à la rapidité d'évolutions d'une infanterie réputée lourde et ne sachant se mouvoir que d'une façon rigide.

Grand fut l'étonnement des officiers français postés au plateau de Lansberg lorsqu'ils virent, vers midi et quart, un noir fourmillement de Prussiens déboucher du pont de Gunstett, à la course, avec toutes les apparences du désordre.

De cette fourmilière se dégageaient, comme par enchantement, des colonnes de compagnie allant former, sans hésitation et à une allure rapide, un dispositif très régulier.

Le spectacle était analogue à celui que présente ime de nos brigades actuelles de cavalerie lorsqu'elle se déploie, au trot, sur deux lignes, après avoir traversé un pont « en harde ».

L'infanterie allemande savait déjà évoluer par les moyens les plus simples et les plus rapides, alors que nous étions encore rivés aux mouvements processionnels du XVIIP siècle.

Notre infanterie a fait des progrès depuis dix ans sous le rapport de la rapidité des évolutions, grâce aux « assouplissements de troupe » devenus réglementaires ; mais il lui manque encore \m bon code d'assouplissements et l'occasion d'exécuter, chaque année, à l'instar de la cavalerie, une série d'évolutions de brigade, en terrains variés, embrassant une période de plusieurs jours.

§3— Débouché des deux attaques directes du XI® corps.

{Croquis n* 26.)

Vers midi et demi, les deux attaques de front du XP corps débouchent simultanément :

1° Celle de Spachbach est menée par les !•' et 2® bataillons du 88*, en ligne de colonnes de compagnie, précédées do tirailleurs.

Ces bataillons, après avoir traversé la Sauer très rapidement, grâce au grand nombre des passages improvisés, s'élancent, d'un seul élan, vers la lisière orientale du secteur boisé, y pénètrent malgré les efforts du 2® bataillon du 3* zouaves, et gagnent le sommet dudit secteur.

Ces deux bataillons sont suivis, à courte distance, par les quatre compagnies du 80® et les six compagnies du 87®, reformées depuis leur échec du matin aux environs de Spachbach.

Au total, dix-huit compagnies envahissent le secteur boisé, refoulent le 2® bataillon du 3® zouaves, chassent de la lisière nord de ce secteur le 2« bataillon du 56® et l'y remplacent, dégagent ainsi les défenseurs du talus de la route de Haguenau, enfin, entament sous bois un combat violent contre les zouaves, sans pouvoir pousser au delà du sommet du secteur boisé.

Le 2« bataillon du 3« zouaves et le 2« bataillon du 56^ occupent alors, non seulement le petit bois d'Elsasshausen, mais encore la lisière nord du Nieder-Wald, limitrophe du sommet du secteur.

Le combat restera stationnaire, dans cette région, jusqu'après l'envahissement du Nieder-Wald qu'effectuera, plus tard, le gros du XI® corps, par la lisière sud;

2° L'attaque contre le gros de la division Lartigue débouche du pont de Gunstett, sous la protection d'un feu d'artillerie formidable. Les compagnies prussiennes traversent le pont

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